Discret en Bleu… et annoncé au PSG, le drôle d’été de Maghnes Akliouche
« J’ai envie de faire une belle Coupe du monde, de me concentrer sur ce rêve de gosse et d’être performant quand j’en aurai l’opportunité » Maghnes Akliouche international français
2 Jul 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez Envoyé spécial à Boston
Maghnes Akliouche est un garçon attachant. Qui ne fait pas de bruit mais à tout pour se faire entendre. Si la Coupe du monde a débuté depuis plus de trois semaines, le natif de Tremblay-en-France n’a pas encore eu le temps de se signaler. La faute à qui ? Peut-être à un quatuor offensif qui fait saliver la terre entière et ne laisse que peu de miettes à ses partenaires. Pas de chance, le Monégasque de 24 ans est l’une des victimes du succès de l’attaque française en feu.
Depuis le début du Mondial, il n’est entré que douze minutes face à l’Irak (3-0). Temps de jeu limité, mais l’international français (10 sélections, 1 but) savait à quoi s’en tenir avant de partir en Amérique. L’aventure est encore longue. Et les occasions de briller, nombreuses. «Ma mentalité est très simple, je dois être prêt quand on fera appel à moi, témoignait-il au Figaro à Clairefontaine, durant la préparation. Je dois pallier n’importe quelle éventualité et aider l’équipe quand le coach aura besoin de moi. Il n’y a pas de calcul à faire. » Du Akliouche dans le texte. Ambitieux. Et respectueux. Devant lui, ses concurrents évoluent au Real Madrid, au Bayern Munich, au Paris SG ou encore à Manchester City. Tout sauf une honte.
Questionné début juin sur le sujet (brûlant) de son futur club, lui qui est ardemment courtisé par le PSG, Maghnes Akliouche fend l’armure. « Forcément, c’est flatteur que le plus grand club du monde s’intéresse à toi, avoue-t-il, le regard fixe et les idées claires. Cela ne peut qu’être beau pour moi. » Avant que l’actualité ne refasse surface : « Mais j’ai envie de faicoupe re une belle du monde, de me concentrer sur ce rêve de gosse et d’être perforaurai mant quand j’en l’opportunité. » À l’heure qu’il est, il n’est pas question d’un accord définitif entre le joueur de 24 ans et Paris, ni entre clubs, du reste, mais selon des informations confirmées par Le Figaro Akliouche souhaite rejoindre le champion d’Europe, comme la pépite ivoirienne Yan Diomandé, d’ailleurs.
Passé par Tremblay, Clairefontaine et Monaco, Maghnes Akliouche voit ce renamérique dez-vous en comme «une récompense » après une saison pas toujours rose à L’AS Monaco, mais aussi comme une situation « inexplicable » pour le gamin de la région parisienne. «J’ai pris du plaisir dans toute ma jeunesse, avec des sacrifices et une adolescence pas comme les autres, témoigne-t-il, sans jamais se plaindre. Mon message aux jeunes? Bosser et ne rien lâcher. C’est bête à dire, mais c’est la vérité. Ce que je dirais à un jeune, c’est de bosser dur et ce sont des choses qui peuvent arriver. Aujourd’hui, je fais le plus beau métier du monde.» Français d’origine algérienracines ne, avec des kabyles très fortes («Le pays de mes parents, une belle culture qui m’intéresse » ), l’ailier soyeux médaillé d’argent aux JO de Paris 2024 avec les Olise, Doué, Cherki, Koné ou encore Mateta n’a jamais hésité quant au choix de sa sélection. «J’ai fait toutes les sélections de jeua nes, cela toujours été un choix logique et une fierté de représenter les Bleus», souffle-t-il avec des étoiles dans les yeux. Quand on le taquine sur ses origines kabyles, son jeu léché et son goût du beau geste, autant d’éléments qui rappellent un certain numéro 10 légendaire, Maghnes Akliouche sourit, presque gêné. « On essaie tous de copier le grand Zidane, mais chacun a son parcours. Lui, c’est une légende. À mon échelle, j’essaie simplement de faire parler mon football sur le terrain et de rendre fière ma famille. »
Justement, sur le terrain, après avoir gagné sa place en Coupe du monde à la suite d’un match convaincant en mars dernier face à la Colombie lors de la tournée US, comment le principal intéressé, fan d’andrés Iniesta, de Zinédine Zidane et de Mezut Ozil, se définit-il ? « Un joueur capable de créer, d’éliminer par un dribble ou une passe, mais aussi d’aider l’équipe défensivement. »
Un créateur discipliné. Qui gagnerait parfois, comme lors des entraînements des Bleus cet été en Amérique, à s’affirmer un peu plus et à renverser la table. Car le talent est là pour cet amoureux du passement de jambes, des passes aveugles, de la roulette. Une palette pas encore aperçue cet été par le public français. «J’aime masquer mes intentions, affirme-t-il, alors qu’un départ de L’AS Monaco dans les semaines à venir peut le faire changer de dimension. En fait, j’aime les gestes d’artiste. Le footballeur doit créer, être imprévisible, créer des émotions, procurer des frissons.»
En dehors du football, ce fan de Kobe Bryant (« Je suis en phase avec sa notion de travail, du dépassement de soi»), qui apprécie la culture, la musique et la mentalité américaine («Leur leadership m’interpelle »), est plutôt considéré comme un casanier. La discrétion, encore et toujours. Pour autant, le Francilien compte sur la Coupe du monde pour vivre des émotions cet été. Sur ou en dehors du terrain. Le collectif avant tout. « On veut tous ramener cette troisième étoile, ce serait rentrer dans l’histoire du football, plante-t-il. Je me souviens être descendu dans la rue en 2018 (il avait 16 ans) avec mes parents pour fêter le titre. Ce serait magnifique d’y renvoyer des millions de Français, partout dans le pays, communier ensemble. »

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