PSG-BARCELONE, LE CHOC DES TITANS AU PARC DES PRINCES


Le Barcelonais Lamine Yamal (à droite) face aux Parisiens Nuno Mendes et Vitinha, 
au stade Lluis Companys de Barcelone, le 1er octobre 2025.

Victorieux de Manchester City mercredi dernier, les Parisiens se mesurent au Barça, ce mardi dans la capitale. Une affiche de rêve.

20 Oct 2026 - Le Figaro
Christophe Remise

Chocs en stock. Après leur succès face au leader de Premier League, Manchester City (2-4), mercredi dernier, en Angleterre, les doubles champions d’europe parisiens reçoivent le FC Barcelone ce mardi (21 heures, Canal+), au Parc des Princes, lors de la troisième journée de Ligue des champions. La finale avant la lettre ? Il est trop tôt pour s’aventurer à ce genre d’affirmation. D’autant que le Bayern Munich ou Arsenal ont aussi tous les arguments pour viser à régner sur l’europe du football. En raison de l’histoire, du jeu et des joueurs, Psg-barça, c’est toutefois l’affiche la plus attendue et la plus excitante de ce début de saison européen. Succulent.

À défaut de rouler sur la Ligue 1 (2e derrière Lyon à la différence de buts avec 4 victoires, 2 nuls et 1 défaite après sept journées), le PSG a démontré contre le modeste Slovan Bratislava (6-1) et surtout lors de la première période à l’etihad Stadium (0-3 à la mi-temps) qu’il peut toujours être irrésistible. Collectivement, physiquement, techniquement, le premier acte de mercredi dernier, c’était du grand art. Les Barcelonais, eux, effectuent un début de saison flamboyant : 11 matchs toutes compétitions confondues, 11 victoires.

Marquer les esprits

À défaut d’avoir recruté l’avant-centre qu’ils ciblaient, Julian Alvarez, ils ont mis le grappin sur plusieurs attaquants de qualité (Gordon, Adeyemi, Jesus) et l’un des meilleurs milieux du monde en la personne de Rodri, et ils présentent un potentiel offensif exceptionnel : 48 buts inscrits cette saison, dont cinq lors de leur victoire sur le terrain du Betis Séville (2-5) samedi, en Liga. Deux équipes qui ont le goût du jeu, de l’attaque, du risque. Showtime.

Le Parc des Princes aura des allures de piste aux étoiles, de Lamine Yamal à Ousmane Dembélé, en passant par Raphinha, Vitinha ou Rodri. On citerait bien Khvicha Kvaratskhelia dans cette constellation de stars, mais le Géorgien, meilleur joueur de la dernière Ligue des champions, est à la peine dernièrement. João Neves aussi, d’ailleurs, ce qui crée quelques incertitudes au sujet du 11 parisien pour ce mardi. Suspense. Néanmoins, la vraie question concerne l’identité du latéral gauche qui sera appelé à pallier l’absence de Nuno Mendes et donc qui se retrouvera face au poison Yamal (11 matches, 9 buts et 10 passes décisives)…

Une chose est sûre : ce match est ardemment attendu par le peuple parisien, les supporteurs barcelonais, mais aussi toute l’europe du football. Il n’y a guère que Luis Enrique qui se serait passé de cette opposition, lui qui ne cache pas son affection pour Barcelone, club où il a joué (1996-2004) et qu’il a entraîné (20142017). C’est en tout cas pour voir ce genre d’affiche plus régulièrement que L’UEFA a changé le format de la première phase de C1 en 2024. Elle est servie. Même si la saison est encore longue et que la vérité d’octobre n’est que rarement celle du printemps, c’est une occasion en or de marquer les esprits, de prendre date.

Ça va jouer. Ça va cogner. Ça va briller. PSG-FC Barcelone, c’est aussi un classique à l’échelle continentale, le 17e duel entre les deux clubs depuis 1995. Finale de Coupe des Coupes remportée par le Barça en 1997, remontada en 2017, le triplé de Kylian Mbappé au Camp Nou en 2021… La dernière fois que Paris et Barcelone ont croisé le fer, c’était il y a seulement un an, à Montjuic. Un match remporté 2-1 par les Rouge et Bleu, en dépit de l’absence de nombreux cadres (Dembélé, «Kvara», Marquinhos…). Pour les plus superstitieux, cette partie avait été arbitrée par Michael Oliver, qui sera au sifflet ce mardi. Ça ne garantit pas le même résultat aux Parisiens. Il y aura en revanche du spectacle, de la tension et de l’attention. Et ça, c’est certain. 

***


Désiré Doué, le facteur X des grandes soirées européennes du PSG

20 Oct 2026 - Le Figaro
C. R.

Être talentueux, c’est bien. Le montrer dans les grands rendez-vous européens, c’est mieux. Et ce n’est pas donné à tout le monde. Surtout à 21 ans. À l’image de son match plein face à aine passée, Désiré Doué est déjà capable de faire basculer un match de très haut niveau. Un but, une passe décisive, des efforts, de la justesse, de l’activité… Tout bon. Nul doute que Luis Enrique s’appuiera de nouveau sur lui dans son 11 de départ pour le choc face au Barça, ce mardi (21 heures, Canal+).Désiré Doué célèbre son but lors du match de Ligue des champions entre le PSG et Manchester City, le 14 octobre, à l’etihad Stadium.

«Quand Désiré Doué fait du Désiré Doué et qu’il n’essaie pas d’être quelqu’un d’autre, il est inarrêtable », résume son ancien entraîneur aux JO 2024, Thierry Henry, sur CBS, quand Luis Enrique, lui, le qualifie de « machine ». Arraché au Stade rennais pour 50 millions d’euros, en 2024, alors que le Bayern lui faisait les yeux doux, Désiré Doué a déjà tout d’un grand.

En effet, ce n’était pas la première fois que l’intéressé a brillé dans un choc de grande envergure et en l’occurrence en Ligue des champions. On se souvient de son superbe but contre Aston Villa, en 2025, de son doublé décisif à Monaco ou de son but contre Liverpool, l’an dernier, en plus de ses deux passes décisives contre le Bayern. Mais aussi, et surtout, son doublé en finale, contre l’inter (5-0). Le plus jeune joueur à marquer deux fois en finale de C1. Doué, homme pressé. Il l’a toujours été. En débarquant à la préformation rennaise à 14 ans, son bagage technique, son dribble, sa faculté à éliminer, n’ont échappé à personne. Premier de la classe. Tête bien faite, les idées claires pour ce garçon proche de sa famille, notamment son frère Guéla Doué.

Et il faut avoir la tête sur les épaules et un mental d’acier pour s’affranchir de la pression à 21 ans. « C’est un garçon qui a de belles qualités sur le plan technique, confirme Luis Fernandez, pour Le Figaro. Même s’il a parfois un peu de déchet, on sent qu’il a cette facilité en lui. Il a été à bonne école à Rennes, il faut mettre en avant leur formation. Il a un bon état d’esprit. Même s’il ne réussit pas toujours ses matchs, il fait ce qu’il faut. Luis Enrique est en train de le façonner, de lui apporter quelque chose d’important », estime-t-il.

Et l’ancien entraîneur parisien d’ajouter : « Même en étant aussi doué techniquement, pour réussir ses gestes, il faut être posé. En plus, il progresse. Ça se sent dans son orientation, ses contrôles, ses passes… On voit qu’il n’est pas embêté avec le ballon. Il ne se précipite pas. Il ne va pas toujours à la vitesse grand V. Regardez sur le deuxième but parisien à Manchester : beaucoup de joueurs auraient tenté la reprise de volée. Mais non. Il a contrôlé et a rendu le ballon à Ousmane Dembélé. Il a cette intelligence et cette faculté à faire la différence dans les petits espaces. La technique, il l’a en lui, elle l’accompagne, ça lui donne du plaisir. Mais, forcément, ça passe par le travail. En plus, Luis Enrique a des exigences à la perte du ballon. Et il fait les efforts. »

Plutôt deux fois qu’une. Voyant un joueur «totalement différent» de celui qu’il a entraîné il y a deux ans, à Paris 2024, Thierry Henry avait par exemple été frappé par son « endurance »: « Aux JO, quand certains étaient à deux doigts de vomir, il rigolait. On ne voit pas souvent cela chez un joueur qui est aussi technique avec le ballon », s’enthousiasme l’ancien attaquant star d’arsenal.

Le potentiel physique était là. Restait à le faire fructifier. Le sérieux et le travail invisible, c’est ce qui saute aux yeux des habitués du Campus. Très structuré et sérieux, le natif d’angers est un monstre de travail. Il a toujours voulu accéder au très haut niveau et s’en est donné les moyens. On le voit régulièrement au centre d’entraînement sur les jours off. Dès ses débuts à Rennes, on mettait d’ailleurs en avant son investissement, sa rigueur, tout ce qu’il faisait en termes de récupération, de sommeil, d’hydratation ou de nutrition. On le sait, Doué voue une certaine admiration à Neymar Jr. Ça se sent sur le pré, dans certaines prises de balle, certains dribbles, certaines attitudes avec le ballon. Pour le reste, il aime à s’inspirer de Cristiano Ronaldo ou d’usain Bolt. C’est plus indiqué en termes de travail hors terrain…

Qualités athlétiques hors norme et mental de guerrier

Technique et goût de l’effort, mais polyvalence aussi, le prodige de 21 ans étant capable d’évoluer sur tous les postes de la ligne d’attaque, mais aussi comme relayeur. Quand tout le monde est au top, il est souvent contraint de s’exiler à droite, mais il a profité de la méforme de Khvicha Kvaratskhelia pour débuter à gauche à l’etihad Stadium. Ça lui permet de rentrer sur son pied droit, comme il l’a fait avec brio afin de tromper Gigio Donnarumma pour l’ouverture du score, en fermant le pied à la manière de Kylian Mbappé.

On n’a encore rien vu. « Il est encore en train de mûrir, de se façonner, glisse Luis Fernandez. S’il est bien accompagné, qu’on le laisse travailler, qu’il reste à l’écoute et sur le bon chemin, il ira le plus haut possible dans le monde du football », assure encore l’ancien membre du « Carré magique », décrivant « un style différent à celui de Michael Olise, tout en vivacité, en accélération. Il est dans son style, dans son registre », note-t-il. « Je travaille au quotidien. J’ai des qualités et je dois les montrer à chaque match, prendre du plaisir parce que c’est mon jeu », lance l’intéressé, sûr de lui, du sang froid dans les veines.

Un calme olympien qui lui a par exemple permis de convertir le tir au but décisif à Anfield en 2025, contre les Reds. Un artiste, oui. Mais avec des qualités athlétiques hors norme et un mental de guerrier. Il ne lui reste qu’à revenir encore plus régulier et clinique. Personne n’est parfait. Et encore moins à son âge. C’est ce qui le sépare encore des très grands.

En interne, on décrit un garçon souriant, agréable, facile à vivre et excessivement humble, contrairement à l’étiquette arrogante que certaines mauvaises langues tentent de lui accoler. Capable de s’exprimer dans un excellent anglais, il n’a aucun mal à échanger avec l’ensemble du vestiaire.

Gendre idéal. Tout pour plaire à Luis Enrique, qui l’a déjà aligné à 112 reprises, pour 34 buts et 30 passes décisives. Et à Zinédine Zidane, à l’image de son entrée remarquée face à la Belgique (4-1), début octobre, avec un but - son quatrième en 19 sélections - et deux passes décisives en… dix-huit minutes.

«Il joue très bien, martèle Luis Enrique. Il peut avoir des matchs lors desquels il est moins précis, comme tous les joueurs. C’est normal. Je ne suis pas préoccupé par cela. Ce qui m’intéresse, c’est qu’il montre tout le temps sa capacité à être prêt pour jouer. Cette mentalité, c’est dur à avoir. Et je suis content de savoir qu’il est prêt », ajoutet-il. Toujours. Contre le Barça, ce ne sera peut-être pas lui, le héros. Mais avec de telles qualités techniques, mentales et physiques, l’avenir appartient à Désiré Doué. Le présent aussi ?

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