Franco Baresi: «Tout est dans la tête!»
L’ancien capitaine de l’Italie et de l’AC Milan, champion du monde en 1982, retrace le fil d’une carrière qui l’a vu tutoyer les sommets quelques semaines seulement après une opération.
"Nous n’avons pas été capables d’accepter la défaite qui se profilait.
Nous n’avons pas respecté l’OM.
Nous avions perdu l’habitude de la défaite"
- À PROPOS DE L’ÉLIMINATION FACE À MARSEILLE EN
COUPE DES CLUBS CHAMPIONS EUROPÉENS 1990-1991
31 Oct 2022 - L'Équipe
ROBERTO NOTARIANNI
À Paris pour présenter son autobiographie Libre de rêver (éditions Slatkine), dont la version française est sortie mercredi, Franco Baresi est revenu, pour L’Équipe, sur les moments clés de sa carrière, notamment son incroyable Coupe du monde 1994, entre blessure et retour en finale face au Brésil (0–0, 2-3 aux t.a.b. le 17 juillet). L’ancien capitaine de l’AC Milan et del’Italie évoque aussi l’actualité du football italien, alors que la sélection va manquer sondeuxième Mondial de suite.
Quelle sont été vos motivations pour écrire cette autobiographie?
Ce livre, je l’ ai pensé comme un message à ces jeunes qui abordent le métier de footballeur. Pour leur dire combien il est primordial de s’ armer mentalement. Leur décrire ce qui se cache derrière les succès, les événements, positif sou négatifs, d’ une carrière. Expliquer d’ où je venais, ce qui m’ a permis de mûrir, de progresser, sans pression ni tension. C’ est-à-dire parler de ces personnes qu’ un gamin a le bonheur de croiser, et qui se révèlent fondamental es dans la construction des histoires personnelles. J’ai voulu leur rendre hommage. Avec le succès, on peut oublier d’où l’ on vient. L’enfant de Travagliato (son village natal proche de Brescia) devenu capitaine de l’ AC Milan ne l’a pas oublié!
L’ouvrage a une articulation originale. Les chapitres, tous dédiés à une période de votre vie, sont introduits par une réflexion et un épisode tirés de la finale de la Coupe du monde 1994…
Dans mon esprit, tout part de cette finale. Et de la fameuse séance de tirs au but, la première à attribuer le titre suprême. Une séance où j’étais le premier tireur italien et où j’ ai manqué le cadre. Mais, au-delà de l’épilogue favorable aux Brésiliens, j’ai voulu répondre à une question: comment a-t-il été possible de disputer cette finale vingt-quatre jours après une fracture au ménisque du genou droit lors du deuxième match de groupes (1-0 contre la Norvège le 23 juin) et l’ opération dans la foulée, en réalisant une prestation que je considère comme l’ une des meilleures de ma carrière? Et ce qui se cache–efforts, sacrifices, etc.–derrière ce retour. Parler de ce gamin qui regarde devant son poste de télé la finale 1970 entre le Brésil et l’Italie (4-1), etquise retrouve, en 1994, à en jouer une autre face à ces mêmes Brésiliens. C’était une évidence de parler de mon enfance, de mon adolescence et de ma carrière en faisant de cette finale de Pasadena (Californie) le fil rouge du récit. Partout où je me suis rendu à travers la planète, on m’ a parlé de ma prestation en finale, des tirs au but, des larmes, de mon retour express, un“exploit” qu’ il sera très difficile de répéter lors d’ un Mondial.
En quoi est-ce si prégnant?
Pour signer une telle prestation, la force mentale fait la différence. Elle m’a permis de remonter la pente après chaque pépin de santé dans ma carrière. Travailler dur pour affronter les meilleurs, avoir cette attention maximale à chaque instant. Les chapitres de Libre de rêver mettent en avant, à travers les différentes étapes de mavie, ces valeurs–loyauté, détermination, courage–qui te poussent à rester positif même quand tout va mal. Alors, j’ai raconté une histoire, mon histoire, à laquelle toutes les générations peuvent s’ identifier: la vie à la ferme, les parties de ballon à la paroisse, les essais avec l’Inter puis l’AC Milan, mes débuts en Serie A (en 1978), les succès. J’ai voulu montrer que c’est ainsi que j’ai forgé mon caractère. Ce que j’ai vécu dans l’enfance, le respect quel’on m’a inculqué, les enseignements de mes parents m’ont toujours guidé. Tout objectifs’ atteint en faisant des sacrifices. Les mêmes qui m’ ont conduit à disputer une finale de Coupe du monde, rêve de tout joueur.
Une Coupe du monde comme concentré parfait d’ une carrière…
Tout à fait! C’est à l’image de mon parcours alternant entre moments difficiles et retours au premier plan. Je pense aux deux descentes en Serie B, à cette saison 1981-1982 où je suis capitaine, à 22 ans, d’ un Milan au purgatoire et que je me retrouve convoqué pour un Mondial, devenant champion du monde sans jouer un match. Là, lors de l’édition 1994, tout s’est concentré sur quelques semaines. Avec cette chose incroyable, revenir à temps pour la finale. Comment cela a été possible? Tout est dans la tête! Ce que j’ai dû traverser, endurer, dans mon existence a été un moteur pour y parvenir. Bien sûr, la décision de jouer n’ est pas facile, tes coéquipier sont souffert, sont allés de l’avant sans toi. Et j’avais tout à perdre en cas de mauvais match. Mais cette équipe, je la sentais mienne, j’en étais le capitaine. J’ ai donc décidé de prendre des risques. Car je savais que j’ allais tout donner, non à 100 mais à 200%!
"Quand le calcio privilégiait la défense individuelle,
je me sentais un peu brimé.
Mais, avec l’avènement de la zone,
j’ai enfin pu m’exprimer"
Vingt ans avec le maillot de l’'AC' Milan et jamais des envies d’ ailleurs?
Non! Bien sûr, une fois que tu arrêtes de jouer, tu repenses à ton parcours et tu te dis qu’une expérience à l’ étranger aurait pu être belle à vivre, pour grandir, s’ ouvrir à d’ autres univers. Mais avant, les opportunités de quitter l’ Italie pour un club de premier plan étaient moins nombreuses. Je n’ai aucun regret. Avec les Rossoneri, au fil de sans, le lien est devenu bien trop fort pour envisager de partir.
Le Franco Baresi plébiscité par tous est celui du formidable AC Milan d’Arrigo Sacchi (1987-1991). Une équipe au-des sus du lot?
Unique, oui! Tous les observateurs le reconnaissaient. Ce Milan pratiquait un football innovant avec Sacchi et ses idées, des joueurs de grand talent qui ont réussi à exprimer un jeu rapide, agressif et spectaculaire. On a gagné des trophées en donnant de l’émotion aux gens.
Dans votre autobiographie, vous dites regretter d’avoir quitté la pelouse du Vélodrome lors d’un quart de finale retour de Coupe des Clubs Champions Européens face à l’OM (0-1; aller: 1-1, en 1991), après la panne d’un projecteur…
En repensant à cet épisode, tu te dis: “Nous n’ avons pas été capables d’ accepter la défaite qui se profil ait. Nous n’avons pas respecté l’OM.” Nous avions perdu l’habitude de la défaite. Avec l’incident des projecteurs, on s’était agrippés à l’ idée que le match soit rejoué. On peut toujours avancer des excuses, les tensions du match, la confusion sur le terrain. Maison a oublié l’ essentiel, le respect de l’ adversaire.
Vous sembliez comblé par votre conception du rôle du défenseur, à la Beckenbauer, balle au pied, tête haute, participant à la construction du jeu…
J’ai toujours eu cette aspiration. Au début de ma carrière, quand le cal ci o privilégiait la défense individu elle, je me sentais un peu brimé. Mais, avec l’avènement de la zone, j’ai enfin pu m’ exprimer, comme je le sentais, utiliser au mieux toutes mes capacités techniques, ma volonté de participer au jeu, de me sentir totalement impliqué. Ce rêve-là s’estréalisé!
Votre idole n’était pourtant pas le « Kaiser », mais Gianni Rivera (joueur de l’AC Milan de 1960 à 1979).
Un mythe pour l’AC Milan! Et j’ai eu le privilège de l’ avoir comme capitaine à mes débuts. J’admirais tout de lui: son style, sa personnalité, sa fidélité au club, sa façon d’ aider les autres, son rôle de leader sur le terrain. Après, Franz Beckenbauer a été une inspiration pour le défenseur que j’étais, comme Ruud Krol (Pays-Bas), aussi à l’aise face aux attaquants que comme source du jeu.
La palme du joueur le plus fort jamais affronté revient-elle à Diego Maradona?
(Enthousiaste.) Un joueur unique par sa personnalité, sa façon de jouer, d’ être un leader dans le vestiaire. Comme il l’a dé montré avec Naples et avec l’Argentine, il donnait tout pour son équipe, son âme et plus. Aimé par ses coéquipiers, mais aussi ses adversaires. Jamais il ne se plaignait des coups reçus, et on lui en donnait, pourtant!
Qui est le défenseur qui vous impressionne le plus aujourd’ hui?
Marquinhos et (Virgil) van Dijk. Par sa puissance et sa maîtrise, le Néerlandais m’avait vraiment beaucoup impressionné l’ année où il a été tout près du Ballon d’Or (deuxième à 7 points de Lionel Messi en 2019).
En quoi a changé le poste de défenseur?
Aujourd’ hui, on demande clairement plus aux défenseurs de participer active ment à la construction. Mais les qualités intrinsèques pour défendre n’ ont, elles, pas changé: maîtriser les fondamentaux, être attentif au marquage, savoir lire les situations. Le jeu est plus offensif qu’ à mes débuts et un défenseur doit être efficace des deux côtés du terrain.
Entre une «Nazionale» absente des Coupes du monde 2018 et 2022 et des clubs qui ne gagnent plus la Ligue des champions depuis 2010, le foot italien accuse le coup. Quel est le problème?
La concurrence est de plus en plus féroce en Europe, avec des clubs qui ont une tout autre aisance financière que les nôtres. Et ça compte: quand je jouais, les meilleurs débarquaient en Se rie A. Nos équipe sont perdu du terrain. Et la sélection est tribu taire du Championnat: tant d’ étrangers, et pas toujours de stops, cela laisse moins de place pour les Italiens. À mon époque, il y avait peu d’ étrangers, mais le gratin, et une vraie émulation avec les Italiens.
La victoire à l’Euro, en 2021 (contre l’Angleterre, 1-1, 3-2 aux t.a.b.), était-elle une simple parenthèse?
Un moment magnifique pour l’ Italie, qui a joué un football de qualité, très technique, en sachant prendre des risques. Malheureusement, nous avons manqué de continuité. Le noyau de la Nazionale n’a pas su renouveler ses prouesses.
Et quels sont les secrets de la renaissance de l’AC Milan, champion en 2022?
Un travail extraordinaire effectué depuis deux ou trois ans, avec des idées claires: miser sur des jeunes à fort potentiel. Paolo (Maldini, directeur sportif) et son staff ont fait là un excellent travail. Et notre coach, Stefano Pioli, a su transmettre enthousiasme, idées, mentalité conquérante. On a un super groupe, avec notamment une belle brochette de joueurs français très talentueux. On a forcément le sourire en pensant au futur!
San Siro semble destiné à la démolition, après les JO d’hiver 2026. Qu’en pensez-vous?
Comme ancien joueur, je me disque ce stade est toute ma vie. Il sera toujours dans le coeur de ceux qui y ont vécu de grands moments. Mais, comme dirigeant, je regarde de l’avant: un stade dont on est propriétaire est fondamental pour être concurrentiel en Europe.»
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EN BREF
62 ANS (ITA).
Ancien défenseur.
Club: AC Milan (1977-1997).
81 sélections.
1979: un an après ses débuts en Serie A, il remporte le Scudetto, le premier de ses vingt et un trophées avec l’AC Milan.
1994 : blessé à un ménisque le 23 juin contre la Norvège (1-0), il dispute la finale de la Coupe du monde le 17 juillet face au Brésil (0-0, 2-3 aux t.a.b.).
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Profession porte-drapeau
31 Oct 2022 - L'Équipe
R. N.
Il y a vingt-cinq ans, Franco Baresi faisait ses adieux au terrain. Le capitaine de tous les triomphes, le défenseur aux 719 matches avec l’AC Milan – plus 81 capes en Nazionale – saluait, en larmes et sur les notes de My Way de Frank Sinatra, presque cinq mois après son dernier match officiel, les tifosi rossoneri dans un San Siro plein comme un oeuf pour un somptueux jubilé. Depuis ce 28 octobre 1997, en dehors d’une brève expérience à Fulham (directeur du football de mai à septembre 2002), il est resté fidèle au club de sa vie. Baresi a goûté au banc dans les équipes de jeunes, de 2002 à 2006 comme coach de la Primavera (moins de 21 ans), puis les deux années suivantes chez les moins de 19 ans. Auparavant, il avait porté la double casquette de vice-président et de responsable du secteur de la formation. Une fois revenu derrière un bureau, Baresi intégrera la direction marketing du club en 2008, puis sera nommé « Brand ambassador », un rôle de représentation, quand l’AC Milan passera sous contrôle chinois (Li Yong Hong) en 2017, avant de devenir vice-président d’honneur en 2020, sous la gestion américaine du groupe Elliott. Et de le rester après le récent changement de propriétaire (l’Italo-Américain Gerry Cardinale et son groupe Red Bird).
Franco Baresi: «È tutta una questione di testa!»
L’ex capitano della Nazionale italiana e del Milan, campione del mondo nel 1982, ripercorre la sua carriera, che lo ha visto sfiorare i vertici a poche settimane di distanza da un intervento chirurgico.
«Non siamo stati in grado di accettare la sconfitta che si profilava all’orizzonte.
Non abbiamo rispettato l’OM.
Avevamo perso l’abitudine alla sconfitta»
- A PROPOSITO DELL’ELIMINAZIONE CONTRO IL
MARSIGLIA NELLA COPPA DEI CAMPIONI 1990-1991
31 ottobre 2022 - L’Équipe
ROBERTO NOTARIANNI
A Parigi per presentare la sua autobiografia Libre de rêver (edizioni Slatkine), la cui edizione francese è uscita mercoledì, Franco Baresi è tornato, per L’Équipe, sui momenti-chiave della sua carriera, in particolare sul suo incredibile Mondiale di USA 1994, tra infortunio e ritorno in finale contro il Brasile (0–0, 2-3 ai rigori il 17 luglio). L’ex capitano del Milan e della Nazionale italiana parla anche dell’attualità del calcio italiano, mentre la Nazionale sta per saltare il suo secondo Mondiale consecutivo.
- Quali sono state le motivazioni che l’hanno spinta a scrivere questa autobiografia?
Ho concepito questo libro come un messaggio rivolto a quei giovani che si avvicinano alla professione di calciatore. Per dire loro quanto sia fondamentale prepararsi mentalmente. Per descrivere loro cosa si nasconde dietro i successi e gli eventi, positivi o negativi, di una carriera. Per spiegare da dove venivo, cosa mi ha permesso di maturare e progredire, senza pressioni né tensioni. Vale a dire parlare di quelle persone che un ragazzino ha la fortuna di incontrare e che si rivelano fondamentali nella costruzione delle storie personali. Ho voluto rendere loro omaggio. Con il successo, si può dimenticare da dove si proviene. Il ragazzo di Travagliato (il suo paese natale vicino a Brescia) diventato capitano del Milan non l’ha dimenticato.
- Il libro ha una struttura originale. I capitoli, ciascuno dedicato a un periodo della sua vita, sono introdotti da una riflessione e da un episodio tratto dalla finale dei Mondiali del 1994…
Nella mia mente, tutto parte da quella finale. E dalla famosa serie di rigori, la prima a decidere il titolo mondiale. Una serie in cui ero il primo tiratore dell'Italia e in cui ho mancato la porta. Ma, al di là dell’epilogo favorevole ai brasiliani, ho voluto rispondere a una domanda: come è stato possibile disputare quella finale ventiquattro giorni dopo la rottura del menisco del ginocchio destro subita durante la seconda partita della fase a gironi (1-0 contro la Norvegia il 23 giugno) e l’intervento chirurgico subito (due giorni, ndr) dopo, realizzando una prestazione che considero una delle migliori della mia carriera? E cosa si nasconde – sforzi, sacrifici eccetera – dietro quel ritorno. Raccontare di quel ragazzino che guardava in tv la finale del 1970 tra Brasile e Italia (4-1) e che, nel 1994, si ritrovò a disputarne un’altra proprio contro i brasiliani. Era ovvio parlare della mia infanzia, della mia adolescenza e della mia carriera facendo di quella finale di Pasadena (California) il filo conduttore del racconto. Ovunque mi sia recato in tutto il mondo, mi hanno parlato della mia prestazione in finale, di quei calci di rigore, delle lacrime, del mio fulmineo rientro, un’«impresa» che sarà molto difficile ripetere in un Mondiale.
- Perché è così significativa?
Per raggiungere un risultato del genere, la forza mentale fa la differenza. Mi ha permesso di risollevarmi dopo ogni problema di salute che ho affrontato nella mia carriera. Lavorare sodo per affrontare i migliori, mantenere la massima concentrazione in ogni momento. I capitoli di Libre de rêver ("Libero di sognare", ndr) mettono in luce, attraverso le diverse tappe della mia vita, quei valori – lealtà, determinazione, coraggio – che ti spingono a rimanere positivo anche quando tutto va male. Così ho raccontato una storia, la mia storia, con cui tutte le generazioni possono identificarsi: la vita in fattoria, le partite di pallone in parrocchia, i provini con l’Inter e poi con il Milan, il mio esordio in Serie A (nel 1978), i successi. Ho voluto mostrare che è così che ho forgiato il mio carattere. Ciò che ho vissuto durante l’infanzia, il rispetto che mi è stato inculcato, gli insegnamenti dei miei genitori mi hanno sempre guidato. Ogni obiettivo si raggiunge facendo sacrifici. Gli stessi che mi hanno portato a disputare una finale mondiale, il sogno di ogni calciatore.
- Un Mondiale come sintesi perfetta di una carriera…
Esatto! È proprio come il mio percorso, che ha alternato momenti difficili a ritorni alla ribalta. Penso alle due retrocessioni in Serie B, a quella stagione 1981-1982 in cui, a 22 anni, ero capitano di un Milan in crisi e mi ritrovai convocato per i Mondiali, diventando campione del mondo senza giocare. In quell’occasione, durante l’edizione del 1994, tutto si è concentrato in poche settimane. Con quell'obiettivo incredibile: tornare in tempo per la finale. Come è stato possibile? È tutta una questione di testa! Quello che ho dovuto affrontare e sopportare nella vita è stato il motore che mi ha permesso di farcela. Certo, la decisione di giocare non è stata facile: i tuoi compagni hanno sofferto, sono andati avanti senza di te. E io avevo tutto da perdere in caso di una brutta prestazione. Ma quella squadra, la sentivo mia, ne ero il capitano. Così ho deciso di correre dei rischi. Perché sapevo che avrei dato tutto, non al 100% ma al 200%!
«Quando nel calcio prevaleva la difesa a uomo,
mi sentivo un po’ limitato.
Ma, con l’avvento della difesa a zona,
ho finalmente potuto esprimermi»
- Vent’anni con la maglia del Milan e mai il desiderio di andare altrove?
No! Certo, una volta che smetti di giocare, ripensi al tuo percorso e ti dici che un’esperienza all’estero avrebbe potuto essere bella da vivere, per crescere, aprirsi ad altri mondi. Ma prima, le opportunità di lasciare l’Italia per un club di primo piano erano meno numerose. Non ho alcun rimpianto. Con i rossoneri, col passare degli anni, il legame è diventato troppo forte per poter pensare di andarmene.
- Il Franco Baresi acclamato da tutti è quello del formidabile Milan di Arrigo Sacchi (1987-1991). Una squadra fuori del comune?
Unica, sì! Tutti gli osservatori lo riconoscevano. Quel Milan praticava un calcio innovativo grazie a Sacchi e alle sue idee, con giocatori di grande talento che riuscivano a esprimere un gioco veloce, aggressivo e spettacolare. Abbiamo vinto trofei, regalando emozioni alla gente.
- Nella sua autobiografia, lei scrive di rimpiangere di aver lasciato il terreno di gioco del "Vélodrome" durante la partita di ritorno dei quarti di finale della Coppa dei Campioni contro l’OM (1-0; andata: 1-1, nel 1991), in seguito al guasto di un riflettore…
Ripensando a quell’episodio, ti dici: «Non siamo stati in grado di accettare la sconfitta che si stava profilando. Non abbiamo rispettato l’OM». Avevamo perso l’abitudine alla sconfitta. Con l’incidente dei riflettori, ci eravamo aggrappati all’idea che la partita venisse rigiocata. Si possono sempre addurre delle scuse: le tensioni della partita, la confusione in campo. Abbiamo dimenticato l’essenziale, il rispetto per gli avversari.
- Sembrava soddisfatto della sua concezione del ruolo del difensore, alla Beckenbauer: palla al piede, testa alta, partecipe alla costruzione del gioco…
Ho sempre nutrito questa aspirazione. All’inizio della mia carriera, quando il calcio privilegiava la difesa individuale, mi sentivo un po’ limitato. Ma, con l’avvento della difesa a zona, ho finalmente potuto esprimermi come volevo, sfruttando al meglio tutte le mie qualità tecniche, la mia voglia di partecipare al gioco, di sentirmi totalmente coinvolto. Quel sogno si è avverato!
- Il suo idolo, però, non era il «Kaiser», bensì Gianni Rivera (giocatore del Milan dal 1960 al 1979).
Una leggenda del Milan! E ho avuto il privilegio di averlo come capitano ai miei esordi. Ammiravo tutto di lui: il suo stile, la sua personalità, la sua fedeltà al club, il suo modo di aiutare gli altri, il suo ruolo di leader in campo. In seguito, Franz Beckenbauer è stato fonte di ispirazione per il difensore che ero, così come Ruud Krol (Paesi Bassi), a suo agio sia nel marcare gli attaccanti sia nel dare il via alle azioni.
- Il primato del giocatore più forte che abbia mai affrontato spetta a Diego Maradona?
(Entusiasta.) Un giocatore unico per la sua personalità, il suo modo di giocare, la sua leadership nello spogliatoio. Come ha dimostrato con il Napoli e con l’Argentina, dava tutto per la sua squadra, l’anima e anche di più. Amato dai compagni, ma anche dagli avversari. Non si lamentava mai dei colpi ricevuti, e ne riceveva davvero tanti!
- Chi è il difensore che oggi la colpisce di più?
Marquinhos e (Virgil) van Dijk. Con la sua potenza e la sua padronanza del gioco, il neerlandese mi aveva davvero colpito molto l’anno in cui è arrivato vicinissimo al Pallone d’Oro (secondo a 7 voti da Lionel Messi nel 2019).
- In che modo è cambiato il ruolo del difensore?
Oggi ai difensori viene espressamente richiesto di partecipare attivamente alla costruzione del gioco. Ma le qualità intrinseche del ruolo non sono cambiate: padroneggiare i fondamentali, essere attenti in marcatura, saper leggere le situazioni. Il gioco è più offensivo rispetto ai miei esordi e un difensore deve essere efficace su entrambe le estremità del campo.
- Tra una Nazionale assente dai Mondiali del 2018 e del 2022 e club che non vincono più la Champions League dal 2010, il calcio italiano ne risente. Qual è il problema?
La concorrenza in Europa è sempre più agguerrita, con club che godono di una disponibilità finanziaria ben diversa rispetto ai nostri. E questo conta: quando giocavo io, in Serie A arrivavano i migliori. Le nostre squadre hanno perso terreno. E la Nazionale risente del campionato: tanti stranieri, e non sempre titolari, lasciano meno spazio agli italiani. Ai miei tempi c’erano pochi stranieri, ma erano il fior fiore del calcio, e c’era una vera emulazione con gli italiani.
- La vittoria agli Europei del 2021 (contro l’Inghilterra, 1-1, 3-2 ai rigori) è stata solo una parentesi?
Un momento magnifico per l’Italia, che ha giocato un calcio di qualità, molto tecnico, sapendo correre dei rischi. Purtroppo ci è mancata la continuità. Il nucleo della Nazionale non è riuscito a ripetere le proprie imprese.
- E quali sono i segreti della rinascita del Milan, campione d'Italia nel 2022?
Un lavoro straordinario svolto negli ultimi due-tre anni, con idee chiare: puntare sui giovani di alto potenziale. Paolo (Maldini, direttore sportivo) e il suo staff hanno fatto un ottimo lavoro. E il nostro allenatore, Stefano Pioli, ha saputo trasmettere entusiasmo, idee e una mentalità vincente. Abbiamo un gruppo fantastico, con in particolare una bella rosa di giocatori francesi di grande talento. Non possiamo che sorridere pensando al futuro.
- San Siro sembra destinato alla demolizione, dopo le Olimpiadi invernali del 2026. Che cosa ne pensa?
Come ex calciatore, quello stadio rappresenta tutta la mia vita. Rimarrà per sempre nel cuore di chi vi ha vissuto grandi momenti. Ma, come dirigente, guardo avanti: uno stadio di proprietà è fondamentale per essere competitivi in Europa».
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IN BREVE
62 ANNI (ITA).
Ex difensore.
Club: Milan (1977-1997), 719 presenze (33 gol).
81 (e un gol) presenze in Nazionale.
1979: l'anno dopo il suo esordio in Serie A (23 aprile 1978, Hellas Verona-Milan 1-2), vince lo Scudetto della stella, il primo dei suoi ventuno trofei con il Milan.
1994: infortunato al menisco del ginocchio destro il 23 giugno contro la Norvegia (1-0), disputa la finale dei Mondiali il 17 luglio contro il Brasile (0-0, 2-3 ai rigori).
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Il ruolo del portabandiera
31 ottobre 2022 - L'Équipe
R. N.
Venticinque anni fa, Franco Baresi salutava il campo. Il capitano di tutti i trionfi, il difensore con 719 presenze (e 33 gol) nel Milan – più 81 presenze (e una rete) in Nazionale – salutava, in lacrime e sulle note di My Way di Frank Sinatra, quasi cinque mesi dopo la sua ultima partita ufficiale, i tifosi rossoneri in un San Siro gremito per un sontuoso giubileo.
Da quel 28 ottobre 1997, a parte una breve esperienza al Fulham (direttore sportivo da maggio a settembre 2002), è rimasto fedele al club della sua vita.
Baresi ha fatto esperienza in panchina nelle squadre giovanili, dal 2002 al 2006 come allenatore della Primavera (Under 21), poi nei due anni successivi con gli Under 19.
In precedenza, aveva ricoperto il duplice ruolo di vicepresidente del club e di responsabile del settore giovanile.
Una volta tornato dietro una scrivania, Baresi è entrato a far parte della direzione marketing del club nel 2008, per poi essere nominato «Brand ambassador», un ruolo di rappresentanza, quando il Milan è passato sotto il controllo cinese (Li Yong Hong) nel 2017, prima di diventare vicepresidente onorario nel 2020, sotto la gestione statunitense del gruppo Elliott. E di rimanerci anche dopo il recente cambio di proprietà (l’italo-americano Gerry Cardinale e il suo gruppo Red Bird).
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