UNEE PASSION FRANÇAISE


UNE RENTRÉE SOIGNÉE

C’est une histoire d’amour réciproque entre un homme, une équipe et son pays. 
Hier, au siège de la FFF, ZINÉDINE ZIDANE a été officiellement nommé sélectionneur des Bleus, réalisant son propre rêve et celui de millions de supporters.

"J’ai passé ces 4-5 années à attendre ce jour-là. 
Je suis ému, je suis tout excité, 
c’est quelque chose de fort pour moi, je suis heureux"
   - ZINÉDINE ZIDANE

29 Jul 2026 - L'Équipe
DAMIEN DEGORRE

Rien n’était trop beau pour accueillir Zinédine Zidane en son sein, hier, et la Fédération Française de Football avait dégagé les petits plats, dépoussiéré les grands qu’elle avait mis dans les plus grands encore, et organisé une conférence de presse de gala. Une compagnie entière de CRS était venue de Marseille renforcer les effectifs parisiens déjà présents pour boucler le quartier et une forme de répétition avait eu lieu la veille, sans le nouveau sélectionneur, pour s’assurer que les chemises collaient au décor et, à 11heures, ce mardi 28 juillet, la lumière fut. Philippe Diallo précédait le Ballon d’Or France Football 1998 dans l’auditorium du siège de la fédération où une grande partie des moquettes avaient été rénovées les jours précédents.

Après avoir « salué le travail de Didier Deschamps et de son staff» , le président de la FFF, à qui son DG adjoint, Erwan Le Prévost, avait intimé de se redresser sur sa chaise, annonçait alors ce que tout le monde guettait depuis la fin de la Coupe du monde. Un peu plus de sept minutes de monologue présidentiel plus tard, Diallo laissait la parole à celui qui sera le sélectionneur pour les quatre prochaines saisons. «Cher Zinédine, ce n’est certainement pas moi que les gens souhaitaient le plus entendre» , plaisantait le patron de la Fédération. «Vous avez bien fait» , le rassurait Zidane.

Si ses premiers mots étaient teintés d’une légère appréhension, «Zizou» s’est assez vite détendu et a réussi son premier examen de passage. La deuxième question à peine finie d’être posée – vivait-il le plus beau jour de sa vie d’entraîneur – , il rétorquait, tout sourire : « Ouais, c’est ce que je voulais faire. J’ai connu l’équipe de France minimes. En 1998, ç’a été la plus belle chose qui me soit arrivée, avec les copains de 1998, grâce à Aimé (Jacquet, alors sélectionneur). J’ai passé ces 4-5 années à attendre ce jour-là. Je suis ému, je suis tout excité, c’est quelque chose de fort pour moi, je suis heureux.»

Le nouveau sélectionneur n’est pas du genre très expressif. «Ça ne se voit pas mais je suis très excité» , insistait-il. Il semblait effectivement apprécier le moment, en profiter pleinement et le savourer à sa juste mesure. Sapatience a été récompensée. Cette conférence de presse était aussi l’occasion de tourner la page de l’ère Deschamps. Il a ainsi eu un mot pour celui qu’il a toujours appelé « DD» au cours de cette matinée : « Bravo pour tout ce que tu as fait, tout le monde t’est reconnaissant pour le travail que tu as fait.»

Il y a bien longtemps, cependant, que Zidane a appelé ou envoyé un message à son prédécesseur, pas même pendant la Coupe du monde. Et il n’était pas prévu qu’il le fasse après sa conférence de presse ou au cours des jours suivants. Il fallait avancer, balayer tous les sujets, n’en esquiver aucun, pas même celui, épineux, de Christophe Gleizes, le journaliste français emprisonné en Algérie, encore moins celui, plus marketing, concernant son partenariat « à vie » avec adidas alors que la FFF a signé un contrat historique avec Nike. « À vie, non !, a-t-il pris soin de rectifier. Ça n’existe pas, d’ailleurs, même avec l’ équipe de France, ça n’existera pas. Je ne vais pas laisser mon sponsor depuis trente ans mais cela ne changera rien. » Cela change un peu, quand même. Hier, juste derrière Diallo et Zidane, la direction fédérale avait placé un mur tout bleu, avec le seul logo de la FFF, sans aucun autre partenaire commercial, ce qui n’est jamais arrivé lors d’une conférence de presse d’un sélectionneur. Le dix-huitième de l’après-guerre n’avait pourtant rien exigé.

Mais tout était mis en oeuvre pour qu’il soit à son aise. Pas de fausse note. Arrivé à9h 50 au siège de la fédération, boulevard de Grenelle, dans le XVe arrondissement parisien, accompagné des on agent, Alain Migliaccio, et de son conseiller le plus précieux, Jacques Bungert, qui avait soutenu Diallo lors de l’élection en 2024, Zinédine Zidane a d’abord rencontré les membres du comité exécutif (comex) de la FFF, qui devaient valider sa nomination. Un tiers du comex avait répondu à l’invitation duprésident en présentiel, l’autre partie assistant à cette réunion en visio. Certains membres ont ensuite rejoint l’auditorium pour assister à la conférence depresse où aucun visage familier de l’ère Deschamps n’avait été convié.

Un accueil chaleureux des salariés de la FFF

À mesure que l’échéance approchait, l’excitation grimpait. Soudain, une porte s’ouvrait. Un murmure : « Il arrive, il arrive. » Non, pas encore. C’était Martin Guivarc’h, un salarié de la FFF, qui devait presque s’excuser de ne pas être Zizou. Les salariés, justement, allaient, eux aussi, avoir le droit à leur rencontre avec le nouveau sélectionneur, quand bien même Jean-François Vilotte, le directeur général, avait émis un avis défavorable par crainte d’un enthousiasme un peu trop débordant de certains. Ilavait tort.

L’accueil était au contraire chaleureux et bienveillant. Zidane leur a répété en substance ce qu’il avait dit à leur sujet pendant son point presse, à quel point ils étaient précieux et combien il appréciait de pouvoir leur parler en direct, ce qu’il n’avait pas eu l’occasion de faire lors de sa période de joueur. Sa matinée s’est achevée par une dernière rencontre, avec une centaine de supporters dont certains de l’association Les Irrésistibles Français, placés de l’autre côté de la chaussée.

L’avant-veille, le référent supporter de la FFF avait été invité à sortir de ses congés estivaux pour tout organiser et rameuter quelques troupes. Pendant une dizaine de minutes, escorté par Diallo et sous l’oeil de Vilotte, le nouveau sélectionneur s’est ainsi livré aux selfies et aux autographes. Officiellement, son contrat commence samedi. Dans les faits, sa mission est déjà lancée. Il a prévenu : « Je suis prêt pour ledéfi.»


***

ZIZOU, C’EST ZIZOU

29 Jul 2026 - L'Équipe
Frédérique Galametz Directrice de la rédaction déléguée

L’Histoire retiendra que les premiers mots de Zinédine Zidane, sélectionneur de l’équipe de France, furent adressés aux pompiers et aux agriculteurs qui se battent actuellement en Gironde et dans les Landes contre un feu dévorant, et aux familles touchées par ce drame. Deux simples phrases, forcément remarquées par le grand public, tout comme celles en sa qualité de «parent» appelant au retour de Christophe Gleizes, notre confrère injustement emprisonné en Algérie, auprès de sa famille. En homme de peu de mots qu’il a toujours été, passant d’un jeune homme timide à un adulte discret, Zinédine a fait du Zidane devant nombre de journalistes pas seulement en charge du football. C’est ainsi, il aimante les foules depuis vingt-huit ans, le soir de deux têtes mémorables au Stade de France en finale de Coupe du monde, et au-delà du simple monde du sport. La France l’avait alors choisi, lui et seulement lui, comme président sur les murs de l’Arc de Triomphe. La légende était en marche. Et depuis, rien n’a changé. On ne choisit pas son destin, en revanche, on peut se donner les moyens de toujours l’honorer. Zinédine Zidane, hier, n’a pas beaucoup parlé football, seulement pour dire qu’il n’avait qu’un objectif : gagner avec des joueurs qu’il qualifie d’extraordinaires. Mais son immense émotion, sa joie sincère d’être enfin aux manettes après cinq ans d’attente – parfaitement assumée alors que de grands clubs le courtisaient – en disaient peut-être un peu plus sur l’homme qu’il est réellement et les raisons de cette passion qu’il suscite, même loin du football.

Il n’a pas parlé politique ou tenu de grands discours sur les valeurs morales, sociétales qui s’attacheraient au maillot bleu-blancrouge. Au gré de quelques questions, il a simplement rappelé son enfance et ses premiers pas en équipe de France minimes mais aussi à la Castellane, « un quartier où j’ai grandi et où il y avait de la place pour tout le monde» . Il s’est aussi qualifié de « leader par ce que j’ai fait et ce que je crois être » et a assuré qu’il voulait « continuer à faire rêver » .

Il a dit aussi qu’il « n’avait pas peur » , même s’il sait d’avance qu’une fois les coups d’envoi donnés sur les terrains du monde entier, le football reprendra ses droits et les critiques se feront jour.

Mais hier, vingt-huit ans et seize jours après avoir brandi la Coupe du monde, loin des fracas du monde ou de la fureur des réseaux sociaux, il a rendu une fois de plus des gens heureux, fait espérer des jours bénis. Il a fait du Zidane, encore et toujours, parce que comme il l’a dit luimême : « Zizou, c’est Zizou. »

***


« C’est mon roi absolu »

Le nouveau sélectionneur, Zinédine Zidane, a mêlé hier son bonheur à celui des supporters, devant le siège de la FFF, après avoir confié son émotion en conférence de presse.

"Je crois que je ne vais jamais plus m’arrêter de sourire"
  - RYAN, UN TOURISTE ANGLAIS APRÈS AVOIR 
    FAIT SIGNER SON MAILLOT BLEU DE 1998

29 Jul 2026 - L'Équipe
ANTHONY CLÉMENT

Pendant un quart d’heure, Zinédine Zidane a pris des photos et a signé des autographes avec la centaine de supporters des Bleus, rassemblés hier devant le siège de la FFF, dans le XVe arrondissement de Paris.

Le bonheur était contagieux, boulevard de Grenelle, où le sourire de Zinédine Zidane a déclenché hier une vague d’allégresse parmi la grosse centaine de supporters venus accueillir le nouveau sélectionneur. Nimbé d’une aura qui semble éternelle, le champion du monde 1998 venait d’en finir avec sa conférence de presse d’intronisation et promenait face à l’agitation cette joyeuse sérénité qu’il affichait déjà devant les micros, comme s’il avait appris à ne pas être troublé par l’émoi qu’il suscite.

Le XVe arrondissement de Paris n’a pas l’habitude de ces moments d’effusion, le siège de la FFF non plus, car aucune nomination de sélectionneur n’avait attiré plus de 120 journalistes et photographes. Mais Zidane n’est pas un sélectionneur comme un autre. « Je ne serais pas venu pour un autre entraîneur, confiait Ousmane, si heureux d’avoir fait le détour. Je devais aller à la piscine à 11 heures mais je me suis dit que ce serait sympa de décaler pour voir Zidane, et j’ai eu ma photo. Là, c’est Zizou, c’est incroyable. Je n’ai pas les mots pour vous dire ce que ça fait de le voir en vrai, de si près. »

L’icône était bien à portée de main pendant un quart d’heure, derrière une simple barrière, sous le regard de policiers très peu inquiets, qui l’ont vu enchaîner les photos et les autographes, bercé par les chants en son honneur. Alors que la rue était encore très calme avant 11 heures, les associations de supporters des Bleus ont ensuite débarqué pour assurer la bande-son de la rencontre entre l’élu et le peuple, et la compagnie de CRS avait enfin quelque chose à surveiller.

Trois fourgons d’un côté du bâtiment, trois de l’autre, c’était beaucoup mais il faut croire que rien n’est trop grand pour Zidane, qui a su contenter tout le monde. Au fil des minutes, des badauds venaient se mêler aux quelques courageux qui patientaient depuis le début de la matinée, et Ryan serrait le poing comme s’il avait marqué un doublé de la tête en finale de Coupe du monde.

« J’adore Zizou, c’est mon roi absolu, soufflait en anglais ce touriste canadien, vêtu d’un maillot bleu de 1998 floqué au nom de l’idole. 98, c’est la première Coupe du monde que j’ai regardée. Je ne savais pas qu’il était là. On se promenait et j’ai demandé à ces gens ce qu’ils attendaient, je n’y croyais pas. J’ai eu le temps de rentrer à l’hôtel pour mettre mon maillot, et il vient de le signer! Je crois que je ne vais jamais plus m’arrêter de sourire. »

Diallo a parfois plus ressemblé à un fan qu’à un employeur

À côté de Zidane (54 ans), Philippe Diallo était aussi figé dans une posture béate. Après avoir dû tenir sa langue pendant des mois, le président de la FFF ne s’est pas privé de dire sa joie d’embaucher le Ballon d’Or France Football 1998, qu’il a enseveli sous les compliments. Il a plusieurs fois parlé de « légende » , a parfois davantage ressemblé à un fan qu’à un employeur, mais c’était le jour pour se laisser aller à l’émotion. Zidane est allé volontiers dans ce registre, sans exubérance évidemment, mais assez pour faire comprendre que son coeur palpitait fort sous la chemise blanche. Sélectionneur des Bleus, c’est la seule chose qu’il voulait faire, assurait-il, et c’est une mission qui dépasse tout ce qu’il a fait avant. Il a donc réservé ses premiers mots au monde agricole et aux pompiers qui se battent contre les feux, et a également été interrogé sur Christophe Gleizes, dont le visage est affiché sur le siège de la Fédération.

Arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou, en Algérie, lors d’un reportage sur la JS Kabylie, le journaliste a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison ferme. « Bien sûr que je soutiens, comme un parent, a déclaré Zidane, qui avait déjà été sollicité pour s’exprimer sur cette affaire, en raison de ses origines algériennes. On espère qu’il puisse rentrer à la maison avec ses parents, c’est clair et net. Je veux juste qu’il rentre chez lui pour voir sa famille. »

Tout n’était pas que légèreté hier, et le sélectionneur s’est aperçu que son nouveau costume l’exposait comme jamais il ne l’a été. Mais il le porte toujours aussi bien, et la façon dont il s’en est tiré montre que l’état de grâce peut durer longtemps.

***

L’idole discrète de la Castellane

Dans la cité au nord de Marseille où a grandi Zidane, la fierté affleure. Il est aussi une force tout en retenue mais bienvenue pour les générations futures

29 Jul 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PERMANENT
MATHIEU GRÉGOIRE

"Il était en pleins travaux, 
dans sa maison, il a pris le téléphone, 
il a fait une vidéo pour nous… 
On l’a postée, on est passés de 1 200 à 16 800 abonnés"
   - ADDA MOEGNE, DIRECTEUR DU 
     CENTRE SOCIAL ET CULTUREL

MARSEILLE – Le soleil tape sur la Castellane, en ce début d’aprèsmidi. Des gamins tentent quelques dribbles, place des Bartavelles, au centre de la cité. Au pied d’un escalier, un petit se fait gronder par son daron : « Tu vas apprendre le respect quand tu auras quel âge ? 120 ans ? » Au barbier, un jeune fume un spliff en attendant de passer sous les ciseaux du coiffeur. À quelques mètres, le boucher, chez Coco, fait une promotion sur les merguez, 9,90€ le kilo. Du côté de la piscine municipale, Djamel, ou « James », le frangin de «ZZ», vaque à ses occupations. Au centre social et culturel, plusieurs dames font l’accueil et le secrétariat, loin de l’actualité parisienne du jour.

« J’ai quand même vu passer Zidane aux infos, entre midi et deux » , sourit l’une d’entre elles. Une autre ajoute, ironique : « Est-ce que cela va changer vraiment notre vie? »

Vraie question. Dounia, bientôt 17 ans, a joué au FC La Castellane, en défense centrale, et elle va entraîner les petites du club la saison prochaine. « C’est un bon choix pour la France, glisse la lycéenne, qui se voit bosser dans les ressources humaines, plus tard.

Il a vécu dans les quartiers Nord, ça fait plaisir, et il montre que tout le monde peut réussir, même si on vient des quartiers. » À la fin de sa conférence de presse, hier matin, Zidane a parlé de « mixité » et a illustré: « J’ai grandi dans un quartier où il y avait la place pour tout le monde. » Le bâtiment où il a grandi, surnommé « le Carrelage » , a été détruit. Pas l’âme de la Castellane, selon Adda Moegne, jeune et vif directeur du centre: « Il y a 8000, 9000 habitants aujourd’hui et cette mixité existe, ce que dit Zizou est réel. Gitans, Comoriens, Français, Maghrébins, Sénégalais, Libanais, Turcs, Kosovars, il y a de tout… »

Créneau gratuit de foot à cinq et voyages de jeunes

Son acolyte Djamali Msaidi, une tchatche d’enfer, a une précision: « N’oublie pas les Tchétchènes, il y en a beaucoup. » Il ajoute: « Ce que décrit Zidane, ce n’est même pas la Castellane, c’est Marseille pour moi. » Éducateur au FC La Castellane, comme Djamali, Fallou Mbaye est surnommé « Mario », depuis son arrivée à la cité en provenance de Vérone, à l’âge de 14 ans : « Au début, je me faisais vanner sur mes origines, je le prenais au premier degré. J’ai compris plus tard. Le mélange de cultures qu’il y a ici, je ne l’avais vraiment pas en Italie. »

Fallou vit en bas de la cité, Djamali tout en haut, aux Ombrelles, et Adda au milieu. Ils sont heureux. Sauf quand la mairie de Marseille, qui aime les mettre en avant sur son compte Instagram officiel, les fait galérer pour accéder à un terrain normal. C’est souvent, c’est pénible, comme s’ils étaient cantonnés aux matches sur le bitume. À défaut de compter sur Benoît Payan (DVG), ils s’appuient sur la figure tutélaire, qui finance club et tournois, comme il sponsorisait des voyages de jeunes du quartier à son apogée madrilène.

Chaques a medi , de11à 13 heures, Zidane ouvre un créneau gratuit dans son complexe de foot à cinq, dans la banlieue d’Aix-en-Provence, pour les gamins de la Castellane. Il est venu récemment pour quelques événements organisés, entre autres, par son neveu Ryad, et a eu des mots gentils pour chacun.

En mai, quelques jours avant la finale de la Coupe de Provence les opposant à l’US Cheminots Grand, les U14 du FC La Castellane ont reçu un message particulier, un cinquantenaire au crâne rasé de frais et à la chemise boutonnée jusqu’au col : « Bonjour les amis. Djamali et Adda m’ont parlé de vous. Ils m’ont dit que vous allez jouer une finale. Ne lâchez rien, jusqu’à la dernière seconde. Le plus important est de prendre du plaisir. Régalez-vous, et allez la Castellane, vous êtes les meilleurs ! Force à vous, je vous embrasse. » Djamali se marre : « C’est le vrai, ce n’est pas une IA ! » Adda hallucine encore : « Il était en pleins travaux, dans sa maison, il a pris le téléphone, il a fait une vidéo pour nous… On l’a postée, on est passés de 1200 à 16800 abonnés, il a buggé le compte Instagram, même là maintenant, je prends le téléphone, j’ai encore des notifications de la vidéo de Zidane, il y a dix millions de vues ! » Plus discret, plus jeune aussi, Abou Ahamada a vécu en regardant des vidéos YouTube de l’idole. Il raconte la première fois qu’il l’a vu: « Physiquement, c’était à l’inauguration du cabinet médical (en février 2022).

Je n’ai pas pu lui parler, il y avait trop de monde, mais ça m’a marqué. » Abou n’a qu’une hâte, désormais : « Que la France décroche une troisième étoile avec Zidane. »

***

Zidane, toujours d’attaque?

S’il n’a pas voulu s’arrêter longuement sur le futur style de son équipe, l’ancien no 10 a renvoyé l’image d’un technicien prônant le jeu offensif.

29 Jul 2026 - L'Équipe
HUGO DELOM

À quelques mètres, dans l’auditorium du siège de la Fédération française de football (FFF), Jacques Bungert, l’ami et conseiller de Zinédine Zidane depuis plus de vingt-cinq ans, immortalise la scène. Le communicant, installé à côté d’Alain Alain Migliaccio, l’agent de « ZZ », a préparé l’intervention médiatique du nouveau sélectionneur des Bleus, hier. Et ce plan de communication n’intégrait pas de révélations sur le projet de jeu. « Le style, vous allez le voir bientôt. On aura le temps de penser à tout ça » , éludait Zidane, qui prévoit, à travers plusieurs réunions avec son staff en août, de travailler sur les contours de son projet football.

Le Ballon d’Or France Football 1998 aura eu le temps toutefois, au fil des trente-six minutes de son intervention conjointe avec le président de la FFF, Philippe Diallo, de glisser quelques éléments sur son style. « Je suis animé par le jeu. J’ai été un numéro 10, ce qui m’anime, c’est de marquer des buts, il faut un équilibre bien sûr, a détaillé l’ex-me

neur de jeu. J’ai vécu vingt-cinq ans en Espagne, vous savez ce que ça veut dire. Sur le terrain, j’étais un leader de terrain, je serai un leader par ce que j’ai fait. Je ne peux pas vous expliquer (mon projet) en deux mots comme ça. On a des joueurs extraordinaires. Ce n’est pas rien. Il faut que je leur explique mon projet de jeu, ce sera à moi à continuer à gagner. »

Vision pragmatique et obsession de la gagne

Zidane (54 ans) a ensuite assumé un style dissemblable de ses prédécesseurs : « On va faire différent. “DD “( Didier Deschamps), c’est “DD”. Laurent Blanc, c’est Laurent Blanc. Zizou, c’est Zizou. Je vais essayer de faire ce que je sais faire. » Que sait-il faire? Le plus intéressant, sans doute, c’est de se référer au Real Madrid, deuxième passage (20192021). Une équipe que Zidane avait installée – le plus souvent – en 4-3-3. Avec des principes établis. Un jeu de possession espagnol classique qui intégrait, déjà, à l’époque, de l’intensité à la perte et une volonté affichée de récupérer le ballon haut. En cela, le projet du nouveau sélectionneur colle avec ce que font les clubs (PSG, Liverpool) qui ont eu du succès ces dernières années. Zidane a une vision pragmatique du jeu et a, comme Deschamps, cette obsession de la gagne. Il ne faudra pas s’attendre à des animations de jeu ultra-créatives à la Marcelo Bielsa, Julian Nagelsmann ou Roberto De Zerbi.

S’il revient à son niveau, Mendy sera de retour avec les Bleus

Chez Zidane, il y a d’abord cette envie de fixer une colonne vertébrale forte – gardien, centraux, no 6, attaquant –, de travailler beaucoup les transitions (défensives ou offensives). Tout en s’appuyant sur un gardien relanceur. Zidane et son adjoint David Bettoni ont le goût pour l’intensité en séance. Et placent donc la préparation athlétique au coeur de leur projet. Quand il évoque son plan de jeu à venir en septembre et plus globalement lors des matches de Ligue des nations, le nouveau patron des Bleus ne bluffe pas. Il mesure qu’il va devoir travailler sur de nouvelles animations en août avec son staff, puis en septembre.

En privilégiant le 4-2-3-1 avec Michael Olise en n10? L’immense créativité du Munichois n’a pas échappé à l’ancien milieu offensif. Zidane sait qu’il pourra compter sur un réservoir offensif immense. Mais a déjà pu mesurer les carences sur les postes des latéraux (qui avaient un rôle essentiel au Real Madrid). S’il revient à son niveau, Ferland Mendy (31 ans, 10 sélections), actuellement blessé mais très apprécié par l’ancien entraîneur madrilène, sera de retour chez les Bleus.

Il ne faudra pas s’attendre, dans les premiers mois, à une profonde refonte des Bleus. Zidane, qui s’appuiera sur Bernard Diomède pour avoir des renseignements sur les générations de jeunes (sans que le champion du monde 1998 ne devienne nécessairement adjoint de Zidane), ne reproduira pas, du moins à court terme, cette phase de réoxygénation. La méthode Zidane, c’est aussi un management à la Deschamps. Avec une proximité affichée avec ses joueurs. Les deux techniciens n’ont pas prévu d’échanger mais au moins là-dessus, ils parlent le même langage…

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