PSG : Kvaratskhelia est-il le meilleur joueur du monde actuellement ?


Khvicha Kvaratskhelia lors de la demi-finale de la Ligue des champions contre le Bayern, 
à l’allianz Arena à Munich, le 6 mai dernier.

Savant mélange de rage, de technique affûtée et de gestes décisifs, l’ailier parisien sera un atout précieux pour la finale de Ligue des champions.

28 May 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez

Ne vous inquiétez pas pour lui. Khvicha Kvaratskhelia sera au rendez-vous. Impatient, affamé et ambitieux, comme tout le reste d’un groupe parisien désireux de glaner une deuxième étoile pour trôner, encore, sur l’europe du football. Fabuleux cette saison avec le Paris SG, surtout lors des soirées du milieu de semaine en Ligue des champions (15 matchs, 10 buts, 6 passes décisives), le Géorgien de 25 ans a bien noté sur son agenda que la finale contre Arsenal se déroule samedi à 18 heures, du côté de Budapest. L’homme qui marche sur l’eau depuis des mois et effraie ses adversaires (décisif lors des sept derniers matchs du PSG en C1) débarque en Hongrie avec une confiance inébranlable. Et une petite musique l’accompagne après ses récentes prestations contre Chelsea, Liverpool ou le Bayern Munich, au point de faire de lui le meilleur joueur du monde, selon certains. Vaste débat.

«C’est le meilleur ailier du monde», a ainsi soufflé la légende des Reds de Liverpool Steven Gerrard, sous le charme du talent géorgien, déjà buteur en finale l’an dernier contre l’inter Milan (5-0). Il faut dire que l’ancien Napolitain a mis tout le monde d’accord avec des prestations de très haut vol, un état d’esprit irréprochable et une volonté jamais rassasiée de détruire son opposant direct. Tête de gondole, parmi tant d’autres, du football moderne mis en place par Luis Enrique, Khvicha Kvaratskhelia est une référence qu’il faut montrer à chaque jeune désireux d’emprunter la même route. Le talent, oui, mais aussi l’humilité, la rigueur, l’abnégation et le don de soi poussé à son paroxysme. Une ode au collectif. L’étendard du « jeu » avant le « je ».

« C’est un guerrier, un joueur qui transmet des sensations très positives avec le ballon, répète souvent Luis Enrique, sous le charme. Et sans le ballon, c’est un vrai plaisir en tant qu’entraîneur. » L’inverse est vrai pour deux hommes qui s’apprécient, se respectent… et ne peuvent plus se passer l’un de l’autre. « C’est une personne extraordinaire, avance “Kvara” au sujet de son entraîneur. Je n’ai jamais vu un coach avoir une relation comme ça avec ses joueurs. Il est simple, toujours souriant, positif. Je suis très chanceux d’être venu ici. C’est le meilleur choix de ma vie. C’est l’un des meilleurs coachs de l’histoire du football. Je suis très fier d’être l’un de ses joueurs.»

Du côté des supporteurs, la « kvaramania » bat son plein. À tel point que son maillot était dernièrement en rupture de stock dans certaines boutiques, contrairement à celui de Dembélé, Hakimi ou Vitinha. À chaque match Porte d’auteuil, son nom est scandé, son état d’esprit salué et ses efforts ponctués d’ovations à donner des frissons. Le public du Parc des Princes aime son Kvara, héros des temps modernes, pas clinquant pour un sou, à des années du bling-bling et de l’individualisation à outrance, au point d’en faire l’un des siens.

Même tonalité du côté de ses partenaires, y compris ses concurrents directs, qui enchaînent les éloges à son propos. «Il est exceptionnel dans ce qu’il fait parce qu’il a la capacité de dribbler, de se protéger, d’aller dans tous les sens, plante Désiré Doué, pourtant pas le plus maladroit balle au pied. Et pour les défenseurs, ça doit être vraiment dur de défendre sur lui. Il m’impressionne, à l’entraînement et en match.»

Champion d’europe 1984 avec les Bleus et ancien coach du PSG, Alain Giresse, amoureux du jeu, ne boude pas son plaisir. « Avec son faux pied et une telle mentalité, il fait vivre des cauchemars à ses adversaires directs, admet l’ancien milieu iconique du carré magique. Il a un côté joueur à l’ancienne qui me plaît, mais, techniquement, attention, qu’est-ce que c’est fort ! Il est illisible et semble inusable. » Sa capacité à harceler son adversaire, jusqu’au gardien de but, à déclencher une course de 60 mètres ou à tacler dans un joli geste défensif sont autant de raisons d’apprécier un homme aussi séduisant sur le terrain que discret dans la vie. Assister à un match avec « Kvara » est un savant mélange de poésie et de rudesse entre le Lac des cygnes et Gladiator. Émotions garanties.

« Une qualité technique incroyable »

Observateur avisé de son ancien club en Ligue des champions et consultant pour Canal+, Christophe Jallet s’est aussi fait embarquer par l’artiste géorgien. « Il me régale, souffle l’ancien international tricolore. Il a une mentalité de mec qui doit donner 300 % pour se montrer au niveau du talent des autres, mais lui a le talent qui lui permet de franchir trois ou quatre paliers de plus. C’est le prototype du joueur moderne de 2026. À la fois hyper talentueux dans l’utilisation du ballon et le dribble, une qualité technique incroyable, et surtout la capacité collective à répéter les efforts, avec un don de soi permanent lors des grands rendez-vous.»

En Ligue 1, ce fut moins efficace et moins explosif cette année (28 matchs, 8 buts, 4 passes décisives), signe d’une gestion bien pensée et d’un PSG champion sans (trop) forcer. Mais aussi d’objectifs clairs et précis. Conquête de la France, mais surtout de l’europe. La piste aux étoiles. Même si Khvicha Kvaratskhelia s’en défend. « Certains disent que j’apporte plus à l’équipe lors des matchs de Ligue des champions, mais je ne le pense pas », avoue-t-il sur le site de L’UEFA avant le grand rendez-vous hongrois. Toujours est-il qu’il ne faisait même pas partie des nommés pour le titre de meilleur joueur de la saison du championnat de France. Et ce n’était pas une question de talent… « On ne va pas le blâmer, le défend Jallet. Dès que le niveau s’élève, il a la capacité de relever son niveau physique et technique, ce qui fait de lui un joueur redoutable qui a permis à Paris d’atteindre la finale. Il est indissociable de la réussite du PSG.»

De là à le placer au rang de meilleur joueur du monde actuellement, devant les Dembélé, Mbappé, Olise ou Yamal ? La finale de samedi peut apporter encore d’autres éléments de réponse et nourrir le débat. Assurément. Pour ce qui est du Ballon d’or et d’un duel éventuel avec Ousmane Dembélé, le Géorgien, 12e en 2025, risque de payer l’absence de sa sélection à la Coupe du monde en Amérique, cet été. Le PSG le sait. Kvara le sait. Pour toutes ces raisons, vivement samedi.

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