LE MATCH DES CINQ GAILLARDS


Seixas à l’heure pour le podium ?

21 Jul 2026 - L'Équipe

Alors que le contre-la-montre individuel entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains (26,1 km) lance la troisième semaine du Tour de France, ils sont encore cinq à pouvoir viser les deux dernières places du podium, derrière le Maillot Jaune, Tadej Pogacar.

ANNECY – L’abandon de Jonas Vingegaard, dimanche en direction du plateau de Solaison, a ouvert une deuxième place sur le podium du Tour de France. Ils sont encore cinq à se la disputer alors que la Grande Boucle entame, aujourd’hui, sa troisième semaine. Le contre-la-montre de 26,1 kmsur les rives du lac Léman, entre Évian-les-Bains et Thonon-lesBains, devrait conforter Remco Evenepoel, l’actuel dauphin du Maillot Jaune, Tadej Pogacar. Mais le programme alpestre est encore suffisamment épais pour maintenir le suspense avec Orcières-Merlette (jeudi) et la double étape de l’Alpe d’Huez (vendredi et samedi). Aussi effrayant qu’alléchant.

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LE MATCH DES CINQ GAILLARDS

21 Jul 2026 - L'Équipe

Alors que le contre-la-montre individuel entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains (26,1 km) lance la troisième semaine du Tour de France, ils sont encore cinq à pouvoir viser les deux dernières places du podium, derrière le Maillot Jaune, Tadej Pogacar.

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REMCO EVENEPOEL
(Red Bull-Bora-Hansgrohe, 2e)

Le contre-la-montre 5/5

Légende de la discipline, triple champion du monde, il progresse sans cesse et devrait encore s’offrir une belle marge sur ses rivaux, sauf incident.

La survie en 3e semaine 3/5

Victime de fortunes diverses, parfois en méforme, le Brabançon a craqué assez tôt sur cinq de ses sept expériences en grand Tour. En revanche, quand il y avait encore de l’enjeu, il avait répondu présent les derniers jours, que ce soit sur la Vuelta 2022 (vainqueur) ou sur le Tour 2024 (3e).

La montagne 3/5

C’est censé être son point faible. Assommé par le Tourmalet en 2023 et en 2025, le Belge ne serait pas capable de tenir sur de longues ascensions. Ce Tour lui donne l’occasion de prouver le contraire.

L’équipe 3/5

Il devrait pouvoir s’appuyer sur une équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe solide, avec Florian Lipowitz et Jai Hindley. Mais la stratégie à deux leaders et le tempérament du Belge peuvent crisper et se retourner contre lui.

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ISAAC DEL TORO
(UAE Emirates-XRG, 3e à 58” d’Evenepoel) 

Le contre-la-montre 3/5

Ses résultats dans l’exercice sont aléatoires, entre sa 5e place aux Mondiaux l’an passé et d’autres plus anecdotiques (10e sur Tirreno Adriatico, 13e au Pays basque). En Espagne, il avait lâché 18” sur Lipowitz et 51” sur le vainqueur, Paul Seixas. Lors du Giro 2025, il avait perdu environ une minute sur ses adversaires directs en cumulé (deux contre-la-montre).

La survie en 3e semaine 3/5

Défait lors de l’avant-dernière étape du Giro 2025, le Mexicain avait mal géré tactiquement et mentalement sa troisième semaine. Pour son premier Tour de France, cela reste une inconnue, d’autant qu’il a montré des signes de faiblesse, physiques cette fois.

La montagne 4/5

Dans les Alpes, il sera dans son élément. Surtout s’il est dans le même état de forme qu’au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, dont il avait remporté le général, avec des victoires au Grand Colombier et à Solaison.

L’équipe 5/5

UAE possède une force de frappe qui a éreinté le peloton depuis Barcelone. Le maillot jaune quasi assuré, le staff a prévu de débarrasser le Mexicain de son rôle d’équipier de luxe pour Pogacar.

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PAUL SEIXAS
(Decathlon-CMA CGM, 4e à 1’23” d’Evenepoel) 

Le contre-la-montre 4/5

Champion du monde juniors de la spécialité en 2024, vainqueur au Tour du Pays basque en avril et très méticuleux dans cet exercice solitaire, Seixas doit pouvoir jouer avec les meilleurs en Haute-Savoie, sur un parcours qui lui correspond bien.

La survie en 3e semaine 2/5

Seul coureur à n’avoir effectué aucun grand Tour, il ne connaît pas la difficulté de la troisième semaine. Il part forcément de très loin dans ce domaine, même si sa capacité à bien récupérer est un atout.

La montagne 4/5

Il a connu un coup de moins bien vers Solaison, mais il a tenu son rang le reste du temps. Sa préparation pour le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, puis pour le Tour, avec beaucoup d’altitude, lui offre de belles garanties.

L’équipe 3/5

Decathlon-CMA CGM ne possède pas la puissance d’UAE ou de Visma-Lease a bike, mais les soldats Nicolas Prodhomme et Tiesj Benoot ont assuré jusque-là, et Matthew Riccitello comme Aurélien Paret-Peintre seront davantage utilisés cette semaine.

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FLORIAN LIPOWITZ 
(Red Bull-Bora-Hansgrohe, 5e à 1’48” d’Evenepoel) 

Le contre-la-montre 3/5

Généralement dans le top 10 sur cet exercice, l’Allemand limite les dégâts. Mais un spécialiste comme son coéquipier Remco Evenepoel peut lui coller plus d’une minute de débours.

La survie en 3e semaine 4/5

Il a été régulier jusqu’au bout sur la Vuelta 2024 (7e) et la Grande Boucle l’an dernier, achevant ses adversaires pour le podium sur la dernière étape de montagne.

La montagne 4/5

Solide grimpeur, il est capable d’attaquer quand il se sent fort ou de lisser son effort dans la roue d’un rival pour gérer. Il est toutefois assez rare de le voir creuser un écart énorme sur une ascension.

L’équipe 2/5

Même s’il a été maintenu co-leader après deux semaines, il risque de souffrir de l’ascendant pris par Evenepoel. Moins charismatique que le Belge, il aura du mal à renverser la situation pour fédérer autour de lui.

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JUAN AYUSO
(Lidl-Trek, 6e à 2’28” d’Evenepoel) 

Le contre-la-montre 4/5

Plus fort que Seixas en Algarve (2e), vainqueur de quatre chronos dans sa carrière et toujours haut placé quand il joue le classement général, l’Espagnol est un vrai spécialiste de l’exercice et devrait reprendre du temps aujourd’hui.

La survie en 3e semaine 2/5

La grande inconnue. Il avait semé d’immenses promesses (3e de la Vuelta en 2022, puis 4e en 2023), mais son histoire avec les grands Tours est depuis inégale. Il n’a plus été en position de jouer le podium depuis trois ans.

La montagne 3/5

Le Valencien est un solide grimpeur, à chaque fois 2e (derrière Del Toro) au plateau de Solaison et au Grand Colombier sur le Tour Auvergne-RhôneAlpes. Mais il pioche un peu sur ce Tour, à l’image de sa 8e place dimanche, à deux minutes d’Evenepoel.

L’équipe 3/5

Le collectif des Lidl-Trek se montre solide depuis le début, avec des vaillants prêts à se dépasser (Simmons, Verona) et Mattias Skjelmose (7e du général, mais à 2’ d’Ayuso) en lieutenant de luxe, que l’on imagine totalement dévoué.

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Paul Seixas en plein effort pendant le contre-la-montre 
des Championnats du monde juniors, le 23 septembre 2024.

SEIXAS Passion chrono

Champion du monde juniors de la spécialité en 2024, Paul Seixas va courir son premier contre-la-montre individuel sur le Tour. Au fil de sa jeune carrière, il a développé une attraction particulière pour l’exercice en solitaire.

21 Jul 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO

ANNECY – Certains rêvent de fureur en haute montagne, d’autres de vitesse folle dans un sprint massif. Mais Paul Seixas, lui, pense souvent au calme de sa bulle et à la minutie d’un contre-lamontre. Il s’était révélé dans cet exercice à Zurich, en 2024, lors des Championnats du monde juniors, qu’il avait remportés. 24,9 km en solitaire sur le plat pour faire grimper sa côte en flèche, et confirmer une relation plutôt naissante avec cette spécialité. « J’apprécie vraiment ça, car l’optimisation et la recherche y sont très importantes. Il faut être très précis » , explique-t-il aujourd’hui.

Il y a deux ans, son titre mondial était arrivé quatre mois et demi après le titre national, où il avait tenu à montrer qu’il était le Français le plus fort et qu’une place devait lui être réservée pour les Mondiaux. Ce n’était pas tout à fait l’idée initiale et Seixas avait dû insister lourdement en juin auprès du sélectionneur Julien Thollet, alors que ses compatriotes Eliott Boulet et Louis Chaleil étaient alors les mieux placés. Aux Boucles de l’Oise juniors, en août, à Bresles (15,7 km), il s’était imposé face à eux. Comme un dernier avertissement.

Depuis, le leader de Decathlon-CMA CGM n’a plus jamais lâché l’exercice solitaire. « Il adore le contre-la-montre oui, c’est assez naturel chez lui, souligne son entraîneur, Alexandre Pacot. Et on a beaucoup travaillé ces dernières années. Il est bon, il s’investit dans la discipline. »

Les premiers efforts datent de la catégorie cadets 2, en 2022. « Après qu’il est entré dans notre filière, on avait décidé de lui prêter un vélo de contre-la-montre, prolonge Pacot. Paul a fait des sorties avec. En juniors, c’était une ou à deux fois par semaine. Une à trois fois par semaine depuis qu’il est en World Tour, à des volumes plus importants, pour continuer à progresser. »

Le Lyonnais de 19 ans s’est trouvé une passion pour le contre-la-montre car c’est la discipline qui demande le plus de travail minutieux. « Ce n’est pas la même position sur le vélo, donc c’est très exigeant et contraignant, confie Seixas. Il faut un travail régulier pour se sentir bien sur le vélo et bien contrôler sa machine. C’est encore plus rigide dans les virages, le pilotage est différent. Pour l’entraînement, c’est exigeant car on travaille beaucoup sur les prolongateurs, c’est comparable à du gainage. Si tu n’as pas l’habitude, tu ne tiens pas. On cherche toujours des positions plus aérodynamiques, ça passe par de l’optimisation et du travail. »

Visière modifiée, gainage intensifié

Depuis cet hiver, sa position a d’ailleurs évolué. Seixas, souple malgré des épaules assez larges et un gabarit longiligne, a la tête plus proche de ses pouces et les épaules plus enroulées sur sa machine. L’appui y est un peu plus avancé et cela lui permet d’avoir plus d’angle sur les prolongateurs. Au printemps 2025, il a passé du temps en soufflerie pour des tests, avant d’en effectuer d’autres en novembre, en Belgique. De légères modifications au niveau du casque ont été entérinées.

« On avait coupé la visière de moitié car c’était plus aérodynamique et mieux pour ma position » , détaille le Français, qui a effectué l’an dernier un scan 3D de sa position sur le vélo pour pouvoir utiliser un mannequin en soufflerie. « On a fait tous les tests, on a changé quelques trucs, par exemple on a remonté le cockpit, je n’avais pas de visière mais des lunettes car je gagnais en aéro là-dessus… J’ai tout suivi, tout mis en place pour que ce soit le meilleur chrono de ma vie » , disait-il, dans la même veine, après son titre mondial en 2024.

« La préparation hivernale et les dernières semaines ont été axées là-dessus car c’est un point de passage important de la troisième semaine du Tour » , pointe Pacot. Un travail de gainage a été intensifié et le Français a pris les quelques kilos de muscles inhérents à sa croissance de jeune homme. Doté de surchaussures aérodynamiques qu’il n’avait pas encore en Algarve, Seixas s’était imposé le 6 avril, sur le chrono du Tour du Pays basque. Aujourd’hui, entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, il va retrouver son élément.

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Un juge a autorisé les contrôles nocturnes de Pogacar et Vingegaard

21 Jul 2026 - L'Équipe
M. L.

Un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Paris a bien été saisi par l’International Testing Agency (ITA) avant les contrôles nocturnes de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard dans la nuit de samedi à dimanche. C’est une première application de dispositions introduites dans le droit français en 2015. Le juge doit alors, selon le code du sport, vérifier qu’il existe des « soupçons graves et concordants » que le coureur visé a contrevenu aux règles antidopage ou qu’il s’apprête à le faire. Le juge doit aussi déterminer un « risque de déperdition de preuves ».

« Comme traditionnellement, en amont du Tour de France, les pôles santé publique des tribunaux judiciaires de Paris et Marseille, compétents en matière de dopage, ont des échanges avec l’UCI et l’ITA, nous a confirmé le parquet. Les JLD de ces deux juridictions sont compétents concurremment pour statuer sur des demandes de contrôles antidopage de nuit. » Selon le code du sport, les contrôles doivent être effectués « dans des conditions garantissant une stricte proportionnalité entre les atteintes portées aux droits du sportif et les enjeux de la lutte contre le dopage en termes de loyauté des compétitions et de protection de sa santé. Elles se limitent au prélèvement d’échantillons et au recueil des observations du sportif ».

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