Tour de France : Tadej Pogačar et sa belle partie de solitaire


G. Fuentes. Reuters 
Pogačar lors de sa victoire mardi.

15 Jul 2026 - Libération
Libé.fr

L’ogre Tadej Pogačar a toujours faim. Il dévore les petits cyclistes comme si c’étaient des Dragibus. 
Dès le début de la dixième étape qui reliait mardi Aurillac et Lioran (Cantal), et l’interdiction faite à son coéquipier d’UAE Emirates XRG Brandon McNulty de prendre l’échappée, le peloton a vite compris. Le Slovène voulait un troisième bouquet en cette édition 2026 et une revanche sur Jonas Vingegaard qui l’avait vaincu au Lioran en 2024. A ce titre, à 38 kilomètres de l’arrivée, il n’y avait plus aucun aventurier du matin à l’avant. L’Equatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) tentait bien de rallumer la mèche 2 kilomètres plus tard dans le Puy Mary. Courageux, il partait seul mais son destin était celui d’une balle de jokari rêvant de liberté : vouée à revenir à son socle.

A ce compte-là, on prenait de caresser les vaches salers, de monter le son de la voiture au passage d’I Will Survive sur Nostalgie ou de souffler d’admiration devant les monts du Cantal. Puis la DecathlonCMA CGM de Paul Seixas accélérait, surprenant Pogi et son empire. Un frisson de plaisir traversait les journalistes regroupés dans la patinoire du Lioran, petit bijou architectural. Pendant le début du col de Perthus, UAE Emirates XRG paraissait bousculée, un peu. Un mirage. A 2 kilomètres du sommet du col, Tadej Pogacar décidait de partir. Personne ne le suivait. Tous explosaient, particulièrement son coéquipier Isaac Del Toro. On comprenait que sa méforme du jour avait dû retarder l’attaque du Slovène. En quelques instants, le maillot jaune rattrapait Richard Carapaz, toujours à l’avant. Le quadruple vainqueur du Tour le dépassait sans un regard. «Aujourd’hui c’était une journée incroyable, racontait le gagnant sur la ligne. Et l’atmosphère était incroyable. Il y avait tellement de public, je n’entendais rien dans la radio. Les 10 derniers kilomètres, je n’avais aucune idée de mon avance. Tout ce que j’avais en tête, c’était d’y aller à fond jusqu’au bout.»

La journée a été riche d’enseignements. La lutte pour le podium s’est légèrement décantée. Derrière Pogacar, un petit groupe s’est détaché : Jonas Vingegaard (VismaLease a Bike), Florian Lipowitz, Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe)Juan Ayuso, Mattias Skjelmose (Lidl Trek) et l’épatant Paul Seixas.

Quentin Girard Envoyé spécial sur le Tour 
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