EMERY : « PARIS EST LE MEILLEUR CLUB DU MONDE »
Passé sur le banc de Paris et d’Arsenal, l’entraîneur d’Aston Villa estime que la finale de Ligue des champions, samedi, va opposer les deux meilleures équipes du monde.
"Arsenal joue de manière fantastique"
27 May 2026 - L'Équipe
EMERY TAISNE
À l’aube du choc entre le Paris-SG et Arsenal en finale de la Ligue des champions, samedi, qui de mieux placé qu’Unai Emery pour évoquer ce duel au sommet ? L’entraîneur basque (54 ans) – qui sort d’une saison historique au cours de laquelle il a gagné une cinquième Ligue Europa, avec Aston Villa – a dirigé le club parisien pendant deux ans (2016-2018) avant de prendre la tête des Gunners la saison d’après (2018-2019). Dela métamorphose collective opérée par Luis Enrique au PSG à la maturité tactique d’un Mikel Arteta sacré en Angleterre, il a accepté de s’exprimer sur le rendez-vous de Budapest.
Qu’est-ce qui vous surprend le plus? Que le PSG soit en finale de la Ligue des champions pour la deuxième année d’affilée, ou qu’il ait fallu vingt ans à Arsenal pour retrouver ce niveau?
J’apprécie beaucoup la façon dont les deux équipes jouent actuellement, la façon dont elles performent. Luis Enrique fait un excellent travail. Sa capacité à créer de la sympathie est fantastique, il a beaucoup de personnalité, il a complètement transformé le PSG. C’est toujours incroyable de les regarder jouer. Cela avait déjà été le cas l’année dernière quand on les avait affrontés en quarts de finale de la Ligue des champions ( 1-3; 3-2). Aujourd’hui, c’est le meilleur club du monde, la meilleure équipe, celle qui produit la meilleure performance collective avec le meilleur entraîneur, mêmes’il y a bien sûr beaucoup d’autres bons techniciens. Concernant Arsenal et Arteta, ils sont tellement compétitifs, ils performent de manière fantastique également. Les deux équipes méritent de jouer cette finale.
Arsenal vient de remporter la Premier League. Cela peut-il être l’année des Gunners?
Arsenal progresse et s’améliore de plus en plus. Ils font beaucoup d’investissements, ils ont recruté beaucoup de bons joueurs. Arteta a aussi accumulé beaucoup d’expérience. Et maintenant, cette année, il réalise sa meilleure performance. Rivaliser en Ligue des champions et en Premier League commeArsenal l’a fait, c’est très difficile, vraiment, parce que la Premier League est le Championnat le plus difficile au monde. Il y a les meilleurs entraîneurs, les meilleures équipes, les meilleurs joueurs… Alors gagner le titre et parvenir dans le mêmetempsenfinale de la C1, c’est vraiment très fort. Arsenal et le PSGont montré qu’elles étaient les meilleures équipes dans le monde cette année.
Peut-on présenter cette finale comme une opposition de styles? Arsenal développait un football plus attractif en début de saison…
Non, non, non. Qu’est-ce que ça signifie de jouer un “bon football”? Jouer un bon football, c’est rivaliser pour gagner. Et quand vous gagnez, vous jouez bien. Après, c’est une question de jouer de manière brillante ou non. Et, à Arsenal, ils jouent brillamment. Peut-être que, vu la longueur de la saison et la façon dont elle se déroule, il y a parfois eu de la fatigue chez certains joueurs. Par exemple, Martin Zubimendi. Il a fait une première partie de saison fantastique, et maintenant il ne joue pas de manière constante dans le onze de départ. C’est un exemple. Mais Arsenal joue de manière fantastique.
Il ne faut pas la résumer à une équipe qui défend bien et qui marque sur coups de pied arrêtés?
(Rires.) Qu’est-ce que vous voulez que je vous réponde? Je vous l’ai dit, ils jouent de façon fantastique, ils sont très compétitifs… et ils sont très bons sur les phases arrêtées.
Ya-t-il un favori qui se dégage selon vous? Quel regard portez-vous sur l’évolution du PSG depuis votre départ?
Déjà, Je suis tellement heureux pour Nasser al-Khelaïfi parce qu’il a toujours été très… très respectueux avec moi. Il a permis au club de grandir en étant patient. Je suis aussi très heureux pour Marquinhos. Un très bon professionnel en tant que joueur, mais aussi un mecfantastique. C’est le seul joueur qui est encore là depuis mondépart. Et bien sûr, je suis heureux pour Luis Enrique parce qu’il le mérite aussi.
La clé du succès, c’était de mettre fin à la politique des “stars”?
Je ne sais pas. Aujourd’hui, il y a Ousmane Dembélé, Khvitcha Kvaratskhelia, Vitinha… des joueurs fantastiques.
Vous auriez aimé diriger cette'éq'uipe? Plus globalement, comment expliquez-vous la réussite des entraîneurs espagnols sur la scène européenne?
Chacun est différent. Luis Enrique, son expérience est massive, et il a toujours eu du succès. Cela a été le cas quand il entraînait l’équipe réserve de Barcelone, il a eu des résultats fantastiques quand il était au Celta Vigo, à la Roma, puis de nouveau au FCBarcelone où il a gagné la Ligue des champions ( en 2015). Il a aussi eu des résultats avec l’équipe nationale, et maintenant au PSG. Il réussit toujours. Pourquoi? Parce que c’est un grand compétiteur, et parce qu’il aime le football.
Sa vie est tournée principalement vers le football, et il est concentré sur ça. C’est ça la raison. Pour Arteta, c’est pareil. Il a toujours réussi. D’abord commejoueur, au PSGet dans ses différents clubs en Angleterre. Ensuite, il a commencé commeentraîneur avec Pep Guardiola (il a été son adjoint à Manchester City de 2016 à 2019). Il a beaucoup appris, et maintenant, il réussit de façon fantastique parce qu’il a décidé de donner sa vie au football.
Et vous?
Non, moi, j’ai de la chance. J’ai toujours de la chance.
La saison incroyable d’Aston Villa, c’est un peu plus que la chance quand même…
Aston Villa grandit, et je suis ici pour essayer de faire grandir ce projet. Cette année on gagne des trophées, on est dans le top 5 en Premier League ( 4e). C’était très, très difficile. L’année dernière, on était aussi en Ligue des champions mais on a joué contre le PSG( sourires). C’est ça le projet: essayer de grandir et de jouer contre les meilleures équipes du monde.»
Unai Emery a dirigé le Paris-SG de Marquinhos pendant deux saisons (2016-2018) sans dépasser les huitièmes de finale de Ligue des champions, puis il a rejoint une équipe d’Arsenal pas qualifiée en C1 (2018-2019).
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EN BREF
54 ANS ( ESP).
Ancien milieu de terrain.
Entraîneur. Club : Aston Villa (ANG).
2014 : le 14 mai, il remporte la finale de la Ligue Europa avec le Séville FC face au Benfica (0-0, 4-2 aux t.a.b.). Il remportera quatre autres finales de la C3, dont la dernière le 20 mai contre l’Eintracht Francfort (3-0).
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Gaël Clichy, Laurent Koscielny
et Bacary Sagna en 2010 à Londres.
Clichy : « On se doutait que la transition allait être compliquée »
À Arsenal entre 2003 et 2011 (264 matches), le latéral gauche a vécu le déménagement des Gunners, qui ont quitté Highbury pour l’Emirates en 2006. Une période délicate pour un club habitué à gagner.
"Quand je pense à Highbury,
ça me renvoie l’image d’un Arsenal dominant,
ça me replonge dans l’époque des Thierry Henry et Patrick Vieira,
de l’équipe des Invincibles"
27 May 2026 - L'Équipe
Hugo Guillemet
« J’ai dumalàdissocier Arsenal d’Arsène Wenger. Arsène représente Arsenal et Arsenal représente Arsène. Je dis ça parce queje suis très attaché àlui, commebeaucoupdejoueurs qui l’ont connu. Mais aussi parce qu’il aréussi à faire dececlub l’un des mieux structurés d’Angleterre, unclub qui génère des bénéfices importants àchaquematchàdomicile, grâce à l’exploitation del’Emirates Stadium (inauguré en 2006 et dont la construction avait été impulsée par Wenger). Cestade avraiment permis à Arsenal de changer de dimension.
Pour ma part, je fais partie d’une génération qui a évolué aussi bien à Highbury qu’à l’Emirates. Quand je pense à Highbury, ça merenvoie l’image d’un Arsenal dominant, ça me replonge dans l’époque des Thierry Henry et Patrick Vieira, de l’équipe des Invincibles (en 2003-2004), des batailles furieuses contre Manchester United ou Chelsea, de l’épopée en Ligue des champions qui nous avus éliminer le Real et la Juve (en 2005-2006, unparcours qui s’est conclu par une défaite en finale face à Barcelone 1-2). Beaucoup de gens aujourd’hui sont nostalgiques decette période… Quand l’Emirates apris le relais, onavait à coeurd’en faire notre maison et deprolonger ces succès. Mais ça n’a pas forcément été le cas malheureusement et c’est d’ailleurs aussi pour ça quej’ai fini par partir ( en 2011) : j’estimais quej’avais ma part de responsabilité dans le fait que l’équipe n’obtenait pas les résultats qu’on espérait. Il est vrai aussi qu’on se doutait que la transition allait être compliquée parce quele club devait rembourser sur plusieurs années uncrédit destiné àfinancer la construction dece nouveau stade, ce qui laissait très peude moyens pour faire venir denouvelles recrues. Malgré tout, dans les années qui ont suivi, ona réussi à se qualifier pour la Ligue des champions chaque année. C’était quand même une sacrée performance, vu le contexte: certes on ne gagnait pas detitres, mais on restait compétitifs. C’est ça, finalement, l’héritage de notre génération. Quand on voit aujourd’hui des clubs de Premier League célébrer une qualification pour la C1 comme un trophée, on réalise mieux la qualité du travail effectué par Arsène lors des premières années duclub à l’Emirates. Mais sur le moment, je ne m’en rendais pas compte, parce que j’étais un compétiteur et je souhaitais gagner à tout prix. »

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