La réaction du patron
Victor Wembanyama a relancé les Spurs dans cette finale NBA.
Wemby relance le suspense
Après deux matches en demi-teinte et autant de défaites pour lancer la finale NBA, Victor Wembanyama a retrouvé son agressivité au coeur de la raquette lors de la victoire des Spurs au Madison Square Garden, face aux Knicks.
«La différence entre ce match et les deux précédents ? Lui»
- JULIAN CHAMPAGNIE, L’AILIER DES
SPURS AU SUJET DE WEMBANYAMA
10 Jun 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL MAXIME AUBIN
NEW YORK (USA) – « Fuck you Wemby! » Sous le toit du Madison Square Garden, dans une section 306 sans sièges réservée aux plus courageux, ce groupe de jeunes en maillot blanc et orange hurlait son désespoir en fin de match, désabusé de voir Victor Wembanyama voler la vedette à son équipe favorite.
Après deux matches en demiteinte pour débuter cette finale NBA face aux Knicks, l’intérieur français a réagi en patron sous les yeux du président américain Donald Trump, lundi soir, compilant 32 points, 8 rebonds et 6 passes au terme d’une prestation maîtrisée de bout en bout. Assez pour rentrer à son hôtel situé non loin de là, à Manhattan, avec la victoire (111-115), et s’amuser en conférence de presse des insultes reçues pendant la rencontre. « Est-ce le plus beau des compliments ? Je suppose (rire). Mais je suis encore loin du niveau de Trae Young, quand même (le meneur de Washington est devenu l’ennemi public numéro un à New York depuis qu’il les a battus 4-1 au premier tour des play-offs avec son ancienne équipe d’Atlanta en 2021). »
Coupé de l’accès au panier lors des deux défaites subies à San Antonio, Wembanyama, le poing fermé rageur après chaque action réussie par les siens, est cette fois-ci parvenu à se frayer un chemin vers la raquette adverse. Ou plutôt une autoroute, puisqu’il a compilé 18 de ses 32 points près du cercle, dont 8dès les cinq premières minutes, constamment cherché par ses coéquipiers grâce à des passes lobées par-dessus la défense.
« Notre plan de jeu est un peu toujours de me chercher. C’est la première option, a confirmé le géant français (2,24 m), qui ne semble jamais meilleur que lorsque son équipe est dans l’obligation de gagner. J’ai l’impression que les situations difficiles font ressortir chez nous l’urgence et l’exécution nécessaires. On comprend alors qu’on n’a pas cent chances. » Dommage de devoir en arriver là, tant les Spurs semblent capables de rivaliser avec les Knicks dans cette finale, voire de mieux jouer que leur adversaire, comme lors de cette première victoire arrachée au « MSG », à condition que leur leader soit au rendez-vous. « La différence entre ce match et les deux précédents ? Lui, commentait l’ailier Julian Champagnie après la victoire, pointant du doigt le casier de Wembanyama dans le vestiaire. Il a donné le ton, et on a juste suivi derrière. Quand il impose ce type de présence et d’attraction en attaque, tout est plus facile pour nous. »
Dessin dans un parc et débrief du match avec ses agents
Avant cette victoire en terre hostile, et dans une atmosphère encore alourdie par le déploiement d’un important dispositif de sécurité à l’intérieur et autour de la salle pour la venue du président américain Donald Trump (voir par ailleurs), Wembanyama avait tenté de faire le vide la veille, filmé assis sur un banc en train de dessiner dans un parc new-yorkais.
« Je n’ai pas vu la vidéo. J’ai dessiné la statue du parc. Je ne me souviens plus du nom (Gramercy Park). Est-ce que c’était un bon dessin ? Pas mal. Plutôt bien même », a souri l’intérieur des Bleus, lui qui s’était déjà adonné à une session peinture avec sa mère dans un parc de Portland, entre les matches 3 et 4 du premier tour des play-offs face aux Trail Blazers (série remportée 4-1). « Les play-offs, c’est un tourbillon. C’est difficile de garder la tête hors de l’eau. Parfois je ne re garde même pas le match juste après. J’ai besoin de temps, de laisser mon cerveau redescendre et de récupérer, autant physiquement que mentalement. »
Après le succès des Spurs dans la Grosse Pomme, Wembanyama, les pieds nus et encore en short de match à la sortie de son point presse, a vite été rejoint par ses deux agents, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana. Dans le couloir, sous les flashs des photographes, les trois amis se sont pris dans les bras, comme s’ils étaient coéquipiers, débriefant à voix basse les temps forts et les temps faibles de la partie.
« On est là pour tout faire pour l’aider à gagner » , glissait ensuite Ndiaye, convaincu que son poulain est capable de renverser la série face aux Knicks. Impossible de le contredire, tant son équipe semble dépendante de son niveau de performance. Une bonne ou une mauvaise nouvelle? Dur à dire. Les Spurs devront en tout cas continuer à chercher leur géant dans la raquette s’ils veulent espérer remporter le match 4 dès la nuit prochaine, toujours à New York.
Une deuxième victoire à l’extérieur leur permettrait d’égaliser à 2-2 et de reprendre l’avantage du terrain avant le match 5, prévu dans la nuit de samedi à dimanche au Texas. « Que ce soit Victor qui finisse seul au cercle, ou qu’il attire un ou deux défenseurs sur lui pour libérer un coéquipier, il faut qu’on reste persévérants dans cette approche », insistait son entraîneur, Mitch Johnson, au terme de la soirée.
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Trump hué
Fan des Knicks, le président américain a été conspué pendant l’hymne alors que sa venue, synonyme de dispositif de sécurité XXL, avait fermé le quartier autour du Madison Square Garden.
10 Jun 2026 - L'Équipe
SAMI SADIK
NEW YORK – Le débat a accompagné les habituelles empoignades de plat eaux télé en amont du match 3 lundi soir. Quel accueil le Madison Square Garden allait-il réserver à l’enfant de la ville, Donald Trump, premier président en exercice présent lors d’un match de la finale NBA ? Le réalisateur de la soirée n’avait pas envie d’attendre alors, dès le deuxième couplet de l’hymne national, le visage du milliardaire s’est affiché sur l’écran géant. Les paroles, chantées par Avery Wilson, ont disparu derrière d’immenses huées, jusqu’à ce que l’image du 47e président US disparaisse.
Un accueil glacial en accord avec ses derniers résultats électoraux dans sa ville natale : moins de 20 % des voix lors de la présidentielle 2024. « Quand ils ont mis la caméra sur moi, c’était incroyable. Il y a eu plus d’encouragements, c’était bruyant, enthousiaste » , a pourtant déclaré Trump en fin de soirée, au pied de son avion en route vers Washington.
Fidèle à ses propos de jeudi dernier, à San Antonio, le patron de la NBA Adam Silver a défendu la présence de Trump, « un vrai fan des Knicks » , ajoutant que « le sport devrait créer un sens de communauté » . Le commissionnaire a passé une partie du match au côté du Républicain – signe de relations bien meilleures entre la Ligue et ce dernier, après un premier mandat orageux (2016-2020). Le dirigeant US avait renoncé à une place en bord de parquet pour s’installer au premier niveau, dans la loge numéro… 47, entourée par des vitres pare-balles. Assis à côté de son ami James Dolan, propriétaire polémique, haï et désormais assagi de la franchise new-yorkaise, Trump a été surpris, semble-t-il les yeux fermés, à un moment du match.
Une entrée à l’abri des regards
Son arrivée a transformé une partie du cinquième étage de la salle en mini-camp retranché. Juste à côté de l’entrée du parquet, les services de sécurité avaient dressé d’épais rideaux noirs pour le protéger des regards. Avant que sa voiture ne s’engouffre dans le Madison Square Garden, à une heure du coup d’envoi, un membre du pool de reporters suivant la Maison Blanche a décrit l’ambiance – annonciatrice – du convoi : « Beaucoup de photos et vidéos du président. Le reporter a compté deux doigts d’honneurs (à Trump) et un pouce vers le bas. Une pancarte disait : “Personne ne veut de toi ici.”
Une autre : “Trump doit partir” et deux autres : “Destitution, Condamnation, Départ (de la Maison Blanche).” »
Interrogés depuis quarantehuit heures sur la présence du magnat, les joueurs et les entraîneurs ont pour la plupart préféré remettre la conversation sur le parquet. « Je suis juste concentré sur le match 3, des gens m’envoient des messages à propos de ci ou ça, mais je ne vois que ce qui arrive, le match 3 », a répondu l’entraîneur des Knicks, Mike Brown avant le match. Même ton pour son homologue des Spurs, Mitch Johnson : « Je n’ai pas senti de gêne. »
Dimanche, le pivot des Knicks Karl-Anthony Towns avait carrément changé de sujet en parlant de la responsabilité des joueurs envers leurs « fans impatients ».
Seul le meneur des Spurs, De’Aaron Fox, avait émis une critique : « Le fait que le président soit là rend les choses plus difficiles pour tout le monde. On a été contrôlés comme dans les aéroports, c’est un peu gênant pour ceux qui doivent jouer, mais c’est comme ça. » L’ancien joueur de Sacramento n’a pas été le seul à devoir passer par la case sécurité. Sous les coups de 16 heures, la police new-yorkaise a évacué tout un périmètre autour du Madison Square Garden, de la 30e à la 35e rue, entre la 6e et la 8e avenue, réservé aux accrédités, aux salariés des boutiques du secteur et aux habitants.
De très longues files d’attente se sont formées aux différents check point, mais une fois les portes de la salle new-yorkaise ouvertes, les rues se sont désengorgées. Et une salle quasi-pleine a pu huer Trump avant l’entredeux. Un avant-goût de la Coupe du monde de football ?

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