Folie à la new yorkaise


La célébration des supporters des Knicks dans les rues de New York, 
lundi soir, après la qualification de leur équipe pour les Finales NBA.

Qualifiés en finales NBA après avoir écarté Cleveland en quatre matches, les Knicks s’appuient sur des supporters prêts à les suivre jusqu’au bout du monde, portés par l’espoir d’un troisième titre.

«Je me dirai toujours que c’est une des choses les plus cool au monde 
que d’entendre des fans des Knicks dans les salles adverses» 
   - JALEN BRUNSON, MENEUR DE NEW YORK

27 May 2026 - L'Équipe
AMAURY PERDRIAU

Minuit ou presque. Les rues de la ville qui ne dort jamais se remplissent de maillots bleu et orange à l’effigie des New York Knicks. Les clameurs se répondent d’artère en artère. Perché sur une plateforme menant à une bouche de métro de la 34e rue à Penn Station dans Manhattan, un jeune freluquet, brun, torse nu, toise une de ces petites foules amassées au coeur de Big Apple. Dans ses mains? Un balai de type « paille de riz ». Face à l’assistance, ravie, il mime les vaet-vient. « Sweep », « sweep », « sweep » . Cris d’extase. Le trublion venait alors de résumer à lui seul tout ce qui a mené à cette liesse nocturne : en balayant lundi soir les Cleveland Cavaliers en finale de Conférence Est (4 victoires à 0), les Knicks ont dépoussiéré un encombrant historique de bingt-sept ans dans la grande Ligue. Les voilà, enfin, en finale NBA. Pour la première fois depuis 1999.

Dans la foulée de la qualification, médias américains et observateurs se plaisaient à rappeler combien la précédente épopée menant aux portes d’un sacre – New York s’était incliné 4-1 face aux San Antonio Spurs – semblait lointaine : la Menace Fantôme, épisode 1 des mythiques Star Wars, apparaissait tout juste sur les écrans. Tout comme les séries les Soprano, Family Guy ou encore Bob l’Éponge. Certains auront surtout noté qu’à l’époque figurait dans l’effectif cornaqué par Jeff Van Gundy un certain… Rick Brunson, père de Jalen, membre du staff actuel et témoin privilégié de la prise de pouvoir de son fils à la tête d’une escouade qui, depuis deux ans, réveille l’espoir d’ajouter un troisième trophée de champion NBA dans les armoiries de la franchise. Les deux précédents, 1970 et 1973, sont tombés dans l’oubli collectif. Sauf celui des fans des Knickerbockers.

La saison dernière avait déjà réveillé la ferveur locale. Les play-offs 2025 avaient embrasé le Madison Square Garden, dont les mythiques fans furent privés d’un match 7 à domicile, terrassés par les Indiana Pacers (2 victoires à 4) en finale de Conférence. En misant sur la stabilité de leur effectif tout en remerciant l’entraîneur Tom Thibodeau, jugé trop épuisant pour les joueurs, les troisièmes de la saison régulière à l’Est s’imaginaient capables de franchir un obstacle de plus. La victoire en finale de NBA Cup, face aux San Antonio Spurs (124-113), n'avait offert qu’un avant-goût, dans l’ambiance aseptisée de Las Vegas, de cette montée en puissance programmée.

Sous les ordres de Mike Brown, qui n’avait plus porté une équipe en finale depuis 2007 avec… les Cleveland Cavaliers de LeBron James (défaite 4-0 contre San Antonio), les Knicks ont embarqué un peu plus leurs supporters. Littéralement. On vit ainsi une marée d’excités envahir la Xfinity Mobile Arena de Philadelphie (4-0 au deuxième tour des play-offs). Idem au sein de la Rocket Arena des Cavs, où Brunson fut acclamé par de bruyants « MVP » en cours de match.

« Je me dirai toujours que c’est une des choses les plus cool au monde que d’entendre des fans des Knicks dans les salles adverses, rayonnait le meneur de jeu, désigné meilleur joueur de la série, qui s’était dit bluffé au sortir du match 3 remporté à l’extérieur. Je n’ai pas les mots. Nos fans voyagent. Et ils se font entendre partout où ils vont. »

Lundi soir, quelques people se sont mêlés aux festivités tandis que les visiteurs brandissaient leur trophée de champion de la Conférence Est : le réalisateur Spike Lee, le plus fidèle des fidèles, mais aussi l’acteur Timothée Chalamet ou encore l’humoriste Tracy Morgan, en témoins de cette fièvre Knicks qui semble gagner une grande partie du littoral atlantique. En se qualifiant aussi rapidement pour la finale, en ayant remporté leurs 11 derniers matches, Karl-Anthony Towns et consorts se sont offert huit jours de repos. Et pratiquement autant à observer Oklahoma City – champion en titre – et San Antonio (2-2 dans la série) s’écharper pour deux rencontres minimum (dont le crucial match 5 cette nuit).

Les spécialistes prédisent de longue date que le vainqueur du duel au sommet à l’Ouest deviendrait alors le grand favori pour le titre. Assertion que les New-Yorkais entendent faire mentir. Ces derniers n’auront pas l’avantage du terrain, certes. Mais depuis le début des play-offs, ils s’appuient sur des supporters prêts à tout afin d’annihiler le concept de domicile/extérieur. Portés par cet engouement d’une extravagance rare, les Knicks se sentent plus que jamais chez eux partout. Et donc capables de tout.

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