La dernière échappée de Laurent Fignon
Reconnaissance de Paris-Roubaix 1989.
Le cycliste français, double vainqueur du Tour de France, estmort d’un cancer hier à Paris. Il avait 50 ans.
1 Sep 2010 - Libération
Par JEAN-LOUIS LETOUZET
Penser à la retraite quand on est coureur cycliste est une vraie destinée de bagnard. C’est pourquoi le coureur cycliste se recycle souvent dans le commentaire. Fignon y excellait. Mais à la fin, pour être franc, on ne l’entendait plus. C’était comme un sifflement douloureux à l’antenne. Pourtant il a continué jusqu’au bout. Le seul remède à lamaladie était pour Fignon le surmenage. Affaibli par le cancer du pancréas qui avait été diagnostiqué l’an dernier au moment même où sortait son livre coécrit avec Jean-Emmanuel Ducoin: Nous étions jeunes et insouciants. Le double vainqueur du Tour a continué à commenter l’épreuve pour France 2 et Europe 1. Pour lui la retraite sportive qu’il avait prise en 1993 tuait son homme. Mais c’est le cancer qui l’a eu, hier. Fignon, vu l’an passé à l’occasion de la sortie de son livre, racontait que sa santé de fer lui avait permis de faire carrière dans ce sport ingrat et pénible. Jamais malade, jamais un rhume. «Juste un ver solitaire» , se marrait-il. Oui, mais un ver digne d’un double vainqueur du Tour : «Deux mètres! Je croyais que j’avais perdu mes boyaux. J’ai tiré dessus, mais il a cassé.» La mort de Fignon ferme aussi la porte sur un monde qui n’était pas totalement à l’époque sous EPO, sous sang oxygéné et hormones de croissancemais quimarchait tantôt aux pastilles bleues tantôt aux rouges. Un monde folklorique et follement drôle où on lavait son linge en famille avec les slips et les chaussettes dans la baignoire sabot à l’Hôtel des Voyageurs. Quand on lui posait la question sur la possible corrélation entre prise d’amphétamines et son cancer Fignon avait l’honnêteté de répondre qu’il ne « savait pas » mais pensait que «non, il n’y avait pas de lien: et puis je ne suis pas médecin…»
GÉANT. Sa belle carrière débute par une victoire sur un vélo demarque Vigneron dans le Grand Prix de la tapisserie Mathieu à Vigneux-sur-Seine. Cela ne pouvait être que la marque d’un géant de la petite reine. On connaît la suite. Deux Tour de France : 1983-1984. Un Giro : 1989. Et deux Milan-San Remo. Difficile de passer sous silence les huit secondes qui le séparent sur les Champs en 1989 de Greg LeMond qui remporte le Tour. LeMond était hier bouleversé : «C’est un mec qui ne parlait pas beaucoup, un homme privé, mais aussi un homme qui avait une forte tête. Je l’aimais bien, il était honnête avec lui-même. Pourmoi, il était un des meilleurs coureurs des 35, 40 dernières années. En 1989, moi, sur le podium, jeme sentaismal pour lui.» Fignon, lui, n’en reparlait pas de ces huit secondes. Il haussait les épaules et passait à autre chose. Les témoignages ont afflué hier. Celui d’André Gallopin, aujourd’hui chez RadioShack, et qui fut un de ses proches, est fort touchant : «Il a été noble jusqu’au bout, comme il l’a toujours été. Il a donné tout ce qu’il pouvait. Ilm’avait dit: “De toute façon, je n’ai pas peur demourir.”». C’est aussi ce que disait Fignon il y a un an au retour de sa première chimio: «Je ne suis pas abattu. Je n’ai pas fondu en larmes en l’apprenant. Maintenant je vais me battre comme je l’ai toujours fait sur le vélo.» Fignon était l’un de nos grands stylistes. En selle, mais aussi devant le micro. Il a toujours livré une analyse très fine de la course avec parfois des pudeurs parfois agaçantes quand il s'agissait d'évoquer le dopage s'emportant contre les calculs de puissance, méthode indirecte pour confondre les dopés, mais qui, selon lui ne démontrait «que la malhonnête intellectuelle de leurs auteurs.»
PAS COMMODE. Dans son livre il s'était peint sans rajouts et sans apporter de corrections. «Ce qui m'avait animé dans ce projet de livre c'est la sincérité que je voulais y apporter. Juste rapporter les faits tels qu'ils se sont produits.» En ce sens, le portrait qu'il donnait de lui-même lui était ressemblant. Fignon passait pour orgueilleux, pas commode, parfois déplaisant. Tout est vrai. D'ordinaire, les confessions sont sans noblesse. Lui n'a jamais encaustiqué le passé. Comme s'il avait déjà tiré le cordon du poêle il s'est mis à égratigner les coureurs français sur le dernier Tour de France avec un humour vache. Ces derniers en étaient tout congestionnés de rage. Et ça le faisait marrer. Puis il s'est éclipsé. Coupant le téléphone. Ne répondant que fin août à son biographe Jean-Emmanuel Ducoin: «Ne t'inquiète pas, il n'y a pas de peur à avoir.» Pour Ducoin, «Laurent a voulu couper certains ponts pour ne pas donner à voir l'image d'un homme au physique dégradé. Fignon était un esprit libre». Fignon c'était des jambes de feu et un vrai crâne de penseur. Les lunettes y firent beaucoup. L'ancien cycliste a toujours verrouillé sa porte: «Un taulier comme lui se devait de rester parfois à l'écart du groupe», se souvient Guimard que par ailleurs Fignon ne ménageait pas dans le livre: «Très grand directeur sportif mais humainement détestable.» Marc Madiot, directeur sportif de la FDJ, joint hier sur la Vuelta, fut l'un de ses coéquipiers chez Renault. Madiot évoque «un coureur doté d'une incroyable force de caractère qui rentrait dans la moulure et qui savait souffrir sur un vélo. Il ne lâchait rien. Je l'ai souvent montré en exemple à mes coureurs. Par la suite c'est peu dire qu'on n'était pas toujours d'accord avec ses commentaires sur les coureurs français mais l'homme était libre».
Fignon ne craignait pas Dieu qu'il connaissait mal, disait-il avec une ironie grinçante. Il faut prendre les choses comme elles sont: les champions cyclistes meurent aussi à 50 ans.
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«Tu sais Pierrot, je ne guérirai jamais»
Pierre-Henri Menthéour a été le coéquipier de Fignon au début de sa carrière professionnelle.
1 Sep 2010 - Libération
Pierre-Henri Menthéour, 50 ans, ancien coéquipier de Laurent Fignon chez Renault-Elf-Gitane en 1984, revient sur un homme qui a incarné, selon lui et sans doute plus que les autres, la famille du cyclisme. «Laurent a surtout été un champion qui amarqué la fin du cyclisme d’après-guerre. Nous nous sommes rencontrés au bataillon de Joinville en 1979. Déjà Laurent détonnait avec les autres. Issu d’un milieu ouvrier “supérieur” [son père était chef d’atelier, ndlr], Laurent Fignon était le seul à pouvoir dire qu’il avait fait une année de fac. Mais il n’a jamais eu à subir demarginalisation de la part du groupe et était considéré commemembre à part entière de la famille du vélo. Il avait cette forme de réflexion différente de la nôtre. Beaucoup étaient insouciants de ce qui se passait dans le vélo, lui, même à 19 ans, était déterminé dans la volonté de réussir dans le vélo. A l’époque quand on le voyait sur samachine, on savait que quelque chose allait arriver. Que l’on avait à faire à un champion. «Il était le dernier coureur d’une certaine époque, et le dernier grand avant l’arrivée de l’EPO. Dans le milieu, tout le monde s’est dopé, avant, après... Peu importe et puis faut-il s’être dopé pour avoir un cancer? Chez Laurent, ce qui se voyait le plus c’est cette force mentale supérieure à la moyenne. Il savait exactement ce qu’il faisait. D’ailleurs, même après sa carrière, Laurent a continué à affronter les événements de la vie y compris samaladie en combattant, comme un vainqueur. «En 1984, lorsqu’il a gagné le Tour de France, notre équipe avait remporté 12 ou 13 étapes. Il aimait s’amuser après chaque victoiremais gardait toujours les pieds sur terre. Il pensait toujours à sa carrière, tel un vrai champion avec un vraimental. En revanche, il ne m’a jamais parlé de sa défaite face à LeMond sur les Champs Elysées. C’est quelque chose qu’il a préféré garder pour lui. «Après ces années-là, on s’est un peu perdu de vue. On ne s’est rapprochés que plus tard, notamment lors de ces rendez-vous annuels près de Venise chez Marcel Tinazzi [ancien coureur professionnel français qui a terminé sa carrière en 1985 en temps que coéquipier de Sean Kelly chez Fagor, ndlr]. Chez Marcel se retrouvaient pas mal d’anciens coureurs, des Chiappucci ou De Vlaminck... L’an dernier, je n’ai pas pu m’y rendre, mais je sais que lorsqueMarcel lui a donné rendez-vous dans un an, Laurent a répondu: “L’an prochain je ne serai plus là!”. Laurent savait qu’il ne sortirait pas. D’ailleurs un jour il m’avait dit: “Tu sais Pierrot, je ne guérirai jamais...” «Je n’ai pas compris pourquoi il a commenté sur France Télévisions cet été. Je crois qu’il l’a fait pour lui et la chaîne le savait car, pour lui, le vélo était désormais hors de sa pensée. Il ne restait que sa maladie. Il aura voulu faire un dernier baroud d’honneur. Il nousmanquera et on oubliera, comme pour Pascal Jules ou Christian Corre, deux de nos coéquipiers de l’époque. Mais que c’est dur. C’est une partie de ma jeunesse qui est partie avec lui. Voir mourir quelqu’un à cet âge-là, c’est comme si on voyait sa propre mort.»
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REPÈRES
Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France en 1985, soit juste après Laurent Fignon, se souvient d'un combattant. «Je suis très touché. Il se battait pour la victoire comme moi, mais on menait toujours une lutte honnête, correcte. Là encore il s'est battu mais, il n'a pas gagné».
Lundi matin, Alain Gallopin, ancien kinésithérapeute personnel de Laurent Fignon pendant plusieurs années et aujourd'hui directeur sportif de RadioShack, était à son chevet. Il sentait que son ami se battait encore, qu'il demandait des renseignements sur le traitement subi. «En suite, son état s'est détérioré, il a décroché. Mardi matin, on sentait que c'était fini» a-t-il déclaré. L'ancien champion s'est éteint à 12 heures 30 à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris.
«C'était un coureur avisé avec du caractère.
Un franc-tireur avec un franc-parler et la certitude,
parfois agaçante, d'avoir toujours raison.
C'était Fignon.»
- Jean-Marie Leblanc ancien journaliste
à l'Equipe puis directeur du Tour de France
3 - C'est le nombre de grands Tours remportés par le coureur parisien. Fignon a gagné deux Tours de France (83 et 84) et un Giro (89), année où il réalisera le doublé dans Milan-San Remo.
«Laurent Fignon était un ami cher et un cycliste de légende.
Tu vas nous manquer, Laurent.»
- Lance Armstrong sur Twitter
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Ricognizione della Parigi-Roubaix del 1989.
L'ultima fuga di Laurent Fignon
Il corridore francese, due volte vincitore del Tour de France, è morto ieri a Parigi a causa di un tumore. Aveva 50 anni.
1 settembre 2010 - Libération
di JEAN-LOUIS LETOUZET
Pensare alla pensione quando si è un corridore è una vera condanna. Ecco perché spesso si riconvertono nel ruolo di commentatori. Fignon in questo eccelleva. Alla fine però, a dirla tutta, non lo si sentiva più. Era come un doloroso fischio in onda. Eppure, ha continuato fino alla fine. L’unico rimedio alla malattia era, per Fignon, il superlavoro. Indebolito dal cancro al pancreas che gli era stato diagnosticato l’anno scorso proprio nel momento in cui usciva la sua autobiografia scritta con Jean-Emmanuel Ducoin: «Eravamo giovani e spensierati». Il due volte vincitore del Tour ha continuato a commentare la gara per France 2 ed Europe 1. Per lui il ritiro dallo sport, avvenuto nel 1993, lo stava uccidendo. Ma ieri è stato il cancro ad averla vinta. Fignon, visto l’anno scorso in occasione dell’uscita del suo libro, raccontava che la sua salute di ferro gli aveva permesso di fare carriera in questo sport ingrato e faticoso. Mai malato, mai un raffreddore. «Solo un verme solitario», scherzava. Sì, ma un verme degno di un due volte vincitore del Tour: «Due metri! Credevo di aver perso l’intestino. Ho tirato, ma si è spezzato». La morte di Fignon chiude anche le porte su un mondo che all’epoca non era ancora completamente dominato dall’EPO, dal sangue ossigenato e dagli ormoni della crescita, ma che funzionava a volte con le pastiglie blu e a volte con quelle rosse. Un mondo pittoresco e follemente divertente, dove si lavava il bucato in famiglia, con mutande e calzini nella vasca da bagno dell’Hôtel des Voyageurs. Quando gli veniva chiesto del possibile nesso tra l’assunzione di amfetamine e il suo cancro, Fignon aveva l’onestà di rispondere che «non lo sapeva», ma pensava che «no, non ci fosse alcun nesso: e poi non sono un medico…»
UN GIGANTE. La sua splendida carriera iniziò con una vittoria su una bicicletta del marchio Vigneron nel Grand Prix de la tapisserie Mathieu a Vigneux-sur-Seine. Non poteva che essere il segno distintivo di un gigante del ciclismo. Il resto lo conosciamo. Due Tour de France: 1983-1984. Un Giro: 1989. E due Milano-Sanremo. Difficile non menzionare gli otto secondi che lo separarono, sugli Champs-Élysées nel 1989, da Greg LeMond, vincitore del Tour. LeMond ieri era commosso: «Era un tipo che non parlava molto, un uomo riservato, ma anche dal carattere forte. Mi stava simpatico, era onesto con se stesso. Per me era uno dei migliori corridori degli ultimi 35, 40 anni. Nel 1989, io, sul podio, mi sentivo male per lui». Fignon, dal canto suo, non ne parlava più di quegli otto secondi. Alzava le spalle e passava ad altro. Ieri sono arrivate numerose testimonianze. Quella di André Gallopin, oggi alla RadioShack e che era uno dei suoi più stretti collaboratori, è davvero commovente: «È stato nobile fino alla fine, come è sempre stato. Ha dato tutto quello che poteva. Mi aveva detto: “In ogni caso, non ho paura di morire.”». È quello che diceva anche Fignon un anno fa, al ritorno dalla sua prima seduta di chemioterapia: «Non sono abbattuto. Non sono scoppiato in lacrime quando l’ho saputo. Ora lotterò, come ho sempre fatto in sella alla bicicletta». Fignon era uno dei nostri grandi interpreti. In sella, ma anche davanti al microfono. Ha sempre fornito un’analisi molto accurata della gara, con una riservatezza a volte fastidiosa quando si trattava di parlare di doping, scagliandosi contro i calcoli di potenza, metodo indiretto per smascherare i dopati, ma che, secondo lui, dimostrava «solo la disonestà intellettuale di chi li elaborava».
NON FACILE. Nel suo libro si era descritto senza abbellimenti e senza apportare correzioni. «Ciò che mi ha animato in questo progetto editoriale è stata la sincerità che volevo infondervi. Semplicemente riportare i fatti così come si sono verificati.» In questo senso, il ritratto che dava di se stesso gli somigliava. Fignon era considerato orgoglioso, scomodo, a volte sgradevole. È tutto vero. Di solito, le confessioni sono prive di nobiltà. Lui non ha mai edulcorato il passato. Come se avesse già tirato la cordicella della stufa, ha iniziato a prendere in giro i corridori francesi dell’ultimo Tour de France con un umorismo tagliente. Questi ultimi erano tutti infuriati. E questo lo faceva ridere. Poi, è sparito, spegnendo il telefono. Ha risposto solo a fine agosto al suo biografo Jean-Emmanuel Ducoin: «Non preoccuparti, non c’è nulla da temere». Per Ducoin, «Laurent ha voluto tagliare alcuni ponti per non mostrare l’immagine di un uomo fisicamente logoro. Fignon era uno spirito libero». Fignon era gambe di fuoco e una mente da autentico pensatore. Gli occhialini hanno fatto la differenza. L’ex corridore ha sempre tenuto la porta chiusa: «Un pezzo grosso come lui doveva a volte tenersi in disparte dal gruppo», ricorda [Cyrille, ndr] Guimard, che peraltro Fignon non ha risparmiato nel libro: «Un grande direttore sportivo, ma umanamente detestabile». Marc Madiot, direttore sportivo della FDJ, raggiunto ieri alla Vuelta, è stato uno dei suoi compagni di squadra alla Renault. Madiot lo descrive come «un corridore dotato di un’incredibile forza di carattere, che sapeva adattarsi alle circostanze e soffrire in sella. Non mollava mai. L’ho spesso citato come esempio ai miei corridori. In seguito, è poco dire che non sempre eravamo d’accordo con i suoi commenti sui corridori francesi, ma quell’uomo era libero».
Fignon non aveva timor di Dio, che conosceva male, diceva con ironia tagliente. Bisogna prendere le cose come stanno: anche i campioni del ciclismo possono morire a 50 anni.
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«Sai, Pierrot, non guarirò mai»
Pierre-Henri Menthéour è stato compagno di squadra di Fignon all’inizio della sua carriera da professionista.
1 settembre 2010 - Libération
Pierre-Henri Menthéour, 50 anni, ex compagno di squadra di Laurent Fignon alla Renault-Elf-Gitane nel 1984, ricorda un uomo che, secondo lui e senza dubbio più di altri, ha incarnato lo spirito della famiglia del ciclismo. «Laurent è stato soprattutto un campione che ha segnato la fine del ciclismo del dopoguerra. Ci siamo conosciuti al battaglione di Joinville nel 1979. Già allora Laurent spiccava rispetto agli altri. Proveniente da un ambiente operaio “di livello superiore” [il padre era capofficina, ndr], Laurent Fignon era l’unico a poter dire di aver frequentato un anno di università; ma non ha mai subito emarginazione da parte del gruppo ed era considerato un membro a pieno titolo della famiglia del ciclismo. Aveva un modo di ragionare diverso dal nostro. Molti erano disinteressati a ciò che accadeva nel ciclismo, lui, anche a 19 anni, era determinato a far carriera nel ciclismo. All’epoca, quando lo vedevamo in sella alla sua bici, sapevamo che sarebbe successo qualcosa. Che avevamo a che fare con un campione. «È stato l’ultimo corridore di una certa epoca, e l’ultimo grande prima dell’avvento dell’EPO. Nel ciclismo, tutti si sono dopati, prima, dopo... Ma non importa, e poi bisogna per forza essersi dopati per avere il cancro? Ciò che spiccava di più, in Laurent, era quella forza mentale superiore alla media. Sapeva esattamente cosa stava facendo. Del resto, anche dopo la sua carriera, Laurent ha continuato ad affrontare gli eventi della vita, compresa la sua malattia, lottando da vincente. «Nel 1984, quando vinse il Tour de France, la nostra squadra aveva conquistato 12 o 13 tappe (in realtà 9, ndr *). Gli piaceva divertirsi dopo ogni vittoria, ma manteneva sempre i piedi per terra. Pensava sempre alla sua carriera, da vero campione con un grande senso della realtà. In compenso, non mi ha mai parlato della sua sconfitta contro LeMond sugli Champs-Élysées. È qualcosa che ha preferito tenere per sé. «Dopo quegli anni, ci siamo un po’ persi di vista. Ci siamo riavvicinati solo più tardi, in particolare in occasione di quegli incontri annuali vicino a Venezia a casa di Marcel Tinazzi [ex corridore professionista francese che ha concluso la carriera nel 1985 come compagno di squadra di Sean Kelly alla Fagor, ndr]. A casa di Marcel si ritrovavano parecchi ex corridori, come Chiappucci o De Vlaminck... L’anno scorso non sono riuscito ad andarci, ma so che quando Marcel gli ha dato appuntamento tra un anno, Laurent ha risposto: “L’anno prossimo non ci sarò più!”. Laurent sapeva che non ce l’avrebbe fatta. Del resto, un giorno mi aveva detto: «Sai, Pierrot, non guarirò mai...» «Non ho capito perché quest’estate abbia commentato su France Télévisions. Credo l’abbia fatto per se stesso e che l’emittente lo sapesse, perché, per lui, il ciclismo era ormai fuori dei suoi pensieri. Gli era rimasta solo la sua malattia. Avrà voluto fare un ultimo tentativo d’onore. Ci mancherà e lo dimenticheremo, come è successo per Pascal Jules o Christian Corre, due dei nostri compagni di squadra di allora. Ma quanto è difficile. È una parte della mia giovinezza che se n’è andata con lui. Vedere morire qualcuno a quell’età è come vedere la propria morte.»
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NOTIZIE CHIAVE
Bernard Hinault, ultimo vincitore francese del Tour de France nel 1985, subito dopo Laurent Fignon, ricorda un combattente. «Sono molto commosso. Lottava per la vittoria come me, ma la nostra è stata sempre una lotta onesta, corretta. Anche in questo caso ha lottato, ma non ha vinto».
Lunedì mattina, Alain Gallopin, ex fisioterapista personale di Laurent Fignon per diversi anni e oggi direttore sportivo della RadioShack, era al suo capezzale. Sentiva che il suo amico stava ancora lottando, che chiedeva informazioni sulle cure a cui era sottoposto. «Poi le sue condizioni sono peggiorate, ha ceduto. Martedì mattina, si capiva che era finita», ha dichiarato. L’ex campione si è spento alle 12:30 all’ospedale della Salpêtrière a Parigi.
«Era un corridore accorto e di carattere.
Un anticonformista schietto e diretto, con la certezza,
a volte fastidiosa, di avere sempre ragione.
Era Fignon.»
- Jean-Marie Leblanc, ex giornalista
de L’Équipe e poi direttore del Tour de France
3 - È il numero di Grandi Giri vinti dal corridore parigino. Fignon ha vinto due Tour de France (1983 e 1984) e un Giro d’Italia (1989), anno in cui ha conquistato la doppietta alla Milano-Sanremo.
«Laurent Fignon è stato un caro amico e un corridore leggendario.
Ci mancherai, Laurent.»
- Lance Armstrong su Twitter
(*) Le 9 tappe (su 24, un prologo e 23 frazioni) vinte dalla Renault al Tour de France 1984:
- 2ª Bobigny > Louvroil Marc Madiot (FRA) Renault-Elf
- 3ª Louvroil > Valenciennes (Cronosquadre) Renault-Elf (FRA) Renault-Elf
- 7ª Alençon > Le Mans (Cronometro ind.) Laurent Fignon (FRA) Renault-Elf
- 8ª Le Mans > Nantes Pascal Jules (FRA) Renault-Elf
- 12ª Saint-Girons > Blagnac Pascal Poisson (FRA) Renault-Elf
- 13ª Blagnac > Rodez Pierre-Henri Menthéour (FRA) Renault-Elf
- 16ª Les Échelles > La Ruchère (Cronometro ind.) Laurent Fignon (FRA) Renault-Elf
- 18ª Bourg-d'Oisans > La Plagne Laurent Fignon (FRA) Renault-Elf
- 22ª Villié-Morgon > Villefranche (Cronometro ind.) Laurent Fignon (FRA) Renault-Elf
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