PAUL SEIXAS - LA FABRIQUE D'UN PRODIGE
Miroir du cyclisme
N. 476 - JUIN 2026
PROPOS RECUEILLIS
PAR GAUTIER DEMOUVEAUX ET FLORENT LE DU
À 19 ANS, Paul Seixas est-il l'élu?
Celui que le cyclisme français attend depuyis Bernard Hinault?
Après un déBut de saison tonitruant, qui l'a vu remporter le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne, et tenir la roue de Tadej Pogačar dans la classique Liège-Bastogne-Liège, il devrait débarquer sur le Tour de France dans la peau d'un favori au podium. Décryptage d'un phénomene.
PROLOGUE
PAUL SEIXAS LE SUCCESSEUR ?
"Paul tombe sur un Pogačar de 27 ans dans la force de l'âge."
- Bernard Hinault
PAR > Bernard Hinault,
5 fois vainqueur du Tour de France
Avant lui, des coureurs qui ont gagné le Tour de l'Avenir, ont eu d'autres résultats exceptionnels puis ont disparu, on en a vu plein. Là où Paul Seixas m'a impressionné, c'est à Kigali (Rwanda), pendant les championnats du monde. Dans une course très difficile où il est présent dans le final, il termine treizième et premier Français, alors que c'est la première fois que le gamin de 18 ans court sur 270 kilomètres. La semaine suivante, il récupère le bronze aux championnats d'Europe derrière Tadej Pogačar et Remco Evenepoel. Il est entré dans la cour des grands. Je me suis dit qu'on n'avait pas affaire à n'importe qui, et il l'a confirmé avec son début de saison. Paul grimpe bien, il roule bien: il n'est pas loin de rivaliser avec Pogačar. Si le Slovène fait la moindre petite erreur, Paul peut prendre sa place.
Lors de mon arrivée dans le peloton professionnel, il y avait encore Eddy Merckx. Mais il était comme moi: deux jambes, deux bras et une tête dont il savait se servir. C'est aujourd'hui un peu pareil entre Seixas et Pogacar. Paul ne se dit pas << l'autre est plus fort que moi, jamais je ne vais réussir à le battre ». Il ne se sent pas inférieur aux autres. Mais il y a une différence majeure entre mes débuts et les siens. La première fois que je fais le Tour en 1978, j'ai 23 ans et Merckx est à la retraite, là où Paul tombe sur un Pogačar de 27 ans dans la force de l'âge.
Risque d'un gros revers
Paul est bien entouré, il n'a pas besoin des conseils d'un vieux comme moi! Le seul que je lui ai donné, et qui je pense n'était pas trop mauvais, était de s'aligner sur le Giro cette année, et de chatouiller Jonas Vingegaard. Sur le Tour, Pogacar ne lui fera aucun cadeau. Et si Seixas veut montrer qu'il est le plus fort, il risque de se prendre un gros revers. Il ne peut pas se permettre de viser une cinquième ou une sixième place. Il est français et le public va pousser pour qu'il joue la gagne. Mais je ne suis pas certain que ça lui mette la pression. Il a cette insouciance et il fait du vélo pour s'amuser. Il veut faire le Tour, qu'il le fasse et on verra alors qui, de lui ou de moi, avait raison.
Qu'il se fasse plaisir
Une chose est sûre: s'il veut le gagner dans les années à venir, il ne doit pas rejoindre UAE Emirates-XRG (dont le manageur, Mauro Gianetti, a exprimé son désir de le re- cruter - NDLR). Coéquipier de Pogacar, il ne gagnera pas parce qu'il ne sera pas la priorité. Il devra attendre que le Slovène soit sur le déclin. Et ça peut prendre des années. Paul a une belle dizaine d'années qui s'offrent à lui. Il faut juste qu'il se fasse plaisir et qu'il ne pète pas les plombs. Je serais ravi de le voir un jour sur les Champs-Élysées avec le maillot jaune. Ça serait une fête grandiose, une bonne nouvelle pour le cyclisme et pour la France.
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ÉTAPE 1
NAISSANCE
D'UNE VOCATION
PAR > Emmanuel Seixas, son père
Son grand bonheur, enfant, était de partir marcher en montagne et je l'imaginais plutôt faire de la course à pied. Dès 4 ans, il avait beaucoup d'endurance et l'envie, déjà, de finir devant les autres. Peu importe la fatigue et les douleurs dans les jambes, il pouvait marcher jusqu'à l'épuisement.
Il découvre à la même époque le Tour de France à la télé chez ses grands-parents paternels. L'émission avant le départ, l'étape, le débrief... Paul voulait tout voir. Même quand son grand-père faisait la sieste, même pendant une étape de plat où il ne se passait rien, il ne décollait pas de la télé. C'était légèrement agaçant pour nous, parents. Il a ensuite testé quelques sports, mais son souhait, c'était vraiment le vélo.
Quand il a eu 8 ans, on lui a trouvé un club, le Lyon Sprint. Notre famille ne vient pas du cyclisme, et certains aspects pouvaient même nous faire peur car on connaît les dangers de la route: ma femme a été percutée sur une piste cyclable par une voiture. À la maison, on lui faisait faire des exercices pour appréhender les situations dangereuses. Ça n'enlève pas la peur des parents, mais, à un moment, il faut lâcher.
Résistance à la douleur
C'est un rêveur, mais dès qu'il a une tâche qu'il aime faire, il est extrêmement foca- lisé. Sur un vélo, il est dans un autre état, concentré et avec une bonne résistance à la douleur. C'est un compétiteur qui met tout en place, y compris côté tactique, pour gagner. Gamin, il avait déjà le goût de la stratégie, imaginait des plans de course... En revanche, il passe vite à autre chose. Tout ce qu'il a gagné, il s'en fiche: ce ne sont que des étapes.
Il a compris qu'il avait besoin des autres. Ses équipiers, il les valorisera toujours. Au Tour des Alpes 2025, j'ai senti qu'il allait laisser la gagne (malgré les consignes - NDLR) à Nicolas Prodhomme. Il savait que, ce jour-là, il était plus fort que lui et que Nicolas devait donc lever les bras. Ça, c'est Paul. Mais il reste un adolescent, je ne suis pas sûr qu'il réalise l'impact de ses performances. Je crains que l'exposition médiatique ait un effet négatif. Forcément, ça nous inquiète en tant que parents parce qu'on ne peut pas totalement le protéger. Qu'il gagne ou qu'il perde, nous serons là pour qu'il soit heu- reux. Pour l'instant, c'est sur un vélo.
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ÉTAPE 2
UN DIAMANT À POLIR
PAR > Marc Pacheco,
son premier entraîneur au Lyon Sprint Evolution
« LE RISQUE, C'ÉTAIT DE
LE CRAMER
OU DE LE DÉGOÛTER. »
Marc Pacheco
Paul a débarqué dans notre club un peu avant ses 9 ans. Comme tous les gamins, il était assez maladroit sur un vélo, il a fallu lui apprendre à coordonner ses mouvements, bien passer les vitesses, développer son habileté... Mais on a tout de suite senti qu'il avait quelque chose en plus par rapport aux autres. On l'a très vite surnommé « trois poumons » parce qu'il fallait toujours que ça avance! Un moteur de Ferrari mais dans une carrosserie de Twingo. Quand vous accélérez, les cardans tombent à terre. Il fallait former ce corps. En benjamins ou en minimes, on ne pouvait pas lui faire faire du gainage et de la musculation comme à un gamin de 16 ou 18 ans. On a donc travaillé en faisant des exercices comme le tir à la corde, le lapin, la grenouille, les roulades redressées... Mickaël Buffaz (ancien pro, encadrant au club - NDLR) l'emmenait tous les mardis grimper sur un mur d'escalade. Et au vélodrome du parc de la Tête d'or, il faisait du biathlon pour travailler la concentration: vélo et tir à l'arc, avec pénalité si la cible était ratée.
Paul est resté au club jusqu'à ses 14 ans. Il a ensuite rejoint celui de Villefranche Beaujolais (à Villefranche-sur-Saône - NDLR), avant de signer avec Vincent Lavenu. C'était un garçon poli, très intelligent. Pas encore le patron, un peu timide, mais un teigneux, il voulait toujours être devant. Sans jamais rabaisser les copains.
Catégorie au-dessus
Il fallait quand même le freiner un peu, le protéger, sinon il aurait roulé vingt-quatre heures par semaine. Le mercredi, on faisait des groupes par catégorie, il s'emmerdait parfois, donc on le mettait avec la catégorie au-dessus. Il aurait encore pu monter d'un cran mais nous ne l'avons pas fait. Le risque, c'était de le cramer ou de le dégoûter. Paul a gagné beaucoup de courses, mais pas 30 par an comme j'ai pu l'entendre, il faisait quelques petites erreurs tactiques. Par contre, il était toujours à la recherche de performance. En école de cyclisme, les compétitions sont divisées en deux: le matin des jeux de slalom autour de quilles, et l'après-midi la course en circuit. Paul ratait les exercices d'adresse et d'équilibre, ce qui lui coûtait le classement général. Eh bien, la semaine suivante, quand je venais boire l'apéro chez ses parents, il était en train de s'entraîner dehors. Quand il pleuvait, il faisait ça dans le garage. »
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ÉTAPE 3
TRAVAILLER
POUR ESPÉRER
PAR > Vincent Lavenu,
ancien manageur d'AG2R-La Mondiale
Réellement, lorsqu'il est arrivé dans le Beaujolais, il a eu un beau ter- rain de jeu pour prati- quer le cyclisme avec tous les reliefs. Je le connaissais bien dès les benjamins parce qu'il venait courir régulièrement en Savoie, dans les cyclo-cross et les courses régionales. Avec Célia Gery (coureuse FDJ United-Suez, championne du monde Espoirs 2025 - NDLR), ils sortaient du lot. Elle gagnait tout le temps, Paul un peu moins, mais tout le monde voyait qu'il avait quelque chose. En cyclo-cross, il a été champion de France. Ce n'était peut-être pas le plus technique, mais il disposait d'une grande vélocité, d'une puissance dans les relances, alors qu'il n'avait pas encore un grand gabarit, qu'il ne dominait pas physiquement. Paul avait du talent. Après, voir un gamin qui a des qualités en benjamins, c'est une chose, devenir le champion qu'il est déjà à 19 ans, c'en est une autre.
En 2021, la veille du championnat de France cadets, qu'il a remporté, j'ai discuté avec ses parents pour qu'il intègre notre filière Juniors. Il la connaissait déjà puisque, dès sa première année chez les cadets, nous l'avons pris en stage et lui avons fourni casque, casquettes, chaussettes, tout ce qu'un gamin rêve d'avoir quand il espère passer pro. Ses données, sa VO2 max notamment, étaient assez exceptionnelles dans la catégorie Juniors, il affolait les datas. Peu à peu, on s'est rendu compte que les critères pour devenir un champion se validaient: physiologie, cellule familiale, capacité à endurer des entraînements toujours plus poussés...
Encouragé dans ses rêves Il a grandi dans une famille organisée autour du sport, avec des parents qui savent ce qu'ils font et qui l'ont accompagné dans ses rêves. C'est un gamin qui a sans doute plus rêvé que les autres et toujours cru en son destin. Aujourd'hui, c'est un phénomène, beaucoup de gens veulent être sur la photo mérite ne vient que de Paul et de sa famille. avec lui, mais, ce qui est sûr, c'est que tout le mérite ne vient que de Paul et de sa famille.
Il a une capacité à être très détaché, à supporter le stress. Liège-Bastogne-Liège, après ses victoires en début d'année, c'était une étape très importante dans sa jeune carrière. Quand on le voit partir avec Pogacar dans la Redoute, cela dit tout de son détachement et de sa détermination. Depuis tout jeune, il dit : « Moi, je veux gagner le Tour.» Ce n'est pas le seul à l'avoir rêvé, mais lui, tous les jours, croit en ses capacités de le faire et met tout en place. Il a rêvé plus fort que les autres. Rien ne l'arrête, ni la douleur physique, ni les chutes, ni les déceptions. Derrière son calme, sa hargne est très grande: un caractère de champion sans montrer d'agressivité.
L'année dernière, il termine sa saison par trois courses très longues et dures, les Mondiaux, les Europe et le Tour de Lombardie. Derrière, pour se faire plaisir, il fait une sortie de 350 bornes. Qui fait ça à son âge? Il aime le vélo, il aime se faire mal pour pro- gresser et aller au bout de ses rêves.»
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ÉTAPE 4
DEVENIR LEADER
PAR > Julien Thollet, sélectionneur de l'équipe
de France Juniors de 2014 à 2024
On rencontre réellement Paul pour la première fois pendant l'hiver 2022-2023, sur un stage de l'équipe de France de cyclo-cross. Je vois d'abord quelqu'un d'assez discret dans le groupe, observateur, effacé. Mais, à partir du moment où on commence à par- ler vélo, ça n'a rien à voir, il devient très bavard, avec pas mal d'idées en tête, sans se mettre de barrières. Puis Paul a été intégré à l'équipe de France dès sa première année en Juniors, souvent au service de Matys Grisel. C'était lui notre leader sur les Mondiaux de Glasgow, et Paul a fait une belle performance ce jour-là, en roulant derrière certains favoris. Il n'a eu aucun problème à jouer l'équipier. Il est de nature très curieuse et, avec sa grande capacité d'analyse, a toujours réussi à prendre ces expériences comme de l'enrichissement.
Les débats prennent de la hauteur
Paul a l'intelligence de comprendre que le groupe est une force et qu'il faut parfois passer d'un rôle à l'autre. Ça a été frappant en deuxième année, où il était souvent l'homme à battre et faisait comprendre à ses coéquipiers qu'ils pouvaient en profiter. Sur le Trophée Centre Morbihan, il est favori avec Aubin Sparfel, mais Axel Bouquet, qui venait d'intégrer l'équipe, a profité du marquage pour partir et gagner. Paul a joué le jeu à fond sans penser à son palmarès. C'était un révélateur de son aptitude à prendre du plaisir à faire gagner ses équipiers et à déjouer les stratégies de ses adversaires. Chez les Juniors, il avait cette capacité à porter un éclairage, une analyse très fine de la course. Il apportait de la hauteur aux débats, et assez naturellement il prenait le lead sur le groupe. En 2024, il avait quand même en tête de gagner le contre-la-montre des championnats du monde de Zurich. Moi, dans un premier temps, je ne souhaitais pas qu'il y participe, pour le préserver pour la course en ligne, adaptée à ses qua- lités, alors que le chrono était tout plat. Mais il a insisté et a beaucoup progressé pendant l'été. J'ai cédé et il est devenu champion du monde. Dire ça à 17 ans au sélectionneur, ça montre sa détermination, sa maturité. Trois jours après, il termine septième de la course en ligne, il a sans doute souffert des conditions météorologiques très difficiles. Ça a fait partie de son apprentissage.
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Paul Seixas, lors de Liège-Bastogne-Liège, le 26 avril 2026.
Le «gamin» est le seul à tenir la roue de l'«ogre» Tadej Pogacar,
presque jusqu'au bout... et il finit deuxième.
Nouvel exploit de marque.
ÉTAPE 5
ROULEUR, GRIMPEUR,
TROUVER, L'ÉQUILIBRE
PAR > Jeannie Longo, championne olympique,
13 fois championne du monde Élite
« CE QUI EST BLUFFANT,
C'EST SA CAPACITÉ À TENIR LONG,
À ALLER PLUS LOIN, PLUS FORT. »
Jeannie Longo
Paul Seixas est un gros moteur et un accrocheur. Il n'est pas un pur rouleur de contre-la-montre car il est plutôt fin, même s'il est capable d'envoyer beaucoup de puissance. Il n'est pas non plus un pur grimpeur, ultra-léger, aérien. Ça ne l'empêche pas d'être, déjà, un des meilleurs du monde dans les deux catégories. Sur les Grands Tours, il pourra espérer faire des écarts en contre- la-montre et, en montagne, il peut aussi résister aux attaques, grimper par à-coups, comme on l'a déjà vu face à Pogačar. Son rapport poids/puissance est excellent, c'est un équilibre qu'il a réussi à trouver et qu'il doit maintenant conserver. S'il veut s'amé- liorer en contre-la-montre, il risque de prendre un peu de cuisses et donc, en mon- tée, être un excellent puncheur, mais un peu moins capable de lisser son effort dans de longs cols. S'il perd du poids pour améliorer ses qualités de grimpeur, il pourrait perdre en énergie et en puissance...
Sollicitations permanentes
Ce qui est bluffant, c'est sa capacité à tenir long, à aller plus loin, plus fort, à se battre. J'observe qu'il a envie de se faire mal, ça fait plaisir à voir. Attention néanmoins, le corps d'un cycliste est comme une ma- chine, il s'use. S'il parvient aujourd'hui à enchaîner les longues distances, qu'il aime ça, il ne faudrait pas que cela lui joue des tours, qu'il veuille en faire trop, trop tôt, au risque d'exploser. Je ne pense pas que ce sera le cas, mais il va devoir, parfois, me- surer sa fougue et ses ambitions. C'est ce qui m'inquiète un peu sur le Tour de France. Enchaîner les longues courses, il a montré à l'automne qu'il en était capable, mais là ce sera tous les jours durant trois se- maines, avec des étapes qui partent dès le coup de feu, une concentration à garder tout le temps lorsqu'on joue le classement général, les sollicitations permanentes, les contrôles... À 19 ans, c'est risqué, il doit d'abord apprendre.»
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ÉTAPE 6
PERFECTIONNER
LA TECHNIQUE
PAR > Cyrille Guimard, ancien coureur
et directeur sportif
Assis sur un vélo, c'est comme sur un voilier, on a tendance à l'oublier. La position de Paul Seixas peut être améliorée. Quand il aura celle de Remco Evenepoel, il sera plus fort. Le Belge est fuselé, il glisse dans l'air. À partir du moment où on relève le buste, le coefficient de pénétration est plus élevé. Paul Seixas est encore trop droit, avec le buste trop haut pour avoir une position vraiment optimale.
C'est un axe d'amélioration, mais, au niveau technique, il est déjà bien en place. En montée, il est plus efficace qu'élégant, mais son cycle de pédalage est très bon, il a un coup de pédale économique, il ne lâche pas des watts dans le vide. C'est harmonieux, rien n'accroche. Le cyclo-cross l'a aidé pour cela: il faut éviter le patinage donc pédaler rond. La discipline lui a aussi permis de développer toutes les qualités nécessaires. Cela demande de travailler sur des intensités très hautes, maximales, qui favorisent le développement physiologique et biologique. Et, bien sûr, un cyclo-crossman a moins de problèmes de trajectoire dans les descentes. Il doit solidifier sa base technique. Frotter, appréhender les différents parcours, la nervosité d'un peloton également. À 19 ans, on apprend encore son métier, il doit être patient, et son entourage aussi. Le talent, on ne le crame pas, mais psychologiquement il faut être vigilant.
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ÉTAPE 7
CONQUERIR
LES CLASSIQUES
PAR > Audrey Cordon-Ragot,
double championne de France sur route
Une évidence: son parcours chez les jeunes fait que Seixas peut s'adapter à tous les terrains. Le cyclo-cross lui a donné un bagage technique. Sur le plan physiologique, il a toutes les qualités d'un coureur complet, ce qui devient rare dans un peloton où les coureurs se spécialisent. Il n'y a pas de raison qu'il ne gagne pas à la fois des courses de trois semaines et des Monuments. Pogacar a montré, après plusieurs années sans coureurs de Grands Tours sur les classiques, que c'était possible de préparer les deux, et de gagner.
Tout pour réussir
Il a ouvert la voie, et je suis sûre que cela a enlevé des barrières mentales à Seixas. On a déjà vu sur le Tour de Lombardie (7° en 2025) et le Liège-Bastogne-Liège (2o en 2026), qu'il était prêt à jouer la gagne, avec une grande endurance. Son niveau affiché sur la « Doyenne », longue, usante, qui demande beaucoup d'expérience et de caisse, laisse présager des belles choses. Paul a exprimé plusieurs fois sa volonté de se tester sur les pavés, je pense qu'il arrivera à y performer aussi. Quand on voit comme il est à l'aise dans les descentes de col, qui demandent de l'engagement, de la technique, comme sur les Flandriennes, je ne vois pas les failles qui l'empêcheraient de réussir.»
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ÉTAPE 8
FÉDÉRER SON PUBLIC
PAR > Didier Wampas, chanteur,
auteur des chansons Rimini et Jalabert
Longtemps, on a tellement été déçu par des coureurs qu'on imaginait avoir le potentiel pour gagner le Tour que je veux garder mon calme. Mais, avec Seixas, c'est plus difficile, il est déjà à un niveau énorme. Il a tout ce qu'il faut pour que le public l'aime. Déjà, tout le monde est au courant du phé- nomène. Même ceux qui n'y connaissent rien m'en parlent. La personnalité compte aussi beaucoup pour devenir une icône. Lui, c'est un gars qui a l'air sympa, spontané, intéressant quand il analyse ses courses. Sa vidéo où il annonce à ses grands-parents qu'il va faire le Tour, c'est beau.
Et il apporte de la fraîcheur à un moment où Pogacar gagne tout. Maintenant, quand je regarde les courses, je me dis << tout sauf lui»>! Lui et son équipe dominent tout, les courses sont écrites à l'avance, c'est barbant. Bon, peut-être qu'un jour Paul Seixas bant. Bon, peut-être qu'un jour Paul Seixas dominera le peloton de la même façon, mais comme il est français, ce n'est pas pareil, on sera de mauvaise foi! S'il gagne un jour le Tour, en plus avec une équipe française, ce serait énorme. Pourvu qu'il n'aille pas chez UAE, ce serait la pire chose. Pour tous les fans de vélo: on veut qu'il soit contre Pogi, pas qu'il lui fasse le train. C'est aussi ce qui peut construire sa légende. Il y a un jeune Allemand qui a écrit une chanson là-dessus (Paul Seixas, Please Don't Sign for UAE, de Killow - NDLR), j'adore, je l'ai dans la tête depuis un mois.
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PAUL SEIXAS - NASCITA DI UN PRODIGIO
Miroir du cyclisme
N. 476 - GIUGNO 2026
INTERVISTE
DI GAUTIER DEMOUVEAUX E FLORENT LE DU
A 19 ANNI, Paul Seixas è il prescelto?
Quello che il ciclismo francese aspetta dai tempi di Bernard Hinault?
Dopo un inizio di stagione strepitoso, che lo ha visto vincere il Giro dei Paesi Bassi e la Freccia Vallona, e stare alle spalle di Tadej Pogačar nella classica Liegi-Bastogne-Liegi, dovrebbe presentarsi al Tour de France come uno dei favoriti per il podio. Analisi di un fenomeno.
PROLOGO
PAUL SEIXAS,
IL SUCCESSORE?
«Paul si trova di fronte a un Pogačar
di 27 anni nel pieno delle sue forze.»
- Bernard Hinault
DI > Bernard Hinault,
5 volte vincitore del Tour de France
Prima di lui, abbiamo visto molti corridori che hanno vinto il Tour de l’Avenir, ottenuto altri risultati eccezionali e poi sono scomparsi. Ciò che mi ha colpito di Paul Seixas è successo a Kigali (Ruanda), durante i campionati del mondo. In una gara molto difficile, in cui è stato presente nel finale, si è classificato tredicesimo e primo francese, nonostante fosse la prima volta che quel ragazzo di 18 anni corresse su un percorso di 270 chilometri. La settimana successiva ha conquistato il bronzo ai campionati europei dietro a Tadej Pogačar e Remco Evenepoel. È entrato nella cerchia dei grandi. Mi sono detto che non avevamo a che fare con uno qualsiasi, e lui lo ha confermato con il suo inizio di stagione. Paul va forte in salita, va forte in pianura: non è lontano dal poter competere con Pogačar. Se lo sloveno commettesse anche il minimo errore, Paul potrebbe prenderne il posto.
Quando sono entrato nel gruppo dei professionisti, c’era ancora Eddy Merckx. Ma lui era uno come me: due gambe, due braccia e una testa che sapeva usare bene. Oggi è un po’ la stessa cosa tra Seixas e Pogačar. Paul non si dice: «L’altro è più forte di me, non riuscirò mai a batterlo». Non si sente inferiore agli altri. Ma c’è una differenza fondamentale tra i miei esordi e i suoi. La prima volta che ho corso il Tour, nel 1978, avevo 23 anni e Merckx era già in pensione, mentre Paul si trova ad affrontare un Pogačar di 27 anni nel pieno delle forze.
Rischio di una brutta battuta d’arresto
Paul è ben circondato, non ha bisogno dei consigli di un vecchio come me! L’unico che gli ho dato, e che secondo me non era poi così male, era di partecipare al Giro quest’anno e di mettere sotto pressione Jonas Vingegaard. Al Tour, Pogačar non gli farà sconti. E se Seixas vuole dimostrare di essere il più forte, rischia di subire una pesante sconfitta. Non può permettersi di puntare a una vittoria. Ma non sono sicuro che questo gli metta pressione. Ha quella spensieratezza e va in bici per divertirsi. Vuole fare il Tour, che lo faccia e poi vedremo chi, tra lui e me, avrà avuto ragione.
Che si diverta
Una cosa è certa: se vuole vincerlo nei prossimi anni, non deve passare alla UAE Emirates-XRG (il cui manager, Mauro Gianetti, ha nuovamente espresso il desiderio di ingaggiarlo – N.d.R.). Come compagno di squadra di Pogačar, non vincerà perché non sarà lui la priorità. Dovrà aspettare che lo sloveno sia in declino. E questo potrebbe richiedere anni. Paul ha davanti a sé una bella decina di stagioni. Deve solo divertirsi e non perdere la testa. Sarei felicissimo di vederlo un giorno sugli Champs-Élysées con la maglia gialla. Sarebbe una festa grandiosa, una bella notizia per il ciclismo e per la Francia.
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TAPPA 1
LA NASCITA
DI UNA VOCAZIONE
DI > Emmanuel Seixas, suo padre
Da bambino, la sua più grande gioia era andare a camminare in montagna e io me lo immaginavo piuttosto come un corridore. Già a 4 anni aveva molta resistenza e, già allora, la voglia di arrivare prima degli altri. Non importavano la stanchezza e i dolori alle gambe: riusciva a camminare fino allo sfinimento.
Nello stesso periodo scoprì il Tour de France in televisione a casa dei nonni paterni. Il programma prima della partenza, la tappa, il resoconto... Paul voleva guardare tutto. Anche quando suo nonno faceva il pisolino, anche durante una tappa in pianura in cui non succedeva niente, non si staccava dalla tv. Era un po’ fastidioso per noi genitori. Ha poi provato alcuni sport, ma il suo desiderio era davvero la bicicletta.
Quando ha compiuto 8 anni, gli abbiamo trovato una squadra, la Lyon Sprint. La nostra famiglia non ha una tradizione ciclistica, e alcuni aspetti potevano addirittura spaventarci, perché conosciamo bene i pericoli della strada: mia moglie è stata investita da un’auto su una pista ciclabile. A casa, gli facevamo fare degli esercizi per imparare a gestire le situazioni pericolose. Questo non elimina la paura da parte dei genitori, ma, a un certo punto, bisognava pur lasciarlo andare.
Resistenza al dolore
È un sognatore, ma non appena ha un compito che gli piace svolgere, è estremamente concentrato. In sella alla bicicletta entra in uno stato diverso, concentrato e con una buona resistenza al dolore. È un combattente che mette in atto tutto il necessario, anche dal punto di vista tattico, per vincere. Da bambino aveva già il gusto per la strategia, immaginava piani di gara... D’altra parte, passa subito ad altro. Non gli importa niente di tutto ciò che ha vinto: sono solo tappe.
Ha capito di aver bisogno degli altri. I suoi compagni di squadra, li valorizzerà sempre. Al Tour des Alpes 2025, ho intuito che avrebbe lasciato la vittoria (nonostante le direttive – N.d.R.) a Nicolas Prodhomme. Sapeva che, quel giorno, era più forte di lui e che quindi era Nicolas a dover alzare le braccia. Questo è Paul. Ma rimane un adolescente, non sono sicuro che si renda conto dell’impatto delle sue prestazioni. Temo che la sua esposizione mediatica possa avere un effetto negativo. Inevitabilmente, questo ci preoccupa come genitori perché non possiamo proteggerlo del tutto. Che vinca o perda, saremo lì per renderlo felice. Per ora, è soltanto in sella a una bicicletta.
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FASE 2
UN DIAMANTE
DA LIMARE
DI > Marc Pacheco,
il suo primo allenatore alla Lyon Sprint Evolution
« IL RISCHIO ERA QUELLO DI
BRUCIARLO
O DI FARGLI PASSARE LA VOGLIA.»
- Marc Pacheco
Paul è arrivato nella nostra società poco prima di compiere 9 anni. Come tutti i ragazzini, era piuttosto goffo in sella alla bicicletta: abbiamo dovuto insegnargli a coordinare i movimenti, a cambiare rapporto correttamente, a sviluppare le sue doti... Ma abbiamo capito subito che aveva qualcosa in più rispetto agli altri. Ben presto lo abbiamo soprannominato «tre polmoni» perché doveva sempre andare avanti! Un motore da Ferrari ma in una carrozzeria da Twingo. Quando acceleri, i semiassi cadono a terra. Bisognava allenare quel fisico. Nelle categorie benjamins o minimes, non potevamo fargli fare esercizi di core e bodybuilding come si fa con un ragazzo di 16 o 18 anni. Abbiamo quindi lavorato con esercizi come il tiro alla fune, il coniglio, la rana, le capriole in avanti... Mickaël Buffaz (ex professionista, istruttore della squadra – N.d.R.) lo portava ogni martedì a scalare una parete da arrampicata. E al velodromo del Parc de la Tête d’Or praticava il biathlon per allenare la concentrazione: bicicletta e tiro con l’arco, con penalità in caso di bersaglio mancato.
Paul è rimasto in società fino all’età di 14 anni. Successivamente è passato alla Villefranche Beaujolais (a Villefranche-sur-Saône – N.d.R.), prima di firmare per Vincent Lavenu. Era un ragazzo educato, molto intelligente. Non era ancora un leader, un po’ timido, ma tenace: voleva sempre stare davanti. Senza mai sminuire i compagni.
Categoria superiore
Bisognava comunque frenarlo un po’, proteggerlo, altrimenti avrebbe pedalato ventiquattro ore la settimana. Il mercoledì, formavamo gruppi per categoria; a volte si annoiava, quindi lo mettevamo con la categoria superiore. Avrebbe potuto salire ancora di un gradino, ma non l’abbiamo fatto. Il rischio era di sfinirlo o di fargli passare la voglia. Paul ha vinto molte gare, ma non 30 l’anno come ho sentito dire; commetteva qualche piccolo errore tattico. D’altra parte, era sempre alla ricerca della prestazione. Alla scuola di ciclismo, le competizioni sono divise in due: la mattina giochi di slalom intorno ai birilli e il pomeriggio la gara su circuito. Paul non se la cavava bene negli esercizi di destrezza ed equilibrio, il che gli costava la classifica generale. Ebbene, la settimana successiva, quando andai a bere l’aperitivo a casa dei suoi genitori, lo trovai che si allenava all’aperto. Quando pioveva, lo faceva in garage».
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FASE 3
LAVORARE
PER SPERARE
DI > Vincent Lavenu,
ex direttore sportivo dell’AG2R-La Mondiale
In effetti, quando è arrivato nel Beaujolais, ha trovato un terreno ideale per praticare il ciclismo, grazie a tutti quei rilievi. Lo conoscevo bene fin dai tempi delle categorie giovanili perché veniva regolarmente a gareggiare in Savoia, nei ciclocross e nelle corse regionali. Insieme con Célia Gery (ciclista della FDJ United-Suez, campionessa del mondo Espoirs 2025 – N.d.R.), spiccavano tra gli altri. Lei vinceva sempre, Paul un po’ meno, ma tutti vedevano che aveva qualcosa di speciale. Nel ciclocross è stato campione di Francia. Forse non era il più tecnico, ma possedeva una grande velocità e potenza nelle ripartenze, nonostante non avesse ancora una corporatura imponente e non dominasse fisicamente. Paul aveva talento. D’altronde, vedere un ragazzino che ha delle qualità nella categoria benjamins è una cosa, diventare il campione che è già a 19 anni, è un’altra.
Nel 2021, alla vigilia del campionato francese cadetti, che ha vinto, ho parlato con i suoi genitori affinché entrasse a far parte del nostro programma Juniores. Lo conosceva già perché, fin dal suo primo anno tra i cadetti, lo avevamo preso in prova e gli avevamo fornito casco, cappellini, calzini, tutto ciò che un ragazzino sogna di avere quando spera di diventare professionista. I suoi valori, in particolare il VO2 max, erano piuttosto eccezionali nella categoria Junior: faceva impazzire i dati. A poco a poco, ci si è resi conto che i criteri per diventare un campione trovavano conferma: fisiologia, contesto familiare, capacità di sopportare allenamenti sempre più intensi...
Incoraggiato nei suoi sogni, è cresciuto in una famiglia incentrata sullo sport, con genitori che sanno il fatto loro e che lo hanno sostenuto nei suoi sogni. È un ragazzo che ha sognato più degli altri e ha sempre creduto nel proprio destino. Oggi, è un fenomeno, molte persone vogliono essere nella foto con lui, ma, ciò che è certo, è che tutto il merito va solo a Paul e alla sua famiglia.
Ha la capacità di mantenere una grande distacco, di sopportare lo stress. La Liegi-Bastogne-Liegi, dopo le sue vittorie all’inizio dell’anno, è stata una tappa molto importante nella sua giovane carriera. Quando lo si vede partire con Pogačar sulla Redoute, questo la dice lunga sul suo distacco e sulla sua determinazione. Fin da giovanissimo diceva: «Io voglio vincere il Tour». Non è l’unico ad averlo sognato, ma lui, ogni giorno, crede nelle proprie capacità di riuscirci e fa di tutto per realizzarlo. Ha sognato con più forza degli altri. Nulla lo ferma, né il dolore fisico, né le cadute, né le delusioni. Dietro la sua calma, si nasconde una grande grinta: un carattere da campione senza mostrare aggressività.
L’anno scorso ha concluso la stagione con tre gare molto lunghe e impegnative: i Mondiali, gli Europei e il Giro di Lombardia. Dopodiché, per divertirsi, ha fatto un’uscita di 350 bornes (*). Chi lo fa alla sua età? Ama la bicicletta, ama spingersi al limite per migliorare e realizzare i propri sogni.»
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TAPPA 4
DIVENTARE LEADER
DI > Julien Thollet, selezionatore della squadra
francese Juniores dal 2014 al 2024
Incontriamo Paul per la prima volta durante l’inverno 2022-2023, in un ritiro della nazionale francese di ciclocross. All’inizio lo vedo come una persona piuttosto discreta all’interno del gruppo, osservatore, in disparte. Ma, non appena si inizia a parlare di ciclismo, è tutta un’altra storia: diventa molto loquace, con tante idee in testa, senza porsi limiti. Paul è stato poi inserito nella nazionale francese fin dal suo primo anno tra gli Juniores, spesso al servizio di Matys Grisel. Era lui il nostro leader ai Mondiali di Glasgow, e quel giorno Paul ha offerto una bella prestazione, pedalando alle spalle di alcuni favoriti. Non ha avuto alcun problema a ricoprire il ruolo di gregario. È di natura molto curiosa e, grazie alla sua grande capacità di analisi, è sempre riuscito a trarre arricchimento da queste esperienze.
Il dibattito si fa più acceso
Paul ha l'intelligenza di capire che il gruppo è una forza e che a volte bisogna passare da un ruolo all'altro. Ciò è stato evidente nel secondo anno, quando era spesso l'uomo da battere e faceva capire ai suoi compagni di squadra che potevano trarne vantaggio. Al Trophée Centre Morbihan è il favorito insieme con Aubin Sparfel, ma Axel Bouquet, che era appena entrato a far parte della squadra, ha approfittato della marcatura per scattare e vincere. Paul ha corso fino in fondo senza pensare al proprio palmarès. Questo episodio ha messo in luce la sua capacità di provare piacere nel far vincere i compagni e nello sventare le strategie degli avversari. Da junior, aveva questa capacità di fornire una visione d’insieme, un’analisi molto accurata della gara. Portava un punto di vista più ampio al dibattito e, abbastanza naturalmente, assumeva la guida del gruppo. Nel 2024, aveva comunque in mente di vincere la cronometro dei campionati del mondo di Zurigo. Io, inizialmente, non volevo che vi partecipasse, per preservarlo in vista della gara in linea, più adatta alle sue doti, mentre la cronometro era tutta in pianura. Ma lui ha insistito e ha fatto grandi progressi durante l’estate. Ho ceduto e lui è diventato campione del mondo. Dire una cosa del genere a 17 anni al selezionatore dimostra la sua determinazione, la sua maturità. Tre giorni dopo, si è classificato settimo nella gara in linea; ha sofferto a causa delle condizioni meteorologiche molto difficili. Questo ha fatto parte del suo percorso di apprendimento.
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Paul Seixas, durante la Liegi-Bastogne-Liegi, il 26 aprile 2026.
Il «ragazzino» è l’unico a stare sulla ruota dell’«orco» Tadej Pogacar,
quasi fino alla fine… e arriva secondo.
Una nuova impresa da record.
TAPPA 5
STRADISTA, SCALATORE,
TROVARE L’EQUILIBRIO
DI > Jeannie Longo, campionessa olimpica,
13 volte campionessa del mondo Elite
« CIÒ CHE È SORPRENDENTE,
È LA SUA CAPACITÀ DI RESISTERE A LUNGO,
DI ANDARE PIÙ LONTANO, PIÙ FORTE. »
- Jeannie Longo
Paul Seixas è un grande motore e un tenace. Non è un o specialista delle cronometro, perché è piuttosto esile, anche se è in grado di sprigionare molta potenza. Non è nemmeno un scalatore puro, ultraleggero, aereo. Ciò non gli impedisce di essere, già ora, uno dei migliori al mondo in entrambe le specialità. Nei grandi giri potrà sperare di guadagnare tempo nelle prove contro il tempo e, in salita, è anche in grado di resistere agli attacchi, salendo a scatti, come abbiamo già visto contro Pogačar. Il suo rapporto peso/potenza è eccellente: è un equilibrio che è riuscito a trovare e che ora deve mantenere. Se vuole migliorare nella cronometro, rischia di dover mettere su un po’ di massa nelle cosce e quindi, in salita, di diventare un eccellente puncher, ma un po’ meno capace di distribuire lo sforzo in modo uniforme sulle salite lunghe. Se perde peso per migliorare le sue qualità di scalatore, potrebbe perdere in energia e potenza...
Sforzi costanti
Ciò che stupisce è la sua capacità di resistere a lungo, di spingersi oltre, di dare il massimo, di lottare. Noto che ha voglia di spingersi al limite, ed è bello da vedere. Attenzione però: il fisico di un ciclista è come una macchina, si usura. Se oggi riesce a concatenare lunghe distanze, e gli piace farlo, non deve lasciarsi ingannare, non deve voler fare troppo, troppo presto, a rischio di crollare. Non credo che succederà, ma a volte dovrà dosare il suo ardore e le sue ambizioni. È questo che mi preoccupa un po’ per il Tour de France. Affrontare gare lunghe una dopo l’altra: in autunno ha dimostrato di esserne capace, ma qui si tratterà di farlo ogni giorno per tre settimane, con tappe che partono a razzo, una concentrazione da mantenere costante quando si punta alla classifica generale, sollecitazioni continue, controlli… A 19 anni è rischioso, deve prima imparare.»
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TAPPA 6
PERFEZIONARE
LA TECNICA
DI > Cyrille Guimard, ex corridore
e direttore sportivo
In sella a una bicicletta è come su una barca a vela, si tende a dimenticarlo. La posizione di Paul Seixas può essere migliorata. Quando avrà quella di Remco Evenepoel, sarà più forte. Il belga ha un fisico affusolato, scivola nell’aria. Non appena si solleva il busto, il coefficiente di penetrazione aumenta. Paul Seixas è ancora troppo dritto, con il busto troppo alto per avere una posizione davvero ottimale.
È un aspetto su cui migliorare, ma, dal punto di vista tecnico, è già ben consolidato. In salita è più efficace che elegante, ma il suo ciclo di pedalata è ottimo: ha una pedalata economica, non spreca watt inutilmente. È armonioso, non ci sono intoppi. Il ciclocross lo ha aiutato in questo: bisogna evitare lo slittamento, quindi pedalare in modo fluido. Questa disciplina gli ha anche permesso di sviluppare tutte le qualità necessarie. Ciò richiede di lavorare su intensità molto elevate, massime, che favoriscono lo sviluppo fisiologico e biologico. E, naturalmente, un ciclocrossista ha meno problemi di traiettoria nelle discese. Deve consolidare la sua base tecnica. Fare esperienza, familiarizzare con i diversi percorsi, ma anche con il nervosismo di un gruppo. A 19 anni si sta ancora imparando il mestiere, deve essere paziente, e lo stesso vale per chi lo circonda. Il talento non va bruciato, ma psicologicamente bisogna stare attenti.
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TAPPA 7
CONQUISTARE
LE CLASSICHE
DI > Audrey Cordon-Ragot,
doppia campionessa di Francia su strada
È evidente: il suo percorso nelle categorie giovanili fa sì che Seixas possa adattarsi a tutti i terreni. Il ciclocross gli ha fornito un bagaglio tecnico. Dal punto di vista fisiologico, possiede tutte le qualità di un corridore completo, cosa che sta diventando rara in un gruppo in cui tutti i corridori si specializzano. Non c’è motivo per cui non debba vincere sia le gare di tre settimane sia le Monumento. Pogačar sta dimostrando, dopo diversi anni in cui nessun corridore dei grandi giri partecipava alle classiche, che è possibile prepararsi per entrambe le competizioni e vincere.
Tutto per avere successo
Ha aperto la strada, e sono sicura che questo abbia eliminato alcune barriere mentali per Seixas. Lo abbiamo già visto al Giro di Lombardia (7° nel 2025) e alla Liegi-Bastogne-Liegi (2° nel 2026), dove ha dimostrato di essere pronto a puntare alla vittoria, grazie alla sua grande resistenza. Il livello che ha mostrato alla «Doyenne», una gara lunga e logorante che richiede molta esperienza e resistenza, fa presagire grandi cose. Paul ha espresso più volte la volontà di mettersi alla prova sul pavé, penso che riuscirà a dare il meglio anche là. Quando si vede quanto è a suo agio nelle discese dai passi, che richiedono impegno e tecnica, come nelle Fiandre, non vedo i punti deboli che gli impedirebbero di avere successo.»
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TAPPA 8
CONQUISTARE IL SUO PUBBLICO
DI > Didier Wampas, cantante,
autore delle canzoni «Rimini» e «Jalabert»
Per molto tempo siamo stati così delusi da corridori che immaginavamo avessero il potenziale per vincere il Tour che preferisco mantenere la calma. Ma con Seixas è più difficile: è già a un livello altissimo. Ha tutto ciò che serve per farsi amare dal pubblico. Già ora tutti sono a conoscenza di questo fenomeno. Anche chi non ne sa niente me ne parla. Anche la personalità conta molto per diventare un’icona. Lui è un ragazzo che sembra simpatico, spontaneo, interessante quando analizza le sue gare. Il suo video in cui annuncia ai nonni che parteciperà al Tour è bellissimo.
E porta una ventata di freschezza in un momento in cui Pogačar vince tutto. Ora, quando guardo le gare, mi dico: «Tutti tranne lui»! Lui e la sua squadra dominano tutto, le gare sono già scritte in anticipo, è noioso. Beh, forse un giorno Paul Seixas dominerà il gruppo allo stesso modo, ma siccome è francese, non è la stessa cosa, saremmo in malafede! Se un giorno vincesse il Tour, per di più con una squadra francese, sarebbe fantastico. Speriamo non vada alla UAE, sarebbe la cosa peggiore. Per tutti gli appassionati di ciclismo: vogliamo che sia contro Pogi, non che gli faccia da traino. È anche questo che può costruirne la leggenda. C’è un giovane tedesco che ha scritto una canzone su questo (Paul Seixas, Please Don’t Sign for UAE, dei Killow – N.d.R.), la adoro, ce l’ho in testa da un mese.
(*) L'espressione francese "350 bornes" significa "350 chilometri". Nel gergo colloquiale francese, la parola borne indica la pietra miliare posizionata lungo le strade (storicamente usata per segnare le distanze). Nel linguaggio di tutti i giorni è quindi diventata il sinonimo più comune per chilometro.

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