En Saxe-Anhalt, l’extrême droite aux portes du pouvoir
Dans le Land de l’est du pays, l’AfD a réalisé un score historique à l’issue d’un scrutin marqué par une participation record. Le parti d’extrême droite est aux portes du pouvoir de la région, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
7 Sep 2026 - Libération
Par CHRISTOPHE BOURDOISEAU Envoyé spécial à Magdebourg
Ils sont tous debout, sur la place de la cathédrale de Magdebourg, comme s’ils observaient une minute de silence. Mais ce silence dure dix minutes, peut-être plus. Les visages sont sévères. A 18 heures, après l’annonce du triomphe de l’AfD, un collectif d’artistes a fait retentir dans ce silence des sirènes installées sur un bus. Au moment de mettre sous presse, l’AfD recueillait plus de 44 % des voix, dépassant largement les conservateurs de la CDU, à 18 %. Le parti d’extrême droite serait ainsi aux portes du pouvoir, en se rapprochant dangereusement des 42 sièges nécessaires pour former une majorité. Les sociaux-démocrates du SPD, la gauche radicale Die Linke et les Verts obtiennent chacun environ 9 %. La gauche populiste pro-russe du BSW, qui pourrait soutenir l’AfD, était, dimanche soir, au seuil des 5 % nécessaires pour entrer au Parlement.PHOTO TOBIAS SCHWARZ. AFPLa tête de liste Ulrich Siegmund et les présidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, dimanche à Magdebourg.
Des familles, des syndicats, des collectifs, Greenpeace mais aussi les «Grands-mères contre l’extrême droite» sont là pour assister à cette performance «en signe de deuil». Ils ont tous du mal à y croire : l’extrême droite en mesure de former un gouvernement à la majorité des sièges ! Du jamais-vu en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
«INTERDISEZ L’AFD !»
On saura ce lundi si la SaxeAnhalt sera gouvernée par l’extrême droite, éventuellement avec l’aide du petit parti de gauche populiste prorusse BSW, ou avec le soutien de brebis galeuses de la CDU. Mais ce score est déjà un précédent dans l’histoire de l’Allemagne depuis la fin du IIIe Reich. «Interdisez l’AfD ! Interdisez l’AfD !», criet-on dans la foule. «Quelle merde !» dit un homme en découvrant les résultats sur son téléphone. «Au moins, les écologistes font un bon score», lui répond son voisin. Les Verts, qui sont donnés à environ 9 %, avaient mobilisé sur le thème du «vote antinazi»; ils ont progressé de 3 points, un exploit dans l’est de l’Allemagne où les questions d’environnement et de climat n’ont jamais été des thèmes porteurs.
Pour Fabien Koch, syndicaliste du collectif «Magdebourg antifasciste», le score de l’AfD est une «insulte contre la démocratie». «Nous avons au moins une bonne nouvelle : la participation a été très forte. Mais maintenant, une autre lutte commence dans ce pays: contre les fascistes !» Le taux de participation a en effet été historique, 78 %, soit 18 points de plus que lors du précédent scrutin régional en 2021. «Tous ensemble contre le fascisme!» scande la foule. «C’est ici que la révolution de 1989 a commencé [contre la dictature communiste]. Une nouvelle bataille pour la démocratie commence aujourd’hui, le 6 septembre 2026 !» poursuit Fabien Koch avant d’ajouter: «Je comprends que des gens veuillent quitter la région parce qu’ils ont peur. Moi, je resterai à Magdebourg ! Quel que soit le résultat de l’AfD», scandet-il. La foule répond: «Alerta, alerta, antifascista !»
Un pasteur, Peter Herrfurth, regrette que cette victoire de l’AfD produise des images détestables de l’Allemagne dans le monde. Tout autour de la place, on ne voit que des équipes de télévision. «Toute la presse mondiale est là !» dit-il en rappelant l’article 1 de la loi fondamentale du pays: «La dignité humaine est intangible, intangible !»
«TOUT EST POSSIBLE»
Au QG des conservateurs, au Maritim Hotel, l’ambiance est encore plus déprimante. L’Union chrétienne-démocrate (CDU), présidée par le chancelier Friedrich Merz, est le grand perdant de ce scrutin (lire ci-contre). Les militants sont très inquiets. Certains députés CDU vontils changer de camp et passer à l’extrême droite pour élire un ministre-président AfD ? Certains sont exaspérés par le cordon sanitaire imposé par Merz. «Tout est possible», confie l’un d’entre eux.
Les conservateurs, qui avaient été une grande force politique à l’est de l’Allemagne depuis la réunification, s’effondrent en divisant leur score par deux. Une chute de 18 points profitable à l’AfD, qui engrange plus de 20 points supplémentaires depuis la dernière élection régionale. C’est plus qu’une défaite pour la CDU, c’est une déroute qui devrait relancer le débat sur le remplacement du chancelier à miparcours.
La formation d’un gouvernement de Saxe-Anhalt «stable» sera le prochain défi, ce qui paraît impossible à l’issue de ce scrutin. Dans une pizzeria du centre de Magdebourg, deux serveurs assurent cependant n’avoir aucune inquiétude pour leur avenir. «Vous savez, moi, je suis Italien. Alors, cela ne me concerne pas», ironise à peine l’un d’eux. L’autre, d’origine libanaise, est tout aussi imperméable à ce choc électoral. «Ça fait vingt ans que j’habite Magdebourg. J’ai des amis de tous les bords politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. L’important, c’est de bien se tenir et de s’intégrer», explique-t-il. Un client les regarde avec étonnement. Ils finissent par avouer: ils n’ont pas lu le programme électoral de l’AfD.
Christophe Bourdoiseau
Correspondant de presse à Berlin depuis 1994
Spécialiste du franco-allemand, conférencier, auteur de guides
Depuis 1994, Bourdoiseau travaille comme journaliste français pour différents médias de presse écrite, dont Libération (Paris), L’Express (Paris), Le Soir (Brüssel) et Télérama.
Il a étudié à l’Institut pratique de journalisme (IPJ) à Paris et a commencé sa carrière par des reportages dans les pays de l’ancien bloc de l’Est.
En tant que correspondant politique et économique pour Les Echos, il a rédigé des articles pour le Handelsblatt et le Süddeutsche Zeitung.
Bourdoiseau donne des conférences sur les relations franco-allemandes, mais aussi sur des thèmes tels que la liberté de la presse ou la culture pop comme moteur de l’Europe et de la démocratie (Düsseldorf), la liberté des médias (Institut français), des conférences lors de séminaires (SNCF) ou lors de croisières. Elle propose également des visites guidées en français sur la culture mémorielle allemande (visites guidées de Berlin en français).
Il est l’auteur d’un guide touristique sur Berlin et d’un livre sur la culture mémorielle allemande. « Allemagne : la mémoire libérée » (Ed. Nevicata, Bruxelles, épuisé)
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IN GERMANIA: LO SHOCK FASCISTA
In Sassonia-Anhalt, l’estrema destra alle porte del potere
In questo Land dell’est del Paese, l’AfD ha ottenuto un risultato storico al termine di un’elezione caratterizzata da un’affluenza record. Il partito di estrema destra è alle porte del potere nella regione, una prima assoluta dalla Seconda guerra mondiale.
7 settembre 2026 - Libération
Di CHRISTOPHE BOURDOISEAU, inviato speciale a Magdeburgo
Sono tutti in piedi, nella piazza della cattedrale di Magdeburgo, come se osservassero un minuto di silenzio. Ma questo silenzio dura dieci minuti, forse anche di più. I volti sono severi. Alle 18, dopo l’annuncio del trionfo dell’AfD, un collettivo di artisti ha fatto risuonare in quel silenzio le sirene installate su un autobus. Al momento della chiusura di questa edizione, l’AfD raccoglieva oltre il 44% dei voti, superando di gran lunga i conservatori della CDU, fermi al 18%. Il partito di estrema destra sarebbe così alle porte del potere, avvicinandosi pericolosamente ai 42 seggi necessari per formare una maggioranza. I socialdemocratici dell’SPD, la sinistra radicale Die Linke e i Verdi ottengono ciascuno circa il 9%. La sinistra populista filorussa del BSW, che potrebbe sostenere l’AfD, domenica sera era sulla soglia del 5% necessario per entrare in Parlamento. FOTO TOBIAS SCHWARZ. AFP Il capolista Ulrich Siegmund e i presidenti dell’AfD, Alice Weidel e Tino Chrupalla, domenica a Magdeburgo.
Famiglie, sindacati, collettivi, Greenpeace, ma anche le «Nonne contro l’estrema destra» sono lì per assistere a questa manifestazione «in segno di lutto». Tutti fanno fatica a crederci: l’estrema destra in grado di formare un governo con la maggioranza dei seggi! Una cosa mai vista in Germania dalla fine della Seconda guerra mondiale.
«VIETATE L’AFD!»
Lunedì si saprà se la Sassonia-Anhalt sarà governata dall’estrema destra, eventualmente con l’aiuto del piccolo partito populista di sinistra filo-russo BSW, o con il sostegno di alcune pecore nere della CDU. Ma questo risultato costituisce già un precedente nella storia della Germania dalla fine del Terzo Reich. «Mettete al bando l’AfD! Mettete al bando l’AfD!», grida la folla. «Che schifo!», esclama un uomo scoprendo i risultati sul suo telefono. «Almeno i Verdi ottengono un buon risultato», gli risponde il vicino. I Verdi, dati intorno al 9%, avevano mobilitato l’elettorato sul tema del «voto antinazista»; hanno guadagnato 3 punti, un’impresa nella Germania orientale dove le questioni ambientali e climatiche non sono mai state temi di grande richiamo.
Per Fabien Koch, sindacalista del collettivo «Magdeburgo antifascista», il risultato dell’AfD è un «insulto alla democrazia». «Abbiamo almeno una buona notizia: l’affluenza alle urne è stata molto alta. Ma ora in questo Paese inizia un’altra lotta: contro i fascisti!» L’affluenza alle urne è stata infatti storica, pari al 78%, ovvero 18 punti in più rispetto alle precedenti elezioni regionali del 2021. «Tutti insieme contro il fascismo!» scandisce la folla. «È qui che è iniziata la rivoluzione del 1989 [contro la dittatura comunista]. Oggi, 6 settembre 2026, inizia una nuova battaglia per la democrazia!», prosegue Fabien Koch prima di aggiungere: «Capisco che alcune persone vogliano lasciare la regione perché hanno paura. Io, invece, resterò a Magdeburgo! Qualunque sia il risultato dell’AfD», scandisce. La folla risponde: «Alerta, alerta, antifascista!»
Un pastore, Peter Herrfurth, si rammarica che questa vittoria dell’AfD dia un’immagine detestabile della Germania nel mondo. Tutto intorno alla piazza si vedono solo troupe televisive. «C’è tutta la stampa mondiale!» dice, ricordando l’articolo 1 della Costituzione del Paese: «La dignità umana è inviolabile, inviolabile!»
«TUTTO È POSSIBILE»
Al quartier generale dei conservatori, al Maritim Hotel, l’atmosfera è ancora più deprimente. L’Unione Cristiano-Democratica (CDU), presieduta dal cancelliere Friedrich Merz, è la grande perdente di queste elezioni (leggi a fianco). I militanti sono molto preoccupati. Alcuni deputati della CDU cambieranno schieramento e passeranno all’estrema destra per eleggere un ministro-presidente dell’AfD? Alcuni sono esasperati dal cordone sanitario imposto da Merz. «Tutto è possibile», confida uno di loro.
I conservatori, che dalla riunificazione erano stati una grande forza politica nella Germania orientale, crollano dimezzando il proprio risultato. Un calo di 18 punti a vantaggio dell’AfD, che guadagna oltre 20 punti in più rispetto alle ultime elezioni regionali. Per la CDU non si tratta solo di una sconfitta, ma di una vera e propria disfatta che dovrebbe riaccendere il dibattito sulla sostituzione del cancelliere a metà mandato.
La formazione di un governo «stabile» in Sassonia-Anhalt sarà la prossima sfida, cosa che sembra impossibile all’indomani di queste elezioni. In una pizzeria nel centro di Magdeburgo, due camerieri assicurano tuttavia di non nutrire alcuna preoccupazione per il proprio futuro. «Sapete, io sono italiano. Quindi la cosa non mi riguarda», dice uno di loro con una punta di ironia. L’altro, di origine libanese, è altrettanto indifferente a questo shock elettorale. «Vivo a Magdeburgo da vent’anni. Ho amici di ogni orientamento politico, dall’estrema destra all’estrema sinistra. L’importante è comportarsi bene e integrarsi», spiega. Un cliente li guarda con stupore. Alla fine ammettono: non hanno letto il programma elettorale dell’AfD.
Christophe Bourdoiseau
Corrispondente stampa a Berlino dal 1994
Esperto di relazioni franco-tedesche, conferenziere, autore di guide
Dal 1994, Bourdoiseau lavora come giornalista francese per diversi organi di stampa, tra cui Libération (Parigi), L’Express (Parigi), Le Soir (Bruxelles) e Télérama.
Ha studiato all’Institut pratique de journalisme (IPJ) di Parigi e ha iniziato la sua carriera con reportage nei paesi dell’ex blocco dell’Est.
In qualità di corrispondente politico ed economico per *Les Echos*, ha scritto articoli per l’*Handelsblatt* e la *Süddeutsche Zeitung*.
Il suo lavoro giornalistico gli è valso diverse candidature al Premio franco-tedesco di giornalismo, in particolare nel 2017 per il suo editoriale pubblicato sulla Süddeutsche Zeitung (sull’AfD) e nel 2024 per il suo reportage su Libération sulla minaccia che l’estrema destra rappresenta per la cultura della memoria: «In Germania, l’estrema destra riscrive la storia del nazismo».
Bourdoiseau tiene conferenze sulle relazioni franco-tedesche, ma anche su temi quali la libertà di stampa o la cultura pop come motore dell’Europa e della democrazia (Düsseldorf), la libertà dei media (Institut français), conferenze in occasione di seminari (SNCF) o durante crociere. Propone inoltre visite guidate in francese sulla cultura della memoria tedesca (visite guidate di Berlino in francese).
È autore di una guida turistica su Berlino e di un libro sulla cultura della memoria tedesca. «Germania: la memoria liberata» (Ed. Nevicata, Bruxelles, esaurito)
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Friedrich Merz, le chancelier que la CDU préfère cacher
7 Sep 2026 - Libération
C.Bo. (à Magdebourg)
Mis à distance lors de l’élection en Saxe-Anhalt, le chancelier paie dans les urnes l’impopularité de son gouvernement.
Deux autres scrutins régionaux, dans deux semaines, pourraient accélérer les spéculations sur sa succession.
Quel avenir pour Friedrich Merz après la déroute électorale en Saxe-Anhalt? Alors que l’Union chrétienne-démocrate (CDU), dont il est président, a dégringolé, à moins de 20% dimanche soir selon les premières estimations (contre 37% lors du dernier scrutin en 2021), cette élection régionale est, pour le chancelier allemand, une défaite personnelle.
Plus de 80 % des Allemands se disent aujourd’hui insatisfaits du travail de son gouvernement et les électeurs de Saxe-Anhalt l’ont fait savoir dans les urnes. «En arrivant au pouvoir, il a surestimé sa marge d’action et ses capacités de réformes [toujours en suspens alors qu’il les avait promises pour l’automne 2025, ndlr]», analyse Wolfgang Muno, politologue à l’université de Rostock.
Son impopularité record et sa façon de faire ont déteint sur la campagne. «Il a un problème de crédibilité et de communication. Tout ça n’est pas de bon augure pour la suite», dit Wolfgang Muno. «N’oublions pas qu’avant de prendre le pouvoir, cet homme d’affaires n’avait aucune expérience de gouvernement», ajoute-t-il.
Au lieu d’affronter les électeurs sur place, il a esquivé volontairement la campagne. Il s’est montré très discret après quatre semaines de vacances pendant lesquelles on ne l’a pas entendu. Pas de grands meetings électoraux, pas de partisans en liesse, pas de discours marquants… le chancelier a tout simplement été invisible. Seulement deux rendez-vous, à huis clos, pour rencontrer la tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en Saxe-Anhalt, Sven Schulze. Il n’a pas même été invité pour le meeting de fin de campagne en Saxe-Anhalt. «On peut dire qu’il a fait une campagne en cachette», résume Wolfgang Muno, politologue à l’université de Rostock.
Humiliation
A l’Est, il est encore plus impopulaire qu’à l’Ouest. Son profil de chef d’entreprise et son manque d’empathie ne passent pas. Le chancelier craignait aussi des protestations qui auraient pu porter préjudice à son image déjà déplorable. Merz n’a jamais oublié l’humiliation subie par son mentor en politique, Helmut Kohl, le 10 mai 1991. Le «chancelier de la Réunification» avait été reçu par des jets d’oeufs au visage sur la place du marché de Halle, la seconde plus grande ville de Saxe-Anhalt – il s’était précipité sur l’un des lanceurs, avant d’être retenu. Cette photo reste aujourd’hui un symbole dans les livres d’histoire : celui du divorce entre Kohl et les Allemands de l’Est, à qui il avait promis un peu trop rapidement des «paysages florissants».
Les résultats de dimanche illustrent surtout l’échec de sa stratégie de lutte contre l’extrême droite. Lors de son come-back en politique, en 2018, il avait fièrement annoncé qu’il saurait «diviser les électeurs de l’AfD par deux». «C’est nous qui avons divisé la CDU par deux», se moque aujourd’hui Tino Chrupalla, le coprésident de l’AfD. «On va maintenant reprocher à Merz d’avoir favorisé la montée de l’AfD», confirme Wolfgang Muno.
Lors de la campagne, il a essuyé un affront de la part de ses propres troupes, paniquées à l’idée de perdre ces élections. Trois ministres-présidents conservateurs de l’Est (SaxeAnhalt, Thuringe et Saxe) se sont prononcés, dans une action commune, contre la suppression de la retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation, communément appelée la «retraite à 63 ans». C’était la principale mesure de la grande réforme de Merz promise aux Allemands. Les Allemands de l’Est, dont les revenus et le patrimoine sont très inférieurs à l’Ouest, considèrent cette réforme comme injuste. «Si cette élection va le sonner, il n’est pas encore à terre», tempère Wolfgang Muno.
L’avenir de Friedrich Merz devrait se décider après les deux autres élections régionales du 20 septembre (Berlin et Mecklembourg). «Si la CDU tombait sous les 10 % dans le Mecklembourg – un record historique – et si elle perdait Berlin [dirigée par la CDU], ça risquerait de devenir très compliqué pour lui. La discussion sur son remplacement devrait reprendre de plus belle», ajoute l’expert.
Aucun rival prêt
Faute de successeur évident, Merz pourrait néanmoins survivre politiquement d’ici au prochain scrutin fédéral, en 2029. Un remplacement en cours de mandat est possible mais, contrairement notamment au Royaume-Uni ou à la France, est institutionnellement contraignant en Allemagne : une majorité du Bundestag doit être prête à élire immédiatement un successeur. Par ailleurs, il n’y a actuellement aucun rival qui soit prêt à prendre sa place. Hendrik Wüst, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est pressenti. Mais il doit affronter les électeurs l’année prochaine dans sa région, la plus peuplée d’Allemagne. D’ici là, Merz peut encore tenter de reprendre la main.
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Friedrich Merz, il cancelliere
che la CDU preferisce tenere nascosto
7 settembre 2026 - Libération
C.Bo. (da Magdeburgo)
Messo da parte nelle elezioni in Sassonia-Anhalt, il cancelliere paga alle urne l’impopolarità del suo governo.
Altre due elezioni regionali, tra due settimane, potrebbero accelerare le speculazioni sulla sua successione.
Quale futuro per Friedrich Merz dopo la sconfitta elettorale in Sassonia-Anhalt? Mentre l’Unione Cristiano-Democratica (CDU), di cui è presidente, è crollata a meno del 20% domenica sera secondo le prime stime (contro il 37% delle ultime elezioni del 2021), questa elezione regionale rappresenta, per il cancelliere tedesco, una sconfitta personale.
Oltre l’80% dei tedeschi si dichiara oggi insoddisfatto dell’operato del suo governo e gli elettori della Sassonia-Anhalt lo hanno fatto sapere alle urne. «Quando è salito al potere, ha sopravvalutato il suo margine di manovra e le sue capacità di riforma [ancora in sospeso, nonostante le avesse promesse per l’autunno del 2025, ndr]», analizza Wolfgang Muno, politologo dell’Università di Rostock.
La sua impopolarità senza precedenti e il suo modo di agire hanno influenzato negativamente la campagna elettorale. «Ha un problema di credibilità e di comunicazione. Tutto ciò non fa ben sperare per il futuro», afferma Wolfgang Muno. «Non dimentichiamo che, prima di salire al potere, questo uomo d’affari non aveva alcuna esperienza di governo», aggiunge.
Invece di confrontarsi con gli elettori sul campo, ha volutamente evitato la campagna elettorale. Si è mostrato molto discreto dopo quattro settimane di vacanze durante le quali non si è fatto sentire. Nessun grande comizio elettorale, nessun sostenitore in festa, nessun discorso memorabile… il cancelliere è stato semplicemente invisibile. Solo due incontri, a porte chiuse, per incontrare il capolista dell’Unione Cristiano-Democratica (CDU) in Sassonia-Anhalt, Sven Schulze. Non è stato nemmeno invitato al comizio di chiusura della campagna elettorale in Sassonia-Anhalt. «Si può dire che abbia condotto una campagna elettorale di nascosto», riassume Wolfgang Muno, politologo dell’Università di Rostock.
Umiliazione
A est è ancora più impopolare che a ovest. Il suo profilo di imprenditore e la sua mancanza di empatia non vengono ben accolti. Il cancelliere temeva inoltre proteste che avrebbero potuto danneggiare la sua immagine già disastrosa. Merz non ha mai dimenticato l’umiliazione subita dal suo mentore politico, Helmut Kohl, il 10 maggio 1991. Il «cancelliere della Riunificazione» era stato bersagliato con uova in faccia nella piazza del mercato di Halle, la seconda città più grande della Sassonia-Anhalt: si era avventato contro uno dei lanciatori, prima di essere trattenuto. Quella foto rimane ancora oggi un simbolo nei libri di storia: quello del divorzio tra Kohl e i tedeschi dell’Est, ai quali aveva promesso un po’ troppo frettolosamente «paesaggi fiorenti».
I risultati di domenica illustrano soprattutto il fallimento della sua strategia di lotta contro l’estrema destra. Al suo ritorno in politica, nel 2018, aveva annunciato con orgoglio che sarebbe riuscito a «dimezzare gli elettori dell’AfD». «Siamo stati noi a dimezzare la CDU», ironizza oggi Tino Chrupalla, copresidente dell’AfD. «Ora si rimprovererà a Merz di aver favorito l’ascesa dell’AfD», conferma Wolfgang Muno.
Durante la campagna elettorale, ha subito un affronto da parte delle sue stesse truppe, in preda al panico all’idea di perdere queste elezioni. Tre ministri-presidenti conservatori dell’Est (Sassonia-Anhalt, Turingia e Sassonia) si sono pronunciati, con un’azione congiunta, contro l’abolizione della pensione anticipata senza decurtazione dopo 45 anni di contributi, comunemente chiamata «pensione a 63 anni». Era la misura principale della grande riforma di Merz promessa ai tedeschi. I tedeschi dell’Est, i cui redditi e patrimoni sono molto inferiori a quelli dell’Ovest, considerano questa riforma ingiusta. «Se questa elezione gli darà un duro colpo, non è ancora fuori gioco», precisa Wolfgang Muno.
Il futuro di Friedrich Merz dovrebbe decidersi dopo le altre due elezioni regionali del 20 settembre (Berlino e Meclemburgo). «Se la CDU scendesse sotto il 10% nel Meclemburgo – un record storico – e se perdesse Berlino [governata dalla CDU], la situazione rischierebbe di diventare molto complicata per lui. La discussione sulla sua sostituzione dovrebbe riprendere con rinnovato vigore», aggiunge l’esperto.
Nessun rivale pronto
In mancanza di un successore evidente, Merz potrebbe comunque sopravvivere politicamente fino alle prossime elezioni federali, nel 2029. Una sostituzione nel corso del mandato è possibile ma, a differenza in particolare del Regno Unito o della Francia, in Germania è vincolata da requisiti istituzionali: una maggioranza del Bundestag deve essere pronta a eleggere immediatamente un successore. Inoltre, al momento non c’è alcun rivale pronto a prendere il suo posto. Si fa il nome di Hendrik Wüst, ministro-presidente della Renania Settentrionale-Vestfalia. Ma l’anno prossimo dovrà affrontare gli elettori nella sua regione, la più popolosa della Germania. Da qui ad allora, Merz può ancora tentare di riprendere il controllo della situazione.
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PHOTO MARYAM MAJD. REUTERS - Lors d’une
manifestation contre l’extrême droite, à Berlin, dimanche.
Les mesures phares de l’AfD
Le programme du parti d’extrême droite, présenté en avril, pourrait servir de laboratoire à la droite réactionnaire européenne.
8 Sep 2026 - Libération
ZOÉ VEZYROGLOU
Derrière le grand sourire, les meetings et les séances de dédicaces, une vision de l’Allemagne au passé, dans ses heures les plus sombres. Le programme de l’AfD, d’une radicalité inédite dans l’histoire du parti, annonce la couleur de la politique du patron du parti en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund. Adopté en avril au congrès régional de Magdebourg, le «programme de gouvernement» de l’AfD détaille les mesures anti-immigration, anti-minorités et ultranationalistes prônées par Ulrich Siegmund pour «enfin retrouver l’Allemagne».
L’immigration comme fer de lance
Sur un modèle bien connu de l’extrême droite, l’AfD fait de l’immigration son fer de lance et de la «remigration» son mantra. Le parti prône par exemple la création d’une «cellule spéciale» pour coordonner des déportations plus rapides. Le leitmotiv est clair : exclure les étrangers, notamment en encourageant les petites et moyennes entreprises à préférer l’intelligence artificielle aux travailleurs immigrés qualifiés pour des tâches spécifiques. En novembre 2023, Ulrich Siegmund avait participé à une réunion avec des militants néonazis pour discuter d’un plan d’expulsion à grande échelle des immigrés sur le sol allemand.
«Fin à l’inclusion» dans l’éducation
Pour arriver à ses fins, le parti souhaite façonner les esprits à partir du plus jeune âge. Pour ce faire, mener une «révolution patriotique culturelle» dans les écoles, en instaurant un principe de ségrégation scolaire isolant les enfants de réfugiés dans des classes séparées, pour leur faire «comprendre que leur séjour en Allemagne n’est que temporaire». Une chasse aux minorités à l’école également menée à l’encontre des enfants handicapés: «Nous mettrons fin immédiatement à l’inclusion», prévient l’AfD dans son programme, annonçant la fin des classes mixtes et le retour des enfants concernés dans des écoles spécialisées. Lors des festivités, les élèves, enseignants et personnels devront chanter l’hymne national sous le drapeau allemand. «Dans les écoles publiques, on voit toutes sortes de drapeaux, du drapeau arc-en-ciel au drapeau palestinien, toutes sortes de drapeaux, mais pas le drapeau allemand», avait éructé le leader local en juin.
Quant aux programmes scolaires, ils seraient moins axés sur la période nazie que sur les «aspects positifs de l’histoire allemande», notamment des références à l’avant 1933 (année où Hitler a été nommé chancelier du Reich).
Ulrich Siegmund, adepte des réseaux sociaux, dénonce également depuis le début de sa campagne le contrat régissant les médias audiovisuels publics allemands, qu’il accuse d’être biaisés.
Retour à la famille «traditionnelle»
Le programme défendu par Siegmund se distingue aussi par sa politique nataliste. Visant à enrayer «la mort de notre peuple», il prône le retour à des structures familiales «traditionnelles», et la mise en oeuvre d’incitations financières aux citoyens pour les encourager à avoir des enfants.
Une politique qui exclut les «déviances sexuelles et les modes de vie non reproductifs», qui contribueraient, d’après les idéologues de l’AfD, à une baisse des taux de natalité. Le tout représenté par une traque aux identités de genre «non conventionnelles» et au «lobby trans» et organisations LGBTQ+.
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FOTO MARYAM MAJD. REUTERS
Durante una manifestazione contro l’estrema destra, a Berlino, domenica.
Le misure-chiave dell’AfD
Il programma del partito di estrema destra, presentato ad aprile, potrebbe fungere da laboratorio per la destra reazionaria europea.
8 settembre 2026 - Libération
ZOÉ VEZYROGLOU
Dietro i grandi sorrisi, i comizi e le sessioni di autografi, si nasconde una visione della Germania legata al passato, ai suoi momenti più bui. Il programma dell’AfD, di una radicalità senza precedenti nella storia del partito, rivela chiaramente la linea politica del leader del partito in Sassonia-Anhalt, Ulrich Siegmund. Adottato ad aprile al congresso regionale di Magdeburgo, il «programma di governo» dell’AfD illustra in dettaglio le misure anti-immigrazione, anti-minoranze e ultranazionaliste sostenute da Ulrich Siegmund per «ritrovare finalmente la Germania».
L’immigrazione come punta di diamante
Seguendo un modello ben noto dell’estrema destra, l’AfD fa dell'immigrazione la propria punta di diamante e della «remigrazione» il suo mantra. Il partito sostiene, ad esempio, la creazione di una «cellula speciale» per coordinare espulsioni più rapide. Il leitmotiv è chiaro: escludere gli stranieri, in particolare incoraggiando le piccole e medie imprese a preferire l’intelligenza artificiale ai lavoratori immigrati qualificati per compiti specifici. Nel novembre 2023, Ulrich Siegmund aveva partecipato a un incontro con militanti neonazisti per discutere un piano di espulsione su larga scala degli immigrati presenti sul territorio tedesco.
«Basta con l’inclusione» nell’istruzione
Per raggiungere i propri obiettivi, il partito intende plasmare le menti fin dalla più tenera età. A tal fine, intende condurre una «rivoluzione culturale patriottica» nelle scuole, introducendo un principio di segregazione scolastica che isoli i figli dei rifugiati in classi separate, per far loro «capire che il loro soggiorno in Germania è solo temporaneo». Una caccia alle minoranze a scuola condotta anche contro i bambini con disabilità: «Porremo immediatamente fine all’inclusione», avverte l’AfD nel suo programma, annunciando la fine delle classi miste e il ritorno dei bambini interessati nelle scuole specializzate. Durante le celebrazioni, gli alunni, gli insegnanti e il personale dovranno cantare l’inno nazionale sotto la bandiera tedesca. «Nelle scuole pubbliche si vedono bandiere di ogni tipo, dalla bandiera arcobaleno a quella palestinese, bandiere di ogni genere, ma non la bandiera tedesca», aveva sbottato il leader locale a giugno.
Per quanto riguarda i programmi scolastici, sarebbero meno incentrati sul periodo nazista e più sugli «aspetti positivi della storia tedesca», in particolare con riferimenti al periodo precedente al 1933 (anno in cui Hitler fu nominato Cancelliere del Reich).
Ulrich Siegmund, assiduo frequentatore dei social network, denuncia inoltre, sin dall’inizio della sua campagna, il contratto che disciplina i media audiovisivi pubblici tedeschi, che accusa di essere di parte.
Ritorno alla famiglia «tradizionale»
Il programma sostenuto da Siegmund si distingue anche per la sua politica natalista. Con l’obiettivo di arginare «la morte del nostro popolo», promuove il ritorno a strutture familiari «tradizionali» e l’introduzione di incentivi finanziari per incoraggiare i cittadini ad avere figli.
Una politica che esclude le «deviazioni sessuali e gli stili di vita non riproduttivi», che, secondo gli ideologi dell’AfD, contribuirebbero a un calo dei tassi di natalità. Il tutto si traduce in una persecuzione delle identità di genere «non convenzionali», della «lobby trans» e delle organizzazioni LGBTQ+.
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BSW : la gauche pro-russe devenue faiseuse de roi
Le petit parti aux positions hétéroclites, porté par sa fondatrice Sahra Wagenknecht, a entre ses mains l’avenir politique de la Saxe-Anhalt.
8 Sep 2026 - Libération
CORALIE LEMKE
«Conservateur de gauche.» C’est avec ce drôle d’oxymore politique que Sahra Wagenknecht décrit la ligne politique de son parti. Le BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, l’Alliance Sahra Wagenknecht en français), issu d’une scission avec la formation d’extrême gauche Die Linke en 2024, s’est hissé au rang de faiseur de roi en SaxeAnhalt. Avec un programme économique à gauche, une ligne pro-russe et un regard conservateur sur les questions sociétales, le BSW a réussi à passer la barre des 5 % de suffrages nécessaires pour pouvoir siéger au parlement régional de ce Land situé dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Il est le seul parti à s’être déclaré en faveur d’une alliance avec l’AfD, le parti d’extrême droite arrivé largement en tête des élections régionales dimanche (environ 44 % des suffrages), qui a besoin d’une coalition pour atteindre la majorité absolue.
Dans le programme du BSW, on retrouve côte à côte: le salaire minimum à 15 euros de l’heure, la mise en place d’une assurance maladie citoyenne, une réduction des prix de l’énergie, le plafonnement national des loyers, mais aussi l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine, la fin des sanctions contre la Russie et une accélération des procédures d’expulsion pour les personnes immigrées.
«Le parti est composé d’anciens de Die Linke, issus, au sein de ce parti d’extrême gauche, d’une mouvance conservatrice sur les questions sociétales, comme l’immigration, le genre et l’identité, explique Thorsten Holzhauser, chercheur en politique à la Fondation Theodor Heuss, à Stuttgart. Le BSW séduit les électeurs d’ex-RDA sensibles à ces thématiques, mais aussi les déçus des partis traditionnels et ceux qui ne veulent pas se résoudre à voter AfD.» Car le BSW cultive une différence majeure avec le parti d’extrême droite. Alors que l’AfD a fait sa campagne sur le Deutsch denken, le «penser allemand», «on ne retrouve pas au sein du BSW ces positions ethno-nationalistes. Le parti n’adhère pas aux formules associées au nazisme, comme “l’Allemagne par-dessus tout”, qu’on retrouve à l’extrême droite», précise Constantin Wurthmann, professeur en sciences politiques à l’université de Mayence et auteur d’un livre sur le BSW. De même, là où l’AfD défend une baisse des impôts et un Etat recentré sur ses fonctions régaliennes, le BSW revendique une politique sociale et redistributive nettement à gauche. Néanmoins, ce jeune parti, fondé en 2024, qui n’a encore jamais participé aux élections nationales, rejette ouvertement le cordon sanitaire contre l’extrême droite, appelé en Allemagne Brandmauer, littéralement «mur coupe-feu». Pour Sahra Wagenknecht, «exclure un parti qui recueille environ 40 % des voix» serait «totalement antidémocratique». Avec un fort profil anti-establishement, le BSW se positionne en rupture des partis traditionnels, qu’il accuse d’avoir échoué sur l’économie, l’énergie, l’immigration et la politique étrangère. En Saxe-Anhalt, il semble aujourd’hui arrivé près de son but. C’est désormais à lui d’arbitrer, dans les semaines qui viennent, la formation du futur gouvernement, entre l’AfD arrivée en tête ou une coalition à cinq partis, considérée comme hautement improbable.
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BSW: la sinistra filorussa diventata “creatrice di re”
Il piccolo partito dalle posizioni eterogenee, guidato dalla sua fondatrice Sahra Wagenknecht, ha nelle sue mani il futuro politico della Sassonia-Anhalt.
8 settembre 2026 - Libération
CORALIE LEMKE
«Conservatore di sinistra.» È con questo curioso ossimoro politico che Sahra Wagenknecht descrive la linea politica del suo partito. Il BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, in italiano «Alleanza Sahra Wagenknecht»), nato da una scissione dalla formazione di estrema sinistra Die Linke nel 2024, si è affermato come «re di tutti i re» in Sassonia-Anhalt. Con un programma economico di sinistra, una linea filo-russa e una visione conservatrice sulle questioni sociali, il BSW è riuscito a superare la soglia del 5% dei voti necessaria per ottenere seggi nel parlamento regionale di questo Land situato nell’ex Germania dell’Est. È l’unico partito ad essersi dichiarato favorevole a un’alleanza con l’AfD, il partito di estrema destra che domenica ha ottenuto un ampio vantaggio nelle elezioni regionali (circa il 44% dei voti) e che ha bisogno di una coalizione per raggiungere la maggioranza assoluta.
Nel programma del BSW si trovano affiancati: il salario minimo di 15 euro l’ora, l’istituzione di un’assicurazione sanitaria pubblica, una riduzione dei prezzi dell’energia, il tetto massimo nazionale per gli affitti, ma anche la sospensione delle forniture di armi all’Ucraina, la fine delle sanzioni contro la Russia e un’accelerazione delle procedure di espulsione per gli immigrati.
«Il partito è composto da ex membri di Die Linke, provenienti, all’interno di questo partito di estrema sinistra, da una corrente conservatrice sulle questioni sociali, come l’immigrazione, il genere e l’identità», spiega Thorsten Holzhauser, ricercatore di scienze politiche presso la Fondazione Theodor Heuss di Stoccarda. Il BSW attira gli elettori dell’ex RDT sensibili a questi temi, ma anche chi è deluso dai partiti tradizionali e chi non vuole rassegnarsi a votare AfD». Il BSW, infatti, si distingue nettamente dal partito di estrema destra. Mentre l’AfD ha basato la propria campagna sul «Deutsch denken», il «pensare tedesco», «all’interno del BSW non si riscontrano queste posizioni etno-nazionaliste. Il partito non aderisce alle formule associate al nazismo, come “la Germania prima di tutto”, che si ritrovano nell’estrema destra», precisa Constantin Wurthmann, professore di scienze politiche all’Università di Magonza e autore di un libro sul BSW. Allo stesso modo, mentre l’AfD sostiene una riduzione delle tasse e uno Stato incentrato sulle sue funzioni sovrane, il BSW rivendica una politica sociale e redistributiva nettamente di sinistra. Ciononostante, questo giovane partito, fondato nel 2024, che non ha ancora mai partecipato alle elezioni nazionali, rifiuta apertamente il cordone sanitario contro l’estrema destra, chiamato in Germania Brandmauer, letteralmente «muro tagliafuoco». Per Sahra Wagenknecht, «escludere un partito che raccoglie circa il 40% dei voti» sarebbe «assolutamente antidemocratico». Con un forte profilo anti-establishment, il BSW si posiziona in rottura con i partiti tradizionali, che accusa di aver fallito in materia di economia, energia, immigrazione e politica estera. In Sassonia-Anhalt, oggi sembra essere vicino al raggiungimento del suo obiettivo. Spetterà ora a lui, nelle prossime settimane, decidere la formazione del futuro governo, tra l’AfD, che si è classificata al primo posto, e una coalizione a cinque partiti, considerata altamente improbabile.
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En France, Reconquête célèbre et le RN garde ses distances
Au lendemain de la percée de l’AfD en Saxe-Anhalt, le parti de Marine Le Pen reste discret pour ne pas entacher sa stratégie de dédiabolisation.
8 Sep 2026 - Libération
CHARLOTTE BELAÏCH
Quand les problèmes ne viennent pas des dissensions internes et de l’improvisation propre au RN, ils arrivent de l’extérieur. Empêtré dans un début de campagne décousu, le parti doit désormais composer avec la victoire de l’AfD. L’ex-allié du RN au Parlement européen, est arrivé largement en tête en Saxe-Anhalt. Le résultat pourrait être une bonne nouvelle pour Marine Le Pen, en ce qu’il souligne la progression de l’extrême droite qui travaille toute l’Europe. Mais le RN, en quête de normalisation, ne tient plus à être associé à cet ex-allié.
Dans l’embarras. En janvier 2024, en pleine campagne pour les européennes, la révélation d’une réunion organisée par des cadres du parti allemand pour discuter de la «remigration» de près de 2 millions de «citoyens allemands non assimilés» vers un «Etat modèle» en Afrique du Nord avait mis le RN dans l’embarras. «Je suis en total désaccord avec la proposition qui aurait été discutée […] dans le cadre de cette réunion, avait expliqué Marine Le Pen lors de ses voeux. Je l’ai dit et redit cent fois et mon propos est extrêmement clair : nous défendons tous les Français, quelle que soit leur condition d’acquisition de la nationalité.» Puis, en mai 2024, les déclarations de Maximilian Krah, tête de liste de l’AfD aux européennes, qui avait affirmé que «quiconque portait un uniforme SS» n’était pas «automatiquement un criminel», avaient fini par enterrer l’alliance.
«Vague». Le RN et l’AfD siégeaient ensemble au sein du groupe «Identité et Démocratie», les quinze eurodéputés allemands appartiennent désormais au groupe «Europe des nations souveraines», aux côtés notamment de Sarah Knafo, seule élue Reconquête. Depuis, les cadres du RN ne manquent pas de renvoyer le parti d’Eric Zemmour à ces liens indéfendables. Sur X, l’ex (et futur?) candidat Reconquête à la présidentielle s’est félicité du résultat de l’AfD, y décelant une «heure de vérité». «Jordan Bardella ne veut pas reconnaître la vague occidentale», a de son côté affirmé Knafo pour dénoncer le malaise du président du RN – «un certain nombre de désaccords nous ont amenés à prendre nos distances avec l’AfD», avait-il indiqué samedi sur BFM, faisant savoir qu’un rapprochement n’était pas prévu.
«Quand Trump l’a emporté, le RN n’a pas voulu voir ce que cela symbolisait», a-t-elle ajouté. A l’époque, déjà, le parti était tiraillé entre ceux qui plaidaient pour une démarcation franche avec le président des Etats-Unis, au nom des intérêts de la France, et ceux qui étaient tentés de louer une victoire prémonitoire. Le RN est donc encore une fois gêné aux entournures entre volonté de se différencier d’un parti qui veut en finir avec la culpabilité héritée du IIIe Reich, et difficulté à déplorer le succès d’une formation nationaliste anti-immigration : «La pression électorale exercée par l’AfD en Allemagne a contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement de M. Merz, puisque l’Allemagne a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières», a ainsi noté Bardella samedi. Le député Jean-Philippe Tanguy, l’un des rares à s’exprimer, a aussi pris acte d’un «vote populaire», «expression du ras-le-bol» tout en marquant sa distance avec des «prises de position qui sont contraires à l’intérêt de la France».
Autour du RN, d’autres célèbrent. «Toutes mes félicitations pour cette voie nouvelle qui s’ouvre en Europe !» s’est enthousiasmé le maire de Fréjus, David Rachline, en rupture avec le parti. En 2024, l’eurodéputée Marion Maréchal, qui devrait faire son retour auprès de sa tante, affirmait au sujet du projet de remigration: «Je suis d’accord avec ce projet qui était celui porté par Eric Zemmour lors de l’élection présidentielle. C’est-à-dire le renvoi des personnes qui n’ont rien à faire sur notre sol ou qui représente un danger.» Depuis dimanche, elle est restée silencieuse.
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In Francia, “Reconquête” festeggia
mentre il RN mantiene le distanze
All’indomani della svolta dell’AfD in Sassonia-Anhalt, il partito di Marine Le Pen mantiene un profilo basso per non compromettere la propria strategia di “de-demonizzazione”.
8 settembre 2026 - Libération
CHARLOTTE BELAÏCH
Quando i problemi non derivano dalle divisioni interne e dall’improvvisazione tipiche del RN, arrivano dall’esterno. Impantanato in un inizio di campagna elettorale disorganico, il partito deve ora fare i conti con la vittoria dell’AfD. L’ex alleato del RN al Parlamento Europeo ha ottenuto un ampio vantaggio in Sassonia-Anhalt. Il risultato potrebbe essere una buona notizia per Marine Le Pen, in quanto sottolinea l’avanzata dell’estrema destra che sta interessando tutta l’Europa. Ma il RN, alla ricerca di una normalizzazione, non vuole più essere associato a questo ex alleato.
In imbarazzo. Nel gennaio 2024, in piena campagna per le Europee, la rivelazione di una riunione organizzata da dirigenti del partito tedesco per discutere della «rimigrazione» di quasi 2 milioni di «cittadini tedeschi non integrati» verso uno «Stato modello» nel Nord Africa aveva messo il RN in imbarazzo. «Sono in totale disaccordo con la proposta che sarebbe stata discussa […] nel corso di tale riunione», aveva spiegato Marine Le Pen durante il suo discorso di auguri. «L’ho detto e ridetto cento volte e la mia posizione è estremamente chiara: difendiamo tutti i francesi, indipendentemente dalle modalità di acquisizione della cittadinanza». Poi, nel maggio 2024, le dichiarazioni di Maximilian Krah, capolista dell’AfD alle Europee, il quale aveva affermato che «chiunque indossasse un’uniforme delle SS» non era «automaticamente un criminale», avevano finito per seppellire l’alleanza.
«Vaga». Il RN e l’AfD sedevano insieme nel gruppo «Identità e Democrazia»; i quindici eurodeputati tedeschi appartengono ora al gruppo «Europa delle nazioni sovrane», al fianco, in particolare, di Sarah Knafo, unica eletta di Reconquête. Da allora, i dirigenti del RN non mancano di richiamare il partito di Eric Zemmour a questi legami indifendibili. Su X, l’ex (e futuro?) candidato di Reconquête alle presidenziali si è congratulato per il risultato dell’AfD, individuandovi un «momento della verità». «Jordan Bardella non vuole riconoscere l’ondata occidentale», ha affermato da parte sua Knafo per denunciare il disagio del presidente del RN – «una serie di disaccordi ci ha portato a prendere le distanze dall’AfD», aveva dichiarato sabato su BFM (*), facendo sapere che non era previsto alcun riavvicinamento.
«Quando Trump ha vinto, il RN non ha voluto vedere ciò che questo simboleggiava», ha aggiunto. Già all’epoca il partito era diviso tra chi invocava una netta presa di distanza dal presidente degli Stati Uniti, in nome degli interessi della Francia, e chi era tentato di lodare una vittoria premonitrice. Il RN si trova quindi ancora una volta in una situazione difficile, diviso tra la volontà di distinguersi da un partito che vuole porre fine al senso di colpa ereditato dal Terzo Reich e la difficoltà di deplorare il successo di una formazione nazionalista anti-immigrazione: «La pressione elettorale esercitata dall’AfD in Germania ha contribuito a far cambiare le carte in tavola all’interno del governo di Merz, dato che la Germania ha ripristinato alcuni mesi fa i controlli alle frontiere», ha osservato sabato Bardella. Anche il deputato Jean-Philippe Tanguy, uno dei pochi a prendere la parola, ha riconosciuto che si è trattato di un «voto popolare», «espressione di un malcontento generale», pur prendendo le distanze da «prese di posizione contrarie all’interesse della Francia».
Intorno al RN, altri festeggiano. «Tutte le mie congratulazioni per questa nuova strada che si apre in Europa!», ha esclamato con entusiasmo il sindaco di Fréjus, David Rachline, in rottura con il partito. Nel 2024, l’eurodeputata Marion Maréchal, che dovrebbe tornare al fianco di sua zia (Marine Le Pen, figlia di Jean-Marie Le Pen e la sorella di Yann Le Pen, la madre di Marion. ndr), affermava in merito al progetto di rimpatrio: «Sono d’accordo con questo progetto, che era stato portato avanti da Eric Zemmour durante le elezioni presidenziali. Ovvero il rimpatrio delle persone che non hanno nulla da fare sul nostro territorio o che rappresentano un pericolo». Da domenica, è rimasta in silenzio.
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Claque
8 Sep 2026 - Libération
Par SONIA DELESALLE-STOLPER
La victoire du parti d’extrême droite AfD en Saxe-Anhalt est le fruit d’un constat amer et connu : la réunification allemande, après la chute du Mur, n’a pas profité à tous. Et certainement pas à cette petite région désindustrialisée et vieillissante. Ici, comme dans toutes les régions défavorisées en Allemagne, en Hongrie, mais aussi aux Etats-Unis ou en France, le discours de l’extrême droite a prospéré sur le rejet des élites, surtout celles de Bruxelles, et cette peur de «l’étranger», venu voler les emplois et menacer la sécurité. Primaire, simpliste, mais efficace.
Le choc tient évidemment à l’histoire et au fait que pour la première fois depuis 1945 en Allemagne, un parti, dont certains membres s’inspirent ouvertement de l’idéologie et des symboles nazis, pourrait accéder au pouvoir, certes «seulement» à un niveau régional. Dans ce pays où, depuis quatre-vingt-un ans, chaque acte politique, et en premier lieu son insertion profonde dans le coeur européen, a été dicté par cette culpabilité lourde, par ce sombre passé, la claque est immense.
Le pire est que ceux qui applaudissent des deux mains – les Maga de Trump et les sbires de Poutine – sont issus de deux grandes nations, les Etats-Unis et la Russie, sans qui la défaite du nazisme aurait été impossible en 1945. Aujourd’hui, ils appellent à la destruction de l’Europe et de toutes les valeurs sur lesquelles elle s’est construite après la Seconde Guerre mondiale. L’inévitable n’est pas écrit, en raison justement de l’histoire. L’AfD n’est pas aux portes de la chancellerie, loin de là. L’extrême droite n’est pas sur le point de gouverner l’Allemagne. En revanche, elle frappe à la porte du pouvoir en France. Les yeux du monde sont d’ores et déjà fixés sur la présidentielle de l’an prochain. Si le Rassemblement national a lourdement oeuvré ces dernières années pour arrondir ses angles les plus acérés, rompant même les liens avec l’AfD, la vérité est que ce parti entretient des relations cordiales avec le mouvement Maga et était il n’y a pas si longtemps très proche de la Russie. Or, il ne fait aucun doute que pour Trump et Poutine, la destruction du projet européen passe avant tout par la France.
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La Claque
8 settembre 2026 - Libération
di SONIA DELESALLE-STOLPER
La vittoria del partito di estrema destra AfD nella Sassonia-Anhalt è il risultato di una constatazione amara e ben nota: la riunificazione tedesca, dopo la caduta del Muro, non ha portato benefici a tutti. E certamente non a questa piccola regione deindustrializzata e con una popolazione che invecchia. Qui, come in tutte le regioni svantaggiate della Germania, dell’Ungheria, ma anche degli Stati Uniti o della Francia, il discorso dell’estrema destra ha prosperato sul rifiuto delle élite, soprattutto quelle di Bruxelles, e su quella paura dello «straniero», venuto a rubare posti di lavoro e a minacciare la sicurezza. Primitivo, semplicistico, ma efficace.
Lo shock è legato alla storia e al fatto che, per la prima volta dal 1945 in Germania, un partito, alcuni dei cui membri si ispirano apertamente all’ideologia e ai simboli nazisti, potrebbe arrivare al potere, anche se «solo» a livello regionale. In questo Paese in cui, da ottantuno anni, ogni atto politico – e in primo luogo la sua profonda integrazione nel cuore dell’Europa – è stato dettato da questo pesante senso di colpa, da questo passato oscuro, lo shock è immenso.
La cosa peggiore è che coloro che applaudono a mani aperte – i sostenitori di Trump e gli scagnozzi di Putin – provengono da due grandi nazioni, gli Stati Uniti e la Russia, senza le quali la sconfitta del nazismo sarebbe stata impossibile nel 1945. Oggi invocano la distruzione dell’Europa e di tutti i valori su cui si è costruita dopo la Seconda Guerra Mondiale. L’inevitabile non è scritto, proprio a causa della Storia. L’AfD non è alle porte della Cancelleria, tutt’altro. L’estrema destra non è sul punto di governare la Germania. In Francia, invece, bussa alle porte del potere. Gli occhi del mondo sono già puntati sulle presidenziali del prossimo anno. Sebbene il Rassemblement National abbia lavorato intensamente negli ultimi anni per smussare i propri angoli più taglienti, rompendo persino i legami con l’AfD, la verità è che questo partito intrattiene rapporti cordiali con il movimento MAGA e, fino a non molto tempo fa, era molto vicino alla Russia. Ora, non c’è alcun dubbio che per Trump e Putin la distruzione del progetto europeo passi innanzi tutto attraverso la Francia.
(*) BFM (BFMTV) è il principale canale televisivo e radiofonico all-news della Francia, equivalente a ciò che rappresentano Sky TG24 o Rai News 24 in Italia, o la CNN negli Stati Uniti.
Il significato originario dell'acronimo è Business FM, poiché la testata è nata nel 1992 come emittente radiofonica dedicata all'economia e alla finanza.
Oggi il network si articola principalmente in tre grandi rami:
- BFM TV - Il canale televisivo di informazione h24. Lanciato nel 2005, è diventato in breve tempo il telegiornale continuo più visto in Francia, superando storici concorrenti come LCI o CNews. Copre notizie di attualità nazionale, internazionale, politica e cronaca.
- BFM Business - La branca che mantiene il focus originario del gruppo, focalizzata su mercati finanziari, economia, imprese e strategie di business.
- BFM Locales (ex BFM Régions) - Una rete di canali locali che trasmettono notizie di prossimità specifiche per le varie regioni e grandi aree metropolitane francesi (come Lione, Marsiglia, o la Normandia).
A livello societario, dopo essere stato a lungo di proprietà del gruppo Altice, il network fa oggi capo alla
divisione media del colosso marittimo e della logistica CMA CGM. I suoi programmi sono accessibili gratuitamente in Francia sul digitale terrestre, oltre che in streaming via web e satellite in tutto il mondo.
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