D’un Tour à l’autre
Paul Seixas après sa chute sur la 7e étape du
Tour Auvergne-RhôneAlpes, le 13 juin dernier.
Entre son abandon sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes mi-juin et son arrivée mardi à Barcelone, où s’élancera samedi le Tour de France (4-26 juillet), Paul Seixas a traversé deux semaines et demie de transition un peu mouvementées.
"La préparation n’a pas été aussi limpide qu’on aurait pu le penser"
- ALEXANDRE PACOT, ENTRAÎNEUR DE PAUL SEIXAS
2 Jul 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
BARCELONE (ESPAGNE) – Quelques dizaines de kilomètres avant de pénétrer dans ce département de la Haute-Savoie qu’il aime tant, Paul Seixas avait abandonné le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, le dimanche 14 juin, entre le col du Pré et la montée de Bisanne, trop amoché et affaibli par sa chute de la veille. Depuis, le leader de Decathlon-CMA CGM (19 ans) a passé deux semaines et demie à se soigner, douter un peu, avant de remonter la pente, au singulier comme au pluriel, moralement et sur le vélo. Il est resté dans les Alpes pendant toute la période et n’a plus mis les pieds à son domicile niçois depuis près de deux mois.
Au lendemain de son abandon, il avait immédiatement passé des examens, puis une autre IRM, sept jours plus tard, pour vérifier l’état d’un genou. Un gros oedème était présent, mais aucune casse. Ses plaies, en revanche, l’ont inquiété, soulevant quelques interrogations au sein de son équipe à l’approche du Tour de France (4-26 juillet). Seixas n’a pas pu rouler comme il l’espérait, et surtout pas en plein air, laissant filtrer un peu de frustration ou d’agacement.
Il avait quand même repris le hometrainer, dès le mercredi suivant, les paumes de la main parfois retournées pour ne pas s’appuyer trop contre le guidon. Les plaies ont mis du temps à se refermer et les bandages devaient être changés quotidiennement.
Le Lautaret, son terrain de jeu
Logé aux Arcs, en Savoie, depuis le jeudi 18 juin, Seixas a fini par retrouver le sourire en même temps qu’il s’est attaqué, en fin de semaine dernière, avec sa garde rapprochée, à une série de reconnaissances des trois ultimes étapes prévues dans les Alpes. « C’était un avant-goût, un moment kiffant avec l’équipe, confie le Français. Il y avait plusieurs cols que je connaissais déjà bien, c’est un avantage pour le Tour. Le Lautaret notamment, c’est vraiment la montagne que j’adore, c’était vraiment sympa tous ensemble. »
Sur le vélo, il a semble-t-il affiché un niveau impressionnant, ce qui a fait dire à certains qu’il jouait un peu avec les médias en disant qu’il avait du mal à se remettre de sa chute, pour mieux surprendre ses adversaires sur le Tour… Entre les sorties publiées sur Strava et les différentes vidéos mises en ligne par des amateurs, il a été facile de constater que Seixas avait passé du temps dans le Lautaret (montée et descente), le col de Sarenne, les deux ascensions vers l’Alpe d’Huez, mais aussi dans le Granon et l’Échelle… Jeudi dernier, en compagnie d’Aurélien Paret-Peintre, Nicolas Prodhomme, Matthew Riccitello et Gregor Mühlberger (finalement non retenu pour le Tour), mais aussi de Romain Bardet, son futur manager sportif avec qui il était épaule contre épaule parfois, Paul Seixas a monté le Galibier avec un grand sourire.
Seule petite ombre au tableau, les atermoiements sur la composition de l’équipe Decathlon-CMA CGM – avec l’intégration du sprinteur Olav Kooij –, alors que le plan et la stratégie étaient clairs un mois plus tôt. Cela a pu en déboussoler certains par moments, Seixas y compris. « La préparation n’a pas été aussi limpide qu’on aurait pu le penser, glisse son entraîneur, Alexandre
Pacot. La chute au Dauphiné n’était pas du tout prévue, ce n’est jamais anodin, ça a forcément un impact sur la santé du coureur, par rapport aux jours nécessaires à la récupération. Mais l’inquiétude n’est pas allée pas au-delà de ça, je savais que ça allait bien se passer ensuite. » Depuis mardi soir, Seixas et son équipe ont investis leurs quartiers dans un hôtel du bord de mer au sud de l’aéroport de Barcelone. Fini la préparation. Place aux choses sérieuses.
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