L’hommage au Roi
Après un départ marqué par un hommage au Roi Harald V, décédé hier,
le Norvégien Andreas Leknessund a remporté la 7e étape de la Vuelta en solitaire.
Les Norvégiens Andreas Leknessund (1er) et Tobias Halland Johannessen (2e) ont signé un doublé pour leur équipe scandinave Uno-X Mobility, le jour de la mort de leur monarque populaire et sportif, Harald V.
«Une victoire sur la Vuelta ne représente pas grand-chose dans tout ça,
mais le Roi était très intéressé par le sport
et c’est la meilleure façon de lui rendre hommage»
- ANDREAS LEKNESSUND, VAINQUEUR
DE LA 7e ÉTAPE DE LA VUELTA HIER
29 Aug 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL LUC HERINCX
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL LUC HERINCX
ARAMON VALDELINARES (ESP) – Nation reine des sports d’hiver, la Norvège brille aussi en cyclisme, où elle a rendu hommage dans une station de ski espagnole à son Roi décédé hier, Harald V, un skippeur qui avait participé trois fois aux Jeux Olympiques (1964, 1968 et 1972). « C’était une journée un peu spéciale, le Roi était très respecté, chaleureux, inclusif, et vraiment un passionné de sport » , a salué Leonard Snoeks, directeur sportif d’une équipe Uno X-Mobility qui revendique son identité scandinave et compte cinq coureurs norvégiens (et trois Danois) sur cette Vuelta.
Sujets du royaume endeuillé, Andreas Leknessund, vainqueur en solitaire à Valdelinares, et son équipier dauphin, Tobias Halland Johannessen, ont donc marqué la 7e étape. « C’était une journée particulière avec ce qu’il se passe à la maison, s’est émule 2e de l’étape. J’avais des frissons ce matin lorsque Leo ( le directeur sportif) nous a dit de le faire pour le Roi. Je crois qu’on a rendu la Norvège fière. Gagner ainsi est incroyable. » « Quand on s’est réveillés on a tous vu l’information… On voulait faire quelque chose de spécial, a complété le vainqueur de 27 ans.
Le directeur sportif m’a dit personnellement : “Andreas, aujourd’hui vas-y à fond, c’est ce que tu aimes.” Une victoire sur la Vuelta ne représente pas grand-chose dans tout ça, mais le Roi était très intéressé par le sport et c’est la meilleure façon de lui rendre hommage. »
En première ligne pour une minute de silence au départ de Vall d’Alba avec leur compatriote Embret Svestad-Bardseng (Netcompany-Ineos), les Norvégiens d’Uno X ont donc envoyé du bois d’emblée. Suivant une attaque de Wout Van Aert au kilomètre zéro avec Milan Vader, Leknessund a reçu le renfort de Johannessen dans un deuxième temps, le 6e du Tour de France 2025 ayant réussi à s’extirper avec Alexey Lutsenko et Eddie Dunbar du deuxième groupe en échappée. « C’était un départ un peu triste, mais on est venus ici pour viser des étapes et on savait qu’on avait une grosse opportunité aujourd’hui, donc on a mis la pression dès le départ, a raconté Snoeks. On voulait avoir deux gars à l’avant. »
Détaché du général – dont il ne faisait pas une priorité – depuis Andorre (4e étape), Johannessen était en théorie le meilleur grimpeur de ce groupe de six et il apparaissait cohérent de voir Leknessund fournir le plus d’efforts sur ces routes sans village à l’approche de la première arrivée en altitude (1963 m) de cette Vuelta. « On a dû maintenir un gros rythme pour conserver l’écart avec le deuxième groupe ( toujours audelà de la minute), a expliqué le directeur sportif norvégien. On pensait que Tobias serait sûrement le plus fort, et tuer notre meilleure carte n’aurait pas eu de sens. »
Suivant cette logique, l’attaque de Leknessund à 7 km du sommet ressemblait à un leurre pour forcer les autres à boucher le trou et ouvrir un contre au leader. Sauf qu' « Andreas était super fort aujourd’hui », a souligné Snoeks, et le rouleur-grimpeur a filé ainsi jusqu’au sommet, dans une inversion des rôles avec Johannessen pour neutraliser la poursuite de Van Aert.
Une équipe qui aime « déceler les bonnes opportunités »
« Aujourd’hui ( hier), c’était vraiment la victoire de l’équipe qui comptait avant tout, a noté le vainqueur du Tour de l’Avenir en 2021, qui ne s’est encore jamais imposé sur un grand Tour. Je connais très bien Andreas, il a fait sa part du travail et on a joué parfaitement. C’est ça une équipe. Je suis super fier de la façon dont on a couru. » Trois fois deuxième d’étape sur le Giro, Leknessund non plus n’avait pas encore goûté au succès sur une course de trois semaines. « Ça signifie beaucoup, a-t-il souligné. C’est encore plus spécial parce que j’ai le sentiment de m’être vraiment battu pour l’obtenir. »
Après avoir passé quatre jours en rouge l’an dernier et deux en jaune cet été avec Torstein Traeen, cette formation Uno X a le flair pour les opportunités en fin de première semaine. « Beaucoup d’équipes ont des coureurs incroyables, mais je crois que, nous, on adore jouer et on essaie de déceler les bonnes opportunités sans mettre trop de pression aux coureurs. C’est fun, a résumé Snoeks. On n’est pas encore parmi les cinq meilleures équipes du monde, mais on est dans ce long processus. »
Avec le succès au Giro de Fredrik Dversnes (15e étape) et le sprint victorieux de Soren Waereneskjold sur le Tour de France (11e étape) – on peut aussi noter le triomphe de Sigrid Haugset sur le Tour femmes – l’équipe norvégienne a bouclé la trilogie des grands Tours dès sa première année au niveau World Tour.
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Première escapade française
29 Aug 2026
L'Équipe - L. He.
Léo Bisiaux (9e), Valentin Paret-Peintre (11e) et Guillaume Martin-Guyonnet (14e) avaient bien ciblé la première étape de cette Vuelta qui allait sourire à une échappée, mais les Français se sont retrouvés à contretemps toute la journée hier. Loupant le bon coup au kilomètre zéro, ils se sont immiscés dans un deuxième groupe et n’ont jamais réussi à effectuer le saut de puce réalisé par exemple par Tobias Halland Johannessen (2e). « J’ai essayé à plusieurs reprises de réduire le groupe pour partir avec moins de monde, a expliqué le grimpeur de Soudal-Quick Step. Mais je n’étais pas aérien non plus. Ils étaient simplement plus forts devant. » « Il n’y avait pas une très bonne coopération dans notre groupe, a noté Bisiaux (Decathlon-CMA CGM). Je voulais vraiment rentrer, donc j’ai essayé d’en faire beaucoup et ça m’a peut-être coûté à la fin mais je suis content des sensations. Maintenant je vais rester aux côtés de Felix (Gall) en cette fin de semaine. » Plus discret, Martin-Guyonnet (Groupama-FDJ United) s’est replacé au général (13e), où il talonne son coéquipier Clément Berthet.
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