« On n’était pas prêts »


“Ce qui m’énerve, c’est qu’il y aura probablement une centaine 
de matches à jouer avant qu’on puisse revenir en finale»
   - VICTOR WEMBANYAMA,  INTÉRIEUR DES SPURS

Battus par les Knicks samedi, les Spurs ont vu leur adversaire soulever le trophée de champion NBA chez eux, à San Antonio,nto au terme d’une rencontre au scénario décidément familier. 
Victor Wembanyama s’est progressivement effacé, frustré d’avoir approché le sacre de si près .

15 Jun 2026 - L'Équipe
MAXIME AUBIN

SAN ANTONIO (USA) – Il a quitté le terrain en solitaire et la tête basse, ne prenant le temps de saluer ni lesgagnants ni ses propres fans qui l’applaudissaient en tribunes, laissant derrière lui un parquet soudainement noir de monde, celui d’une foule en extase venue rejoindre les joueurs des Knicks pour célébrer leur titre de champion NBA. Le premier remporté par New York depuis 1973.

« Par rapport à tout ce qu’il y a eu avant, c’est la plus grande leçon de ma vie, le plus grand moment d’apprentissage » , a ensuite commenté Victor Wembanyama, référence au trophée Larry O’Brien soulevé par ses adversaires juste à côté de lui, dans sa salle du Frost Bank Center, au terme d’une ultime défaite (90-94) où les Spurs ont souvent donné l’impression dejouer à l’extérieur, tant les supporters en maillot orange et bleu étaient nombreux en tribunes.

Une nouvelle avance de 16 points dilapidée

Cette soirée terminée en crève-coeur avait pourtant si bien commencé pour San Antonio. Visiblement remis de leur défaite improbable au Madison Square Garden trois jours plus tôt, où lesKnicks avaient remonté un déficit de 29 points pour décrocher la victoire (score final 107-106), lesjoueurs de Mitch Johnson ont très bien entamé le match 5, comptant déjà 10 points d’avance à la fin du premier quart-temps (23-13), grâce à une défense suffocante sur le meneur Jalen Brunson et les siens.

En tête à la pause (42-37), tout comme à la fin du troisième quarttemps (72-65), ils n’ont encore une fois pas réussi à tenir le score, perdant leur lucidité au pire moment, alors que les Knicks, eux, redoublaient de calme et d’adresse. Assez pour égaliser à4’48 du terme (83-83), puis pour prendre un point d’avance, puis deux, puis trois, jusqu’à assurer la victoire dans les toutes dernières secondes (94-90). Un scénario aussi rageant que familier, puisque les Spurs auront compté 10 points d’avance ou plus lors de chacun des cinq matches de la série, allant même jusqu’àêtre devant au score pendant 72 % du temps…

Tout ça pour s’incliner quatre fois sur cinq. « Nos périodes de domination ont été totales. On acomplètement dominé pendant laplus grande partie de lasérie, a reconnu l’intérieur français, même si la jeunesse et l’inexpérience de son équipe ont fini par pointer le bout de leur nez. Nos petites erreurs sont punies si durement qu’on ne peut pas se permettre autant de hauts et debas. »

Malgré son statut de troisième meilleur joueur de la saison régulière à seulement 22 ans, et surtout de meilleur défenseur à l’unanimité, Wembanyama aura beaucoup pêché dans cette finale. Si son match 3 remporté à New York a été une référence (32 points, 8 rebonds, 6 passes, victoire 115111), ces deux dernières sorties ont ressemblé à celles de son équipe : un bon démarrage avant de disparaître de la circulation, avec trop d’erreurs et de tirs difficiles à la clé (il a fini le match 5 avec 19 points à seulement 7/19 au tir). « On n’était pas prêts. Je n’étais pas prêt à gagner une bague. C’est évident, a poursuivi le Français, lucide, même s’il avait du mal à cacher sa colère et sa frustration. Je vais travailler encore plus dur, évidemment, pour être plus résistant. Et surtout garder l’esprit frais, un contrôle sur le jeu tout le temps. C’est ça qui est le plus marquant chez Jalen Brunson (auteur de 45 points, il a été élu MVP de la finale). Il y a trop de moments où je suis passif, trop de moments où je n’ai pas le contrôle que j’aimerais avoir sur le jeu. Et ça nous coûte ».

Si près de son premier titre de champion NBA, et en même temps si loin : c’est le constat implacable de la fin de la troisième saison du Français à San Antonio. « Ce qui m’énerve, c’est qu’il y aura probablement une centaine de matches à jouer avant qu’on puisse revenir en finale. Je vais devoir vivre avec ça, essayer de ralentir, d’attendre et de bien faire les choses pendant les 100 prochains matches ».

Dans ce moment douloureux, la présence de ses deux parents, Félix Wembanyama et Élodie de Fautereau, mais aussi de ses deux agents, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, tous les quatre à l’attendre dans le couloir près du vestiaire au terme de la soirée, n’était pas de trop. S’il n’a pas fendu l’armure en public, les larmes ont fini par couler à flots dans la nuit, rattrapé par la dure réalité.

Le géant (2,24 m) pourra se rassurer en se disant que Michael San Antonio 42 90 Jordan avait mis sept ans pour déNew York 37 94 crocher son premier titre avec les Quart-temps Chicago : 23-13 Bulls ; 19-24 ; (1991), neuf ans 30-28 ; 18-29. pour LeBron James avec le Miami À San Antonio, Frost Bank Center. Heat (2012). « Je ne suis pas satis


18 984 spectateurs. San Antonio fait de ne pas avoir gagné. Mais Wembanyama comme (19), je l’ai dit, c’est la plus grande J. Champagnie leçon (14), de ma Vassell vie. (12), En équipe, il n’y a Fox (7), Castle (6), Harper (25), pas de meilleure expérience que K. Johnson (7), C. Bryant, Kornet. celle qu’on vient de vivre » , a conclu Entraîneur Wembanyama, : M. Johnson. déjà convaincu de revenir plus fort en octobre proNew York chain. Les Knicks, comme les au Brunson (45), Mik. Bridges (14), Hart (13), tres Anunoby équipes, (11), Towns sont prévenus : rien (2), Shamet n’est (5), plus Clarkson dangereux (2), qu’une bête Robinson (2), Alvarado, blessée. McBride, Hukporti, Sochan. É Entraîneur : Brown.

***


Un été chargé

L’heure est déjà au bilan et aux projections pour la direction de San Antonio, dont l’équipe a montré ses limites en finale.

15 Jun 2026 - L'Équipe
M. A.

Tomber, se relever, apprendre : l’ordre naturel des choses a rattrapé les Spurs, défaits en finale NBA par les Knicks au terme d’un match 5 à nouveau serré, mais lâché dans les dernières minutes . Pour la direction de la franchise texane, il est déjà l’heure du bilan et de la projection sur une intersaison qui pourrait être mouvementée, à commencer par l’éléphant dans la pièce : la prolongation attendue de son meilleur joueur, Victor Wembanyama.

Après trois années de service, l’intérieur français est déjà éligible à un contrat « rookie max », soit une base de salaire de 251 millions de dollars sur cinq ans (217 millions d’euros), auxquels il faudra probablement ajouter 50 millions supplémentaires s’il remporte à nouveau une distinction individuelle la saison prochaine. La bonne nouvelle ? Ce nouveau contrat promis au géant de 2,24 m ne démarrera que lors de l’exercice 2027-2028, ce qui laisse encore du temps aux Spurs. Heureusement, car le joueur le plus cher de l’effectif, De’Aaron Fox (37 millions actuels), doit toucher la bagatelle de 49,8 millions la saison prochaine. Cette somme paraît démesurée au regard des p i è t re s performances réalisées par le meneur All-Star de 28 ans lors de cette finale (12,8 points de moyenne à 34,3 % au tir).

Si San Antonio semble continuer à faire confiance à Fox à l’avenir, il risque d’y avoir embouteillage sur les postes arrière, entre l’émergence du rookie Dylan Harper (20 ans), excellent en sortie du banc, et celle de Stephon Castle (21 ans). Samedi, après l’élimination, leur coéquipier Devin Vassell (25 ans) a confirmé que le jeune Harper avait été « frustré » par son manque de temps de jeu pour ses premiers mois en NBA. Un cassetête à venir pour l’entraîneur Mitch Johnson.

De la taille et du tir extérieur

Les finances du club s’annoncent saines pour la saison prochaine, avec seulement neuf joueurs encore sous contrat (ou avec des options de prolongation), pour une addition totale qui s’élève, pour l’instant, à 153 millions de dollars, alors que le maximum autorisé sera de 165 et que les pénalités ne s’appliqueront qu’à partir de 200. La marge de manoeuvre existe, donc, pour pouvoir modifier à la marge l’effectif, autour du noyau existant (Wembanyama, Castle, Fox, Harper, Vassell, Johnson, Champagnie, Kornet et Bryant).

La priorité semble être le recrutement d’un ailier-fort de grande taille capable d’aider le Français dans la raquette, où les Spurs ont souffert au rebond, mais aussi de tirer à 3 points avec efficacité, un domaine dans lequel ils ont souffert cette saison (seulement 35,9 %, 15e bilan de la Ligue). L’ajout d’un ou deux vétérans encore performants pourrait également avoir du sens, pour une jeune équipe qui a montré son inexpérience face à New York, et qui ne visera désormais rien de moins que le titre chaque année.

Tout le défi sera de trouver des bonnes affaires sur le marché, puisque la masse salariale va finir par exploser à l’horizon 20282029, lorsqu’il faudra payer les prolongations de Wembanyama, Fox et Castle. Un scénario déjà anticipé par San Antonio, qui a cumulé les tours de draft ces dernières années (7 premiers tours, 14 seconds). Une mine d’or, au tant qu’une monnaie d’échange.

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