Retour au jeu d’échecs
Depuis l'abandon de Tadej Pogacar sur chute samedi dernier,
l'équipe DecathlonCMA CGM fait partie des formations
qui tentent de prendre le contrôle de la course.
Depuis l’abandon de Tadej Pogacar, aucune équipe ne semble en mesure de contrôler la course à vive allure, ce qui bouleverse les configurations tactiques, notamment pour la montagne aujourd’hui.
«Les équipes qui prennent le contrôle ne sont pas habituées
à faire cela sur un grand Tour, donc ça change la dynamique»
- MAARTEN WYNANTS, DIRECTEUR
SPORTIF DE VISMA-LEASE A BIKE
3 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
LORCA (ESP) – Les raids en solitaire de Tadej Pogacar et ses velléités, même sur des étapes pour sprinteurs comme à Manosque (2e étape), ont révolutionné le cyclisme en assurant le spectacle à n’importe quelle distance de l’arrivée. D’un autre côté, la domination du Slovène et de son équipe dicte la course et limite les initiatives adverses, comme au Giro sous la suprématie de VismaLease a bike. « Avant on se disait : “Ah il y a peut-être un truc à faire ici?” Bah non car UAE était là pour contrôler. Maintenant tout peut arriver », résume Ken Vanmarcke, directeur sportif d’ EFEducation EasyPost.
En l’absence du patron slovène, des mouvements ont par exemple vu le jour dans une bosse de 3e catégorie, mardi (10e étape), sous la surveillance d’Enric Mas. « On est presque tous au même niveau, donc je dois tout calculer car je n’ai pas les jambes de Pogacar », a souri le Maillot Rouge, qui n’a pas non plus une équipe Movistar à la hauteur d’UAE. « Si Pogacar avait été là, il aurait été évident qu’on aurait juste essayé d’être là où il allait car ça signifiait la sécurité, développe Vanmarcke. Mais il n’est plus là. »
Hier, l’équipe de Richard Carapaz (EF Education-Easy Post) et les Lidl-Trek de Mattias Skjelmose se sont donc retrouvés aux avant-postes dans les bordures à plus de 90 kmde l’arrivée.
Aucun leader n’étant piégé, cette 11e étape s’est conclue sans surprise par une troisième victoire au sprint du jeune britannique Matthew Brennan (VismaLease a bike). « On a quand même vu que tous sont à l’affût», note Cyril Dessel. «Sur une étape de transition, ce sera difficile de mettre un favori en défaut ou alors ce sera une erreur d’inattention de sa part. » Les configurations en montagne - comme aujourd’hui avec une arrivée au sommet à Calar Alto (16,9 km à 5,6 %) - sont plus indécises. « Sur une étape où on a pourtant absorbé beaucoup de dénivelé, on avait encore un peloton important au pied de la dernière ascension, expliquait le directeur sportif de Decathlon CMA CGM, dimanche, à l’Alto d’Aitana. On a pu faire intervenir des coureurs qui ne sont pas forcément grimpeurs. » Depuis l’abandon de Pogacar,
la formation française est « la meilleure équipe, beaucoup savent ça et se tournent vers (Felix) Gall », pointe Vanmarcke. Mais le clan de l’Autrichien semble prêt à changer de stratégie, conscient d’avoir échoué en tentant de remplacer UAE. « J’ai eu le sentiment que ça ne roulait pas assez vite sur les ascensions toute la journée, s’est plaint Jarno Widar (Lotto-Intermarché). On était encore une centaine au pied de la dernière montée. J’ai trouvé ça assez ennuyant. »
Contrairement au jeune Belge (20 ans), certains y ont vu du positif. « On sent que Tadej n’est plus là, ça devient très tactique et cela me convient bien », a expliqué Skjelmose à TV 2 Sport. « Les équipes qui prennent le contrôle ne sont pas habituées à faire cela sur un grand Tour, donc ça change la dynamique», analyse Maarten Wynants, directeur sportif de Visma-Lease a bike. «Movistar et Decathlon se sont partagé la charge de travail mais ce sont aussi beaucoup de jeunes coureurs qui veulent prouver ce qu’ils valent, alors ils vont très fort, mais il faut trouver ce qui est le mieux pour son leader. »
Une bataille d’ homme à homme a d’ailleurs débuté à 7 km de l’arrivée, les favoris n’ayant plus d’équipier. « Et là, c’est une autre course : ça se regarde, ça fait des grosses accélérations, ça court à l’ancienne», détaille Monfort. «Il peut y avoir des révélations, des défaillances. »
Les coureurs qui préfèrent le train régulier des UAE ou une coopération à sa poursuite peuvent être déboussolés. « Peut-être que les changements de rythme vont faire la différence, poursuit le directeur sportif de Lidl-Trek. On a vu que Mas s’y retrouvait pas mal, C a r a p a z v a a u s s i t e n t e r s a chance… » Dessel se méfie d’Oscar Onley, qui « a du punch et a fait les efforts au bon moment pour suivre Mas (dimanche) ». Le danger peut venir de partout pour le Maillot Rouge, à qui Red Bull-BORA-hansgrohe met la pression. « Ce sera à lui de boucher le trou, c’est le leader » , souligne Sven Vanthourenthout, directeur sportif de Primoz Roglic. Jusqu’ici défensif et sans soutien en montagne, le quadruple vainqueur de la Vuelta est le plus expérimenté pour tirer son épingle du jeu.
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