Pogačar écrase tout d’entrée
72 km d’échappée, dont 69 en solitaire :
Tadej Pogačar a frappé un grand coup d’entrée,
hier en Suisse, face à une concurrence dépassée.
Dès la première journée, le double champion du monde a mis la main sur la course et le général, qui ne devraient pas lui échapper d’ici à dimanche. Jonas Vingegaard, son grand rival sur le Tour de France, est prévenu.
«Pogačar n’était pas deux mais dix crans au-dessus du lot»
- GAËTAN PONS, DIRECTEUR SPORTIF
DE VISMA-LEASE A BIKE
18 Jun 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
SONDRIO (ITA) – Tête baissée sur son home-trainer, Richard Carapaz, deuxième de l’étape, hier, mais premier du reste du monde, n’avait pas envie de parler et Julian Alaphilippe, désolé, « pas grand-chose à dire de plus » après la victoire de Tadej Pogačar, parti à 72 kilomètres de l’arrivée. Le Slovène a assomméle Tour de Suisse avant même la fin de la première journée. « Je n’ai jamais vu rouler Merckx mais c’est sûrement de ce niveau, analysait Tiesj Benoot.
Quand tu vois les coureurs derrière, des gars comme Primož Roglič, ce sont de bons coureurs mais il leur met trois, quatre minutes… » Après soixante kilomètres sur une route sans âme, encaissée dans la vallée, le leader d’UAE Emirates-XRG avait en effet décidé de baguenauder un peu plus haut, à flanc de montagne et sur des routes un peu amochées, au coeur de villages italiens hors du temps, construits autour de rues minuscules où passaient à peine trois coureurs ensemble, comme à Buglio in Monte. Sur la « strada del vino» du coin, il aima Ca’ Raina, charmant petit hameau, qu’il traversa seul, comme souvent, même si, officiellement, ce n’était pas le plan initial selon l’intéressé : « Nils (Politt) et Tim (Wellens) ont fait un travail incroyable, on a pris les bonifications puis après on s’est dit “allons-y”. »
Soixante-neuf kilomètres en solo – après avoir largué le pauvre Fredrik Dvernes, échappé du matin – sans que personne ne parvienne à le suivre, ni n’y songe, en tout cas pas Matthew Riccitello, selon Cyril Dessel, son directeur sportif chez Decathlon-CMA CGM: « Matthew nous a dit, alors que cela roulait déjà vite, que Pogacar était sûrement à 500 watts quand il est parti. Ce n’est pas que les coureurs sont frileux mais lui seul est capable de tenir cette cadence. »
Au pied des cars de Lidl-Trek, de Visma-Lease a bike, on avait jeté le maillot depuis un moment et jusqu’à dimanche, on se contentera des miettes laissées par le double champion du monde.
« Cela devait être une étape de mise en jambes et le classement général est quasiment fait, soupirait Maxime Monfort, directeur sportif de Lidl-Trek qui a placé Andrea Bagioli (2e) et Mathias Vacek (5e).
On a offert le meilleur de ce qu’on avait et ce n’est pas suffisant. Quand on voit un gruppetto de cent mecs, la situation parle d’elle-même. »
Juste en face, son homologue de Visma, Gaëtan Pons, s’inclinait aussi: « Ce n’était pas vraiment le scénario qu’on attendait, UAE a dynamité dès la première bosse. On était prêts mais il faut voir la réalité en face, Pogačar n’était pas deux mais dix crans au-dessus du lot. »
Paradoxalement, le quintuple vainqueur du Lombardie, après avoir brutalisé les troupes, pourrait leur avoir ouvert l’épreuve. À moins de trois semaines du Tour de France, il ne va pas vider le réservoir et devrait gérer sa confortable avance (2’44’’ sur Carapaz).
« Il va y avoir des opportunités, des perspectives », priait Dessel alors que Maxime Monfort invitait ses gars « à prendre le meilleur de ce qui reste. C’est con à dire mais on va essayer de faire une belle course sans lui. » À condition qu’il ne décide pas de récompenser ses troupes, comme il l’envisageait hier. Dans ce cas, il n’a pas fini de faire mumuse avec le peloton.
Commenti
Posta un commento