POGACAR LE CHOC
Dans une étape de transition remportée par le Français Bryan Coquard, Tadej Pogacar est lourdement tombé et a dû abandonner la Vuelta qu’il archidominait. Le Slovène souffre de fractures, cervicale et claviculaire, qui mettent probablement un terme à sa saison.
Sur une chute à 32,8 km de l’arrivée d’une étape de plaine, Tadej Pogacar a abandonné hier la Vuelta et son maillot rouge, au bout d’une semaine de course où il semblait intouchable. Il souffre d’une commotion, de plusieurs fractures et va devoir se faire opérer.
«Il ne faut rejeter la responsabilité sur personne»
- FERNANDEZ 'MAT'XIN, DIRECTEUR
SPORTIF DE POGACAR
«C’est un jour triste»
- ENRIC MAS, LEADER DE MOVISTAR
30 Aug 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
XERACO (ESPAGNE) – Personne ne pouvait en venir à bout. Sauf l’aléa.Ce fut un hasard du ciel pour Luis Ocana, le torrent du col de Menté. C’est une large route espagnole, la CV-675, pour Tadej Pogacar, un centimètre de roue au mauvais endroit au mauvais moment, ce qui s’apparente à un caillou, un obstacle peut-être ou un geste maladroit en s’hydratant, mais pas un adversaire. En avance de plus de trois minutes au général en sept jours de course, le Slovène était imbattable à la pédale. « Tout peut arriver sur un grand Tour » , ont maintenu le champion et son staff ces dernières années et semaines, alors qu’écraser la course en première semaine était devenu son habitude. Maillot Rouge depuis le premier jour et ce prologue monégasque qu’il a dompté avec ses talents de pilotage, le leader d’UAE Emirates-XRG a répété ce poncif après son coup de massue en Andorre (4e étape). Il n’a pas pour autant ménagé ses efforts, assurant le spectacle dans le Bartolo (6e étape) où il est parti à la faute. Mais c’était un risque accepté, assumé. L’étape d’hier, elle, ne le concernait pas. « C’est malheureux… Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi c’était aussi nerveux aujourd’hui, peut-être parce que c’était la première journée avec un sprint quasi assuré » , a d’ailleurs souligné Louis Rouland (Cofidis).
Après le sprint intermédiaire de Simat de la Valldigna et à l’approche de la seule difficulté de la journée, le Puerto de Barx, le peloton a effectivement semblé sous tension mais comme souvent, Pogacar était au bon endroit. Sur le côté gauche de la chaussée, dans le sillage de cinq de ses six équipiers au niveau des vingt premiers de la boule, à l’écart de tout mouvement dangereux. Subitement, à 32,8 km de la ligne, le double champion du monde a pourtant perdu l’équilibre et foncé dans un coureur de Vimsa-Lease a bike avant de s’effondrer violemment. « Apparemment, il était en train de boire, et nous ne savons pas exactement s’il a touché quelqu’un à ce moment-là ou s’il est simplement tombé » , a d’abord expliqué son directeur sportif, Fernandez Matxin. Plusieurs minutes après l’arrivée, les analyses avec l’angle de la caméra à moto ont mis en évidence la présence d’un caillou ou d’un obstacle sur la route. « Je ne veux pas livrer de jugement alors que je n’ai pas tous les éléments, répondait prudemment Matxtin. Pavel (Sivakov) était derrière, j’ai parlé un peu avec lui mais il faut que je parle à tous les coureurs. »
Tous arrivés avec la mine défaite et plus de 11 minutes de retard sur le vainqueur Bryan Coquard (voir p. 4), le temps perdu à attendre que Pogacar reprenne éventuellement la route, les équipiers du Slovène ont foncé au car de leur équipe sans un mot. « Ce sont des chutes qui arrivent dans le cyclisme » , a simplement résumé Matxin. Peu importent les conjectures, la nature exacte de la chute, il n’y a probablement aucune leçon à en tirer. « Il ne faut rejeter la responsabilité sur personne, a insisté le directeur sportif espagnol. Ce n’est pas la faute de la Vuelta ou d’un autre coureur. Ça arrive dans le vélo. »
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Les conséquences, elles, sont autrement dramatiques. L’oeil ensanglanté, l’épaule et le haut du triceps gauches à vif, Pogacar s’est tenu le bras en se tordant de douleur. « Il avait beaucoup de sang, mais c’était parce que l’arcade s’était ouverte, a expliqué Matxin. Ce n’était pas une très grande plaie, mais ça saignait quand même beaucoup, ils vont devoir lui faire quelques points de suture. Sur le moment, il a aussi dit : “Douleur à l’épaule, douleur à l’épaule!’’ Au début, il voulait continuer, puis il a senti la douleur et quand on a vu qu’il ne pouvait pas monter sur le vélo, on a décidé de l’envoyer directement dans l’ambulance. »
Pogacar a été transporté immédiatement à l’hôpital, sans passer par le camion de radiologie à l’arrivée. Hier soir, son équipe UAE Team Emirates-XRG communiquait. « Son état est stable, a annoncé Adrian Rotunno, le directeur médical d’UAE. À l’issue d’un examen médical approfondi à l’hôpital, Tadej a été diagnostiqué avec une commotion cérébrale, une fracture déplacée de la clavicule gauche, une fracture cervicale stable au niveau de la vertèbre C7 et de multiples écorchures. » Le médecin précise que Tadej Pogacar « ne présente aucune autre blessure grave ni de séquelles neurologiques » . En revanche, il « devra subir une intervention chirurgicale à la clavicule, qui sera reportée par mesure de précaution liée à la commotion cérébrale » . « Je ne peux pas parler pour les autres, mais ç’a été un choc pour moi, s’émouvait Bingen Fernandez, le directeur sportif de Cofidis, avant d’évoquer le succès de son équipe. J’espérais vraiment qu’il puisse remonter sur le vélo pour terminer l’étape mais quand on est passé à côté en voiture, on a vu qu’il avait bien pris dans la gueule, le visage était arraché… On a vu après à la télé qu’il abandonnait, et à partir de là, le peloton ne roulait plus trop. Tout le monde attendait de voir s’il pouvait reprendre la course. »
Endolori, le Maillot Rouge a donc quitté la Vuelta pour la première fois depuis Igor Anton en 2010. Dauphin de Pogacar depuis sa 2e place à Castellon de la Plana, où il a tenu tête au Slovène, Enric Mas a logiquement récupéré la place du leader, mais comme Eddy Merckx sur le Tour 1971, l’Espagnol a refusé de porter son maillot sur le podium.
« C’est un jour triste » , a réagi le leader de Movistar, alors qu’un gadin au kilomètre 3 a aussi envoyé Diego Urirarte (Kern Pharma) à l’hôpital et qu’une chute collective a gâché le sprint. « C’est dommage qu’il y ait eu ces chutes et c’est dommage que ce soit arrivé à Tadej, a poursuivi l’Espagnol. Il est tombé, donc je n’ai pas gagné le maillot rouge, voilà pourquoi je ne voulais pas le porter. Je suis sûr qu’il est entre de bonnes mains et j’espère qu’il va vite récupérer. C’est une place étrange… Maintenant, une nouvelle course commence. »
La course des outsiders, dont la lutte à suspense pour la 2e place devient celle de la victoire finale. Et la course de Pogacar pour se rétablir d’ici aux objectifs automnaux, alors qu’il quitte pour la première fois de sa carrière une course par étapes et n’avait jamais abandonné la moindre épreuve depuis Liège-Bastogne-Liège en 2023.
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Enric Mas n'a pas enfilé le
maillot rouge sur le podium hier.
La vie sans Pogacar
Alors que son abandon ouvre déjà la voie à un vainqueur inattendu sur la Vuelta, les blessures du Slovène vont le priver des Mondiaux et devraient mettre un terme à sa saison.
30 Aug 2026 - L'Équipe
L. He.
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À XERACO
Déjà auteur de 22 succès, dont 3 Monuments et le Tour de France, Tadej Pogacar devait dépasser son record de 25 victoires en 2024 au bout d’une année légendaire avec bientôt la Vuelta, pourquoi pas un t ro i s i ème maillot arc-en-ciel, un deuxième étoilé et le Tour de Lombardie, sa chasse gardée. Rien n’enlèvera la beauté des deux premières parties de sa saison mais la fin pré-écrite sera raturée. Victime d’une fracture déplacée de la clavicule gauche, le leader d’UAE Emirates-XRG aurait peut-être pu revenir à temps aux Mondiaux (27 septembre) au Canada si cela avait été sa seule blessure.
On a déjà vu l’an dernier Jasper Philipsen s’imposer sur la Vuelta un mois après avoir été opéré de cette même fracture. Généralement, il faut environ une semaine pour reprendre l’entraînement sur home-trainer puis trois semaines pour la route et quatre à six semaines pour la compétition. En raison de sa commotion cérébrale, il a toutefois été précisé que Pogacar serait opéré ultérieurement.
S’ajoute à cela la « fracture cervicale stable au niveau de la vertèbre C7 » qui suggère un traitement par minerve et minimum six semaines de consolidation. Ce délai s’étend donc au moins jusqu’au Tour de Lombardie (11 octobre), dernier des trois objectifs automnaux du Slovène avec les Championnats d’Europe (4 octobre), ce qui présage d’une fin de saison prématurée hier sur la route entre Puçol et Xeraco.
« Maintenant il est avec le personnel médical, et on va essayer de continuer avec l’état d’esprit de cette équipe » , tentait de se projeter Fernandez Matxin, directeur sportif sonné et ému. Victime de deux fractures au scaphoïde et à l’os semi-lunaire en avril 2023 à Liège, il avait fallu deux mois à Pogacar pour reprendre la compétition sur ses Championnats n a t i o n a u x p u i s a u To u r d e France, où il était en dessous de son niveau habituel, battu pour la dernière fois par Jonas Vingegaard.
« Tadej a donné beaucoup de victoires à ses coéquipiers, il faut qu’on garde le moral pour gagner et lui offrir ces succès » , a tenté de positiver Matxin en pensant d’abord à cette fin de Vuelta où ses six équipiers renoncent à toute ambition au général mais peuvent viser des étapes au vu de la forme de Pavel Sivakov et du jeune talent espagnol Pablo Torres (20 ans).
Une hiérarchie à éclaircir
Sans Pogacar, la lutte pour le maillot rouge devient aussi particulièrement indécise. « Enric Mas, Primoz Roglic, Oscar Onley et Felix Gall vont être les quatre coureurs qui vont se jouer la 2e place » , analysait à l’aube de cette journée malheureuse Joaquim « Purito » Rodriguez.
Deuxième en 2015, l’Espagnol a involontairement pointé les prétendants à la victoire finale à Grenade, notant que Richard Carapaz « commençait déjà à être un peu en retrait par rapport aux autres » et que (Mattias) Skjelmose a déjà perdu beaucoup de temps » .
Si ce n’est Roglic, quadruple vainqueur mais arrivé avec peu d’entraînement après sa chute en juillet, aucun des candidats n’a déjà remporté le Tour d’Espagne. Avec plus de 5 000 m de dénivelé positif, la 9e étape, aujourd’hui, devrait éclaircir la hiérarchie.
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Le punch récompensé
En quête de cette victoire sur un grand Tour depuis treize ans chez les professionnels, le sprinteur de Cofidis, Bryan Coquard, a achevé sa quête dans une saison de métamorphose et un été au charbon.
«On sait que c’est un coureur qui passe bien les bosses,
et sur une telle Vuelta, quand il y a un grand niveau de fatigue,
il peut faire la différence»
- BINGEN FERNANDEZ, SON DIRECTEUR SPORTIF
30 Aug 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
XERACO (ESPAGNE) – En cette journée de chutes où la Vuelta a perdu son Maillot Rouge tout-puissant, le big bang des karmas a consacré un coureur malmené jusqu’ici, lui aussi tombé plus tôt dans la semaine et discret sur les premières arrivées punchy taillées pour son « nouveau » profil. Le coude pansé depuis ce gadin, Bryan Coquard a atteint à 34 ans cette victoire dans un grand Tour qu’il chassait depuis treize ans et son passage en professionnel chez Europcar.Hier à Xeraco, Bryan Coquard a remporté la 8e étape de la Vuelta. Son premier succès sur un grand Tour.
Dauphin d’André Greipel aux Champs-Élysées en 2015 et battu d’un cheveu par Marcel Kittel àLimoges en 2016, ces presque victoires sur le Tour de France auguraient d’un grand avenir en grand Tour. Il lui a fallu attendre, longtemps, jusqu’à cette énième photo-finish, cette fois dans le bon ordre, devant Mads Pedersen àXeraco. « C’est beaucoup de travail, de patience, de sacrifice pour en arriver là, a souligné le leader de Cofidis. J’ai souvent terminé 2e ou à des places d’honneur… Forcément, je suis très fier et très heureux. »
Les yeux humides en sortant de ce chemin blanc après la ligne où il a partagé la joie de son sprinteur, Alexis Renard était particulièrement ému. « Je vis souvent la victoire à travers des coureurs comme Bryan, expliquait le pois son-pilote. On en rigole souvent, mais j’ai 100 % de ses victoires en World Tour puisque j’étais là en Australie, au Tour de Suisse et maintenant à la Vuelta. C’est vraiment incroyable. »
Au Tour Down Under 2023, Coquard avait franchi un premier palier important avec ce succès dans la meilleure catégorie d’épreuve mais c’était presque anecdotique au bout du monde en tout début de saison. Son succès au Tour de Suisse l’année suivante était plus significatif et avait définitivement mis fin à cette malédiction ou à un éventuel complexe au plus haut niveau.
La victoire à Regensdorf, le sprinteur de poche l’avait d’ailleurs acquise – comme hier - après avoir survécu à une bosse exigeante à10 km de la ligne, devant Michael Matthews. Elle ouvrait une voie, la recette pour imposer son gabarit léger face à l’inflation de watts. « J’étais l’un des meilleurs sprinteurs qui grimpaient bien, maintenant j’ai envie d’être le meilleur sprinteur des puncheurs, expliquait Coquard cet hiver pour annoncer un tournant dans sa carrière. J’aspire à un rôle comme Matthews. »
Écouté par Raphaël Jeune, son nouveau manager arrivé il y a bientôt un an, le natif de SaintNazaire a pu travailler plus spécifiquement, appuyer sur ses forces. « Dès le mois de décembre, nous avions comme plan de tout mettre en place pour lui faire gagner une victoire sur un grand Tour et à la Vuelta», a souligné le patron de Cofidis. «Je tiens à saluer sa confiance et l’incroyable travail qu’il a réalisé toute la saison, à l’image de son long stage en altitude pendant l’été. »
Ce n’est pas forcément sur un terrain de pur puncheur, hier, qu’il a enfin récolté le fruit de son travail. Mais il n’est pas anodin de le voir s’imposer au huitième jour de course après avoir enchaîné les étapes à gros dénivelé. « On sait que c’est un coureur qui passe bien les bosses, et sur une telle Vuelta, quand il y a un grand niveau de fatigue, il peut faire la différence » , analysait son directeur sportif, Bingen Fernandez.
Le Puerto de Barx (8,6 km à 3,8 %) à 24 km de l’arrivée ne pouvait pas lui faire peur. Passé sans encombre comme Matthew Brennan, Coquard est arrivé bien mieux placé que le double vainqueur d’étapes dans la dernière ligne droite. Le Britannique avait le bon lead out avec Christophe Laporte et Wout Van Aert en tête de peloton, mais pas les jambes. Le Français avait les deux. « On s’est un peu fait enfermer mais on apu se repositionner dans la dernière courbe, a expliqué Renard. J’ai réussi à rester dans le vent pour bien le protéger, mais je ne sais pas si Bryan était encore vraiment dans ma roue. »
« À la fin, je n’avais plus qu’à suivre Alexis, a répondu le vainqueur. Je savais qu’il y avait du vent de face et de côté et j’ai fait mon effort au bon moment. » La fraction de seconde parfaite pour quelques centimètres d’avance et oublier leregret une décennie après être déjà passé si près.
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POGACAR: LO SHOCK
In una tappa di transizione vinta dal francese Bryan Coquard, Tadej Pogačar è caduto pesantemente e ha dovuto ritirarsi dalla Vuelta, che stava dominando in modo schiacciante.
Lo sloveno ha riportato fratture alla colonna cervicale e alla clavicola (sinistra, ndr), che probabilmente hanno messo fine alla sua stagione.
IL COLPO DEL DESTINO
A seguito di una caduta a 32,8 km dall’arrivo di una tappa in pianura, la maglia rossa Tadej Pogačar ha abbandonato ieri la Vuelta e, al termine di una settimana di gara in cui sembrava imbattibile.
Ha riportato una commozione cerebrale e diverse fratture e dovrà sottoporsi a un intervento chirurgico.
«Non bisogna attribuire la responsabilità a nessuno»
- FERNANDEZ MATXIN, DIRETTORE
SPORTIVO DI POGACAR
«È una giornata triste»
- ENRIC MAS, CAPO DELLA MOVISTAR
30 agosto 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
XERACO (SPAGNA) – Nessuno riusciva a sconfiggerlo. Tranne il caso. È stato un colpo di sfortuna per Luis Ocaña, il torrente del Col de Menté. Per Tadej Pogačar, sulla CV-675, un’ampia strada spagnola, è stato un centimetro di ruota nel posto sbagliato al momento sbagliato, simile a un sassolino, forse un ostacolo (pare una batteria esausta di una telecamera, ndr) o un gesto maldestro mentre si idratava, ma non un avversario. Con oltre tre minuti di vantaggio nella classifica generale dopo sette giorni di gara, lo sloveno era imbattibile sui pedali. «Tutto può succedere in un grande Giro», hanno ribadito il campione e il suo staff negli ultimi anni e nelle ultime settimane, mentre dominare la gara nella prima settimana era ormai diventata una sua abitudine. Maglia rossa fin dal primo giorno e da quel prologo monegasco che ha dominato grazie alle sue doti nella guida del mezzo, il leader della UAE Emirates-XRG ha ribadito questo cliché dopo la sua impresa in Andorra (4ª tappa). Non ha però risparmiato gli sforzi, regalando spettacolo sul Bartolo (6ª tappa), dove ha commesso un errore. Ma era un rischio accettato, assunto consapevolmente. La tappa di ieri, invece, non lo riguardava. «È un peccato… Non saprei spiegare bene perché oggi ci fosse così tanta tensione, forse perché era la prima giornata con uno sprint praticamente assicurato», ha sottolineato Louis Rouland (Cofidis).
Dopo lo sprint intermedio di Simat de la Valldigna e in prossimità dell’unica difficoltà della giornata, il Puerto de Barx, il gruppo è sembrato effettivamente sotto tensione, ma come spesso accade, Pogačar era nel posto giusto. Sul lato sinistro della carreggiata, sulla scia di cinque dei suoi sei compagni di squadra tra i primi venti del gruppo, lontano da qualsiasi movimento pericoloso. Improvvisamente, a -32,8 km dal traguardo, il due volte campione del mondo ha però perso l’equilibrio e si è scontrato con un corridore della Visma-Lease a bike prima di cadere violentemente. «A quanto pare stava bevendo, e non sappiamo esattamente se in quel momento abbia urtato qualcuno o se sia semplicemente caduto», ha spiegato inizialmente il suo direttore sportivo, Fernandez Matxin. Diversi minuti dopo l’arrivo, le analisi delle immagini riprese dalla telecamera montata sulla moto hanno evidenziato la presenza di un sasso o di un ostacolo sulla strada. «Non voglio esprimere giudizi senza avere tutti gli elementi», ha risposto con cautela Matxtin. «Pavel (Sivakov) era dietro di me, ho scambiato qualche parola con lui, ma devo parlare con tutti i(nostri, ndr) corridori».
Arrivati tutti con l’aria abbattuta e con oltre 11 minuti di ritardo sul vincitore Bryan Coquard (vedi pag. 4), tempo perso nell’attesa che Pogačar riprendesse eventualmente la corsa, i compagni di squadra dello sloveno si sono precipitati verso il pullman della loro squadra senza dire una parola. «Sono cadute che capitano nel ciclismo», ha semplicemente sintetizzato Matxin. A prescindere dalle congetture e dalla natura esatta della caduta, probabilmente non c’è alcuna lezione da trarne. «Non bisogna attribuire la responsabilità a nessuno», ha insistito il direttore sportivo spagnolo. «Non è colpa della Vuelta né di un altro corridore. Sono cose che capitano, nel ciclismo».
Le conseguenze, invece, sono ben più drammatiche. Con l’occhio insanguinato, la spalla e la parte superiore del tricipite sinistro a fior di pelle, Pogačar si teneva il braccio contorcendosi dal dolore. «Sanguinava molto, ma era perché si era lacerato il sopracciglio», ha spiegato Matxin. «Non era una ferita molto grande, ma sanguinava comunque molto, dovranno fargli qualche punto di sutura. In quel momento ha anche detto: “Mi fa male la spalla, mi fa male la spalla!”. All’inizio voleva continuare, poi ha avvertito troppo dolore e quando abbiamo visto che non riusciva a salire sulla bici, abbiamo deciso di farlo salire sull’ambulanza. »
Pogačar è stato trasportato immediatamente in ospedale, senza passare dal furgone radiologico all’arrivo. Ieri sera, la sua squadra, l’UAE Team Emirates-XRG, ha rilasciato un comunicato. «Le sue condizioni sono stabili», ha annunciato Adrian Rotunno, direttore medico dell’UAE. A seguito di un approfondito esame medico in ospedale, a Tadej è stata diagnosticata una commozione cerebrale, una frattura scomposto della clavicola sinistra, una frattura cervicale stabile a livello della vertebra C7 e numerose escoriazioni». Il medico precisa che Tadej Pogačar «non presenta altre lesioni gravi né sequele neurologiche». D’altra parte, «dovrà sottoporsi a un intervento chirurgico alla clavicola, che sarà rinviato per precauzione a causa della commozione cerebrale». «Non posso parlare a nome degli altri, ma per me è stato uno shock», ha dichiarato commosso Bingen Fernandez, direttore sportivo della Cofidis, prima di parlare del successo della sua squadra. Speravo davvero che potesse rimettersi in sella per terminare la tappa, ma quando gli siamo passati accanto in auto, abbiamo visto che aveva preso una brutta botta in faccia, il viso era sfigurato… Abbiamo poi visto in tv che si ritirava e, da quel momento, il gruppo non ha più pedalato a ritmo sostenuto. «Tutti erano in attesa di vedere se sarebbe riuscito a riprendere la gara.»
Indolenzito, il detentore della maglia rossa ha quindi abbandonato la Vuelta per la prima volta dai tempi di Igor Anton nel 2010. Secondo dietro a Pogačar sin dal suo secondo posto a Castellón de la Plana, dove aveva tenuto testa allo sloveno, Enric Mas ha logicamente preso il posto di leader, ma, come Eddy Merckx al Tour del 1971, sul podio lo spagnolo si è rifiutato di indossare la maglia.
«È una giornata triste», ha commentato il leader della Movistar, mentre una caduta al chilometro 3 ha mandato anche Diego Urirarte (Kern Pharma) in ospedale e una caduta di gruppo ha rovinato lo sprint. «È un peccato che ci siano state queste cadute ed è un peccato che sia successo a Tadej», ha proseguito lo spagnolo. È caduto, quindi non ho conquistato la maglia rossa, ecco perché non ho voluto indossarla. Sono sicuro che sia in buone mani e spero si riprenda presto. È una situazione strana… Ora inizia una nuova gara».
La gara degli outsider, in cui la lotta serrata per il secondo posto diventa quella per la vittoria finale. E la corsa di Pogačar per riprendersi in vista degli obiettivi autunnali, mentre abbandona per la prima volta nella sua carriera una gara a tappe e non aveva mai abbandonato nessuna gara dalla Liegi-Bastogne-Liegi del 2023.
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Enric Mas ieri non ha indossato
la maglia rossa sul podio.
La vita senza Pogačar
Mentre il suo ritiro apre già la strada a un vincitore inaspettato alla Vuelta, gli infortuni priveranno allo sloveno i Mondiali e dovrebbero aver posto fine alla sua stagione.
30 agosto 2026 - L'Équipe
L. He.
DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE A XERACO
Già autore di 22 successi, tra cui 3 Monumenti e il Tour de France, Tadej Pogačar avrebbe dovuto superare il suo record di 25 vittorie nel 2024 al termine di un anno leggendario con la Vuelta alle porte, e perché no, una terza maglia iridata, una seconda maglia a stelle e il Giro di Lombardia, il suo terreno di caccia. Nulla potrà sminuire la bellezza delle prime due parti della sua stagione, ma il finale già scritto verrà cancellato. Vittima della frattura scomposta della clavicola sinistra, il leader della UAE Emirates-XRG avrebbe forse potuto tornare in tempo per i Mondiali (27 settembre) in Canada se quella fosse stata la sua unica lesione.
Già l’anno scorso abbiamo visto Jasper Philipsen imporsi alla Vuelta un mese dopo essere stato operato per la stessa frattura. In genere, ci vuole circa una settimana per riprendere l’allenamento sui rulli, poi tre settimane per tornare su strada e da quattro a sei settimane per tornare a gareggiare. A causa della commozione cerebrale, è stato tuttavia precisato che Pogacar sarà operato in un secondo momento.
A ciò si aggiunge la «frattura cervicale stabile a livello della vertebra C7», che suggerisce un trattamento con collare ortopedico e almeno sei settimane di consolidamento. Questo periodo si estende quindi almeno fino al Giro di Lombardia (11 ottobre), l’ultimo dei tre obiettivi autunnali dello sloveno insieme ai Campionati Europei (4 ottobre), il che fa presagire una fine di stagione prematura, avvenuta ieri sulla strada tra Puçol e Xeraco.
«Ora è con lo staff medico e cercheremo di andare avanti con lo spirito di questa squadra», ha cercato di guardare al futuro Fernandez Matxin, direttore sportivo sconvolto e commosso. Vittima di due fratture allo scafoide e all’osso semilunare nell’aprile 2023 alla Liegi, Pogačar aveva impiegato due mesi per tornare alle competizioni, prima ai Campionati nazionali e poi al Tour de France, dove era poi stato al di sotto del suo livello abituale, battuto per l’ultima volta da Jonas Vingegaard.
«Tadej ha regalato molte vittorie ai suoi compagni di squadra, dobbiamo mantenere alto il morale per vincere e regalargli questi successi», ha cercato di vedere il lato positivo Matxin, pensando innanzi tutto a questo finale di Vuelta in cui i suoi sei compagni di squadra rinunciano a qualsiasi ambizione in classifica generale ma possono puntare alle tappe, vista la forma di Pavel Sivakov e del giovane talento spagnolo Pablo Torres (20 anni).
Una gerarchia da chiarire
Senza Pogačar, anche la lotta per la maglia rossa diventa particolarmente incerta. «Enric Mas, Primož Roglič, Oscar Onley e Felix Gall saranno i quattro corridori che si contenderanno il secondo posto», ha analizzato all’alba di questa giornata sfortunata Joaquim «Purito» Rodriguez.
Secondo classificato nel 2015, lo spagnolo ha involontariamente indicato i candidati alla vittoria finale a Granada, osservando che Richard Carapaz «cominciava già a rimanere un po’ indietro rispetto agli altri» e che (Mattias) Skjelmose «aveva già perso molto tempo».
A eccezione di Roglič, quattro volte vincitore ma arrivato con poco allenamento dopo la caduta di luglio, nessuno dei candidati ha mai vinto la Vuelta a España. Con oltre 5.000 m di dislivello positivo, la nona tappa di oggi dovrebbe chiarire la gerarchia.
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Ieri a Xeraco, Bryan Coquard ha vinto l’ottava tappa della Vuelta.
Il suo primo successo in un Grande Giro.
La grinta premiata
Alla ricerca di questa vittoria in un grande Giro da tredici anni tra i professionisti, il velocista della Cofidis, Bryan Coquard, ha portato a termine la sua impresa in una stagione di trasformazione e un’estate di duro lavoro.
«Sappiamo che è un corridore che affronta bene le salite,
e in una Vuelta come questa,
quando il livello di stanchezza è elevato,
può fare la differenza»
- BINGEN FERNANDEZ,
SUO DIRETTORE SPORTIVO
30 agosto 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
XERACO (SPAGNA) – In questa giornata costellata di cadute, in cui la Vuelta ha perso la sua onnipotente maglia rossa, il “big bang” del karma ha consacrato un corridore finora maltrattato, caduto anche lui all’inizio della settimana e poco appariscente nei primi arrivi “punchy”, perfetti per il suo “nuovo” profilo. Con il gomito fasciato sin da quella caduta, Bryan Coquard ha conquistato a 34 anni questa vittoria in un grande Giro che inseguiva da tredici anni, sin dal suo esordio da professionista con la Europcar.
Secondo dietro ad André Greipel sugli Champs-Élysées nel 2015 e battuto per un soffio da Marcel Kittel a Limoges nel 2016, queste quasi vittorie al Tour de France facevano presagire un grande futuro nei grandi Giri. Ha dovuto aspettare a lungo, fino a questo ennesimo fotofinish, questa volta con l’ordine giusto, davanti a Mads Pedersen a Xeraco. «Ci vuole molto lavoro, pazienza e sacrificio per arrivare a questo punto», ha sottolineato il leader della Cofidis. «Sono spesso arrivato secondo o in posizioni d’onore… Ovviamente sono molto orgoglioso e molto felice. »
Con gli occhi lucidi mentre usciva da quel percorso bianco dopo il traguardo, dove aveva condiviso la gioia del suo velocista, Alexis Renard era particolarmente commosso. «Spesso vivo la vittoria attraverso corridori come Bryan», ha spiegato il suo gregario. «Ci scherziamo spesso sopra, ma ho assistito al 100% delle sue vittorie nel World Tour, dato che ero lì in Australia, al Giro di Svizzera e ora alla Vuelta. È davvero incredibile».
Al Tour Down Under 2023, Coquard aveva superato un primo importante traguardo con quel successo nella categoria più prestigiosa della gara, ma era stato quasi un episodio marginale dall’altra parte del mondo, all’inizio della stagione. Il suo successo al Tour de Suisse l’anno successivo era stato più significativo e aveva definitivamente messo fine a quella maledizione o a un eventuale complesso ai massimi livelli.
La vittoria a Regensdorf, del resto, il piccolo velocista l’aveva conquistata – proprio come ieri – dopo aver superato una salita impegnativa a 10 km dal traguardo, davanti a Michael Matthews. Quella vittoria aveva aperto la strada, fornendo la ricetta per imporre la sua stazza leggera di fronte all’inflazione di watt. «Ero uno dei migliori velocisti che scalavano bene, ora voglio essere il miglior velocista tra i puncheur», spiegava Coquard quest’inverno per annunciare una svolta nella sua carriera. «Aspiro a un ruolo come quello di Matthews. »
Grazie ai consigli di Raphaël Jeune, il suo nuovo manager arrivato ormai quasi un anno fa, il corridore originario di Saint-Nazaire ha potuto allenarsi in modo più mirato, puntando sui propri punti di forza. «Già a dicembre avevamo pianificato di mettere in atto tutto il necessario per fargli conquistare una vittoria in un grande Giro e alla Vuelta», ha sottolineato il direttore della Cofidis. «Ci tengo a rendere omaggio alla sua fiducia e all’incredibile lavoro che ha svolto durante tutta la stagione, come dimostra il suo lungo ritiro in altitudine durante l’estate.»
Non è stato necessariamente su un percorso da vero puncheur che ieri ha finalmente raccolto i frutti del suo lavoro. Ma non è un caso che si sia imposto all’ottava giornata di gara dopo aver affrontato una serie di tappe con forte dislivello. «Sappiamo che è un corridore che affronta bene le salite e, in una Vuelta come questa, quando il livello di affaticamento è elevato, può fare la differenza», ha analizzato il suo direttore sportivo, Bingen Fernandez.
Il Puerto de Barx (8,6 km al 3,8%) a 24 km dall’arrivo non poteva certo spaventarlo. Superato senza difficoltà come Matthew Brennan, Coquard è arrivato ben meglio piazzato del doppio vincitore di tappa nel rettilineo finale. Il britannico aveva il giusto lead-out con Christophe Laporte e Wout Van Aert in testa al gruppo, ma non aveva le gambe. Il francese aveva entrambe le cose. «Siamo rimasti un po’ chiusi, ma siamo riusciti a riposizionarci nell’ultima curva», ha spiegato Renard. «Sono riuscito a stare al vento per proteggerlo bene, ma non so se Bryan fosse ancora davvero sulla mia scia. »
«Alla fine non mi restava che seguire Alexis», ha risposto il vincitore. «Sapevo che c’era vento contrario e laterale e ho fatto lo scatto al momento giusto». La frazione di secondo perfetta per guadagnare qualche centimetro di vantaggio e lasciarsi alle spalle il rimpianto, a dieci anni di distanza da quando ci era già andato così vicino.

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