L’envol retardé de Gabriel


Gabriel, ici au duel avec l’ancien Stéphanois Alexander Söderlund en janvier 2018, 
est « le plus grand regret » de la carrière d’entraîneur de Jean-Louis Garcia.

Bien avant d’être l’un des meilleurs défenseurs au monde avec Arsenal ou même de se révéler à l’Europe avec Lille, le Brésilien avait été prêté à Troyes lors de la saison 2017-2018. 
Elle s’était terminée au bout de six mois, dans une forme d’incompréhensi

27 May 2026 - L'Équipe
FLAVIEN TRÉSARRIEU

Jean-Louis Garcia attendait avec envie notre coup de fil. C’était l’occasion pour ce jeune retraité de 63 ans de retracer un épisode qui l’a marqué. D’exposer, aussi, la raison pour laquelle Gabriel, 28 ans désormais, n’a pas pu lancer sa carrière européenne à Troyes (4 matches). «C’est le plus grand regret de ma carrière » , annonce l’ex-entraîneur de l’Estac. Alors, cette discussion sur la saison 2017-2018 était, pour lui et pour Luis de Sousa, l’ex-directeur sportif désormais à Pau (L2), l’occasion de tout se remémorer à propos du Brésilien, qui affrontera le Paris-SG en finale de la Ligue des champions avec Arsenal, samedi.

La genèse du prêt

« À l’été 2017, on venait de monter en L1. J’avais ma charnière Jimmy Giraudon-Christophe Hérelle, on avait pris aussi Oswaldo Vizcarrondo pour son expérience, mais je voulais un quatrième défenseur central, un gaucher », décrit Garcia. Luis Campos l’avait recruté à Lille six mois plus tôt mais le LOSC lui cherchait un prêt. « J’ai découvert Gabriel via des vidéos avec le Brésil U20, se souvient le technicien. Il était grand, puissant, capable de faire de belles diagonales et il avait déjà ce jeu de tête impressionnant. J’ai tout de suite flashé sur lui. Avec Luis, on s’est dit : “On y va.” » Accompagné de ses parents, Gabriel découvre alors le quotidien troyen. Son père est présent à chaque entraînement. «Il était là sans être envahissant», précise De Sousa. Garcia em boîte: «Il était poli, le genre à venir saluer tout le monde dans les bureaux chaque matin.»

Une blessure et une quête d’opportunité

«Quand il arrive, on se rend compte qu’il ne peut pas s’entraîner à fond. Il traînait une vieille blessure aux adducteurs, constate Garcia. Très vite, on met en place un protocole. On se dit qu’on a le temps. Mais tout ça traîne jusqu’à la trêve de Noël.» Et il ne joue qu’un match en cinq mois (contre Amiens, en Coupe de la ligue).

« Après la trêve, on perd à Angers (1-3). Gabi était sur le banc, ajoute Garcia. Ensuite on bat Lille (1-0), mais il ne pouvait pas jouer en raison d’un accord avec le LOSC. Puis on joue Toulouse. Et là, 3e minute: M. Bastien expulse Giraudon pour une obstruction… Je décide de sortir Bryan Pelé pour le lancer. Son début de match est compliqué et Yaya Sanogo marque très vite en le devançant de la tête. On perd le match 1-0. Mais je le reconduis contre Saint-Étienne en Coupe de France et là, Gabi monte en puissance. J’étais décidé à la réaligner contre Dijon mais le match a été reporté. Et sur le match de L1 suivant, contre Strasbourg, je récupère tout mon effectif et là, Gabriel voit qu’il n’est pas dans la mise en place. »

Le Brésilien prévient alors ses agents. « Ils voulaient des garanties, parce que c’était la fin du mercato. Mais moi, je ne me sentais pas capable de me lier à lui. Signer un chèque en blanc, vis-à-vis de mes autres joueurs, je ne sais pas faire. Alors Lille l’a reprêté au Dinamo Zagreb où ça ne s’est pas très bien passé.» De Sousa glisse: «Il a pu y avoir quelques petites brouilles avec Luis Campos.»

Un rendez-vous raté

« Gabriel a été un peu trop impatient. En communiquant un peu plus avec lui, peut-être qu’il aurait mieux compris qu’il était dans la tête du coach, estime De Sousa. Je suis sûr que ça aurait eu une influence sur la suite de notre saison, sur notre maintien.» «Je vous l’assure, j’étais sûr qu’il irait loin, affirme Garcia. Si c’était à refaire, je ferais différemment. J’étais trop dans les sentiments par rapport aux joueurs qui étaient de la montée.»

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