Un grand bazar


Mads Pedersen a lui aussi mis une accélération 
à 12,5 km de l’arrivée à Chalon-sur-Saône hier.

Dans une étape promise aux sprinteurs, Lidl-Trek, l’équipe du maillot vert, a préféré tout faire exploser dans le final, sans réussir à décrocher la victoire.

17 Jul 2026 - L'Équipe
ÉLOI THOUAULT

CHALON-SUR-SAÔNE (SAÔNE-ET-LOIRE) – « Alors, ça vous a amusé ? » La question du directeur sportif de Lidl-Trek, Kim Andersen, lancée aux journalistes à l’arrivée, résumait assez bien le drôle de numéro offert par la formation allemande. Voir une équipe, emmenée par un maillot vert, se transformer en machine à attaquer dans le final d’une étape promise aux grosses cuisses, ce n’est pas une image habituelle.

Une fois le valeureux Baptiste Veistroffer (Intermarché-Lotto) repris à 36 km de l’arrivée, les équipiers de Mads Pedersen ont sorti les allumettes. L’idée était simple, durcir la course et faire sauter les autres sprinteurs avant les dernières bornes. « On voulait essayer de rendre la course la plus difficile possible quand le final a vraiment commencé, à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée, a détaillé le directeur sportif, Steven De Jongh, au bus de l’équipe. On a démarré un peu plus tard que prévu parce que Jasper Philips en avait crevé. On voulait attendre qu’il revienne dans le peloton parce que ce n’aurait pas été correct de lancer les hostilités à ce moment-là. »

Gentlemen, ces coureurs de Lidl-Trek, mais pas vraiment du genre à rester bien sagement dans le rang. Le champion des États-Unis, Quinn Simmons, le chien fou de la bande, a lancé la fête à 35 kmavec cette image assez improbable où il a même trouvé le temps de taper dans la main de son père en pleine attaque dans la côte de Montagny-lès-Buxy. Derek Gee-West, Mathias Vacek, Mattias Skjelmose, Tom Skujins, presque toute l’équipe y est passée, avant que le maillot vert ne vienne lui aussi mettre son accélération à 12,5 km de l’arrivée. « Si on se contente de laisser les équipes de sprinteurs contrôler la course jusqu’au bout, on ne gagne pas, a expliqué Andersen. Les derniers sprints ne s’étaient pas vraiment déroulés comme on le souhaitait. Alors on s’est dit: “OK, on tente autre chose”, et on est partis à fond. »

Le pari n’a pas offert le coup de folie espéré. Pedersen avait imaginé un autre scénario que cette neuvième place à l’arrivée, même s’il conserve son maillot vert avec 357 points, 40 unités devant Biniam Girmay (NSN Cycling). Une consolation seulement, puisque « Mads (Pedersen) voulait absolument gagner aujourd’hui (hier) » , répétait son équipier espagnol Carlos Verona.

Quoique le Danois, vainqueur de la 4e étape à Foix, a aussi évité de peu une journée qui aurait pu prendre une tout autre couleur. Lors du sprint intermédiaire, il s’est fortement déporté vers les barrières, obligeant Philipsen à changer de direction. Après une longue discussion avec les commissaires, qui ont finalement choisi de ne pas le déclasser, Pedersen a gardé ses 20 points. Décidément, rien ne se passe jamais comme prévu chez Lidl-Trek.

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