Julian Alaphilippe À LA FOLIE


Comme il l’avait annoncé, JULIAN ALAPHILIPPE est allé décrocher le premier 
maillot jaune du Tour en attaquant de loin dans le final pour s’imposer à Landerneau. 
Le champion du monde a échappé à deux chutes monumentales qui ont déjà fait beaucoup de dégâts.

DIABOLIQUE

Avec deux énormes chutes collectives, le Tour a rappelé d’ entrée sa nature cruelle au peloton, et Julian A la philippe à ses ri vaux qu’ il était injouable quand il avait une idée derrière la tête. Le voilà en jaune et la course bien lancée.

27 Jun 2021 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

LANDERNEAU (FINISTÈRE) – Il va falloir nous prévenir la prochaine fois, qu’on branche notre petit coeur sur les pinces croc ode notre carrosse,parce qu’ à ce niveau de folie-là, pas sûr que tous nos organesvitaux soient encore en état de marche au moment de quitter la Bretagne, mardi soir. Comment ne pas avoir le palpitant qui tape fort dans les côtes avec une ouverture de ce tonneau?

On l’a adorée parce que c’était une journée du Tour de France pur jus, de celles qui vous chatouillent, vous enivrent, vous glacent et se terminent en arc-enciel. On ne se lassera jamais du haut-le-coeur de plaisir qui accompagne toujours les premiers kilomètres sur le parcours, ce sentiment de s’alléger, de laisser derrière soi les contrariétés. De partir pour l’ aventure, en somme, le long des plages blanches de la baie de Douar ne nez, à travers Argold ont le nom réveillait la poésie de vieilles lectures, dans le dédale de pierres deLo cr on an, au milieu des sous-bois pleins de leur odeur humide, au pied des monts d’Arré e tapissés de fougères…

Une promenade au bout du monde, mais pas seul au monde, car toute la région était là, et même plus, au bord des routes où l’on avait vidé les penderies de leurs costumes bretons et les frigos de tout ce qui ressemblait à un flacon. La jeunesse avait les yeux creusés comme les cul-de-bouteilles des canettes de bière vidées depuis le petit matin, elle avait des clopes un peu améliorées et l’ humour potache à la bouche, et il est dommage que cette ambiance de fête fût gâchée par une spectatrice qui avait décidé de postuler d’ entrée au prix Nobel de l’idiotie. Tout cela pour brandir face caméra une pancarte totalement crétine, dans laquelle Tony Martin, aux avant-postes du peloton, s’empala à un peu moins de 50 bornes de l’arrivée, et après lui un bon paquet de coureurs, dont Julian Alaphilippe et Wout Van Aert.

Une première crise de tachycardie qui ne devait être qu’une «se cous set te» par rapport au séisme cardiaque à venir. À dix kilomètres de Landerneau, les colonnes des superpuissances Ineos, Movistar, Deceuninck avaient pris le manche pour placer leurs leaders au pied de la côte de la Fosse aux Loups, elles filaient à toute berzingue, près de 80 km/h dans les parties en faux plat descendant,quand la coque du paquebot se disloqua à l’avant-droit, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, car la route était large et en bon état à cet endroit-là. L’ avarie était immense, de très nombreuxcoureurs furent crachés au sol, certains culbutèrent dans le fossé comme on passe par-dessus bord.


Julian Alaphilippe a profité des pentes les plus dures de la Fosse aux Loups pour placer son accélération. Derrière lui, Pierre Latour a bien tenté de suivre un temps. En vain.

Chris Froome resta longtemps prostré au milieu de ce champ de bataille. Quand il par vint enfin à se dresser sur ses échasses, il titubait comme un boxeur sonné ; la tristesse nous serrait la gorge tant le quadruple vainqueur du Tour avait cravaché pour revenir sur la course après sa grave chute de juin 2019 mais, quasiment au même moment, Julian Alaphilippe était entrain de tirer des feux d’artifice dans la bosse finale et, dans notre tête, les sentiments contraires défilaient aussi vite qu’ un diaporama de photos de vacances. Le champion du monde avait attaqué à un peu plus de deux bornes du sommet et personnene fut capable de le suivre. Mathieu van der Poel barbotait en queue de groupe dans les remous de l’énorme gamelle, Wout van Aert avait mis le frein à main car il voulait gérer ce long effort… L’ arc en-ciel s’ en volait, on crut un temps qu’il se ternissait et que Pierre Latour allait le reprendre, maisc’ était oublierqu’ A la philippe est un maître quand il s’ agit de se faire violence sur trois, quatre minutes, et qu’ il est toujours capable d’en remettre une couche quand les autre sont atteint la carbonisation. Vainqueur d’ étape et Maillot Jaune dès le premier jour, au-delà du chef-d’ oeuvre tactique, le Français donna une nouvelle conférencede« je dis ce que je fais et je fais ce que je dis », après celle d’Épernay, sur le Tour 2019, ou celle des Mondiaux d’Imola, l’ automne dernier, ce qui situe le niveaumonstrueux auquel il évolue, puis qu’ il demeure injouable alors même que ses adversaires savent exactement ce qu’il va faire. Mais surtout, Alaphilippe applique une autre réflexion en miroir : il vit comme il court et court comme il vit et, depuis plusieurs années, les événements personnels éclairent son chemin à vélo; il y tire la force d’aller chercher ses plus belles victoires, que ce soit après la mort de son père, l’an passé, ou après la naissance de son fiston, il y a une dizaine de jours. Il n’ y a jamais de banalité dans les grandes victoires d’Alaphilippe, elles sont toujours suturées d’un frisson, d’un sens plus profond, et celle d’ hier n’ échappe pas à la règle.

Une fois descendu de notre arc en-ciel, il faut bien tirer le bilan de cette journée et noter que certains prétendants au général – comme Miguel Ángel López ou Michael Woods –ne le sont déjà quasiment plus. Tadej Pogačar et Primož Roglič se sont marqués dans la Fosse aux Loups mais le second est allé chiper quelques bonifs quand le premier pourrait rapidement perdre Marc Hirschi, salement amoché. Quant aux Ineos, ils pensaient avoir un souci de leadership à régler, mais les sortilèges du Tour se sont chargés de faire le ménage pour eux et de reléguer Richie Porte et Tao Geoghegan Hart, pris dans la chute. Pour Julian Alaphilippe, l’horizon s’ ouvre désormais. En jaune jusqu’ où? Le chrono de mercredi? Les Alpes ce week-end? Voire le Ventoux? Il pourrait en tout cas être tenté de creuser aujourd’ hui dans la double ascension de Mûrde-Bretagne, s’il a les jambes. Avec lui, tout est possible, sa liberté est infinie. Il n’y a pas de dresseurde«Loulou».


***


Commenti

Post popolari in questo blog

'SONO LORO I MIEI CARCERIERI SEI ANNI FA RAPIRONO ANCHE ME'

I 100 cattivi del calcio

Top 8 Argentinians Who Made It to the NBA