Au Paris SG, un lifting intelligent pour rester au sommet


Arrivée de Monaco, la nouvelle recrue parisienne, Maghnes Akliouche, 
a tout pour plaire à l’entraîneur du PSG, Luis Enrique.

Actif sur le mercato, le club de la capitale vise à régénérer son groupe tout en restant fidèle à ses principes et à son identité, sur le terrain et en dehors.

« Il y a beaucoup de joueurs qui veulent venir au PSG en ce moment. 
Mais c’est difficile d’en trouver qui s’adaptent exactement à ce qu’on veut. 
Il y a beaucoup de joueurs de grande qualité, mais ils n’ont pas le niveau, 
dans les critères qu’on recherche, pour jouer avec nous » 
   - Luis Enrique Entraîneur du PSG

19 Aug 2026 - Le Figaro
Christophe Remise

On a remporté les deux dernières Ligues des champions, ça veut dire qu’on peut remporter la troisième. » Luis Enrique n’est pas du genre à cacher ses ambitions. Le technicien espagnol de 56 ans n’oublie toutefois pas de préciser que «c’est la théorie », et qu’une troisième Coupe aux grandes oreilles ne tombera pas toute seule dans l’escarcelle parisienne. Pas plus que les autres titres, d’ailleurs, à l’image du revers à Lens (1-0) dimanche, lors du Trophée des champions. Piqûre de rappel pour les doubles rois d’Europe…

Toujours est-il que, pour rester au top, le PSG, très peu actif sur le mercato à l’été 2025 (Chevalier, Zabarnyi, Marin), s’est remué durant l’intersaison. À un peu moins de deux semaines de la clôture du marché, le 1er septembre, les Rouge et Bleu ont déjà acté cinq recrues pour environ 160 M€ hors bonus, avec le jeune (18 ans) portier italien Alessandro Longoni (Milan, libre), les internationaux tricolores Maghnes Akliouche (Monaco, 50 M€) et Lucas Digne (Aston Villa, 7 M€), le prometteur (21 ans) ailier belge Mika Godts (Ajax, 45 M€) et le champion du monde espagnol Ferran Torres (Barça, 48,50 M€). Des recrues jeunes - sauf le revenant Digne (33 ans) - et «Luis Enrique compatible ».

Le tout sans surpayer les joueurs et avec une adéquation parfaite au sein du triumvirat composé de l’entraîneur Luis Enrique, du directeur sportif Luis Campos et du président Nasser al-khelaïfi. Les trois hommes travaillent main dans la main, chacun dans sa ligne, chacun dans son rôle. C’est la clé.

Évidemment, ce n’est pas si simple de trouver des joueurs à même de renforcer ce groupe. « Il y a beaucoup de facteurs pour qu’un joueur soit important pour nous», glisse «Lucho», soulignant qu’il y a « beaucoup de joueurs qui veulent venir au PSG en ce moment. Mais c’est difficile d’en trouver qui s’adaptent exactement à ce qu’on veut. Il y a beaucoup de joueurs de grande qualité, mais ils n’ont pas le niveau, dans les critères qu’on recherche, pour jouer avec nous. » Il est ici question de qualités techniques et physiques, de polyvalence, mais aussi de mentalité. C’est un tout.

Torres en est le parfait exemple. « C’est un joueur de niveau international, il s’adapte parfaitement à ce qu’on cherche et il peut jouer à tous les postes de l’attaque, sans parler de sa mentalité», juge l’asturien, qui est par ailleurs son… ex-beau-père. En plus d’être français et même francilien, Akliouche a également tout pour plaire à « Lucho », tandis que la capacité de Godts à éliminer balle au pied devrait ravir les habitués du Parc des Princes. Mais, le recrutement, ce n’est pas une science exacte. Lucas Chevalier et Illya Zabarnyi en sont l’éclatante démonstration. Paris prend donc un soin particulier à signer les bons joueurs, pas forcément les meilleurs. Et, surtout, ceux qui veulent vraiment venir.

Les dirigeants parisiens sont en effet restés droits dans leurs bottes dans les dossiers Yan Diomandé, recruté par le Real, et Zion Suzuki, en partance pour Aston Villa. Pour l’ailier ivoirien, le PSG n’a pas souhaité entrer dans la surenchère et s’est retiré du dossier. Pour le gardien japonais, tout était calé, la signature semblait acquise… jusqu’à ce que ses agents réclament des commissions astronomiques. En interne, certains y ont aussi vu un manque de volonté du joueur lui-même. Dans ce genre de cas, le Paris SG ne veut plus forcer le destin. Et ça dit beaucoup de la nouvelle politique du club.

Recruter, oui. Mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix. «L’équipe a besoin de joueurs avec de nouvelles ambitions, de nouveaux rêves. Si tu veux continuer à gagner, il faut des changements, et c’est plus difficile à faire quand tu gagnes. C’est très important de changer, d’avoir de nouveaux joueurs qui apportent une nouvelle énergie, on a besoin de cela », martèle Luis Enrique, qui disposera d’un effectif un poil plus étoffé que celui de la saison dernière, même si, en fin de compte, les petits nouveaux ont surtout vocation à garnir le banc de touche. Pour les plus grandes affiches, le 11 titulaire a en effet de fortes chances de ne pas bouger.

Un mercato, ce sont des arrivées, mais également des départs. Et, là aussi, Paris est resté ferme, à l’image du dossier Randal Kolo Muani (41,20 M€ à la Juve). Au total, le PSG a vendu pour un peu plus de 150 M€ hors bonus avec Gonçalo Ramos (Milan, 74 M€) et Kang-in Lee (Atlético, 40 M€). Et ce n’est pas fini, Bradley Barcola et Ibrahim Mbaye étant, très certainement, appelés à quitter le navire. Deux joueurs qui ne figuraient pas sur la feuille de match à Lens. Ça veut tout dire, même s’il ne faut évidemment jamais dire jamais en matière de mercato et que les négociations pourraient encore échouer.

À l’étroit dans son rôle de 12e homme à Paris, le premier nommé a refusé de prolonger, tandis que le second, à seulement 18 ans, piaffe d’impatience. Liverpool suit les deux dossiers. En d’autres temps, le Paris Saint-Germain aurait fait la sourde oreille concernant un joueur aussi important que Bradley Barcola, sous contrat jusqu’en 2028. Plus maintenant. « Si un joueur ne veut pas vraiment venir, qu’il n’a pas le sourire en étant ici, c’est mieux de trouver une autre solution », expliquait encore récemment Luis Enrique, qui ne veut s’appuyer que sur des joueurs 100 % tournés vers la réussite du PSG. À voir si Paris bougerait en cas de départ de ces deux joueurs. Suspense.

En clair, le Paris Saint-germain continue sur la lancée de ces dernières années, avec une gestion professionnelle et rationnelle. L’avenir dira si les choix de l’été 2026 étaient les bons. Ce n’est jamais simple d’intégrer une telle équipe, de se fondre dans le moule, de s’adapter à un nouveau statut. Surtout quand on est aussi jeune que Godts ou qu’on est habitué à être un joueur majeur comme Akliouche à Monaco. En attendant, le tableau est prometteur.

«Pour continuer à gagner, il faut savoir prendre des décisions difficiles, être ambitieux, penser que de nouveaux joueurs nous donnent une énergie et une mentalité différentes. On est contents de voir l’état d’esprit des nouveaux. Pour continuer à gagner, il faut changer des choses », assène Luis Enrique, qui devra composer avec un calendrier relevé lors des trois premières journées de Ligue 1 : Rennes, Lille et Monaco sont au menu, avant le retour de la C1. Série en forme de test grandeur nature pour Paris et ses nouvelles têtes.

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