Grégoire: «Je voulais poursuivre sur cette pente ascendante avec l’équipe »
Romain Grégoire en décembre lors d’un stage en Espagne.
Le puncheur français de 23 ans a prolongé son contrat jusqu’en 2028 avec Groupama-FDJ. Il explique les raisons de sa décision.
"Pour être tout à fait honnête, avec ma progression ces dernières années, il y a aussi un enjeu financier qui devient de plus en plus important et qui commence à me dépasser.
C’est bien aussi d’être entouré sur ce sujet-là
"Je ne reste pas ici simplement parce qu’il y a un petit drapeau français à côté.
J’estime avoir l’environnement dont j’ai besoin pour réussir"
3 Jun 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
Le 15 juillet 2024, Groupama-FDJ communiquait sur la prolongation de contrat de Romain Grégoire, son puncheur maison, jusqu’en 2027. Petite subtilité toutefois, ce contrat prévoyait une option à activer à la fin de cette saison 2026, ce qui veut dire que le Bisontin était potentiellement libre dans quelques mois. Très convoité, le coureur français dit avoir étudié plusieurs pistes avant finalement de faire le choix de prolonger jusqu’en 2028 avec Groupama-FDJ. Actuellement en pleine préparation en Sierra Nevada pour le Tour de Suisse (17-21 juin) et la course en ligne des Championnats de France (28 juin à La Tour-du-Pin, en Isère), avant de disputer le Tour de France en juillet (du 4 au 26), il revient sur les raisons desadécision.
Activer l’option prévue dans votre contrat, partir ou prolonger: comment s’est déroulée votre réflexion ces dernières semaines?
J’étais sous contrat jusqu’à fin 2026 avec uneoption àactiver pour 2027. Mon avenir pour 2027 était déjà assez clair dans ma tête, mais onachoisi derajouter unanavec l’équipe, jusqu’en 2028. Onaparlé plus généralement duprojet, dececycle UCI qui s’étend sur trois ans et demon développement personnel. J’ai pensé qu’il était judicieux determiner ce cycle jusqu’à 2028 avant depenser àla suite. Onest assez vite tombésd’accord avec Thierry (Cornec, le manager général) sur tout ce qui était projet sportif, projet deperformance autour demoi, pour m’aider àmedévelopper du mieux possible. Je sens que chaque année, je progresse encore, je voulais poursuivre sur cette pente ascendante avec l’équipe.
Quitter Groupama-FDJ fin 2026 était vraiment une option?
Oui, oui, je mesuisposécette question. Unsportif se la pose automatiquement àchaquefin decontrat. C’est important defonctionner commeça, cela évite de tomber dans uneroutine, cela permet desere-challenger soi-même et depouvoir estimer ce qu’il y ade mieux.Ensuite, j’ai pesé les pour et les contre et j’ai fait monchoix entoute conscience.
Vous avez pris un agent, il y a seulement quelques mois. Normalement, un coureur le fait quand il souhaite aller ailleurs, non?
Jusque-là, je n’avais pas eubesoin d’un agent. Monpèrefaisait ce travail pour moi, il savait oùaller, ça se passait très bien. Là, j’étais entré dans unepériode dema carrière oùje mesuisposéunpeuplus dequestions. J’avais besoin d’un avis “professionnel” pour m’éclairer, m’aider àfaire monchoix. Et pour être tout àfait honnête, avec maprogression ces dernières années, il y aaussi unenjeu financier qui devient deplus enplus important et qui commenceàtotalement medépasser. C’est bien aussi d’être entouré sur ce sujet-là. Monagent, Christophe LeMével, m’aconseillé sur ce côté financier et sur le côté professionnel, car il sait comment ce milieu fonctionne. Çasepassait très bien aussi avant entre Marc( Madiot, l’ancien manager général), ou Thierry (Cornec) maintenant, et mon père, mais c’est bien d’avoir désormais quelqu’un dédié àcela. Le côté familial, c’est le côté familial justement, et c’est bien d’avoir quelqu’un pour gérer la partie purement professionnelle.
Avez-vous été flatté de l’intérêt d’équipes importantes en World Tour?
Forcément, c’est toujours flatteur, toujours sympadesentir qu’on s’intéresse àsoi. Mais il faut recentrer ses volontés, savoir exactement ce qu’on veut, et après voir ce que chaque équipe est capable denous apporter. Je voulais voir ce qui collait le plus avec ce quej’avais envie d’aller chercher. Rester chez Groupama-FDJ, c’est pour moi le meilleur cadre detravail possible pour ces deux prochaines années.
Comment voyez-vous votre avenir à court terme dans cette équipe? Quel est le projet?
J’ai des objectifs assez clairs pour ma carrière: gagner uneétape sur le Tour de France et gagner le titre dechampionde France. Et pour ça, j’ai besoin d’un collectif fort. C’est le cas chez Groupama-FDJ en ce momentetc’est très important pour moi. J’ai des personnes deconfiance autour de moi, dans le staff ouparmiles coureurs. Pareil au niveau dela nutrition, du médical, del’entraînement, je peux vraiment m’appuyer sur elles. Je sens qu’on arrive toujours àtrouver des nouveaux axes deprogression et àavancer.
Être le coeur du 'pro'jet, l’atout n° 1 d’une équipe qui n’a pas les résultats qu’elle veut en ce moment, vous met la pression?
Je pense arriver àêtre assez concentré sur maperformance. Je sais ce queje veux et je fais mapetite vie sans penser forcément aux retombées médiatiques ouaux critiques. Pour être honnête, je préférerais évidemment être dans une équipe en pleine bourre, qui gagne 30 ou40courses par an. Actuellement ce n’est pas le cas, mais je pense qu’un changementest en train des’opérer. Deschoses sont entrain debouger. Je crois dans ce projet queporte Thierry Cornec et j’espère qued’ici deux ans, onsera redevenus uneéquipe qui gagne plus, qui sera plus haut dans la hiérarchie mondiale. C’est peut-être un peuégoïste dele dire, mais si je pense à moi, àmonprojet perso, je sais quej’ai tout ce qu’il faut ici.
Lenny Martinez, Kévin Vauquelin, Dorian Godon, Valentin Paret-Peintre ou Axel Zingle, pour ne citer qu’eux, qui sont partis à l’étranger et ont réussi, sont nombreux ces dernières années.
Je suis attaché àcette équipe Groupama-FDJ, àses couleurs et àses valeurs, mais je nereste pas ici simplement parce qu’il y aunpetit drapeau français àcôté. J’estime avoir l’environnement dont j’ai besoin pour réussir.»
Commenti
Posta un commento