Trois hommes sous les radars


Derrière Paul Seixas, les Français qui visent le général ont passé une semaine plus discrète en Auvergne-Rhône-Alpes mais gardent espoir de progresser d’ici au Tour de France, pour diverses raisons.

16 Jun 2026 - L'Équipe

DANS LES CLOUS 
Guillaume MARTIN-GUYONNET, 10e à 7’21’’ de Del Toro

On ne l’a pas beaucoup vu et pourtant Guillaume Martin-Guyonnet (33 ans) s’est encore glissé comme un chat dans un top 10 du général, 10e à l’arrivée dimanche au plateau de Solaison. Un résultat qui satisfait le Normand, car il s’est présenté au départ du Tour Auvergne-Rhône-Alpes dans des circonstances particulières, sans stage en altitude en mai, pour des raisons personnelles. « Je me suis senti bien le premier jour, au chrono aussi, du coup j’avais presque des attentes un peu plus hautes » , détaille Martin-Guyonnet.

Vendredi, il s’était glissé dans la grosse échappée vers Crest-Voland et ce week-end, il a tout de même été consistant dans les deux grosses étapes de montagne (17e au Grand Colombier, 18e au plateau de Solaison). « J’ai eu le sentiment de monter en pression, d’être de mieux en mieux, ce qui est souvent le cas chez moi. Plus il y a de fatigue, mieux je suis par rapport aux autres, analyse-t-il. Je suis vraiment satisfait de la dynamique dans le contexte, l’an passé j’avais eu une carence en fer à la suite du Dauphiné, j’étais un peu en bout de course déjà, là j’espère que ce sera un tremplin pour la suite. Et je pense qu’on peut élargir à l’équipe. J’ai eu un début de saison compliqué, l’équipe aussi et j’ai le sentiment qu’on a montré un autre visage, avec une formation offensive, notamment Clément Braz Afonso, qui a eu un super niveau récompensé par ce maillot de meilleur grimpeur, ou Clément Berthet, aussi à un très bon niveau. D’ailleurs, on est 3es au classement par équipes. »

Guillaume Martin-Guyonnet estime qu’il a « encore de la marge pour atteindre (son) meilleur niveau » , alors qu’il s’alignera ce dimanche sur la classique d’Andorre puis aux Championnats de France avant le Tour de France, où il aura l’espoir de faire mieux que l’an passé (16e).

DANS LE DUR 
Kévin VAUQUELIN, 15e à 12’43’’

Il espérait jouer à l’étage au-dessus, mais les jambes de Kévin Vauquelin (25 ans) ne lui ont pas permis de se mêler à la bagarre pour le général, même de loin. Le rouleur-grimpeur de Netcompany-Ineos a coincé dès le premier volet du triptyque montagnard, vendredi vers Crest-Voland. Le chrono par équipes l’avait pourtant propulsé à la 2e place du général, dans une situation idéale, et dimanche soir, le Normand n’avait pas vraiment d’explications. « Je me suis battu avec mes jambes sur cette course et mes jambes n’étaient pas folles, c’est comme ça, reconnaissait-il. C’était un step pour l’entraînement et je l’ai pris comme ça. On a toujours du mal à comprendre, parce qu’on s’entraîne toujours, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas, c’est aussi la beauté du sport. Pour le moment, il faut que je récupère, j’ai fait les efforts adéquats, je me suis battu avec moi-même et je peux être content avec ça. »

Dimanche, on l’a ainsi vu partir à l’abordage dans l’échappée, même si l’étape était promise aux favoris et à Isaac Del Toro. « J’ai joué, j’en ai mis beaucoup, j’en ai perdu pas mal, mais je préfère faire ça que rester dans le peloton » , justifiait-il. Vauquelin va désormais effectuer les derniers réglages, lors d’un stage de cinq jours avec sa formation à l’Alpe d’Huez, où les Britanniques s’entraîneront pour le chrono par équipes notamment, puis il devrait s’aligner aux Championnats de France.

Avec le forfait probable d’Oscar Onley, le Français devrait être la carte maîtresse de sa formation pour le général dans le Tour, à moins qu’il partage les responsabilités avec Carlos Rodriguez. Pour viser quoi ? L’an passé, il avait brillé au Tour de Suisse (2e), avant de finir dans le top 10 (7e) de la Grande Boucle.

DANS L’ATTENTE 
Jordan JEGAT, 22e à 22’31''

Les circonstances atténuent la déception pour Jordan Jegat, hors du coup au général sur sa première course World Tour depuis près d’un an et ce top 10 surprise sur le Tour de France (10e). Blessé au genou cet hiver, malade pendant deux semaines en stage en Sierra Nevada en mai, il a encore été frappé par la scoumoune d’entrée de jeu. Relégué à plus de douze minutes le premier jour en crevant au pied de la côte de Rousset, le Breton de 27 ans s’est « totalement relevé pour jouer les échappées » et a pu aller à trois reprises au bout, « c’est quand même une satisfaction » . 7e à chaque fois, battu au sprint au Puy-en-Velay (2e étape) après 200 km à l’avant ( « C’est bien rare pour moi, ça me permet de progresser » ), au service de Matteo Vercher à Montrond-les-Bains (4e étape), il a été dominé en montagne à Crest-Volland (6e étape), « et là il y a plus de déception mais je sais que je n’étais pas au top » .

Encore offensif le week-end final, le leader de TotalEnergies ne s’est jamais économisé, ce qui brouille ses références dans les arrivées au sommet (16e au Grand Colombier et 21e au plateau de Solaison). « Par rapport à l’an dernier ( 14e du général), mon entraîneur me dit que j’ai dépensé beaucoup plus d’énergie, explique-t-il. J’ai fini tellement fatigué que je verrai si je me sens mieux pour aller à Isola 2000 (pour un rappel d’altitude) ou utiliser ma tente hypoxique ces prochains jours. »

Dans une pré-liste de 12 coureurs, le vainqueur de la Classic Grand Besançon sera « normalement » au grand départ à Barcelone mais un doute subsiste depuis que son PDG Jean-René Bernaudeau a annoncé qu’il ne prendrait pas de coureur ayant déjà signé pour une autre formation l’année prochaine – or Jegat a été approché par Lidl-Trek. Si sa participation se confirme, le natif de Vannes essaiera de rester bien classé mais le général « ne sera pas forcément le plan A, ce sera plutôt la victoire d’étape » . 

Son rêve ?

« Prendre une échappée pour porter le maillot jaune. » Il a « pris plus de plaisir à courir comme ça » la semaine dernière.

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