Maître des lieux
Monstre de technique, Tadej Pogacar
s’est imposé pour neuf centièmes hier à Monaco.
Alors qu’il avait annoncé une approche prudente de cette Vuelta en vue des objectifs automnaux, Tadej Pogacar a déjà pris le maillot rouge, en démonstration technique sur un prologue monégasque dangereux mais dont il connaissait les routes par coeur.
«Je n’ai pas vu qui a bien terminé ou non mais
de toute façon ce n’est pas un bon indicateur
de qui sera sur le podium à la fin.
On verra sur la 4e étape en Andorre
qui seront mes principaux rivaux»
- TADEJ POGACAR, MAILLOT ROUGE
23 Aug 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
MONACO – Sous la lumière rouge du soleil rasant les contreforts rocheux qui confinent Monaco, Tadej Pogacar s’est élancé à toute berzingue depuis l’intérieur faste du bâtiment emblématique de Monte-Carlo où il hésitait à passer une tête sur le chemin du retour. « Je ne gagne pas beaucoup de contre-la-montre, ça avait aussi été très serré avec ( Mathieu) Van der Poel au Tour de Suisse (quatre dixièmes), je suis un gars chanceux, peut-être que je devrais m’arrêter au casino sur la route » , a-t-il blagué après avoir bouclé ce prologue de la Vuelta en 10’57’’, moins d’un dixième plus vite qu’Ethan Hayter (Soudal-Quick Step), ce qui lui permet déjà de se parer du maillot de leader.
Sa survie dans les virages à une allure supérieure aux voitures de luxe qui se pavanent d’ordinaire dans la Principauté – 51,5 km/h de moyenne sur 9,4 km – n’augure pas pour autant de sa réussite aux jeux de hasard. Elle est le fruit d’une gestion au millimètre sur des routes qu’il emprunte « tous les jours sur le vélo ou à pied » . « Il n’a pas pris de risques inutiles » , a insisté son manager Mauro Gianetti, rejetant ainsi la contradiction avec les propos de Pogacar avant cette Vuelta, qui voulait courir avec intelligence pour ne pas se cramer.
« Je veux juste bien commencer pour sentir la course, je n’y vais pas en pensant que ce prologue est pour moi, je vais juste voir ce que ça donne » , avait-il dit. « Il a été très précis, c’était proche de la perfection dans les trajectoires, on était ébahis, a décrit son directeur sportif Fernandez Matxin. Il connaissait les virages, comment se placer dans les descentes, la fin du parcours était toute proche de chez lui. »
Certaines performances adverses confirment la prouesse technique du résident monégasque et l’avantage de sa connaissance absolue du terrain. « Ça se rapproche d’un effort de cyclo-crossman même si on va quand même beaucoup plus vite » , a noté Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM), champion du monde juniors dans les sous-bois en 2023 et surprenant 6e du chrono hier. Deux places devant lui, l’épatant Callum Thornley (Red Bull-BORA-hansgrohe) expliquait aussi avoir réalisé six reconnaissances du parcours et pointait son expérience de vététiste.
La technicité des circonvolutions autour des barres de béton luxueuses jusqu’aux yachts du port Hercule – en passant par des lieux atypiques pour une course de vélo comme ce chapiteau du cirque de Monte-Carlo, l’avenue en surplomb d’une plage artificielle ou le tunnel mythique du Grand Prix de Formule 1 – n’a pas plu à tout le monde. « Sur sa dernière portion, ce parcours est trop à la limite de ce qui est possible sur un chrono » , avait pointé Wout Van Aert deux jours avant de prendre la 8e place de ce prologue. « Il a juste à aller plus lentement dans les virages » , l’avait chambré en rigolant Pogacar, dont la performance va au-delà du pilotage puisque ses relances impressionnantes et ce sprint sur les 300 derniers mètres témoignent d’une certaine fraîcheur.
« Je n’ai pas vu qui a bien terminé ou non mais de toute façon ce n’est pas un bon indicateur de qui sera sur le podium à la fin, a-t-il nuancé. On verra sur la 4e étape en Andorre (mardi) qui seront mes principaux rivaux. » Maillot rouge avec 22’’ d’avance sur un Primoz Roglic de retour de blessure, 29’’ sur Mattias Skjelmose qui n’a jamais couru deux grands Tours la même saison, et le reste des outsiders (Richard Carapaz, Felix Gall, Oscar Onley) tous repoussés à plus de 30 secondes, le leader d’UAE Emirates- XRG a déjà pris une sérieuse option sur le général.
Son staff refuse de l’économiser en vue de l’automne – « il faut d’abord penser à gagner cette Vuelta avant de songer aux objectifs d’après » (Matxin) – mais il semble qu’une approche plus conservatrice ces prochains jours et sur l’ensemble des trois semaines est envisagée pour assurer au moins son sacre à Grenade. « Demain ( aujourd’hui), il y a déjà de grandes chances que je perde le rouge avec une échappée ou une arrivée au sprint » , a prévenu Pogacar, qui pourrait être dépassé par Van Aert (pointé à 9’’) en cas de victoire du Belge à Manosque.
« Porter le poids du maillot rouge du premier au dernier jour n’est pas vraiment nécessaire, a annoncé Gianetti. Il y aura beaucoup d’étapes intermédiaires piégeuses, certaines avec du vent. » Après cette démonstration du Slovène, qui, sur les lignes droites, a découpé l’air au bruit doux mais puissant d’une pale d’éolienne, on se dit quand même qu’il ne craint pas grand chose dans des bordures.
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Autentico maestro della tecnica, Tadej Pogačar
si è imposto ieri a Monaco con un vantaggio di (appena, ndr) nove centesimi.
Padrone di casa
Pur avendo annunciato un approccio prudente a questa Vuelta in vista degli obiettivi autunnali (tris Mondiale e sesto Lombardia consecutivi, ndr), Tadej Pogačar ha già conquistato la maglia rossa, dando una dimostrazione di tecnica in un prologo monegasco insidioso, ma di cui conosce le strade a memoria.
«Non ho visto chi è arrivato bene e chi no,
ma in ogni caso non è un buon indicatore
di chi salirà sul podio alla fine.
Vedremo nella quarta tappa, in Andorra,
chi saranno i miei principali rivali»
- TADEJ POGAČAR, MAGLIA ROSSA23 agosto 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
MONACO – Sotto la luce rossa del sole che sfiorava le pendici rocciose che circondano Monaco, Tadej Pogačar è partito a tutta velocità dallo sfarzoso interno dell'edificio simbolo di Monte-Carlo, dove aveva esitato a fare capolino sulla via del ritorno. «Non vinco molte prove a cronometro, ed era stata una gara molto serrata anche con (Mathieu) van der Poel al Giro di Svizzera (quattro decimi), sono un ragazzo fortunato, forse dovrei fermarmi al casinò lungo la strada» , ha scherzato dopo aver completato questo prologo della Vuelta in 10’57’’, meno di un decimo più veloce di Ethan Hayter (Soudal-Quick Step), il che gli permette già di indossare la maglia di leader.
Il fatto che riesca a destreggiarsi nelle curve a una velocità superiore a quella delle auto di lusso che solitamente sfoggiano il loro fascino nel Principato – una media di 51,5 km/h su 9,4 km – non è però indice del suo successo nei giochi d’azzardo. È il risultato di una gestione millimetrica su strade che percorre «ogni giorno in bicicletta o a piedi». «Non ha corso rischi inutili», ha sottolineato il suo general manager (Alla UAE Emirates XRG, ndr) Mauro Gianetti, respingendo così la contraddizione con le dichiarazioni dello stesso Pogačar prima di questa Vuelta, stando alle quali vorrebbe correre con intelligenza per non esaurirsi.
«Voglio solo partire bene per prendere le misure alla gara, non ci arrivo pensando che questo prologo sia fatto apposta per me, voglio solo vedere come andrà», aveva detto. «È stato molto preciso, quasi perfetto nelle traiettorie, siamo rimasti sbalorditi», ha descritto il suo direttore sportivo Fernández Matxín. «Conosceva le curve, sapeva come posizionarsi nelle discese; la fine del percorso era vicinissima a casa sua».
Alcune prestazioni degli avversari confermano l’abilità tecnica del corridore monegasco (di adozione, ndr) e il vantaggio derivante dalla sua assoluta conoscenza del terreno. «Si avvicina allo sforzo di un corridore di ciclocross, anche se si va comunque molto più veloci», ha osservato Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM), campione del mondo juniores nella specialità nel 2023 e sorprendente sesto nella cronometro di ieri. Due posizioni davanti a lui, lo straordinario Callum Thornley (Red Bull-BORA-hansgrohe) ha spiegato a sua volta di aver effettuato sei ricognizioni del percorso, sottolineando la sua esperienza come mountain biker.
La complessità del percorso, che si snoda attorno alle lussuose colonne di cemento fino agli yacht del porto di Hercule – passando per luoghi insoliti per una gara ciclistica come il tendone del circo di Monte-Carlo, il viale che sovrasta una spiaggia artificiale o il mitico tunnel del Gran Premio di Formula 1 – non è piaciuta a tutti. «Nell’ultimo tratto, questo percorso è troppo al limite di ciò che è possibile fare in una prova a cronometro», aveva sottolineato Wout Van Aert due giorni prima di conquistare l’ottavo posto in questo prologo. «Deve solo andare più piano nelle curve», lo aveva preso in giro ridendo Pogačar, la cui prestazione + andata oltre la semplice (abilità di) guida, poiché le sue impressionanti accelerazioni, e lo sprint negli ultimi 300 metri, testimoniano una certa freschezza.
«Non ho visto chi abbia chiuso bene e chi no, ma in ogni caso non è un buon indicatore di chi salirà sul podio alla fine», ha precisato Pogačar. «Vedremo nella quarta tappa, in Andorra (martedì), chi saranno i miei principali rivali». Maglia rossa con 22’’ di vantaggio su un Primož Roglič reduce da un infortunio, 29'' su Mattias Skjelmose, che non ha mai corso due grandi Giri nella stessa stagione, e il resto degli outsider (Richard Carapaz, Felix Gall, Oscar Onley), tutti distanziati di oltre 30 secondi, il leader della UAE Emirates-XRG ha già messo una seria ipoteca sulla classifica generale.
Il suo staff si rifiuta di risparmiarlo in vista dell’autunno – «bisogna prima pensare a vincere questa Vuelta prima di pensare agli obiettivi successivi» (Matxín) – ma sembra che nei prossimi giorni e nell’arco delle tre settimane sia previsto un approccio più prudente per assicurargli almeno la vittoria finale a Granada. «Domani (oggi), ci sono già buone probabilità che io perda la maglia rossa con una fuga o un arrivo in volata», ha avvertito Pogačar, che potrebbe essere superato da Van Aert (a 9’’) in caso di vittoria del belga a Manosque.
«Non è proprio necessario portare il peso della maglia rossa dal primo all’ultimo giorno», ha dichiarato Gianetti. «Ci saranno molte tappe intermedie insidiose, alcune con il vento». Dopo questa dimostrazione dello sloveno, che sui rettilinei ha tagliato l’aria con il rumore sommesso ma potente di una pala eolica, viene comunque da pensare che non abbia molto da temere nei tratti con vento laterale.
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