Julian Alaphilippe: « Qui ne tente rien n’a rien »


Julian Alaphilippe à la peine et esseulé, 
hier, en toute fin d’étape.

D’abord en jambes, Julian Alaphilippe a su prendre l’échappée, hier, avant de s’éteindre dans l’ultime difficulté et de terminer dernier de l’étape à Nevers.

16 Jul 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
JULIEN CHESNAIS

NEVERS – Julian Alaphilippe court derrière ses jambes, depuis ce printemps au moins, et il semblait les avoir rattrapées, en partie, hier, lors de l’étape la plus rapide de l’histoire du Tour de France. L’échappée s’est formée au km 14 après un beau combat de rue lancé par Mathieu Van der Poel, et le Français était dedans, une première forcément encourageante sur ce Tour, l’amorce possible d’une magie retrouvée.

Mais la réalité l’a ensuite rattrapé. Dans la côte de Billy-Chevannes (1,4 km à 5 %), un pont d’autoroute sur l’échelle du meilleur puncheur de la planète qu’il fut encore voilà cinq ans, le triple vainqueur de la Flèche Wallonne (34 ans) s’est fait distancer à 39 km du but par ses trois compagnons, Mathis Le Berre (TotalÉnergies), Anthon Charmig (Uno-X Mobility) et Nelson Oliveira (Movistar). Une fois repris par le peloton, le 5e du Tour 2019 n’a pu tenir les roues. Et il a franchi en dernière position la ligne d’arrivée, 174e à 7’36’’ du vainqueur, Soren Waerenskjold, comme la cristallisation chiffrée de sa très mauvaise passe actuelle.

À 34 ans, il refuse de renoncer

La veille, au Lioran, le coureur de Tudor n’avait pas dit un mot en rejoignant son bus. Cette fois, devant un parterre de journalistes bien plus fourni, il a accepté de livrer une réaction, 40 secondes, montre en main.

« Il fallait tenter le coup, ça a roulé très vite toute la journée », racontait-il après avoir échangé un mot avec son coéquipier Yannis Voisard puis accepté, tout sourire, un selfie avec un supporter. « Je me sentais vraiment bien au départ. Mais quand il a commencé à faire plus chaud, j’ai tout de suite eu le sentiment de retrouver les sensations des derniers jours, c’est-à-dire pas super. C’est comme ça. »

Addy Engels, son directeur sportif, confiait ensuite son soulagement d’avoir vu l’échappée délestée de son coureur être finalement reprise, à 6 km du but. « Sinon, la déception aurait été encore plus grande » , soufflait le Néerlandais. La veille, il expliquait qu’Alaphilippe n’avait « qu’une ou deux cartouches » avant de voir « ses jambes s’éteindre » . Ce qui s’est cruellement vu lors de cette étape. Au lendemain d’une « rude journée » au Lioran (134e à 38'), le sextuple vainqueur d’étape du Tour de France aurait très bien pu se mettre à l’herbage, rester sagement dans le peloton pour récupérer au cours de cette étape promise aux sprinteurs.

C’est d’ailleurs ce à quoi s’attendait son directeur sportif : « Mais d’un autre côté, sachant sa mentalité, le voir montrer sa combativité n’est pas une grande surprise, même s’il ne sent pas comme il le voudrait. » Lui fallait-il attaquer dans ces conditions ? « Pas forcément, reconnaissait Alaphilippe. Mais qui ne tente rien n’a rien. » À 34 ans, il refuse de renoncer, pas encore, malgré ce vent contraire qui n’a jamais soufflé aussi fort.

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