AGUIRRE « El Vasco » volcanique


Trois victoires, six buts inscrits, aucun encaissé... Les débuts rêvés du Mexique dans « sa » Coupe du monde provoquent un engouement sans précédent dans le pays, qui doit également beaucoup à la personnalité et au franc-parler de son sélectionneur.Javier Aguirre, le 11 juin, lors du match inaugural de la Coupe du monde Mexique - Afrique du Sud (2-0).

30 Jun 2026 - L'Équipe
BERNARD LIONS

MEXICO – D’un geste autoritaire, Javier Aguirre (67 ans) a renvoyé Rafael Marquez (47 ans) sur le banc. Jusqu’à nouvel ordre, le deuxième plus grand joueur de l’histoire du Mexique après Hugo Sanchez n’est encore que son adjoint. Et le sélectionneur d’El Tricolor l’a fait comprendre aux yeux de tous, quand son second a cru bon de se lever pour crier des consignes aux joueurs, lors du match d’ouverture face à l’Afrique du Sud (2-0, le 11 juin).

Il est comme ça, « El Vasco » (« le Basque »), son surnom en raison des origines de ses parents – son père est d’Ispaster et sa mère de Guernica, dans le Pays basque espagnol : humble, gentil, drôle, charismatique mais autoritaire.

Ses traits de caractère lui valent de s’imposer comme un meneur d’hommes hors pair. Les joueurs timides, il les désinhibe et les galvanise. Les individualistes au trop fort ego, il les remet à leur place. Toujours avec un francparler qui détone. Sa phrase préférée, « je n’ai pas aimé »

Le Parisien Lee Kang-in le croise avant le début de la seconde période de Mexique-Corée du Sud (1-0, le 19 juin). Son entraîneur à Majorque (2022-2023) le prévient : « Ne t’approche pas de moi, sinon je te botte le cul. » Avant de s’amuser de cet échange après la rencontre : « Je suis très fier de lui. Mais il s’est teint les cheveux (avant la finale de la dernière Ligue des champions remportée par le PSG), alors j’ai plaisanté en disant que je n’aimais pas ça. »

« Je n’ai pas aimé » , constitue sa phrase préférée. Même après un succès, il ne cesse de l’égrener pour pointer ce qui n’a pas fonctionné. Si sa famille vit pour le football, il s’interdit désormais de regarder un match avec elle à la télé. Il ne peut pas s’empêcher de vouloir tout corriger par écran interposé, comme s’il se trouvait en train de travailler.

Avant de devenir un Père la rigueur comme sélectionneur, cet adepte de la salle de sports se voulait déjà agressif et rugueux en tant que joueur. Après avoir débuté sa carrière comme attaquant, il l’a poursuivie comme milieu de terrain, avant de la finir au poste de défenseur. Reculer sans cesse sur le terrain lui a permis d’avancer dans son second métier.

Ses deux passeports aussi. En plus de se forger la conviction que l’enjeu (le résultat) devait primer sur le jeu, le mental et le physique sur la seule technique, sa double nationalité mexicaine et espagnole l’a aidé à devenir l’un des rares Mexicains à avoir entraîné à l’étranger. En Espagne, en priorité.

Au fil du temps, le natif de Mexico s’est forgé une solide réputation d’entraîneur capable de sauver un club en difficulté. C’est ce qui a poussé la Fédération mexicaine à lui demander de préparer une troisième fois la Coupe du monde, en juillet 2024 (après 2002 et 2010).

Aguirre a accepté, en vieil habitué. Il avait déjà vécu le Mundial 1986 comme milieu défensif (59 sélections et 14 buts) et la World Cup 1994 en tant qu’adjoint du docteur Mejia Baron. Il a répondu aux critiques sur son jeu jugé trop frileux et son inexpérience à diriger des équipes de haut de tableau en débutant par trois victoires (comme l’Argentine et la France), sans encaisser de but (idem pour l’Espagne).

Ce parcours rêvé a déclenché un engouement sans précédent dans le pays. Avec 30,4 millions de téléspectateurs, le match face à la Tchéquie (3-0, le 25 juin) est devenu le plus regardé de l’histoire. Le duel inaugural devant l’Afrique du Sud avait été suivi par 23,4 millions de personnes, et celui contre la Corée du Sud par 25,5 millions. En attendant le seizième de finale face à l’Équateur, la nuit prochaine (à 3 heures, heure française), où, une fois encore, Aguirre aura son mot à dire.

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La tentation Mora

30 Jun 2026 - L'Équipe
B. Li.

MEXICO – Si Javier Aguirre, le sélectionneur du Mexique, ne devrait pas toucher à son trident offensif, un sérieux doute subsiste quant à la composition de son milieu de terrain. La faute à Gilberto Mora. Plus jeune joueur de cette Coupe du monde (17 ans et 240 jours lors du match d’ouverture contre l’Afrique du Sud, 2-0, le 11 juin), le meneur de jeu du Club Tijuana ne cesse d’impressionner depuis le début du tournoi. Au point qu’Aguirre songerait à la titulariser pour la deuxième fois d’affilée. Cela pousserait Brian Gutierrez sur le banc et conduirait à repatiner le coeur du jeu avec deux pivots récupérateurs placés en soutien de Mora, dans un système qui glisserait alors sensiblement d’un 4-3-3 à un 4-2-3-1.

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