EN ALLEMAGNE LE CHOC FASCISTE


PHOTO TOBIAS SCHWARZ. AFP
La tête de liste Ulrich Siegmund et les présidents de l’AfD, 
Alice Weidel et Tino Chrupalla, dimanche à Magdebourg.

En Saxe-Anhalt, l’extrême droite aux portes du pouvoir

Dans le Land de l’est du pays, l’AfD a réalisé un score historique à l’issue d’un scrutin marqué par une participation record. Le parti d’extrême droite est aux portes du pouvoir de la région, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

7 Sep 2026 - Libération
Par CHRISTOPHE BOURDOISEAU Envoyé spécial à Magdebourg

Ils sont tous debout, sur la place de la cathédrale de Magdebourg, comme s’ils observaient une minute de ­silence. Mais ce silence dure dix minutes, peut-être plus. Les visages sont sévères. A 18 heures, après l’annonce du triomphe de l’AfD, un collectif d’artistes a fait retentir dans ce silence des sirènes installées sur un bus. Au moment de mettre sous presse, l’AfD recueillait plus de 44 % des voix, dépassant largement les conservateurs de la CDU, à 18 %. Le parti d’extrême droite serait ainsi aux portes du pouvoir, en se rapprochant dangereusement des 42 sièges nécessaires pour former une majorité. Les sociaux-démocrates du SPD, la gauche radicale Die Linke et les Verts obtiennent chacun environ 9 %. La gauche populiste pro-russe du BSW, qui pourrait soutenir l’AfD, était, dimanche soir, au seuil des 5 % nécessaires pour entrer au Parlement.

Des familles, des syndicats, des collectifs, Greenpeace mais aussi les «Grands-mères contre l’extrême droite» sont là pour assister à cette performance «en signe de deuil». Ils ont tous du mal à y croire : l’extrême droite en mesure de former un gouvernement à la majorité des sièges ! Du jamais-vu en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

«INTERDISEZ L’AFD !»

On saura ce lundi si la SaxeAnhalt sera gouvernée par l’extrême droite, éventuellement avec l’aide du petit parti de gauche populiste prorusse BSW, ou avec le soutien de brebis galeuses de la CDU. Mais ce score est déjà un précédent dans l’histoire de l’Allemagne depuis la fin du IIIe Reich. «Interdisez l’AfD ! Interdisez l’AfD !», criet-on dans la foule. «Quelle merde !» dit un homme en découvrant les résultats sur son téléphone. «Au moins, les écologistes font un bon score», lui répond son voisin. Les Verts, qui sont donnés à environ 9 %, avaient mobilisé sur le thème du «vote antinazi»; ils ont progressé de 3 points, un exploit dans l’est de l’Allemagne où les questions d’environnement et de climat n’ont jamais été des thèmes porteurs.

Pour Fabien Koch, syndicaliste du collectif «Magdebourg antifasciste», le score de l’AfD est une «insulte contre la démocratie». «Nous avons au moins une bonne nouvelle : la participation a été très forte. Mais maintenant, une autre lutte commence dans ce pays: contre les fascistes !» Le taux de participation a en effet été historique, 78 %, soit 18 points de plus que lors du précédent scrutin régional en 2021. «Tous ensemble contre le fascisme!» scande la foule. «C’est ici que la révolution de 1989 a commencé [contre la dictature communiste]. Une nouvelle bataille pour la dé­mocratie commence aujourd’hui, le 6 septembre 2026 !» poursuit Fabien Koch avant d’ajouter: «Je comprends que des gens veuillent quitter la région parce qu’ils ont peur. Moi, je resterai à Magdebourg ! Quel que soit le résultat de l’AfD», scandet-il. La foule répond: «Alerta, alerta, antifascista !»

Un pasteur, Peter Herrfurth, regrette que cette victoire de l’AfD produise des images détestables de l’Allemagne dans le monde. Tout autour de la place, on ne voit que des équipes de télévision. «Toute la presse mondiale est là !» dit-il en rappelant l’article 1 de la loi fondamentale du pays: «La dignité humaine est intangible, intangible !»

«TOUT EST POSSIBLE»

Au QG des conservateurs, au Maritim Hotel, l’ambiance est encore plus déprimante. L’Union chrétienne-démocrate (CDU), présidée par le chancelier Friedrich Merz, est le grand perdant de ce scrutin (lire ci-contre). Les militants sont très inquiets. Certains députés CDU vontils changer de camp et passer à l’extrême droite pour élire un ministre-président AfD ? Certains sont exaspérés par le cordon sanitaire imposé par Merz. «Tout est possible», confie l’un d’entre eux.

Les conservateurs, qui avaient été une grande force politique à l’est de l’Allemagne depuis la réunification, s’effondrent en divisant leur score par deux. Une chute de 18 points profitable à l’AfD, qui engrange plus de 20 points supplémentaires depuis la dernière élection régionale. C’est plus qu’une défaite pour la CDU, c’est une déroute qui devrait relancer le débat sur le remplacement du chancelier à miparcours.

La formation d’un gouvernement de Saxe-Anhalt «stable» sera le prochain défi, ce qui paraît impossible à l’issue de ce scrutin. Dans une pizzeria du centre de Magdebourg, deux serveurs assurent cependant n’avoir aucune inquiétude pour leur avenir. «Vous savez, moi, je suis Italien. Alors, cela ne me concerne pas», ironise à peine l’un d’eux. L’autre, d’origine libanaise, est tout aussi imperméable à ce choc électoral. «Ça fait vingt ans que j’habite Magdebourg. J’ai des amis de tous les bords politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. L’important, c’est de bien se tenir et de s’intégrer», explique-t-il. Un client les regarde avec étonnement. Ils finissent par avouer: ils n’ont pas lu le programme électoral de l’AfD.


Christophe Bourdoiseau

Correspondant de presse à Berlin depuis 1994
Spécialiste du franco-allemand, conférencier, auteur de guides
Depuis 1994, Bourdoiseau travaille comme journaliste français pour différents médias de presse écrite, dont Libération (Paris), L’Express (Paris), Le Soir (Brüssel) et Télérama.
Il a étudié à l’Institut pratique de journalisme (IPJ) à Paris et a commencé sa carrière par des reportages dans les pays de l’ancien bloc de l’Est.
En tant que correspondant politique et économique pour Les Echos, il a rédigé des articles pour le Handelsblatt et le Süddeutsche Zeitung.
Son travail journalistique lui a valu plusieurs nominations au Prix franco-allemand du journalisme, notamment en 2017 pour sa tribune dans le Süddeutsche Zeitung (sur l’AfD) et en 2024 pour son reportage dans Libération sur la menace que représente l’extrême droite pour la culture mémorielle : « En Allemagne, l’extrême droite refait l’histoire du nazisme ».
Bourdoiseau donne des conférences sur les relations franco-allemandes, mais aussi sur des thèmes tels que la liberté de la presse ou la culture pop comme moteur de l’Europe et de la démocratie (Düsseldorf), la liberté des médias (Institut français), des conférences lors de séminaires (SNCF) ou lors de croisières. Elle propose également des visites guidées en français sur la culture mémorielle allemande (visites guidées de Berlin en français).
Il est l’auteur d’un guide touristique sur Berlin et d’un livre sur la culture mémorielle allemande. « Allemagne : la mémoire libérée » (Ed. Nevicata, Bruxelles, épuisé)

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FOTO TOBIAS SCHWARZ. AFP
Il capolista Ulrich Siegmund e i presidenti dell’AfD, 
Alice Weidel e Tino Chrupalla, domenica a Magdeburgo.

IN GERMANIA: LO SHOCK FASCISTA

In Sassonia-Anhalt, l’estrema destra alle porte del potere

In questo Land dell’est del Paese, l’AfD ha ottenuto un risultato storico al termine di un’elezione caratterizzata da un’affluenza-record. Il partito di estrema destra è alle porte del potere nella regione, una prima assoluta dalla Seconda guerra mondiale.

7 settembre 2026 - Libération
Di CHRISTOPHE BOURDOISEAU, inviato speciale a Magdeburgo

Sono tutti in piedi, nella piazza della cattedrale di Magdeburgo, come se osservassero un minuto di silenzio. Ma questo silenzio dura dieci minuti, forse anche di più. I volti sono severi. Alle 18, dopo l’annuncio del trionfo dell’AfD, un collettivo di artisti ha fatto risuonare in quel silenzio le sirene installate su un autobus. Al momento della chiusura di questa edizione, l’AfD raccoglieva oltre il 44% dei voti, superando di gran lunga i conservatori della CDU, fermi al 18%. Il partito di estrema destra sarebbe così alle porte del potere, avvicinandosi pericolosamente ai 42 seggi necessari per formare una maggioranza. I socialdemocratici dell’SPD, la sinistra radicale Die Linke e i Verdi ottengono ciascuno circa il 9%. La sinistra populista filorussa del BSW, che potrebbe sostenere l’AfD, domenica sera era sulla soglia del 5% necessario per entrare in Parlamento. 

Famiglie, sindacati, collettivi, Greenpeace, ma anche le «Nonne contro l’estrema destra» sono lì per assistere a questa manifestazione «in segno di lutto». Tutti fanno fatica a crederci: l’estrema destra in grado di formare un governo con la maggioranza dei seggi! Una cosa mai vista in Germania dalla fine della Seconda guerra mondiale.

«VIETATE L’AFD!»

Lunedì si saprà se la Sassonia-Anhalt sarà governata dall’estrema destra, eventualmente con l’aiuto del piccolo partito populista di sinistra filo-russo BSW, o con il sostegno di alcune pecore nere della CDU. Ma questo risultato costituisce già un precedente nella storia della Germania dalla fine del Terzo Reich. «Mettete al bando l’AfD! Mettete al bando l’AfD!», grida la folla. «Che schifo!», esclama un uomo scoprendo i risultati sul suo telefono. «Almeno i Verdi ottengono un buon risultato», gli risponde il vicino. I Verdi, dati intorno al 9%, avevano mobilitato l’elettorato sul tema del «voto antinazista»; hanno guadagnato 3 punti, un’impresa nella Germania orientale dove le questioni ambientali e climatiche non sono mai state temi di grande richiamo.

Per Fabien Koch, sindacalista del collettivo «Magdeburgo antifascista», il risultato dell’AfD è un «insulto alla democrazia». «Abbiamo almeno una buona notizia: l’affluenza alle urne è stata molto alta. Ma ora in questo Paese inizia un’altra lotta: contro i fascisti!» L’affluenza alle urne è stata infatti storica, pari al 78%, ovvero 18 punti in più rispetto alle precedenti elezioni regionali del 2021. «Tutti insieme contro il fascismo!» scandisce la folla. «È qui che è iniziata la rivoluzione del 1989 [contro la dittatura comunista]. Oggi, 6 settembre 2026, inizia una nuova battaglia per la democrazia!», prosegue Fabien Koch prima di aggiungere: «Capisco che alcune persone vogliano lasciare la regione perché hanno paura. Io, invece, resterò a Magdeburgo! Qualunque sia il risultato dell’AfD», scandisce. La folla risponde: «Alerta, alerta, antifascista!»

Un pastore, Peter Herrfurth, si rammarica che questa vittoria dell’AfD dia un’immagine detestabile della Germania nel mondo. Tutto intorno alla piazza si vedono solo troupe televisive. «C’è tutta la stampa mondiale!» dice, ricordando l’articolo 1 della Costituzione del Paese: «La dignità umana è inviolabile, inviolabile!»

«TUTTO È POSSIBILE»

Al quartier generale dei conservatori, al Maritim Hotel, l’atmosfera è ancora più deprimente. L’Unione Cristiano-Democratica (CDU), presieduta dal cancelliere Friedrich Merz, è la grande perdente di queste elezioni (leggi a fianco). I militanti sono molto preoccupati. Alcuni deputati della CDU cambieranno schieramento e passeranno all’estrema destra per eleggere un ministro-presidente dell’AfD? Alcuni sono esasperati dal cordone sanitario imposto da Merz. «Tutto è possibile», confida uno di loro.

I conservatori, che dalla riunificazione erano stati una grande forza politica nella Germania orientale, crollano dimezzando il proprio risultato. Un calo di 18 punti a vantaggio dell’AfD, che guadagna oltre 20 punti in più rispetto alle ultime elezioni regionali. Per la CDU non si tratta solo di una sconfitta, ma di una vera e propria disfatta che dovrebbe riaccendere il dibattito sulla sostituzione del cancelliere a metà mandato.

La formazione di un governo «stabile» in Sassonia-Anhalt sarà la prossima sfida, cosa che sembra impossibile all’indomani di queste elezioni. In una pizzeria nel centro di Magdeburgo, due camerieri assicurano tuttavia di non nutrire alcuna preoccupazione per il proprio futuro. «Sapete, io sono italiano. Quindi la cosa non mi riguarda», dice uno di loro con una punta di ironia. L’altro, di origine libanese, è altrettanto indifferente a questo shock elettorale. «Vivo a Magdeburgo da vent’anni. Ho amici di ogni orientamento politico, dall’estrema destra all’estrema sinistra. L’importante è comportarsi bene e integrarsi», spiega. Un cliente li guarda con stupore. Alla fine ammettono: non hanno letto il programma elettorale dell’AfD.


Christophe Bourdoiseau

Corrispondente stampa a Berlino dal 1994
Esperto di relazioni franco-tedesche, conferenziere, autore di guide
Dal 1994, Bourdoiseau lavora come giornalista francese per diversi organi di stampa, tra cui Libération (Parigi), L’Express (Parigi), Le Soir (Bruxelles) e Télérama.
Ha studiato all’Institut pratique de journalisme (IPJ) di Parigi e ha iniziato la sua carriera con reportage nei paesi dell’ex blocco dell’Est.
In qualità di corrispondente politico ed economico per *Les Echos*, ha scritto articoli per l’Handelsblatt e il Süddeutsche Zeitung.
Il suo lavoro giornalistico gli è valso diverse candidature al Premio franco-tedesco di giornalismo, in particolare nel 2017 per il suo editoriale pubblicato sulla Süddeutsche Zeitung (sull’AfD) e nel 2024 per il suo reportage su Libération sulla minaccia che l’estrema destra rappresenta per la cultura della memoria: «In Germania, l’estrema destra riscrive la storia del nazismo».
Bourdoiseau tiene conferenze sulle relazioni franco-tedesche, ma anche su temi quali la libertà di stampa o la cultura pop come motore dell’Europa e della democrazia (Düsseldorf), la libertà dei media (Institut français), conferenze in occasione di seminari (SNCF) o durante crociere. Propone inoltre visite guidate in francese sulla cultura della memoria tedesca (visite guidate di Berlino in francese).
È autore di una guida turistica su Berlino e di un libro sulla cultura della memoria tedesca. «Germania: la memoria liberata» (Ed. Nevicata, Bruxelles, esaurito)

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Friedrich Merz, le chancelier que la CDU préfère cacher

Mis à distance lors de l’élection en Saxe-Anhalt, le chancelier paie dans les urnes l’impopularité de son gouvernement.Deux autres scrutins régionaux, dans deux semaines, pourraient accélérer les spéculations sur sa succession.

7 Sep 2026 - Libération
C.Bo. (à Magdebourg)

Quel avenir pour Friedrich Merz après la déroute électorale en Saxe-Anhalt? Alors que l’Union chrétienne-démocrate (CDU), dont il est président, a dégringolé, à moins de 20% dimanche soir selon les premières estimations (contre 37% lors du dernier scrutin en 2021), cette élection régionale est, pour le chancelier allemand, une ­défaite personnelle.

Plus de 80 % des Allemands se disent aujourd’hui insatisfaits du travail de son gouvernement et les électeurs de Saxe-Anhalt l’ont fait savoir dans les urnes. «En arrivant au pouvoir, il a surestimé sa marge d’action et ses capacités de réformes [toujours en suspens alors qu’il les avait promises pour l’automne 2025, ndlr]», analyse Wolfgang Muno, politologue à l’université de Rostock.

Son impopularité record et sa façon de faire ont déteint sur la campagne. «Il a un problème de crédibilité et de communication. Tout ça n’est pas de bon augure pour la suite», dit Wolfgang Muno. «N’oublions pas qu’avant de prendre le pouvoir, cet homme d’affaires n’avait aucune expérience de gouvernement», ajoute-t-il.

Au lieu d’affronter les électeurs sur place, il a esquivé volontairement la campagne. Il s’est montré très discret après quatre semaines de vacances pendant lesquelles on ne l’a pas entendu. Pas de grands meetings ­électoraux, pas de partisans en liesse, pas de discours marquants… le chancelier a tout simplement été invisible. Seulement deux rendez-vous, à huis clos, pour rencontrer la tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en Saxe-Anhalt, Sven Schulze. Il n’a pas même été invité pour le meeting de fin de campagne en Saxe-Anhalt. «On peut dire qu’il a fait une campagne en cachette», ­résume Wolfgang Muno, politologue à l’université de Rostock.

Humiliation

A l’Est, il est encore plus impopulaire qu’à l’Ouest. Son profil de chef d’entreprise et son manque d’empathie ne passent pas. Le chancelier craignait aussi des protestations qui auraient pu porter préjudice à son image déjà déplorable. Merz n’a jamais oublié l’humiliation subie par son mentor en politique, Helmut Kohl, le 10 mai 1991. Le «chancelier de la Réunification» avait été reçu par des jets d’oeufs au visage sur la place du marché de Halle, la seconde plus grande ville de Saxe-Anhalt – il s’était précipité sur l’un des lanceurs, avant d’être retenu. Cette photo reste aujourd’hui un symbole dans les livres d’histoire : celui du ­divorce entre Kohl et les Allemands de l’Est, à qui il avait promis un peu trop rapidement des «paysages florissants».

Les résultats de dimanche illustrent surtout l’échec de sa stratégie de lutte contre l’extrême droite. Lors de son come-back en politique, en 2018, il avait fièrement annoncé qu’il saurait «diviser les électeurs de l’AfD par deux». «C’est nous qui avons divisé la CDU par deux», se moque aujourd’hui Tino Chrupalla, le coprésident de l’AfD. «On va maintenant ­reprocher à Merz d’avoir favorisé la montée de l’AfD», confirme Wolfgang Muno.

Lors de la campagne, il a essuyé un affront de la part de ses propres troupes, paniquées à l’idée de perdre ces élections. Trois ministres-présidents conservateurs de l’Est (SaxeAnhalt, Thuringe et Saxe) se sont prononcés, dans une action commune, contre la suppression de la retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation, communément ­appelée la «retraite à 63 ans». C’était la principale mesure de la grande réforme de Merz promise aux Allemands. Les Allemands de l’Est, dont les revenus et le patrimoine sont très inférieurs à l’Ouest, considèrent cette ­réforme comme injuste. «Si cette élection va le sonner, il n’est pas encore à terre», tempère Wolfgang Muno.

L’avenir de Friedrich Merz devrait se décider après les deux autres élections régionales du 20 septembre (Berlin et Mecklembourg). «Si la CDU tombait sous les 10 % dans le Mecklembourg – un record historique – et si elle perdait Berlin [dirigée par la CDU], ça risquerait de devenir très compliqué pour lui. La discussion sur son remplacement devrait reprendre de plus belle», ajoute l’expert.

Aucun rival prêt

Faute de successeur évident, Merz pourrait néanmoins survivre politiquement d’ici au prochain scrutin fédéral, en 2029. Un remplacement en cours de mandat est possible mais, contrairement notamment au Royaume-Uni ou à la France, est institutionnellement contraignant en Allemagne : une majorité du Bundestag doit être prête à élire immédiatement un successeur. Par ailleurs, il n’y a actuellement aucun rival qui soit prêt à prendre sa place. Hendrik Wüst, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est pressenti. Mais il doit affronter les électeurs l’année prochaine dans sa région, la plus peuplée d’Allemagne. D’ici là, Merz peut encore tenter de reprendre la main.

***

Friedrich Merz, il cancelliere 
che la CDU preferisce tenere nascosto

Messo da parte nelle elezioni in Sassonia-Anhalt, il cancelliere paga alle urne l’impopolarità del suo governo. Altre due elezioni regionali, tra due settimane, potrebbero accelerare le speculazioni sulla sua successione.

7 settembre 2026 - Libération 
C.Bo. (da Magdeburgo)

Quale futuro per Friedrich Merz dopo la sconfitta elettorale in Sassonia-Anhalt? Mentre l’Unione Cristiano-Democratica (CDU), di cui è presidente, è crollata a meno del 20% domenica sera secondo le prime stime (contro il 37% delle ultime elezioni del 2021), questa elezione regionale rappresenta, per il cancelliere tedesco, una sconfitta personale.

Oltre l’80% dei tedeschi si dichiara oggi insoddisfatto dell’operato del governo e gli elettori della Sassonia-Anhalt lo hanno fatto sapere alle urne. «Quando è salito al potere, ha sopravvalutato il suo margine di manovra e le sue capacità di riforma [ancora in sospeso, nonostante le avesse promesse per l’autunno del 2025, ndr]», analizza Wolfgang Muno, politologo dell’Università di Rostock.

La sua impopolarità senza precedenti e il suo modo di agire hanno influenzato negativamente la campagna elettorale. «Ha un problema di credibilità e di comunicazione. Tutto ciò non fa ben sperare per il futuro», afferma Wolfgang Muno. «Non dimentichiamo che, prima di salire al potere, questo uomo d’affari non aveva alcuna esperienza di governo», aggiunge.

Invece di confrontarsi con gli elettori sul campo, ha volutamente evitato la campagna elettorale. Si è mostrato molto discreto dopo quattro settimane di vacanze durante le quali non si è fatto sentire. Nessun grande comizio elettorale, nessun sostenitore in festa, nessun discorso memorabile… il cancelliere è stato semplicemente invisibile. Solo due riunioni, a porte chiuse, per incontrare il capolista dell’Unione Cristiano-Democratica (CDU) in Sassonia-Anhalt, Sven Schulze. Non è stato neppure invitato al comizio di chiusura della campagna elettorale in Sassonia-Anhalt. «Si può dire che abbia condotto una campagna elettorale di nascosto», riassume Wolfgang Muno.

Umiliazione

A est è ancora più impopolare che a ovest. Il suo profilo di imprenditore e la sua mancanza di empatia non vengono ben accolti. Il cancelliere temeva inoltre proteste che avrebbero potuto danneggiare la sua immagine già disastrosa. Merz non ha mai dimenticato l’umiliazione subita dal suo mentore politico, Helmut Kohl, il 10 maggio 1991. Il «cancelliere della Riunificazione» era stato bersagliato con uova in faccia nella piazza del mercato di Halle, la seconda maggiore città della Sassonia-Anhalt: si era avventato contro uno dei lanciatori, prima di essere trattenuto. Quella foto rimane ancora oggi un simbolo nei libri di storia: quello del divorzio tra Kohl e i tedeschi dell’Est, ai quali aveva promesso un po’ troppo frettolosamente «paesaggi fiorenti».


10. Mai 1991 - Eierwürfe auf Helmut Kohl in Halle

https://www1.wdr.de/stichtag/eierwuerfe-auf-helmut-kohl-100.html

I risultati di domenica ne illustrano soprattutto il fallimento della strategia di lotta contro l’estrema destra. Al suo ritorno in politica, nel 2018, aveva annunciato con orgoglio che sarebbe riuscito a «dimezzare gli elettori dell’AfD». «Siamo stati noi a dimezzare la CDU», ironizza oggi Tino Chrupalla, copresidente dell’AfD. «Ora si rimprovererà a Merz di aver favorito l’ascesa dell’AfD», conferma Wolfgang Muno.

Durante la campagna elettorale, ha subìto un affronto da parte delle sue stesse truppe, in preda al panico all’idea di perdere queste elezioni. Tre ministri-presidenti conservatori dell’Est (Sassonia-Anhalt, Turingia e Sassonia) si sono pronunciati, con un’azione congiunta, contro l’abolizione della pensione anticipata senza decurtazione dopo 45 anni di contributi, comunemente chiamata «pensione a 63 anni». Era la misura principale della grande riforma di Merz promessa ai tedeschi. I tedeschi dell’Est, i cui redditi e patrimoni sono molto inferiori a quelli dell’Ovest, considerano questa riforma ingiusta. «Se questa elezione gli darà un duro colpo, non è ancora fuori gioco», precisa Wolfgang Muno.

Il futuro di Friedrich Merz dovrebbe decidersi dopo le altre due elezioni regionali del 20 settembre (Berlino e Meclemburgo). «Se la CDU scendesse sotto il 10% nel Meclemburgo – un record storico – e se perdesse Berlino [governata dalla CDU], la situazione rischierebbe di diventare molto complicata per lui. La discussione sulla sua sostituzione dovrebbe riprendere con rinnovato vigore», aggiunge l’esperto.

Nessun rivale pronto

In mancanza di un successore evidente, Merz potrebbe comunque sopravvivere politicamente fino alle prossime elezioni federali, nel 2029. Una sostituzione nel corso del mandato è possibile ma, a differenza in particolare del Regno Unito o della Francia, in Germania è vincolata da requisiti istituzionali: una maggioranza del Bundestag deve essere pronta a eleggere immediatamente un successore. Inoltre, al momento non c’è alcun rivale pronto a prenderne il posto. Si fa il nome di Hendrik Wüst, ministro-presidente della Renania Settentrionale-Vestfalia. Ma l’anno prossimo dovrà affrontare gli elettori nella sua regione, la più popolosa della Germania. Da qui ad allora, Merz può ancora tentare di riprendere il controllo della situazione.

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