France-Norvège : une « finale » pour marquer les esprits et réchauffer les coeurs


L’adjoint de Didier Deschamps, Guy Stéphan, 
dirige une séance d’entraînement, le 22 juin, à Philadelphie.

France-Norvège : dernier test pour les bleus avant les éliminations directes

Sans Didier Deschamps, rentré en France pour les obsèques de sa mère, les Bleus, déjà qualifiés pour les 16es de finale de la Coupe du monde, défient les Vikings de Haaland, ce vendredi. Un test sérieux pour la fin de leur premier tour.

26 Jun 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez Envoyé spécial à Boston

Après les trombes d’eau de Philadelphie, l’équipe de France recherche une éclaircie. Et des sourires. Dans un début de semaine marqué par une qualification en 16es de finale de la Coupe du monde après le succès contre l’irak (3-0), mais surtout par l’absence de Didier Deschamps rentré en France mardi pour le décès de sa mère et suppléé par Guy Stéphan, les Bleus s’attaquent à des Vikings ambitieux, ce vendredi à Foxborough (21h, M6 et bein Sports). Ultime rendez-vous du premier tour, avant le (grand) début des choses sérieuses. Les frissons attendront encore un peu. Il faut déjà expédier les affaires courantes.

Si le temps sera pluvieux, peut-être même orageux au Gillette Stadium - enceinte dénuée de toit, comme beaucoup de stades aux États-unis -, la bande de Kylian Mbappé n’a qu’une idée en tête. S’imposer face à la Norvège d’erling Haaland, décrocher la première place du groupe I et réchauffer le coeur de son sélectionneur, attendu samedi pour la suite de la compétition. Personne ne sait comment l’équipe de France s’apprête à réagir face à une situation inattendue et à l’absence de son mentor, mais tout le monde voudra être à la hauteur. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé… Espérons que l’adage ne se vérifie pas vendredi face à la menace portée par la Norvège.

Un jeu de dupes

Victorieux du Sénégal (3-2), juste après le plus long match de l’histoire des Bleus contre l’irak, les Vikings se sont donné le droit de rêver à la première place du groupe et de faire tomber les vice-champions du monde. Ils n’ont pas le choix, il faudra s’imposer. Un nul et les Bleus resteront en tête. Si les regards seront tournés vers la bataille entre Kylian Mbappé et Erling Haaland (4 buts chacun en deux matchs), qui assument avec fracas et séduction leur statut de star, le rapport de force s’annonce bestial entre la 2e et la 22e nation au classement Fifa. Sauf si la Norvège, qui n’a pas le même réservoir que la France, décide aussi de faire tourner son effectif.


« Nous sommes qualifiés, ce qui est incroyable, avouait le géant norvégien lundi soir. Je ne me soucie plus vraiment de ce match (contre la France, NDLR) maintenant. Ils vont probablement nous battre, ils vont probablement remporter tout le tournoi. » Personne ne doit croire tout ce que disent les footballeurs. Et difficile d’imaginer l’attaquant de Manchester City débarquer en toute décontraction face à la défense française. Un vrai jeu de dupes qui ne perturbera pas Guy Stéphan, de nouveau sur le banc en tant que sélectionneur après un match de juin 2022 face au Danemark (défaite 1-2) à la suite du décès du père de Didier Deschamps.

En lien constant avec son adjoint et son staff malgré les 5 500 kilomètres qui séparent Boston du Pays basque, le patron de la sélection ne veut pas calculer et vise la tête du groupe. Cela permettrait à sa troupe, qui se plaît dans le Massachusetts, de rester au même endroit pour le début des matchs à élimination directe. Et d’éviter ainsi des déplacements plus conséquents. Ces détails, toujours ces fameux détails.

Sportivement, bien malin celui capable de dire quelle partie de tableau sera la plus abordable après un premier tour et une formule à 48 nations qui en disent peu sur la qualité réelle des opposants. À l’image d’une Argentine qui a battu l’algérie (3-0) et l’autriche (2-0) ou encore de l’espagne, tenue en échec par le Cap-vert (0-0) et victorieuse d’une faible Arabie saoudite (4-0). Les Bleus en sauront plus sur leurs capacités après une première phase bien plus relevée que celles de certains concurrents à la victoire finale.

Dans cette idée, comme face à l’irak, le sélectionneur apportera des changements dans son onze de départ (les noms de Gusto, Lacroix, T. Hernandez, Tchouameni et Doué ou Cherki sont murmurés), profitant ainsi de la densité d’un groupe envié par beaucoup d’autres techniciens ici en Amérique. L’idée est de récompenser les valeureux dans une aventure censée durer six semaines, de chatouiller les titulaires pour maintenir une émulation, tout en continuant de travailler les automatismes, autour d’un Kylian Mbappé qui a retrouvé ses jambes de 20 ans et d’un Ousmane Dembélé qui a lancé sa compétition avec un premier but lundi. Avec ou sans Deschamps, la mission est connue de tous.

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