Olav Kooij L’homme qui valait 3 millions


Olav Kooij a rejoint Decathlon-CMA CGM en 2026 et évolue sur le Tour de France avec Tiesj Benoot (photo en haut à droite), Matthew Riccitello (photo en bas à droite) et Paul Seixas notamment.

Vainqueur d’une étape sur ce Tour et deuxième hier, le sprinteur néerlandais avait donné son accord à Decathlon-CMA CGM dès le premier trimestre 2025, après de longues discussions autour du projet.

«Olav est finalement allé vers le projet qui lui garantissait ce que les autres équipes ne pouvaient pas forcément lui garantir» 
   - ENTO'UR'AGE D’OLAV KOOIJ

16 Jul 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO

NEVERS – Premier trimestre 2025. Olav Kooij a déjà quasiment atteint la barre des 40 victoires professionnelles avec VismaLease a bike. Une sur le Giro en mai 2024 ou trois à Paris-Nice pour ne citer que les plus prestigieuses, pour un total de 13 succès à l’échelon World Tour (39 au total). Le Néerlandais a 23 ans seulement et son potentiel fait déjà de lui « le grand sprinteur de demain ». C’est à ce moment-là que Decathlon CMA CGM boucle son arrivée pour trois saisons (2026, 2027 et 2028), après un premier contact initié dès le mois de janvier.

« C’était un signal envoyé au marché et aux autres équipes, qui se sont dit : “Ah Decathlon est là, ils arrivent à signer un talent mondial de 23 ans”. Cela a crédibilisé notre discours et notre plan stratégique » , se souvient le directeur général délégué Mathieu Charpentier, qui avait travaillé dans le même temps sur l’arrivée de Tiesj Benoot, lui aussi chez Visma-Lease a bike. Pour marquer le coup, la formation française avait même songé à officialiser l’arrivée des deux coureurs dès le printemps, alors que les équipes ne communiquent généralement qu’après le 1er août, selon un ancien règlement de l’UCI resté en vigueur officieusement.

Depuis 2024, Decathlon cherchait un sprinteur de renom pour étoffer son effectif et aller jouer sur le terrain des classiques et des victoires d’étape. En parallèle du dossier Kooij, l’équipe avait aussi placé ses espoirs sur des sprinteurs comme Rasmus Sojberg Pedersen (arrivé en 2024), Tord Gumstedad (2024) et Tobias Lund Andresen (2026). La concurrence était plus rude pour enrôler Kooij, dont la première victoire professionnelle remontait au 1er septembre 2020, sur la Semaine Coppi et Bartali, à un mois et demi de ses 20 ans.

Un train qui participe à sa réussite

« Quand on a ouvert les discussions, on était peut-être dans le top 5 de ses choix, se souvient Dominique Serieys, le DG de Decathlon, très actif dans ce dossier. On est monté petit à petit dans le top 3 et, d’une façon transparente, j’ai demandé à Olav et son agent les critères à présenter pour passer à la première position. » Ils étaient simples. « Rien n’a été négligé, raconte Serieys. On a parlé du contrat, de la durée, de son train, du matériel et d’un directeur sportif dédié. »

Le contrat, c’était environ 5 millions d’euros sur trois ans en comptant son train (3M€ pour lui, 2M€ pour le trio), composé de Daan Hoole (ex-Lidl-Trek, 27 ans), Robbe Ghys (ex-Alpecin-Deceuninck, 29 ans) et Cees Bol (ex-Astana, 30 ans). « Construire ce train a été un vrai travail de fond et d’abord une relation de confiance entre nous, Olav et son agent, assure Serieys.

C’est aussi le résultat d’une analyse faite après notre première expérience avec Sam Bennett (2024-2025). Sam et l’équipe, avant mon arrivée, n’avaient pas voulu prendre conscience qu’un sprinteur seul ne pouvait pas gagner. Sam n’avait pas poussé pour avoir un train. Avec Olav, on a travaillé différemment. Il a mis cette condition, on a fait l’effort pour qu’il y ait un package. »

Un package qui s’est retrouvé samedi dernier au départ de Périgueux, Ghys en tenue de ville et simplement en visite, alors que Bol et Hoole se dirigeaient vers le départ. « Une grande partie de la réussite dans les sprints massifs repose sur le placement. Ces gars-là sont essentiels pour augmenter mes chances de victoire, confiait Kooij, début juillet. Dans l’idéal, j’aurais aimé avoir déjà couru un peu plus avec certains des autres gars, bien sûr, mais ce n’était pas possible. »

Au moment des discussions, le matériel a également été une donnée importante. Van Rysel a par exemple créé un cadre XXL, notamment pour Kooij et Hoole, et investi énormément pour faire des vélos dédiés aux sprints et aux caractéristiques des coureurs, ce que Kooij et son entourage ont apprécié. Decathlon CMA-CGM a ensuite recruté Mark Renshaw pour encadrer Kooij en tant que directeur sportif. Stephen Barrett a, l ui , pri s en charge l’entraînement du Néerlandais. Les discussions avec Paul Barratt, directeur de l’innovation et du support technique, ont aussi été primordiales.

Kooij s’est senti désiré, comme grand leader. « La plus grosse de nos tâches a été de faire comprendre à Olav qu’il venait dans une équipe de dimension internationale, et pas une équipe française où il aurait été isolé. Si notre staff avait été uniquement français, il ne serait pas venu » , assure Charpentier. Il a fallu aussi lui donner des garanties sur sa participation au Tour de France, puisqu’il souhaitait quitter Visma-Lease a bike parce que le collectif était tourné vers le Danois Jonas Vingegaard et la victoire finale dans le Tour. Plusieurs rumeurs, ces dernières semaines, faisaient état d’un contrat où figurait l’assurance pour Kooij d’être au départ en 2026 et 2027. « Il est logique que les meilleurs coureurs du monde veulent participer à la meilleure course du monde » , élude simplement Charpentier à ce sujet. « Olav est finalement allé vers le projet qui lui garantissait ce que les autres équipes ne pouvaient pas forcément lui garantir » , glisse-t-on autour de lui.

« Changer d’environnement apporte quelques nouveautés. J’ai aussi amené avec moi beaucoup d’expérience de mes années précédentes, expliquait Kooij à Pau après sa victoire, le 8 juillet dernier. Le tout m’a donné une nouvelle énergie malgré les difficultés du début de saison. »

Sur les quatre sprints massifs de ce Tour, le Néerlandais, touché par un sévère virus et éloigné de la compétition pendant les cinq premiers mois de l’année, a levé les bras une fois (à Pau, 5e étape) et terminé troisième à Bergerac (8e étape) et deuxième, hier, à Nevers (11e étape). Validant la stratégie de miser gros sur lui.

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