PAUL SEIXAS: «FAIRE VIBRER LES FRANÇAIS CET ÉTÉ »


Il sera, à seulement 19 ans, au départ de son premier Tour de France samedi à Barcelone. Le jeune Français confie sa joie d’y être, sa volonté de le vivre à fond, avec de réelles ambitions.

"Le fait qu’Olav (Kooij) soit là et qu’il y ait une petite partie sprint dans l’équipe donne un double objectif intéressant, c’est aussi un peu de pression en moins. C’est un bon mec. Il est aussi motivé par le projet du général et m’aidera quand ce sera possible, quand ce sera OK pour lui en plus de ses sprints"

"Avec mon meilleur pote, plus jeunes, on parlait beaucoup du Tour, on se disait que ça devait être dingue de le faire. Et aujourd’hui, c’est moi qui vais prendre le départ"

"Cette pression, plutôt positive, je me la mets suffisamment moi-même. Je ne prends pas celle des autres, c’est la mienne"

2 Jul 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO

BARCELONE (ESPAGNE) – Les jours, les heures et les kilomètres, tout rapproche Paul Seixas du Grand Départ donné samedi à Barcelone, et donc de son premier Tour de France. Le Français, arrivé mardi en Espagne, a profité du trajet qui l’emmenait à l’aéroport très tôt ce jour-là pour accorder un long entretien à L’Équipe. Prudent et déterminé, impatient mais serein, excité tout en étant rêveur, après un mois de juin où tout ne s’est pas déroulé comme il le voulait pour la première fois cette année, le leader de Decathlon-CMA CGM s’est confié sur un événement qui a une place importante dans sa tête et ses souvenirs depuis l’enfance. C’est l’heure, et le garçon de 19 ans n’a pas l’habitude d’être en retard.Paul Seixas va découvrir le Tour de France à partir de samedi (du 4 au 26 juillet).

Lorsque vous êtes tombé au Tour Auvergne-Rhône-Alpes mi-juin, avezvous eu peur de ne pas prendre le départ de votre premier Tour de France?

Ce n’est pas le momentoùj’ai eu le plus peur. J’ai tout de suite vu que les plaies étaient superficielles, je n’ai pas pensé à plus loin que la chute. Après, en revanche, j’étais plus inquiet pour mongenou. Mais une IRM m’a vite rassuré, il y avait seulement un bel oedème, rien de cassé. Malgré tout, les jours suivants, quand je voyais mesplaies, je pensais que ça mettrait deux ou trois jours pour passer, mais ça a pris plus de temps… C’était compliqué de ne pas pouvoir reprendre le vélo la semaine suivante. Ça a été une petite déception, j’ai eu un peu peur à ce moment-là. Il y avait des soins tous les jours, c’était un peu difficile à vivre.

Une conférence de presse a été annulée, différents entretiens aussi, la composition de l’équipe a été repoussée, et tout le monde s’est interrogé sur votre réel état. En avez-vous eu conscience?

Je mesuis douté que les gens se poseraient des questions. Mais rassurezvous, tout va bien, je suis vraiment en pleine forme (sourire). Je mesens très bien. Les changements dans l’équipe avec Olav (Kooij) et Cees ( Bol) ont fait qu’on a dû annuler la conférence de presse, c’est normal, c’est commeça. De mon côté, j’étais concentré sur l’idée de faire un dernier bon bloc d’entraînement en vue du Tour de France. J’ai été vite rassuré.

Votre chute et la présence d’Olav Kooij pour les sprints induisent-elles une ambition revue à la baisse sur ce Tour?

Non, l’ambition est toujours aussi importante. L’objectif, c’est de faire le meilleur classement possible, d’apprendre, de voir comment je mesitue au fil des jours. Et surtout voir comment je mesens sur trois semaines. Le fait qu’Olav soit là et qu’il y ait une petite partie sprint dans l’équipe donne un double objectif intéressant, c’est aussi un peu de pression en moins. Mais Olav, c’est un bon mec. Il est aussi motivé par le projet du général et m’aidera quand ce sera possible, quand ce sera OK pour lui en plus de ses sprints. C’est complémentaire.

En annonçant votre premiè're'participation au Tour de France, avez-vous eu l’impression que votre vie changeait?

Je ne dirais pas que mavie a changé à ce point. Je ne sais mêmepassi je dirais qu’elle a changé tout court. Pour moi, c’est simplement un rêve d’enfant qui se réalise. Je suis super content d’aller sur le Tour. Je medis constamment que je dois prendre du plaisir, même si c’est une course très dure, très difficile. Ce sera une bonne expérience. Je viens avec l’idée que ça reste un rêve d’enfant et qu’il faut que j’en profite.

Le Tour de France représente quoi pour vous?

Les premières images qui meviennent à l’esprit, c’est le Tour 2013. Je n’avais pas encore 7 ans. Je revois Christopher Froome et Nairo Quintana, tous les deux dans le Ventoux (15e étape, le 14 juillet). L’année suivante, en revanche, j’ai vu le Tour en entier, je mesouviens de tout, je pense (rires). Jean-Christophe Péraud fait deuxième (derrière l’Italien Vincenzo Nibali) et Thibaut Pinot troisième, Romain Bardet (sixième) était là aussi. La densité des Français était folle. Avec monmeilleur pote, Cyprien, plus jeunes, on parlait beaucoup du Tour, on se disait que ça devait être dingue de le faire. Et aujourd’hui, c’est moi qui vais prendre le départ de cette course. C’est une chance inouïe, je m’en rends vraiment compte. Je suis vraiment super motivé et heureux de pouvoir réaliser ce rêve d’enfant. Je réalise seulement là, depuis quelques jours, que ça va vraiment se faire, que je vais vraiment être au départ ( rires). C’est exceptionnel! En prenant l’avion pour Barcelone, c’est vraiment le départ… Tout commence maintenant et je suis impatient.

Dans un coin de votre tête, vous dites-vous qu’il va falloir mettre le feu partout et se faire plaisir?

(Il se marre.) Ça, je ne sais pas! Je dois trouver un entre-deux entre faire kiffer les gens et gérer moneffort. Mais à un momentouunautre, il faudra tout donner. J’espère faire vibrer les gens et surtout pouvoir performer pour moi. Le Tour, je sais que c’est très important pour mes grands-parents, commevous avez pu le voir, mais je sais aussi que c’est très important pour tous les Français. Ils veulent voir les meilleurs de leur pays au départ de cette course et je pense en faire partie aujourd’hui. J’espère faire vibrer les Français cet été.

Ya-t-il des jours où vous n’avez absolument pas pensé au Tour, au vélo, ces derniers temps?

Pas vraiment, je crois… J’étais à fond dans la préparation. Tous les jours, j’avais forcément le Tour en point de mire. C’est aussi ça qui est particulier avec cette course. Peu importe comment la préparation s’est terminée ou comment elle a commencé, comment ça s’est passé, je sais que j’ai bossé pendant deux mois pour ça. Je pense qu’on peut être fiers du travail qu’on a fait. Arriver au Tour et se dire que j’ai bien bossé pour est déjà une petite fierté. Mêmesi, pendant deux mois, je n’ai pas pensé à autre chose que le Tour, je suis content de l’avoir fait.

Vous partagez ce rêve avec d’autres gens ou vous gardez tout pour vous?

J’en parle forcément, en plus tout le mondeest à fond, c’est un sujet de discussion avec mafamille, macopine, mesamis. Mais on peut aussi discuter de tout et de rien, c’est important d’avoir autre chose, et ça, ça n’a pas changé.

Quand avez-vous compris, ces dernières années, que vous n’étiez pas commeles autres, que vous pouviez devenir un champion?

Déjà, je ne suis pas encore un champion parce que je n’ai pas gagné les courses que les champions ont à leur palmarès. J’aurais difficilement imaginé tout ça, mêmesij’en rêvais. Tout est allé très vite.

Plus jeune, avez-vous déjà abordé des courses avec un peu la boule au ventre, commecela pourrait vous arriver sur le Tour dans quelques jours?

J’ai toujours ressenti la mêmeimpatience à chaque nouvelle course. Même un Championnat régional, un objectif de fin de saison, les Championnats de France ou une autre épreuve, j’avais, avant d’y aller, une sorte de pression mélangée à de l’excitation. Ça fait toujours partie de la vie d’un sportif, peu importe ton niveau et ton objectif. C’est monétat d’esprit aussi en ce moment. Plus jeune, pour gérer ces moments de stress, commec’est encore le cas aujourd’hui, l’idée était simplement de se laisser aller et de faire les choses commed’habitude ( sourire). Je pense que la petite pression, il faut se la mettre de côté. Elle revient simplement quelques secondes sur la ligne de départ.

Est-elle lourde à porter?

Cette pression, plutôt positive, je me la mets suffisamment moi-même. Je ne prends pas celle des autres, c’est la mienne. Je suis assez ambitieux souvent, j’ai mesidées à moi sur ce que je veux faire et comment je veux le faire, et c’est bien assez suffisant comme pression (sourire). Avoir pris l’habitude de gérer ça depuis longtemps, dans chaque course que j’ai pu faire, peu importe ce qu’il se passe, rend les choses plus faciles maintenant.

D’où viennent cette sérénité et cette lucidité, notamment lorsque vous analysez froidement votre chute au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, en évoquant le travail de vos coéquipiers, les gants à porter quand on fait du vélo, etc.?

Je ne sais pas, ça m’est venu naturellement. Ce jour-là, j’étais extrêmement déçu pour l’équipe d’être tombé, par rapport au boulot que tout le mondeavait fait, les collègues, les directeurs sportifs ou les assistants. Quand tu arrives au moment où tout se joue et que tu passes au travers, c’est dur. Ce n’était pas le Tour de France, certes, mais c’était dur. Je l’avais en travers. J’ai dit ce que je pensais, tout simplement, c’était le coeur qui parlait.

Êtes-vous émotif?

Je suis peut-être beaucoup dans le contrôle des émotions, mais quand je dis que j’aime ces mecs-là ( ses équipiers), c’est de l’émotion, c’est le coeur. Je dirais que je suis un peu un mélange des deux. Je ne suis pas quelqu’un de pas émotif du tout. Mais je contrôle cette émotion. En course, je sais qu’il faut essayer de gaspiller le moins d’énergie possible. Si on se laisse trop aller émotionnellement, ça peut partir très vite. J’essaie d’avoir le bon mélange: le sang-froid et les émotions quand elles doivent venir.

Vous dites souvent ne pas être la mêmepersonne lorsque vous montez sur votre vélo. Ça veut dire quoi?

Peut-être qu’il y a deux personnes différentes. En dehors du vélo, je suis un peu commeeninterview avec vous, calme, posé et réfléchi. Après, sur le vélo, il y a aussi ce calme forcément, mais quelque chose de plus ressort de moi. Ce n’est pas de l’agressivité, parce que le mot est trop fort, mais je ressens cette envie de bien faire, il y a une envie de gagner qui surgit tout le temps. Forcément, ça merend différent. Je sais passer d’une mentalité à une autre.

Vous dites aussi penser seulement à la manière de gagner. Tout le monde ne peut pas se le permettre, en êtes-vous conscient?

Chacun a son rôle, surtout dans une équipe professionnelle, il y a souvent un leader et six qui sont là pour l’aider, ou sept sur un grand Tour. Vouloir gagner, c’est l’état d’esprit de tous les leaders, je pense. C’est normal. Quand tu arrives sur un grand Tour, tu as intérêt à avoir cela en toi car il n’y a que des coureurs hyper talentueux, avec un niveau très élevé et des chances très restreintes. Toutes les victoires n’ont pas le même goût. Je ne ressens pas la même chose quand je gagne en World Tour que lorsque je gagnais un Championnat régional ou une course du coin (sourire). Gagner chez les pros, c’est tellement dur! Quand tu y parviens, tu ne peux pas avoir la même sensation que chez les juniors. Quand tu es au-dessus du lot, tu es au-dessus du lot, les autres ne peuvent rien faire. En World Tour, ce n’est pas ça. La valeur de la course est tellement élevée que ça rend la chose vraiment particulière. Onn’arrive pas trop à réaliser tout de suite. Avoir des objectifs, et surtout de nouveaux objectifs, ça me motive énormément.

Vous gagnez beaucoup moins qu’il y a quelques années, ça ne vous fait pas trop bizarre?

Non, non, pas du tout. Dès que je suis passé pro, j’ai accepté que ce serait désormais très dur de tout gagner. Mais, par ricochet, je mesuis dit que chaque victoire comptait énormément. Et j’ai gagné sept fois cette saison, je trouve ça exceptionnel, juste fou. Je n’aurais jamais imaginé ça en début de saison. »


***

PAUL SEIXAS: «FARE VIBRARE I FRANCESI QUESTA ESTATE»

A soli 19 anni, sabato a Barcellona prenderà il via del suo primo Tour de France. Il ragazzo-prodigio francese esprime la sua gioia per questa partecipazione e la sua volontà di viverla appieno, con ambizioni concrete.

«Il fatto che Olav (Kooij) sia qui e che in squadra ci sia un mini-treno per le volate, offre un doppio obiettivo interessante, oltre a ridurre un po’ la pressione (su di me). È un bravo ragazzo. Anche lui è motivato dalla classifica generale e mi aiuterà quando sarà possibile, e per lui andrà bene, oltre ai suoi sprint»

«Da piccoli, con il mio migliore amico, parlavamo molto del Tour, ci dicevamo che doveva essere pazzesco farlo. E oggi sono io che prenderò il via»

«Questa pressione, piuttosto positiva, me la metto già abbastanza da solo. Non mi carico quella da parte degli altri, è tutta mia»

2 luglio 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO

BARCELLONA (SPAGNA) – I giorni, le ore e i chilometri: tutto avvicina Paul Seixas alla Grand Départ prevista sabato a Barcellona, e quindi al suo primo Tour de France. Il francese, arrivato martedì in Spagna, ha approfittato del tragitto che di prima mattina lo portava all’aeroporto per concedere una lunga intervista a L’Équipe. Cauto e determinato, impaziente ma sereno, emozionato e al tempo stesso sognante, dopo il mese di giugno in cui, per la prima volta quest’anno, non tutto è andato come avrebbe voluto, il capitano della Decathlon-CMA CGM si è confidato su un evento che occupa un posto importante nella sua mente e nei suoi ricordi sin dall’infanzia. È ora, e il ragazzo di 19 anni non è abituato ad arrivare in ritardo. Paul Seixas scoprirà il Tour de France a partire da sabato (dal 4 al 26 luglio).

Quando sei caduto al Tour Auvergne-Rhône-Alpes a metà giugno, hai temuto di non poter prendere il via al tuo primo Tour de France?

Non è stato quel momento a farmi più paura. Ho capito subito che le ferite erano superficiali, non ho pensato ad altro che alla caduta. In seguito, invece, ero più preoccupato per il ginocchio. Ma una risonanza magnetica mi ha subito rassicurato: c’era solo un bel gonfiore, niente di rotto. Nonostante tutto, nei giorni successivi, quando mi guardavo le ferite, pensavo che ci sarebbero voluti due o tre giorni affinché guarissero, ma ci è voluto più tempo… È stato complicato non poter tornare in sella la settimana successiva. È stata una piccola delusione, in quel momento ho avuto un po’ di paura. C’erano cure ogni giorno, è stato un po’ difficile da affrontare.

È stata annullata una conferenza stampa, così come diverse interviste, la presentazione della squadra è stata rinviata e tutti si sono chiesti quali fossero le tue reali condizioni. Ne eri consapevole?

Immaginavo che la gente si sarebbe fatta delle domande. Ma state tranquilli, va tutto bene, sono davvero in ottima forma (sorride). Mi sento benissimo. I cambiamenti nella squadra con Olav (Kooij) e Cees (Bol) hanno fatto sì che dovessimo annullare la conferenza stampa, è normale, è così che va. Da parte mia, ero concentrato sull’idea di fare un ultimo buon ciclo di preparazione in vista del Tour de France. Mi sono sentito subito rassicurato.

La presenza di Olav Kooij per le volate e la tua caduta comportano una revisione al ribasso delle tue ambizioni in questo Tour?

No, l’ambizione è sempre la stessa. L’obiettivo è ottenere la migliore classifica possibile, imparare, vedere come mi posiziono giorno dopo giorno. E soprattutto capire come mi sentirò nell’arco di tre settimane. Il fatto che Olav sia qui e che nella squadra ci sia un mini-treno per le volate offre un duplice obiettivo interessante, e anche un po’ meno pressione. Olav è un bravo ragazzo. È anche lui motivato dal progetto della classifica generale e mi aiuterà quando sarà possibile, e per lui andrà bene, oltre ai suoi sprint. È un aspetto complementare.

Quando hai annunciato la tua “prima” partecipazione al Tour de France, hai avuto l’impressione che la tua vita stesse cambiando?

Non direi che la mia vita sia cambiata a tal punto. Non so nemmeno se direi che sia cambiata, tout court. Per me è semplicemente un sogno d’infanzia che si avvera. Sono felicissimo di partecipare al Tour. Continuo a ripetermi che devo divertirmi, anche se è una gara molto dura, molto difficile. Sarà una bella esperienza. Ci vado con l’idea che rimanga un sogno d’infanzia e che devo godermelo.

Che cosa rappresenta per te il Tour de France?

Le prime immagini che mi vengono in mente sono quelle del Tour del 2013. Non avevo ancora 7 anni. Rivivo Christopher Froome e Nairo Quintana, entrambi sul Ventoux (15ª tappa, il 14 luglio). L’anno successivo, invece, ho visto tutto il Tour, mi ricordo tutto, credo (ride). Jean-Christophe Péraud è arrivato secondo (dietro all’italiano Vincenzo Nibali) e Thibaut Pinot terzo; c’era anche Romain Bardet (sesto). C’era una concentrazione incredibile di francesi. Con il mio migliore amico, Cyprien, quando eravamo più piccoli, parlavamo molto del Tour, ci dicevamo che doveva essere pazzesco parteciparci. E oggi sono io che prenderò il via in questa gara. È un’opportunità incredibile, me ne rendo davvero conto. Sono davvero super motivato e felice di poter realizzare questo sogno d’infanzia. Solo ora, da qualche giorno, mi rendo conto che sta davvero per succedere, che sarò davvero al via (ride). È eccezionale! Salire sull’aereo per Barcellona, è davvero la partenza… Tutto inizia adesso e non vedo l’ora.

In un angolo della tua mente, ti dici che dovrai dare il massimo ovunque e divertirti?

(Ride.) Questo non lo so! Devo trovare un equilibrio tra far divertire la gente e gestire le mie energie. Ma prima o poi dovrò dare il massimo. Spero di emozionare il pubblico e, soprattutto, di riuscire a dare il meglio di me stesso. Il Tour, so che è molto importante per i miei nonni, come avete potuto vedere, ma so anche che è molto importante per tutti i francesi. Vogliono vedere i migliori del loro Paese al via di questa gara e penso di farne parte, oggi. Spero di emozionare i francesi quest’estate.

Ci sono stati giorni in cui non hai mai pensato al Tour, alla bicicletta, negli ultimi tempi?

Non proprio, credo… Ero completamente immerso nella preparazione. Ogni giorno avevo inevitabilmente il Tour nel mirino. È anche questo che rende speciale questa gara. Non importa come sia finita la preparazione o come sia iniziata, come sia andata, so di aver lavorato per due mesi proprio per questo. Possiamo essere orgogliosi del lavoro che abbiamo fatto. Arrivare al Tour e dirmi che ho lavorato sodo per questo è già motivo di un po’ di orgoglio. Anche se, per due mesi, non ho pensato ad altro che al Tour, sono contento di averlo fatto.

Condividi questo sogno con altre persone o te lo tieni tutto per te?

Ne parlo inevitabilmente, inoltre tutti ne sono entusiasti, è un argomento di discussione con la mia famiglia, la mia ragazza, i miei amici. Ma si può anche parlare del più e del meno, è importante avere anche altro, e questo non è cambiato.

Quando hai capito, negli ultimi anni, che non eri come gli altri, che potevi diventare dei campioni?

Innanzi tutto, non sono ancora un campione perché non ho vinto le gare che i campioni hanno nel loro palmarès. Avrei fatto fatica a immaginare tutto questo, anche se lo sognavo. È successo tutto molto in fretta.

Da più giovane, hai mai affrontato delle gare con un po’ di nervosismo, come potrebbe capitarti al Tour tra qualche giorno?

Ho sempre provato la stessa impazienza ad ogni nuova gara. Che si trattasse di un campionato regionale, di un obiettivo di fine stagione, dei Campionati di Francia o di un’altra gara, prima di partire provavo una sorta di pressione mista a eccitazione. Fa sempre parte della vita di uno sportivo, indipendentemente dal proprio livello e dal proprio obiettivo. È questo il mio stato d’animo anche in questo momento. Da giovane, per gestire questi momenti di stress, come faccio ancora oggi, l’idea era semplicemente quella di lasciarmi andare e fare le cose come al solito (sorride). Penso che quella piccola pressione vada messa da parte. Ritorna semplicemente per qualche secondo sulla linea di partenza.

È pesante da sopportare?

Questa pressione, piuttosto positiva, me la impongo già abbastanza da solo. Non mi faccio influenzare da quella degli altri, è tutta mia. Spesso sono piuttosto ambizioso, ho le mie idee su ciò che voglio fare e su come voglio farlo, e questo mi basta già come pressione (sorride). Avendo preso l’abitudine di gestirla da molto tempo, in ogni gara che ho disputato, indipendentemente da ciò che accade, ora le cose mi risultano più facili.

Da dove derivano questa serenità e questa lucidità, in particolare quando analizzi con freddezza la tua caduta al Tour Auvergne-Rhône-Alpes, parlando del lavoro dei tuoi compagni di squadra, dei guantini da indossare sempre quando si va in bicicletta eccetera?

Non lo so, mi è venuto naturale. Quel giorno ero estremamente deluso per la squadra per essere caduto, visto il lavoro che tutti avevano fatto, i colleghi, i direttori sportivi o gli assistenti. Quando arrivi al momento in cui tutto si gioca e fallisci, è dura. Non era il Tour de France, certo, ma è stata dura. Mi stava sul cuore. Ho detto quello che pensavo, semplicemente, era il cuore a parlare.

Sei una persona emotiva?

Forse sono molto attento al controllo delle emozioni, ma quando dico che voglio bene a quei ragazzi (i suoi compagni di squadra), è emozione, è il cuore. Direi che sono un po’ un mix delle due cose. Non sono affatto una persona priva di emozioni. Ma controllo queste emozioni. In gara, so che bisogna cercare di sprecare meno energia possibile. Se ci si lascia andare troppo emotivamente, tutto può sfuggirci di mano molto rapidamente. Cerco di trovare il giusto equilibrio: sangue freddo ed emozioni quando è il momento giusto.

Dici spesso di non essere la stessa persona quando sale in sella alla sua bicicletta. Che cosa intendi dire?

Forse ci sono due persone diverse. Fuori dalla bicicletta, sono un po’ come in questa intervista con lei: calmo, posato e riflessivo. Poi, in sella, c’è inevitabilmente anche quella calma, ma emerge qualcosa di più da me. Non è aggressività, perché la parola è troppo forte, ma sento questa voglia di fare bene, c’è una voglia di vincere che emerge continuamente. Inevitabilmente, questo mi fa sentire diverso. So passare da una mentalità all’altra.

Dici anche di pensare solo a come vincere. Non tutti possono permetterselo, ne sei consapevole?

Ognuno ha il proprio ruolo, soprattutto in una squadra professionistica: spesso c’è un leader e sei corridori che sono lì per aiutarlo, o sette in un Grande Giro. Voler vincere è lo stato d’animo di tutti i leader, credo. È normale. Quando arrivi a un Grande Giro, è meglio che tu abbia questa mentalità dentro di te perché ci sono solo corridori di grande talento, con un livello altissimo e possibilità molto limitate. Non tutte le vittorie hanno lo stesso sapore. Non provo la stessa emozione quando vinco nel World Tour rispetto a quando vincevo un campionato regionale o una gara di quartiere (sorride). Vincere tra i professionisti è davvero difficile! Quando ci riesci, non puoi provare la stessa sensazione che provavi tra gli juniores. Quando sei un gradino sopra gli altri, sei un gradino sopra gli altri, gli altri non possono farci niente. Nel World Tour non è così. Il valore della gara è talmente alto che rende il tutto davvero speciale. Non riesci a renderti conto subito di cosa sia successo. Avere degli obiettivi, e soprattutto nuovi obiettivi, mi motiva tantissimo.

Vinci molto meno rispetto a qualche anno fa, non ti sembra un po’ strano?

No, no, per niente. Appena sono diventato professionista, ho accettato che d’ora in poi sarebbe stato molto difficile vincere tutto. Ma, di conseguenza, mi sono detto che ogni vittoria contava enormemente. E ho vinto sette volte in questa stagione, lo trovo eccezionale, semplicemente pazzesco. Non l’avrei mai immaginato all’inizio della stagione.»

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Elite 24: Rucker Park legends