Coquard: « Comme une délivrance »


Bryan Coquard a remporté la 8e étape de la Vuelta 
samedi en devançant notamment Mads Pedersen au sprint.

Auteur de son premier succès sur un grand Tour à 34 ans, samedi sur la Vuelta, le sprinteur-puncheur de Cofidis revient sur cette longue quête et les perspectives ouvertes par sa réussite.

“J’ai les Jeux (2028 sur piste) en rêve, 
et maintenant pourquoi ne pas voir plus grand ?"

1 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

ALICANTE (ESP) – Le plus grand triomphe de sa carrière a quelque peu été éclipsé par l’abandon de Tadej Pogacar le même jour. « Pour moi ça ne change rien du tout, c’était tellement personnel » , évacue Bryan Coquard, qui chassait cette victoire sur un grand Tour depuis treize ans chez les professionnels.

Quarante-huit heures après le tumulte de cette 8e étape de la Vuelta, la journée de repos, ce lundi, a permis au leader de Cofidis (34ans) deraconter l’ivresse deXeraco, où il a dépassé Mads Pedersen à la photo-finish. « Tout s’est déroulé commeonl’avait prévu au briefing » , aintroduit Coquard, insistant d’abord sur le boulot de ses équipiers dont Alexis Renard, « l’un des meilleurs poissons-pilotes que je puisse avoir » . Avant de s’épancher sur la résonance de ce plafond de verrequ’il afini parbriser.

Bryan, qu’est-ce qui maintenait votre conviction de pouvoir un jour gagner sur un grand Tour?

Je ne voulais pas avoir de regret, c’ est ce qui m’ a tenu pendant toutes ces années. Évidemment, il y a eu des moments de doute, je commençais à me dire que, peutêtre, je n’ allais jamais lever mes bras sur un grand Tour. Mais j’ ai essayé de rester super professionnel, je suis compétiteur, j’ aime mon sport, mon métier… Je suis plus investi qu’ au premier jour. J’ai fait trois semaines d’ altitude à Tign es avant la Vuelta,c es ont beaucoup de sacrifices.

Cette 2e place derrière Marcel Kittel sur le Tour 2016, est-ce encore un regret? Yavez-vous repensé pendant la photo-finish avec Mads Pedersen?

(Rires .) Ce sont 28 millimètres qui resteront gravés à jamais, l’ une des plus grandes déceptions de ma carrière. Je n’ ai pas eu ce flashback de Limoges immédiatement quand je ne savais pas encore si j’ avais gagné, mais si le jeter de vélo n’ avait pas été bon et que ça avait étéune2e place, ça aurait remué le couteau dans la plaie… Cette fois la pièce est retombée du bon côté.

L’émotion a-t-elle été différente de vos 55 autres succès chez les pros?

Oui, je pense que j’ ai rarement été aussi ému après une victoire. C’ est la plus belle de ma carrière, j’ avais plus que la larme à l’oeil. C’était comme une délivrance. Quand tu passes plusieurs fois à côté, c’ est difficile de ne pas perdre espoir. Ces émotions, c’ est pour tout ce travail, le soutien de mes proches, de l’ équipe… Ce n’ était pas facile à contenir, maisc’était génial.

Après le travail d’Alexis Renard, est-ce votre timing qui fait la différence sur ce sprint?

C’ est un peu tout. Les planètes qui se sont alignées et ça, ça m’ est rarement arrivé. Il y a certainement lafraîcheur, je savaisqueje marchais super bien, j’ étais dans l’ échappée la veille sur une étape de montagne. Et peut-être aussi le fait que ce n’ était pas un sprint idéal pour moi sur le papier, ça allait très vite alors que je préfère quand c’ est montant. J’ avais une forme de détachement à me dire :“T’ as rien àperdre, sois patient.” Après, il ya

Finalement, c’était un sprint à l’encontre de votre métamorphose depuis cet hiver vers un profil de puncheur…

(Rires .) Complètement, ça va à contre-courant de ce que j’ avais annoncé et travaillé. Après, je savais que j’ allais garder ma pointe devitesseetj’ai toujoursdit qu’avec un bon timing, on pouvait y arriver. Est-ce que le fait d’ être moins fatigué ne me permet pas aussi d’ être plus explosif ce jour-là? On ne saura jamais. Et ça ne me fera paschangerd’avis( sursanouvelle préparation).

En 2024, vous disiez que viendrait le moment de s’arrêter quand vous n’arriveriez plus à rêver ou à être utile. Voilà un rêve en moins…

Je suis toujours compétitif à 34 ans. J’ai les Jeux( 2028surpiste) enrêve, et maintenant pourquoi ne pas voir plus grand? Retourner sur le Tour avec un rôle différent? Je sais que Milan Fretin est plus rapide que moi dans l’ équipe et ma victoire ne change en rien la hiérarchie, mais avec des arrivées un peu difficiles en petit comité, je pourrais avoir ma chance et l’ aider sur les sprints à plat. Ce n’ est pas parceque j’ ai enfin gagné sur un grand Tour que je vais m’ arrêter demain. L’ appétit vient en mangeant, maintenant je sais que c’ est possible. Je n’ ai jamais eu de complexe d’infériorité, maisj’avaiscette étiquette du coureur qui ne gagnait que sur des“petites courses ”. Je me suis prouvé que j’ avais les capacités de gagner sur un grand Tour. Je suis content de toutes ces péripéties, çaafait grandirle sportif mais aussi l’ homme .»

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