« Cette serviette a changé l'histoire du l'histoire du Barça »
Messi, toute une histoire - SÉRIE 4/6
Âgé de 39 ans depuis mercredi, Lionel Messi dispute sa sixième Coupe du monde. L’occasion de se pencher sur six épisodes moins connus autour du personnage et de son parcours.
Horacio Gaggioli, l'un des intermédiaires à l'origine de la venue de Lionel Messi au FC Barcelone en septembre 2000, raconte les coulisses haletantes de la signature de « la Pulga » finalisée sur un bout de table.
JOSÉ BARROSO
De l'histoire entre Lionel Messi et le Barça, on retient les belles choses. La main tendue à un surdoué de 13 ans en proie à des problèmes de croissance, les records de précocité puis de longévité, les trophées à la pelle en vingt ans de vie commune. Les prémices ont pourtant été complexes et douloureuses. Horacio Gaggioli, agent de joueurs, était aux premières loges. Cet Argentin installé en Europe depuis quarante ans a oeuvré à l'arrivée du gaucher de Rosario en Catalogne. Loin de la seule « love affair » souvent contée.
Quand avez-vous entendu parler de Lionel Messi pour la première fois ?
Il avait 11 ans. Mes associés en Argentine, Martin Montero et Fabian Soldini, sont émerveillés par un gamin à Newell's (Newell's Old Boys, l'un des deux grands clubs de Rosario, qu'il a rejoint à l'âge de 7ans). Jorge Messi avait déjà en tête de faire un essai en Espagne, mais le règlement ne permettait pas de transférer un mineur sans sa famille. J'en parleau Barça, on décide d'attendre. Un ou deux ans plus tard, mes associés font une vidéo pour l'envoyer au Barça. On voit Leo jongler avec une orange, une balle de tennis, de ping-pong... À ses 13 ans, Charly Rexach (dirigeant au Barça) donne son accord pour faire un essai. Le 14 septembre 2000, levoilà qui arrive avec son père.
"Quand je le vois, je me dis:
ce gamin ne peut pas jouer au foot"
Vous le rencontrez enfin. Quel effet vous fait-il?
Sincèrement, quand je le vois, je medis: ce gamin ne peut pas jouer au foot. Ses jambes étaient fines comme mes doigts, c'était une petite chose. Rexach m'avait dit que, dans ce genre de situation, c'est du 50-50.Qu'à l'entraînement, avec les gamins de la Masia, ça passe ouça casse. Le lendemain, on l'emmène s'entraîner avec les Infantil (U14). Il y avait (Gerard) Piqué, (Cesc) Fabregas, (Victor) Vazquez, une équipe incroyable. Comment se passe cette première séance? Il montre toute sa classe. Personne ne peut l'arrêter. Il fait les mêmes choses que sursa vidéo, mais avec des joueurs en face. Soldini lui avait dit que s'il mettait six buts, il lui donnerait un cadeau. Il en met cinqet touche trois ou quatre fois les montants! Que des actions individuelles. Il ne connaissait pas le jeu combiné, il jouait à sa manière.
Les dirigeants du Barça sont-ils conquis?
Ils prennent des notes mais ne nous disent rien. Celui qui devait décider, c'était Rexach. Or, il était à Sydney pour les JO, ona dû attendre son retour. Là, on refait une opposition et, au bout de 10 minutes, Charly s'enva. Je lui demande ce qu'ilya, inquiet. Il me dit: pas besoin d'envoir plus, cegaminest extra. C'est le début d'une odyssée douloureuse.
Pourquoi?
Parce que le Barça ne voulait pas le faire signer! Dans les rapports, certains disaient que c'était juste un joueur de futsal, qu'il avait une maladie... Pourtant, j'avais fourni les documents, les conclusions de l'endocrinologue, les projections de croissance. Mais il n'y avait pas de garantie absolue. Après l'essai, les Messi étaient repartis en Argentine. Et là, les semaines passent.
Que vous dit-on?
Charly me disait qu'il le voulait. Pour d'autres, c'était plus compliqué. À 12 ans, Leo avait la morphologie d'un enfant de 10 ans, il fallait financer son traitement. Puis faire venir une famille, leur trouver un logement, un salaire pour le père... En décembre, Montero m'appelle et me dit que ça suffit. Que ça fait deux mois, qu'on va essayer de l'emmener ailleurs. Je décide d'en parler à Charly.
"Tout le monde nous appelait, même le Real a essayé !
Mais Leo était clair: il voulait jouer au Barça"
Le fameux déjeuner du 14 décembre au club de tennis?
C'est ça. On avait l'habitude de jouer là. Je lui explique: ou vous vous engagez, ou on laisse tomber. Et là, Charlyattrape une serviette de table et écrit qu'il s'engage à recruter Messi, met la date, les noms, signe. Je n'avais jamais vu ça. Dans l'après-midi,j'apporte la serviette à mon avocat, qui me dit que ce document engage le club. J'appelle en Argentine, je leur dis que c'est réglé. Ils s'engageaient à faire venir toute la famille en février 2001, ce qu'ils ont fait. Cette serviette achangé l'histoire du Barça. Sont alors apparus les problèmes juridiques, car Newell's ne voulait pas valider le transfert. Ona dû solliciter la FIFA.
Comment Messivivait-il les choses?
C'était très compliqué. Il n'avait pas le droit de jouer de matches officiels, juste des amicaux, les entraînements. Il était très introverti, les autres se moquaient un peu car il parlait peu. Lui ne pensait qu'au foot. Età l'été 2001, une nouvelle direction est arrivée et a remis en cause le contrat signé. Ace moment-là, il ya eu des doutes. Je ne sais plus lequel d'entre nous a parlé de ça, mais on leur a expliqué que si le Barça ne le voulait pas, on pourrait le proposer au Real.
Ya-t-il eu des discussions?
Non. Mais on lui aurait cherché un point de chute. D'ailleurs, une fois lancé à la Masia, la Juve, Milan, l'Inter, la Roma, Chelsea, tout le monde nous appelait, même le Reala essayé! On avait rencontré Arsenal. Mais Leo était clair: il voulait jouer au Barça. Ça finit par s'arranger.
Ses formateurs acceptaient-ils de le voir porter le ballon, dribbler? Ce n'est pas la philosophie maison...
Ilaeu du mal au début. Ila eu un entraîneur qui le faisait peu jouer, car il n'avait pas un profil porté sur le jeu combiné comme aime le Barça. Ils ont toujours cherché à en faire un joueur d'équipe. Tous. Mais Leo a une compréhension innée du jeu. S'il avait joué en Angleterre, il aurait souffert au début mais se serait adapté et, après, il est inarrêtable. Ila eu aussi la chance d'être dans l'une des meilleures écoles de foot, entouré de top joueurs.
Même avec eux, sortait-il du lot?
Il y a une histoire que j'adore. À une période, Leo était une sorte de joker et ça lui plaisait. La Juvenil B(U19) avait besoin de lui pour un derby? redescendait. Les Al'appelaient? Il était là. À la trêve, il rentre en Argentine pour les fêtes. Il devait repartir le 3 janvier. Le coach du Barça C, qui luttait pour le maintien, m'appelle pour savoir s'il accepterait de jouer avec eux. Leur match était le 4 janvier, à 16heures, Leo atterrissait à midi. Je demande quand même à Leo, il me dit pas de problème". Résultat, ila atterrià midi, ila mangé un sandwich et il était sur le terrain. Le Barçaa gagné 3-2... avec trois buts de Leo.
Et les doutes sur son physique?
Il les a levés car c'était un dur au mal. Une année, en Cadete (U16) ou Juvenil, il se fracture la pommette sur un choc juste avant la finale de la Coupe de Catalogne. Il ne pouvait pas jouer, mais ilytenait. Un kiné du clubexplique qu'ila un petit musée avec des objets de joueurs. Il avait le fameux masque de Puyol. Je lui demandes'il peut nous le prêter. Leo commence donc le match avec, mais il est gêné. Il finit par l'enlever, malgré les risques, et il met deux buts. À la pause, le coach ne l'a pas laissé repartir (sourire). Malgré les coups, il ne se plaignait jamais et faisait toujours des différences.
Une fois chez les pros, l'intégration a-t-elle été immédiate?
Les joueurs l'ont vite adopté. Avec (Frank) Rijkaard (coach du Barça entre 2003 et 2008), qui l'a fait monteren 2004, ilya eu des hauts et des bas. Leone faisait pas tout à fait ce qu'on lui demandait. Ila même failli partir à l'Espanyol Barcelone, en 2005. Les deux clubs étaient d'accord pour un prêt d'un an. Au même moment, le Barça joue le Trophée Gamper contre la Juve (défaite 2-2, 2-4 aux t.a.b.). Leo fait un match énorme et le club dit: bon, il reste (rires.)! Au final, la route a été semée d'embûches, mais je suis fier d'avoir participé à ce projet. Leoa changé l'histoire moderne du Barça, mais lui aussiest devenu grand grâce au Barça. C'est pourquoi il sera éternellement reconnaissant.»
***
Messi, una storia straordinaria - SERIE 1/6
Compiuti 39 anni mercoledì, Lionel Messi disputa il suo sesto mondiale. È l’occasione per ripercorrere sei episodi meno noti della sua vita e della sua carriera.
«Questo asciugamano ha cambiato la storia del Barça»
Horacio Gaggioli, uno degli intermediari all’origine dell’arrivo di Lionel Messi al Barcellona nel settembre 2000, racconta i retroscena mozzafiato della firma di «la Pulga», conclusa su un tavolo all'angolo.
JOSÉ BARROSO
30 giugno 2026 - L'Équipe
Della storia tra Lionel Messi e il Barça, si ricordano le cose belle. La mano tesa a un ragazzo-prodigio di 13 anni alle prese con problemi di crescita, i record di precocità e poi di longevità, i trofei a non finire in vent’anni di vita assieme. Gli inizi, tuttavia, sono stati complicati e dolorosi. Horacio Gaggioli, agente di calciatori, era in prima fila. Questo argentino, stabilitosi in Europa da quarant’anni, ha lavorato per l’arrivo in Catalogna del mancino di Rosario. Lontano dalla sola «storia d’amore» spesso raccontata.
Quand'è che ha sentito parlare di Lionel Messi per la prima volta?
Aveva 11 anni. I miei soci in Argentina, Martin Montero e Fabian Soldini, erano affascinati da un ragazzino del Newell’s (Newell’s Old Boys, una delle due grandi squadre di Rosario, in cui era entrato all’età di 7 anni). (Suo papà) Jorge Messi aveva già in mente di fargli fare un provino in Spagna, ma il regolamento non consentiva il trasferimento di un minore senza la propria famiglia. Ne parlo al Barça e decidiamo di aspettare. Un paio d'anni dopo, i miei soci realizzano un video da inviare al Barça. Si vede Leo che fa giochi di destrezza con un’arancia, una pallina da tennis, una pallina da ping-pong… A 13 anni, Charly Rexach (dirigente del Barça) dà il via libera per un provino. Il 14 settembre 2000, ecco Leo che arriva con suo padre.
«Quando lo vedo, mi dico:
questo ragazzino non può giocare a calcio»
Finalmente, lo incontra. Che impressione le fa?
Sinceramente, quando lo vedo, mi dico: questo ragazzino non può giocare a calcio. Aveva le gambe sottili come le mie dita, era minuscolo. Rexach mi aveva detto che, in questo tipo di situazioni, è un 50%-50%. E che in allenamento, con i ragazzini della Masia, uno ce la fa o non ce la fa. Il giorno dopo lo portiamo ad allenarsi con gli Infantil (U14). C’erano (Gerard) Piqué, (Cesc) Fàbregas, (Victor) Vázquez, una squadra incredibile. Come andò quella prima sessione? Dimostrò tutta la sua classe. Nessuno riusciva a fermarlo. Faceva le stesse cose che si vedevano nel video, ma di fronte a dei giocatori. Soldini gli aveva detto che se gli avesse visto segnare sei gol, gli avrebbe fatto un regalo. Ne segna cinque e colpisce i pali tre o quattro volte! Tutte azioni individuali. Non conosceva il gioco di squadra, giocava a modo suo.
I dirigenti del Barça ne rimasero conquistati?
Presero appunti ma non ci dissero nulla. Chi doveva decidere era Rexach. Ma lui era a Sydney per le Olimpiadi, quindi abbiamo dovuto aspettare il suo ritorno. A quel punto, rifacciamo un provino e, dopo 10 minuti, Charly se ne va. Gli chiedo, preoccupato, che cosa stesse succedendo. Mi dice: «Non c’è bisogno di altro, questo ragazzo è fantastico». È l’inizio di un’odissea dolorosa.
Perché?
Perché il Barça non voleva ingaggiarlo! Nei rapporti, alcuni sostenevano che fosse solo un giocatore di futsal, che non fosse sano... Eppure avevo fornito tutta la documentazione, le conclusioni dell’endocrinologo, le proiezioni di crescita. Ma non c’era alcuna garanzia assoluta. Dopo il provino, i Messi erano tornati in Argentina. E là, le settimane passavano.
Che cosa vi dicevano?
Charly mi diceva che lo voleva. Per gli altri, era più complicato. A 12 anni, Leo aveva la corporatura di un bambino di 10 anni, bisognava finanziarne le cure. Poi far venire una famiglia, trovare loro un alloggio, uno stipendio per il padre... A dicembre, Montero mi chiama e mi dice che basta così. Che sono passati due mesi, che proveremo a portarlo altrove. Decido di parlarne con Charly.
«Ci chiamavano tutti, ci ha provato persino il Real!
Leo però era chiaro: voleva giocare nel Barça»
Il famoso pranzo del 14 dicembre al tennis club?
Esatto. Ci giocavamo sempre, là. Gli spiego: o vi impegnate, o lasciamo perdere. A quel punto, Charly prende un tovagliolo e scrive che si impegna a ingaggiare Messi, include la data, i nomi e firma. Non avevo mai visto una cosa del genere. Nel pomeriggio porto il tovagliolo al mio avvocato, che mi dice che quel documento è vincolante per il club. Chiamo in Argentina e dico loro che è tutto sistemato. Si impegnavano a far venire tutta la famiglia nel febbraio 2001, cosa che hanno fatto. Quel tovagliolo ha cambiato la storia del Barça. A quel punto sono emersi i problemi legali, perché il Newell’s non voleva convalidare il trasferimento. Si è dovuto ricorrere alla FIFA.
Messi come viveva quella situazione?
Per lui era molto complicato: non aveva il diritto di giocare partite ufficiali, solo amichevoli e allenamenti. Gli altri lo prendevano un po’ in giro perché parlava poco, lui pensava solo al calcio ed era molto introverso. Nell’estate del 2001 è arrivata una nuova dirigenza che ha rimesso in discussione il contratto firmato. In quel momento sono sorti dei dubbi. Non ricordo più chi di noi ne abbia parlato, ma abbiamo spiegato loro che se il Barça non lo voleva, avremmo potuto proporlo al Real Madrid.
Ci sono state trattative?
No. Ma gli avremmo cercato una sistemazione. Del resto, una volta lanciato alla Masia, la Juve, il Milan, l’Inter, la Roma, il Chelsea, tutti ci chiamavano, persino il Real ci ha provato! Avevamo incontrato l’Arsenal. Leo però era stato chiaro: voleva giocare nel Barça. Alla fine si è risolto tutto.
I suoi allenatori erano d’accordo nel vederlo portare palla, dribblare? Non è proprio la filosofia del club...
All’inizio ha faticato. Ha avuto un allenatore che lo faceva giocare poco, perché Leo non aveva un profilo orientato al gioco come piace al Barça. Hanno sempre cercato di farlo diventare un giocatore di squadra. Tutti. Leo però ha una comprensione innata del gioco. Se avesse giocato in Inghilterra, all’inizio avrebbe faticato, ma si sarebbe adattato e, una volta fatto, sarebbe stato comunque inarrestabile. Ha anche avuto la fortuna di trovarsi in una delle migliori scuole di calcio, circondato da giocatori di altissimo livello.
Anche tra loro, spiccava?
C’è una storia che adoro. In un certo periodo, Leo era una sorta di jolly e la cosa gli piaceva. La Juvenil B (U19) aveva bisogno di lui per un derby? Lo convocavano. E lui c’era. Durante la pausa natalizia, tornò in Argentina per le feste. Doveva ripartire il 3 gennaio. L’allenatore del Barça C, che lottava per non retrocedere, mi chiamò per sapere se Leo avrebbe accettato di giocare con loro. La loro partita era il 4 gennaio, alle 16:00; Leo sarebbe atterrato a mezzogiorno. Chiesi comunque a Leo, e lui mi disse: «Nessun problema». Risultato: atterrò a mezzogiorno, mangiò un panino ed era già in campo. Il Barça vinse 3-2... con tre gol di Leo.
E i dubbi sulla sua condizione fisica?
Li ha dissipati perché era un vero combattente. Un anno, nella categoria Cadete (Under 16) o Juvenil, si fratturò uno zigomo in uno scontro proprio prima della finale della Coppa di Catalogna. Non poteva giocare, ma ci teneva tantissimo. Un fisioterapista del club ci spiega che c’è un piccolo museo con oggetti dei giocatori. E c'era la famosa maschera di Puyol. Gli chiedo se può prestarcela. Leo inizia così la partita indossandola, ma si sente a disagio. Alla fine se la toglie, nonostante i rischi, e segna due gol. All’intervallo, l’allenatore non gli ha permesso di rimettersela (sorride). Nonostante i colpi, non si lamentava mai e faceva sempre la differenza.
Una volta approdato tra i professionisti, la sua integrazione è stata immediata?
I giocatori lo hanno subito accolto bene. Con (Frank) Rijkaard (allenatore del Barça tra il 2003 e il 2008), che lo ha fatto esordire nel 2004, ci sono stati alti e bassi. Leo non faceva esattamente ciò che gli veniva chiesto. Nel 2005 rischiò persino di passare all’Espanyol di Barcellona. Le due società erano d’accordo per un prestito di un anno. Proprio in quel momento, il Barça disputava il Trofeo Gamper contro la Juve (sconfitta per 2-2, 2-4 ai rigori). Leo giocò una partita straordinaria e la società gli disse: «Va bene, resta!» (ride) Alla fine, il percorso è stato irto di ostacoli, ma sono orgoglioso di aver partecipato a quel progetto. Leo ha cambiato la storia moderna del Barça, ma anche lui è diventato grande grazie al Barça. Ecco perché ne sarà eternamente grato.»

Commenti
Posta un commento