Le nouveau monde d’Akliouche
Maghnes Akliouche, dimanche, lors du Trophée
des champions remporté par Lens face au PSG (1-0).
L’international français recruté à Monaco, titulaire en faux 9 pour ses deux premières apparitions avec le PSG, est en phase d’apprentissage du football de Luis Enrique. Ceux qui s’adaptent, en général, grandissent.
19 Aug 2026 - L'Équipe
VINCENT DULUC (avec L. T. et E. T.)
Un nouveau joueur du PSG doit àla fois se libérer et être patient, et c’est une injonction contradictoire. C’est cette vie-là que Maghnes Akliouche a choisie et entamée, cet été, après sa signature d’un contrat de cinq ans et un transfert de 50 M€. Puisqu’il avait déjà envisagé de quitter Monaco pour Paris, à l’été 2025, il a eu le temps de se faire à l’idée, et sa décision prise, a laissé l’ASM négocier, un peu longuement peut-être : Paris ne voulait pas surpayer, si bien que le club monégasque aura refusé les quatre premières offres avant d’accepter la cinquième.
Se faire à cette idée est moins compliqué que se faire au jeu parisien, à cette exigence et à ce contexte, auxquels les nouveaux venus ne résistent pas toujours : aucun des quatre joueurs que Paris a recrutés depuis un an (Lucas Chevalier, Illia Zabarnyi, Renato Marin et Dro Fernandez) ne j oue un rôle majeur aujourd’hui, Marin ayant été prêté au CD Nacional, au Portugal. A contrario, les quatre nouveaux qui avaient débarqué à l’été 2024 (João Neves, Willian Pacho, Désiré Doué et Matveï Safonov), sans oublier Khvitcha Kvaratskhelia, en janvier 2025, ont su grandir très vite, tous titulaires aujourd’hui.
Pour savoir la difficulté de ce qui l’attend, et entrevoir la possibilité d’une lueur, au loin, il suffirait à Akliouche, au fond, de demander à Désiré Doué et Bradley Barcola de lui raconter la vie des attaquants selon Luis Enrique, de ne rien oublier de la longue liste des devoirs, mais de retrancher peu de choses dans celle des droits des joueurs offensifs, avant d’imaginer une courbe de progression co mme ce l le qu’ont suivie ses deux coéquipiers bleus depuis qu’ils ont l’entraîneur espagnol sur le dos.
Doué, un concurrent et un exemple à suivre
Arrivé à l’été 2024, Doué a mis six mois à devenir un joueur important, avec des statistiques soudaines, alors qu’il avait seulement été deux fois titulaire lors desquatorze premières journées de L1.
Ilest à la fois le modèle àsuivre et le concurrent de l’ancien Monégasque, qui était l’une de ses lointaines doublures à la Coupe du monde, où le jeune international (24 ans, 10 sélections, un but) n’est apparu que l’espace de sept minutes face à l’Irak (3-0, le 22juin).
Titulaire lors des deux « finales » de la semaine écoulée, il ajoué une mi-temps face à Aston Villa (2-1) en Supercoupe d’Europe sans laisser une trace profonde, et une heure dans leTrophée des champions à Lens (0-1), où il a manqué une situation nette (18e) et beaucoup bougé, mais sans créer de connexion particulière avec le reste de son nouveau monde. Il n’y a rien de surprenant, ni d’anormal. S’il s’agissait seulement de remplacer Kang-in Lee, la promesse serait incertaine, le Sud-Coréen n’ayant pas joué une minute dans les cinq derniers matches de C1, la saison dernière.
Le club parisien a une idée un peu différente pour l’ancien Monégasque : alors que Doué pourrait ponctuellement évoluer au milieu, Akliouche devrait jouer sur le côté droit, sa position laplus naturelle, tout en glissant parfois au milieu, lui-même, ouen faux avant-centre, le poste qui lui a été attribué, dimanche, à Lens, et mercredi dernier, face à Aston Villa.
Pour le coup, avant lui, la plupart des attaquants parisiens de l’effectif sont passés par là, ces dernières saisons, de Doué àLee, puisque Luis Enrique aime voir ses attaquants bouger sans cesse, dans une saison comme dans un même match.
Mais dans ce rôle ou dans un autre, il lui reste à se libérer etàêtre patient, ces deux mouvements seulement contradictoires en apparence.
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