L’adieu d’un géant
Avec le décès de Franco Baresi, le football vient de perdre l’un de ses plus brillants serviteurs. Un défenseur central à la classe et à la vision de jeu hors du commun, dont le nom restera à jamais associé à l’AC Milan, son club de coeur.
"Franco se transformait sur le terrain.
C’était un leader naturel, qui dirigeait sa défense avec autorité et sobriété"
- ANCIEN FULVIO COLLOVATI , SON COÉQUIPIER
1 Aug 2026 - L'Équipe
ROBERTO NOTARIANNI
On l’avait vu porter la flamme olympique, le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina, et l’on s’était rassuré. Opéré d’un nodule aux poumons en août 2025, Franco Baresi semblait tiré d’affaire, comme en témoignait ses apparitions toujours plus fréquentes en tribune à San Siro pour les matches du club d’une vie, l’AC Milan. Malheureusement, après ce rayon de soleil du 6 février 2026 et quelques mois d’accalmie, la maladie a repris le dessus, et le légendaire défenseur central italien s’en est allé,à l’âge de 66 ans, hier.
Baresi est parti sans bruit, fidèle à cette image d’homme discret, peu enclin à se répandre dans les médias. Pas un taiseux, non, mais il avait une personnalité qui ne le poussait pas aux grands discours, avec ce soupçon de timidité qui le freinait à se mettre en avant. Il n’était pas du genre à accepter les longues interviews, au contraire du plus volubile Paolo Maldini, son camarade de jeu pendant des années au sein de la défense milanaise. « Une fois ma carrière de joueur terminée, j’ai gouté à des expériences diverses et variées, et j’ai même appris à parler!» , indiquera-t-il à La Gazzetta dello Sport en 2010, à l’occasion de l’anniversaire de ses 50 ans, pour signifier qu’il avait entrepris de s’ouvrir aux autres plus facilement.
Et c’est un Franco Baresi plutôt épanoui avec qui nous avions échangé pour un entretien paru dans L’Équipe le 31 octobre 2022, alors qu’il présentait l’édition française de son autobiographie Libre de rêver (éd. Slatkine). «Ce livre, nous avait-il expliqué, je l'ai pensé comme un message à ces jeunes qui abordent le métier de footballeur. Pour leur dire combien il est primordial de s'armer mentalement. Leur décrire ce qui se cache derrière les succès, les événements, positifs ou négatifs, d'une carrière. Expliquer d'où je venais, ce qui m'a permis de mûrir, de progresser, sans pression ni tension. C'est-àdire parler de ces personnes qu'un gamin a le bonheur de croiser, et qui se révèlent fondamentales dans la construction des histoires personnelles.» Fulvio Collovati en fait partie. Le défenseur central titulaire de l’Italie championne du monde 1982 a chaperonné Baresi lors de ses débuts en équipe première du Milan, partageant la même chambre lors des mises au vert à Milanello, le QG du club lombard. « C’était quelqu’un de discret, silencieux, mélancolique. Il avait connu une adolescence triste, perdant ses deux parents en l’espace de quelques années. À force de sacrifices et de persévérance, le foot l’a aidé à connaître d’autres horizons que ceux de la campagne de Travagliato ( province de Brescia, à l’est de Milan) où il avait grandi. Et puis, Franco se transformait sur le terrain. C’était un leader naturel, qui dirigeait sa défense avec autorité et sobriété.»
Baresi avait failli ne jamais jouer pour l’AC Milan. En effet, après avoir signé leur première licence à l’USO Travagliato, lui et son frère Beppe sont repérés par les recruteurs des ténors de Serie A, et les dirigeants du club amateur proposent Franco à… l’Inter Milan. « Trop frêle ! » , lui rétorquent leurs homologues nerazzurri, qui, en revanche, prendront Beppe, le frère, contre qui Franco jouera par la suite des derbys de la Madonnina enflammés (ils s’y sont croisés à 21 reprises, 17 en Serie A, 4 en Coupe d’Italie). Car au terme de deux essais, celui-ci est recruté par le Milan, où il signe à 14 ans. Lors de lasaison 1977-1978, Franco est intégré au groupe pro, sous la houlette de Nils Liedholm. L’ancien milieu de l’AC Milan est un entraîneur charismatique et… courageux. Le technicien italo-suédois – qui a lancé les Bettega, Antognoni, Conti, Giannini dans le grand bain, et fera de même plus tard avec Paolo Maldini – comprend l’immense potentiel de Baresi et le propulse en Serie A le 23 avril 1978 ( 2-1 sur le terrain de l’Hellas Vérone). C’est le début d’une carrière d’anthologie. Après avoir connu les années galères (deux descentes en Serie B entre 1980 et 1982), il sera l’un des joueurs clés et le capitaine du formidable et révolutionnaire Milan d’Arrigo Sacchi puis de celui tout aussi inoubliable de Fabio Capello.
Berlusconi a fait retirer son maillot
Patron d’une défense où rayonnaient les Paolo Maldini, Alessandro Costacurta, Mauro Tassotti, Filippo Galli et autres Christian Panucci, Franco Baresi aide les Rossoneri à écrire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du club. Lorsqu’il prend sa retraite de joueur, le 1er juin 1997 à San Siro face à Cagliari (0-1), le libéro a cumulé 716 matches officiels (et 33 buts) avec les Rossoneri et soulevé vingt trophées, dont six Scudetti, trois Ligue des champions et deux Coupes Intercontinentales. En dehors d’un titre de Serie A (son premier Scudetto, celui de 1979), de deux couronnes de champion de Serie B et d’une Mitropa Cup (compétiton entre les clubs d’Europe centrale entre 1927 et 1992), tous les autres trophées seront glanés sous la présidence de Silvio Berlusconi, qui fera retirer son maillot numéro 6, premier Rossonero à bénéficier de ce privilège. Et l’on n’oubliera pas la Nazionale, les 81 capes, le titre de champion du monde 1982 sans jouer une seule minute, la troisième place de 1990 et la finale de 1994 perdue aux tirs au but face au Brésil (0-0, 2-3 t. a. b.), avec une prestation exceptionnelle de Baresi qui s’était fait… opérer d’un ménisque du genou vingt-cinq jours auparavant !
Au-delà du palmarès, Baresi, c’est un talent hors du commun, probablement l’un des plus grands défenseurs de l’histoire. Une classe sublime. «Il commandait l’action tête haute, distillait des passes lumineuses et orientait le jeu quasiment comme un milieu de terrain, à la Franz Beckenbauer, son modèle, ce qui lui vaudra le surnom de Kaizer Franz, souligne Paolo Condo, juré italien du Ballon d’Or France Football. Baresi, c’était surtout un défenseur extraordinaire, précis dans ses interventions et hyper efficace dans la pratique du hors-jeu. Grâce à sa science du jeu et à la solidité de la ligne défensive, le Milan pouvait se permettre de pousser massivement en attaque.» Un mythe que les tifosi salueront au prochain match du Milan du fameux «un capitano, c’è solo un capitano» (*), comme lorsqu’il les régalait naguère, brassard au bras et ballon au pied.
(*) «Un capitaine, il y a seulement un capitaine»
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L'addio di un gigante
Con la scomparsa di Franco Baresi, il calcio ha appena perso uno dei suoi più brillanti protagonisti. Un difensore centrale dotato di classe e visione di gioco fuori dal comune, il cui nome rimarrà per sempre legato all’AC Milan, la squadra del suo cuore.
“Franco si trasformava in campo.
Era un leader naturale,
che guidava la sua difesa con autorità e sobrietà."
- FULVIO COLLOVATI, SUO
COMPAGNO DI SQUADRA
1 agosto 2026 - L'Équipe
ROBERTO NOTARIANNI
Lo avevamo visto portare la torcia olimpica, il giorno della cerimonia di apertura dei Giochi di Milano-Cortina, e ci eravamo rassicurati. Operato per un nodulo ai polmoni nell’agosto 2025, Franco Baresi sembrava aver superato il pericolo, come dimostravano le sue presenze sempre più frequenti in tribuna a San Siro per le partite della squadra della sua vita, il Milan. Purtroppo, dopo quel raggio di sole del 6 febbraio 2026 e alcuni mesi di tregua, la malattia ha ripreso il sopravvento e il leggendario difensore centrale italiano se n’è andato ieri, all’età di 66 anni.
Baresi se n’è andato in silenzio, fedele alla sua immagine di uomo discreto, poco incline a mettersi in mostra sui media. Non era certo un tipo taciturno, ma aveva una personalità che non lo spingeva a fare grandi discorsi, con quel pizzico di timidezza che gli impediva di mettersi in primo piano. Non era il tipo da concedere lunghe interviste, al contrario del più loquace Paolo Maldini, suo compagno di squadra per anni nella difesa milanista. «Una volta terminata la mia carriera da calciatore, ho sperimentato esperienze diverse e variegate, e ho persino imparato a parlare!», dichiarerà a La Gazzetta dello Sport nel 2010, in occasione del suo cinquantesimo compleanno, per sottolineare che aveva iniziato ad aprirsi con maggiore facilità agli altri.
Ed è proprio un Franco Baresi piuttosto sereno quello con cui abbiamo parlato per un’intervista pubblicata su L’Équipe il 31 ottobre 2022, in occasione della presentazione dell’edizione francese della sua autobiografia Libre de rêver (ed. Slatkine). «Questo libro», ci aveva spiegato, «l’ho concepito come un messaggio rivolto ai giovani che si avvicinano alla professione di calciatore. Per dire loro quanto sia fondamentale prepararsi mentalmente. Per descrivere loro cosa si nasconde dietro i successi, gli eventi, positivi o negativi, di una carriera. Spiegare da dove venivo, cosa mi ha permesso di maturare, di crescere, senza pressioni né tensioni. Ovvero parlare di quelle persone che un ragazzino ha la fortuna di incontrare e che si rivelano fondamentali nella costruzione delle storie personali». Fulvio Collovati è una di queste. Il difensore centrale titolare dell’Italia campione del mondo nel 1982 ha fatto da mentore a Baresi all'esordio nella prima squadra del Milan, condividendo con lui la stessa stanza (per sei anni, ndr) durante i ritiri a Milanello, il quartier generale del club lombardo. «Era una persona discreta, silenziosa, malinconica. Aveva vissuto un’adolescenza triste, perdendo entrambi i genitori nel giro di pochi anni. Grazie a sacrifici e perseveranza, il calcio lo ha aiutato a conoscere orizzonti diversi da quelli della campagna di Travagliato (in provincia di Brescia, a est di Milano) dove era cresciuto. E poi, Franco si trasformava in campo. Era un leader naturale, che guidava la sua difesa con autorità e sobrietà».
Baresi aveva rischiato di non giocare mai per il Milan. Infatti, dopo aver firmato il loro primo tesserino all’USO Travagliato, lui e suo fratello maggiore Beppe vengono notati dai talent scout delle grandi squadre di Serie A, e i dirigenti del club dilettantistico propongono Franco... all’Inter. «Troppo gracile!», gli rispondono i loro omologhi nerazzurri, che invece prenderanno Beppe, contro il quale Franco disputerà in seguito accesi derby della Madonnina (si sono affrontati 21 volte, 17 in Serie A e 4 in Coppa Italia). Infatti, al termine di due provini, quest’ultimo viene ingaggiato dal Milan, per il quale firma a 14 anni. Nella stagione 1977-1978, Franco viene inserito nella rosa della prima squadra, sotto la guida di Nils Liedholm. L’ex centrocampista del Milan è un allenatore carismatico e… coraggioso. L'allenatore italo-svedese – che nel grande calcio ha lanciato Bettega, Antognoni, Conti e Giannini, e che in seguito avrebbe fatto lo stesso con Paolo Maldini – intuisce l’immenso potenziale di Baresi e lo fa esordire in Serie A il 23 aprile 1978 (1-2 in trasferta contro l’Hellas Verona). È l’inizio di una carriera da antologia. Dopo aver attraversato anni difficili (due retrocessioni in Serie B tra il 1980 e il 1982), diventerà uno dei giocatori-chiave e il capitano del formidabile e rivoluzionario Milan di Arrigo Sacchi e poi di quello altrettanto indimenticabile di Fabio Capello.
Berlusconi ha fatto ritirare la sua maglia
Capo di una difesa in cui brillavano Paolo Maldini, Alessandro Costacurta, Mauro Tassotti, Filippo Galli e Christian Panucci, Franco Baresi ha aiutato i rossoneri a scrivere alcune delle più belle pagine della storia del club. Quando si ritira dal calcio giocato, il 1° giugno 1997 a San Siro contro il Cagliari (0-1), il libero ha collezionato 716 partite ufficiali (e 33 gol) con i rossoneri e conquistato venti trofei, tra cui sei scudetti, tre Champions League e due Coppe Intercontinentali. Oltre a un campionato di Serie A (il suo primo Scudetto, quello della Stella nel 1979), a due di Serie B e a una Mitropa Cup (competizione tra i club dell’Europa centrale in vigore tra il 1927 e il 1992), tutti gli altri trofei saranno conquistati sotto la presidenza di Silvio Berlusconi, che ne farà ritirare la maglia numero 6, primo rossonero (e prima volta nel calcio italiano, ndr) a beneficiare di questo privilegio. E non si dimentichi la Nazionale, le 81 presenze, il titolo di campione del mondo del 1982 senza aver giocato, il terzo posto del 1990 e la finale del 1994 persa ai rigori contro il Brasile (0-0, 2-3 ai rigori), con una prestazione eccezionale di Baresi, che si era sottoposto a un intervento chirurgico al menisco del ginocchio appena venticinque giorni prima!
Al di là dei trofei vinti, Baresi è un talento fuori dal comune, probabilmente uno dei più grandi difensori della storia. Una classe sublime. «Dirigeva il gioco a testa alta, dispensava passaggi geniali e orientava l’azione quasi come un centrocampista, alla Franz Beckenbauer, il suo modello, il che gli valse il soprannome di Kaiser Franz», sottolinea Paolo Condò, membro italiano della giuria del Pallone d’Oro di France Football. «Baresi era soprattutto un difensore straordinario, preciso nei suoi interventi ed estremamente efficace nel chiamare il fuorigioco. Grazie alla sua conoscenza del gioco e alla solidità della linea difensiva, quel Milan poteva permettersi di spingersi in massa in attacco». Un mito che i tifosi saluteranno alla prossima partita del Milan con il famoso «un capitano, c’è solo un capitano», proprio come quando un tempo li deliziava, con la fascia al braccio e il pallone al piede.

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