Milan négatif pour Magnier
Paul Magnier s’impose au sprint à Milan...
pour la cinquième place.
Le sprinteur français n’a même pas pu jouer la victoire dans la cité lombarde, et le maillot cyclamen va être délicat à gérer cette semaine avant le sprint massif de Rome dimanche prochain.
«Je voulais essayer de reprendre un bel avantage aujourd’hui,
et une cinquième place ne rapporte pas tant de points que ça»
- PAUL MAGNIER
25 May 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
MILAN (ITA) – Il faut croire que le maillot cyclamen finalement arraché entre Voghera et Milan lui donnait un peu d’urticaire, hier soir dans la capitale lombarde. Paul Magnier (22 ans) est arrivé à son car encore bouillant de chaleur et d’agacement, vêtu de sa tunique du jour et non pas celle qu’il avait enfilé quelques minutes plus tôt au podium protocolaire.
De nouveau leader du classement par points, grâce aux 15 unités prises sur Jhonatan Narváez (1 au sprint intermédiaire, 14 à l’arrivée), le Français de Soudal – Quick-Step a remporté un sprint du peloton (5e) qui faisait office de bien maigre consolation. Lui, son équipe et toutes les autres formations de sprinteurs se sont fait piéger comme des amateurs par une échappée de quatre coureurs qui avait pris trop d’avance dans le circuit final pour que l’explication massive tant attendue puisse avoir lieu.
« C’est vraiment rageant, lâchait Magnier sur la ligne. Il faut essayer de rester calme. Pour l’instant, je suis un peu énervé, je vais re-regarder les images, on va faire un débrief avec l’équipe. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi dur de rentrer. Je n’ai pas envie de réagir trop à chaud. Soit ils ont fait une performance extraordinaire devant, soit on n’a pas été bons derrière. »
Déjà un peu punis jeudi à Novi Ligure, les sprinteurs avaient ciblé Milan hier et Rome une semaine plus tard pour enfin s’expliquer entre costauds. Ce qui n’arrive pas tous les ans sur le Corso Venezia, le Giro n’étant pas revenu à Milan depuis 2021 et le dernier sprint massif dans la cité des Sforza remontant à 2009 avec un succès de Mark Cavendish. « Tous les sprinteurs ont utilisé tous leurs équipiers dans le final et ça n’a pas suffi, j’ai même dit à Jasper Stuyven (son lanceur) à deux bornes: “Vas-y !”, car il fallait essayer de sprinter pour la victoire, pas pour la 5e place et c’est ce qu’il s’est passé quand même » , pestait encore Magnier.
Son coéquipier Dries Van Gestel est arrivé complètement cramé à son car, où il expliquait ne pas avoir pu boire une seule goutte d’eau lors des 60 derniers kilomètres tellement il avait fallu rouler fort. Le directeur sportif de la formation belge Davide Bramati faisait alors les cent pas et dans un mélange d’italien et de français, il lâchait qu’il ne s’exprimerait pas, enfin qu’il ne voulait pas s’exprimer, enfin qu’il ne valait surtout mieux pas qu’il commente la journée… Seul Geert Van Bondt, au micro d’Hannah Walker pour Eurosport a livré son sentiment : « L’objectif, c’était un sprint massif, je pensais que tout était sous contrôle. Je peux seulement dire qu’on a utilisé toute notre équipe, pour nous c’est un peu une surprise que l’échappée ait pu rester en tête. Si vous regardez la dernière heure, on était à plus de 55 km/h… »
L’opération est mauvaise pour Magnier, dans l’optique de ramener le maillot cyclamen à Rome. Il n’aura plus qu’une seule occasion de marquer des gros points, lors de l’arrivée dans la capitale italienne dans une semaine. D’ici là, il devrait voir son poursuivant au classement, l’Équatorien de Netcompany Ineos Narváez (145 contre 131 points), se glisser dans toutes les échappées pour aller grignoter des unités aux différents sprints intermédiaires.
Mardi, il sera placé après 74,7 km de course et quatre difficultés (3e catégorie, 2e, 3e, 2e) et Magnier ne pourra pas se mêler à la bagarre. Mercredi, les baroudeurs auront sûrement pris le large depuis longtemps pour que Soudal – Quick-Step puisse placer le Français dans de bonnes dispositions. Jeudi ? Pourquoi pas. Vendredi? Une boucherie de montagnes.
Seule l’étape du samedi, avec un sprint intermédiaire à disputer au bout de 73,6 km sans difficulté auparavant peut permettre à Magnier de prendre des points en cours de route. « Je voulais essayer de reprendre un bel avantage aujourd’hui (dimanche) et une cinquième place ne rapporte pas tant de points que ça, reconnaissait
l’Isérois. Il va falloir bien se reposer demain (lundi) et repartir sur une belle troisième semaine. L’année dernière, j’avais arrêté mon Giro au bout de deux semaines, là je rentre dans la dernière et c’est là que ça devient le plus dur. »
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Dversnes et le piège parfait
25 May 2026 - L'Équipe
Th. P., à Milan
Quatre hommes dans un circuit. Et tous les autres punis. Mattia Bais et Mirco Maestri de Polti VisitMalta, Martin Marcellusi (Bardiani CSF) et Fredrik Dversnes (Uno-X Mobility) ont profité, hier, de la très mauvaise gestion des équipes de sprinteurs pour se jouer la victoire à quatre à Milan (après quatre tours de circuit), où le Norvégien de l’équipe norvégienne s’est offert un succès de prestige.
« Je plaisantais dans l’équipe en leur disant que j’allais essayer de surprendre le peloton dans une des étapes de sprint, rigolait le vainqueur en conférence de presse. Je suis super heureux d’y être parvenu, c’est énorme pour nous, c’est une sensation incroyable. À environ cinq kilomètres de l’arrivée, j’ai compris que c’était possible. Quand on avait encore deux minutes d’avance en fin de course, on commence à y croire… »
Comme son équipe, il disputait son premier Giro (et même son premier Grand Tour), et ce solide gaillard de 29 ans a donné du baume au coeur à une formation qui ne compte plus que cinq éléments dans la course.
« C’était la folie, confie Thor Hushovd, manager général d’Uno-X, salué dans une grande effusion de joie par tous les spectateurs devant son car. Cela faisait un moment que l’équipe et surtout Fredrik parlaient de cette étape. Il a roulé très très fort, il a joué avec les équipes de sprinteurs. Gagner comme ça dans une ville comme Milan, c’est formidable. C’est un coureur qui a énormément de mérite. Il avait fait le même numéro à Tirreno il y a deux ans. »
Les coureurs du général, eux, n’ont pas eu à souffrir pour leur position, les temps ayant été neutralisés à l’entrée du dernier circuit à la demande de bon nombre d’entre eux, à commencer par le maillot rose Jonas Vingegaard.
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