Allemagne - Un brun flippant


L’AfD décolle, Merz dégringole

La large victoire du parti d’extrême droite AfD emmené par Ulrich Siegmund en SaxeAnhalt fragilise un peu plus l’impopulaire chancelier Friedrich Merz. Un coup de tonnerre politique qui dépasse les frontières de l’Allemagne.

8 Sep 2026 - Libération
Par Christophe Bourdoiseau Correspondant à Berlin

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, voulait «diviser l’extrême droite par deux». C’est le contraire qui s’est produit dimanche : avec la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, ­l’extrême droite a réduit de moitié l’électorat conservateur. Un triomphe sans précédent pour la famille politique dans l’histoire de la République fédérale d’Allemagne et un «choc» pour le chancelier qui n’en menait pas large lundi matin devant les journalistes, au siège de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), pour débriefer une déroute électorale inédite. Il s’agit de la «plus grande défaite de la CDU depuis des décennies», admet-il. Cela étant, ce n’est pas une raison pour en tirer des conséquences politiques, ni à la chancellerie ni à la tête de son parti. «Je n’ai pas l’intention d’abandonner», a-t-il annoncé.

«Un responsable politique du XIXe siècle»

Faisant référence au chancelier de la réconciliation franco-allemande, Konrad Adenauer, et à celui de la réunification, Helmut Kohl, Friedrich Merz a utilisé de grandes formules pour réaffirmer son attachement aux «valeurs de la Constitution». En réponse au ­triomphe de l’Alternative für Deutschland (AfD), le parti d’extrême droite parvenu largement en tête aux élections régionales de Saxe-Anhalt (environ 44 %), il a promis de changer de style et d’expliquer ses réformes aux Allemands «plus émotionnellement», disons moins «mathématiquement».

La formule a laissé pantois les journalistes. En effet, le chancelier est déjà connu pour son manque d’empathie. «Il ne cesse de s’aliéner les électeurs en choisissant des mots qui ne passent pas. Il parle aux gens comme un professeur. Il se comporte comme un responsable politique du XIXe siècle !» s’emporte la directrice de l’Académie de science politique de Tutzing, Ursula Münch, également spécialiste du parti conservateur dont Friedrich Merz est le président. «A son âge, je ne pense pas qu’il puisse changer son comportement», déplore-t-elle.

En substance, Friedrich Merz ne compte rien changer à ses réformes (retraites, santé, impôts), alors que 80 % des électeurs de SaxeAnhalt ont déclaré dans les sondages que leur vote était une sanction contre le gouvernement à Berlin.

Contrairement à Merz, une large partie de la classe politique allemande semble avoir compris la dimension historique du vote. Pour le patron de la Bavière, Markus Söder (CSU), le résultat a été très dur à encaisser. «J’ai dû retenir mon souffle», dit ce conservateur, qui parle de «rupture avec le passé». Pour le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Cem Ozdemir, ancien patron du parti écologiste, «plus rien ne sera plus comme avant pour toutes les forces démocratiques».

La présence de l’extrême droite dans les institutions devrait notamment perturber considérablement le fonctionnement du fédéralisme allemand et remettre en cause le consensus qui règne dans les commissions et les conférences interministérielles des Länder. Les décisions sont votées traditionnellement à l’unanimité. Le processus général ­risque désormais d’être perturbé par la présence de membres de l’AfD, comme c’est déjà le cas dans les communes.

Si l’extrême droite n’a pas obtenu dimanche la majorité absolue, elle est déterminée à accéder au pouvoir. Pour cela, elle cherche actuellement à débaucher quelques traîtres dans les rangs de la CDU pour gouverner la Saxe-Anhalt (il lui manque trois sièges). Le prétendant au trône, Ulrich Siegmund, est prêt à «tendre la main» aux députés «d’autres groupes parlementaires» qui souhaitent «remettre le pays sur pied».

«Un signal clair envoyé à Berlin»

Cet appel à la trahison s’adresse évidemment au camp de Friedrich Merz, qui a toujours ­refusé une alliance avec l’extrême droite. Pour l’heure, pas question de toucher au «cordon sanitaire», même en Saxe-Anhalt, en acceptant un quelconque soutien ou une alliance avec l’AfD. La nouvelle secrétaire générale, Franziska Hoppermann, n’imagine pas un instant que la CDU puisse pactiser avec un parti qui réclame l’arrêt des sanctions contre la Russie et des livraisons d’armes à l’Ukraine, et qui milite pour la fin de l’inclusion à l’école et du droit d’asile. «Aucun des quinze élus de la CDU élus dimanche ne changera de camp pour rejoindre l’AfD», a assuré l’actuel ministre-président de Saxe-Anhalt, Sven Schulze, qui ne devrait pas survivre politiquement à la cinglante défaite de dimanche.

Depuis, les rumeurs sur le remplacement de Merz ont repris de plus belle. «Cette option n’est plus un tabou», constate Wolfgang Muno, politologue à l’Université de Rostock. On parle désormais ouvertement dans les journaux et les coulisses de la CDU du «problème du chancelier».

Son avenir pourrait se décider dans deux semaines, après les élections du Mecklembourg et de Berlin lors desquelles la CDU pourrait subir deux nouvelles déroutes électorales. Ce pourrait être le coup de grâce pour le chancelier.

Le SPD ressort également très affaibli de ce scrutin. Ancien «grand parti populaire», il n’a pas été épargné par la montée de l’extrême droite qui vampirise les électeurs de tous les bords politiques. En Saxe-Anhalt, le SPD n’a pas dépassé la barre des 10 %.

Le côté «business as usual» de Merz a passablement irrité le vice-chancelier et patron du SPD, Lars Klingbeil, qui souhaite «adapter» les réformes impopulaires, notamment celle des retraites. «La Saxe-Anhalt est un signal clair envoyé à Berlin», a-t-il déclaré. Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, la gauche traditionnelle ne verrait pas de problème à changer de chancelier en cours de route.

Mais qui pour remplacer Merz ? On cite régulièrement le nom du ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hendrik Wüst. «Mais il doit mener une campagne électorale en avril, dans sa région, la plus peuplée d’Allemagne. Il ne pourra pas se soustraire à cette responsabilité dans ce bastion de la CDU», explique Ursula Münch. Markus Söder est l’autre prétendant, toujours à l’affût pour prendre la place du calife. «Il a plus de crédit que Merz dans les régions de l’Est, explique Barbara Münch. Mais il faudrait que les conservateurs de la CDU acceptent un Bavarois de la CSU. Ce n’est pas joué d’avance.»


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Germania - Un rosso bruno inquietante

L’AfD decolla, Merz crolla

L’ampia vittoria del partito di estrema destra AfD, guidato da Ulrich Siegmund, in Sassonia-Anhalt indebolisce ulteriormente l’impopolare cancelliere Friedrich Merz. 
Un colpo di scena politico che va oltre i confini della Germania.

8 settembre 2026 - Libération
di Christophe Bourdoiseau, corrispondente da Berlino

Il Cancelliere tedesco Friedrich Merz voleva «dimezzare l’estrema destra». Domenica è successo il contrario: con la vittoria dell’AfD in Sassonia-Anhalt, l’estrema destra ha dimezzato l’elettorato conservatore. Un trionfo senza precedenti per questa forza politica nella storia della Repubblica Federale di Germania e uno «shock» per il Cancelliere, che lunedì mattina, di fronte ai giornalisti presso la sede dell’Unione Cristiano-Democratica (CDU), non nascondeva il proprio disagio nel fare il punto su una sconfitta elettorale senza pari. Si tratta della «più grande sconfitta della CDU da decenni», ammette. Detto questo, non è un motivo per trarne conseguenze politiche, né alla Cancelleria né alla guida del suo partito. «Non ho intenzione di mollare», ha annunciato.

«Un politico del XIX secolo»

Facendo riferimento al Cancelliere della riconciliazione franco-tedesca, Konrad Adenauer, e a quello della riunificazione, Helmut Kohl, Friedrich Merz ha usato formule altisonanti per riaffermare il suo attaccamento ai «valori della Costituzione». In risposta al trionfo di Alternative für Deutschland (AfD), il partito di estrema destra che si è aggiudicato un ampio vantaggio alle elezioni regionali della Sassonia-Anhalt (circa il 44%), ha promesso di cambiare stile e di spiegare le sue riforme ai tedeschi in modo «più emotivo», diciamo meno «matematico».

La frase ha lasciato sbalorditi i giornalisti. Infatti, il Cancelliere è già noto per la sua mancanza di empatia. «Non fa che allontanare gli elettori scegliendo parole che non vengono accettate. Parla alla gente come un professore. Si comporta come un politico del XIX secolo!», sbotta la direttrice dell’Accademia di scienze politiche di Tutzing, Ursula Münch, esperta anche del partito conservatore di cui Friedrich Merz è presidente. «Alla sua età, non credo che possa cambiare il suo atteggiamento», deplora.

In sostanza, Friedrich Merz non intende modificare in alcun modo le sue riforme (pensioni, sanità, tasse), mentre l’80% degli elettori della Sassonia-Anhalt ha dichiarato nei sondaggi che il proprio voto era una sanzione contro il governo di Berlino.

A differenza di Merz, gran parte della classe politica tedesca sembra aver compreso la portata storica del voto. Per il leader della Baviera, Markus Söder (CSU), il risultato è stato molto difficile da digerire. «Ho dovuto trattenere il respiro», afferma questo conservatore, che parla di «rottura con il passato». Per il ministro-presidente del Baden-Württemberg, Cem Ozdemir, ex leader del partito dei Verdi, «nulla sarà più come prima per tutte le forze democratiche».

La presenza dell’estrema destra nelle istituzioni dovrebbe, in particolare, compromettere notevolmente il funzionamento del federalismo tedesco e mettere in discussione il consenso che regna nelle commissioni e nelle conferenze interministeriali dei Länder. Le decisioni vengono tradizionalmente votate all’unanimità. Il processo generale rischia ora di essere compromesso dalla presenza di membri dell’AfD, come già avviene nei comuni.

Sebbene domenica l’estrema destra non abbia ottenuto la maggioranza assoluta, è determinata a conquistare il potere. A tal fine, sta cercando di reclutare alcuni traditori tra le file della CDU per governare la Sassonia-Anhalt (le mancano tre seggi). L’aspirante al trono, Ulrich Siegmund, è pronto a «tendere la mano» ai deputati «di altri gruppi parlamentari» che desiderano «rimettere in piedi il Paese».

«Un segnale chiaro inviato a Berlino»

Questo appello al tradimento è ovviamente rivolto al campo di Friedrich Merz, che ha sempre rifiutato un’alleanza con l’estrema destra. Per il momento, non se ne parla di intaccare il «cordone sanitario», nemmeno in Sassonia-Anhalt, accettando alcun tipo di sostegno o alleanza con l’AfD. La nuova Segretaria generale, Franziska Hoppermann, non immagina nemmeno per un istante che la CDU possa allearsi con un partito che chiede la fine delle sanzioni contro la Russia e delle forniture di armi all’Ucraina, e che si batte per l’abolizione dell’inclusione scolastica e del diritto d’asilo. «Nessuno dei quindici rappresentanti della CDU eletti domenica cambierà schieramento per passare all’AfD», ha assicurato l’attuale ministro-presidente della Sassonia-Anhalt, Sven Schulze, che probabilmente non sopravviverà politicamente alla cocente sconfitta di domenica.

Da allora, le voci sulla sostituzione di Merz sono tornate a circolare con rinnovato vigore. «Questa opzione non è più un tabù», osserva Wolfgang Muno, politologo dell’Università di Rostock. Ormai si parla apertamente sui giornali e nei corridoi della CDU del “problema del Cancelliere”.

Il suo futuro potrebbe decidersi tra due settimane, dopo le elezioni nel Meclemburgo e a Berlino, in cui la CDU potrebbe subire due nuove sconfitte elettorali. Potrebbe essere il colpo di grazia per il Cancelliere.

Anche l’SPD esce molto indebolito da queste elezioni. Un tempo «grande partito popolare», non è stato risparmiato dall’ascesa dell’estrema destra, che sta sottraendo elettori a tutti gli schieramenti politici. In Sassonia-Anhalt, l’SPD non ha superato la soglia del 10%.

L’atteggiamento da “business as usual” di Merz ha irritato non poco il vicecancelliere e leader dell’SPD, Lars Klingbeil, che vorrebbe “adattare” le riforme impopolari, in particolare quella delle pensioni. «La Sassonia-Anhalt è un chiaro segnale inviato a Berlino», ha dichiarato. Secondo il settimanale Der Spiegel, la sinistra tradizionale non vedrebbe alcun problema nel cambiare cancelliere a metà mandato.

Ma chi potrebbe sostituire Merz? Viene citato spesso il nome del ministro-presidente della Renania Settentrionale-Vestfalia, Hendrik Wüst. «Ma ad aprile dovrà condurre una campagna elettorale nella sua regione, la più popolosa della Germania. Non potrà sottrarsi a questa responsabilità in questa roccaforte della CDU», spiega Ursula Münch. Markus Söder è l’altro pretendente, sempre in agguato per prendere il posto del leader. «Gode di maggiore credito rispetto a Merz nelle regioni orientali», spiega Barbara Münch. «Ma i conservatori della CDU dovrebbero accettare un bavarese della CSU. Non è affatto scontato».

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«Le parti d’extrême droite remodèle la mémoire de la RDA»

L’AfD s’est implanté dans une région de l’exRDA où les citoyens se sentent «déclassés», analyse l’historien Nicolas Offenstadt.

8 Sep 2026 - Libération
Recueilli par Clémence Mary

Si la victoire de l’AfD aux élections de Saxe-Anhalt a suscité un séisme dimanche, ce n’est pas seulement en raison du passé nazi de l’Allemagne, mais aussi car elle a eu lieu dans une région de l’ex-RDA. Le parti d’extrême droite a surfé sur le sentiment de relégation, économique et politique, à la suite de la chute du Mur, souligne l’auteur d’une Histoire globale de la RDA (Taillandier, janvier 2026).

Ce résultat dans ce territoire en particulier, qu’est-ce que ça représente ?

D’abord, c’est un symbole écrasant: une immense victoire de l’extrême droite, dont toute une composante est néonazie, à une élection en AlleEnsuite, très concrètement, ce scrutin local donne une assise supplémentaire très forte à l’AfD pour la suite, au niveau national, dans un contexte difficile.

Cette percée histo­rique de l’extrême droite en ex-RDA, n’est-ce pas aussi le résultat d’une lente implantation ?

Bien entendu. Même bien avant que l’AfD n’existe – le parti a été fondé en 2013 –, lors de la chute de la RDA (1989-1990), l’extrême droite de l’époque, à l’Ouest, a envoyé ses troupes à l’Est pour profiter de la situation de transition, de la montée des skinheads. Il ne s’agissait pas tant des élections que de s’implanter sur le terrain, parfois même d’imposer une forme de terreur ou d’ordre local. L’AfD a bénéficié de ce terreau. Il y a d’ailleurs des liens entre l’AfD et les petits partis ou groupes identitaires, des radicaux qui servent aussi de soutiens locaux.

Comment comprendre ce vote : est-il d’abord raciste, de colère sociale, nostalgique ?

Il y a au moins trois niveaux d’analyse. D’abord la montée générale de l’extrême droite en Europe et ailleurs, appuyée sur l’instrumentalisation de l’immigration et sur des procédés populistes. On voit bien la circulation internationale des acteurs et des discours, ne serait-ce qu’avec la réaction d’Elon Musk. A l’échelle de l’Allemagne dans son ensemble, s’exprime le rejet d’une grande coalition, où droite et gauche (le parti socialdémocrate et les conservateurs de la CDU-CSU) de gouvernement semblent interchangeables, et impuissantes face aux enjeux économiques et sociaux. Il y a ensuite des raisons propres à l’Allemagne de l’Est, où ses citoyens se sentent souvent «déclassés».

Vous qui avez arpenté l’ex-RDA, à quoi ressemble le quotidien des Allemands qui ont voté ­dimanche ?

Il est double : l’unification des deux Allemagnes a amené du confort matériel, rénové villes et campagnes, mais l’ouverture à l’économie libémagne. rale des années 90 a aussi détruit des milliers d’entreprises, des ­millions d’emplois, a créé un choc social et économique pour de nombreux Allemands de l’Est. La liquidation de l’économie de la RDA, les migrations à l’Ouest ont aussi créé tout un paysage de friches et d’abandons, avec le recul lié des services publics, qui pèse dans le quotidien des Allemands de l’Est.

Comment caractériser ce sentiment de dépossession ?

C’est une question centrale. Chez certains, ce sentiment s’inscrit dans une profondeur historique, en un mélange variable : il y a d’abord eu les Soviétiques qui dominent la RDA, puis l’Ouest impose ses valeurs après 1990 et puis les migrants, depuis 2015 en particulier, qui semblent imposés par les politiques gouvernementales. On peut ajouter, pour la Saxe, la domination prussienne historique. Au-delà des représentations du monde, il est indéniable que l’Est est largement gouverné par des élites de l’Allemagne de l’Ouest ou venus de l’Ouest, tant dans l’économie que dans la culture. Plus on se sent un «citoyen de seconde zone», plus on vote AfD.

Comment expliquer le passage d’une partie des électeurs de la gauche (Die Linke) à l’extrême droite ?

Tous les électeurs ne viennent pas de Die Linke, et en l’occurrence nombre d’entre eux viennent de la CDU. Un des éléments frappants de la stratégie de l’AfD est de mettre en avant l’histoire et l’héritage de la RDA remodelés pour aujourd’hui, et à ses fins. Ainsi valorise-t-elle les réussites «allemandes» –et non pas communistes– de la RDA, par exemple le «premier Allemand» dans l’espace, le cosmonaute Sigmund Jähn, fidèle communiste pourtant. Elle utilise les objets familiers des Allemands de l’Est comme la Trabant, petite voiture de RDA, ou les motocyclettes Simson pour ses campagnes. Elle se présente encore comme le parti qui va conduire à son terme le «tournant» de 1989-1990. Ce n’est pas nouveau mais ce fut massif dans la campagne en Saxe-Anhalt.

Une fracture saisissante entre les deux Allemagnes se confirme, au point de briser le mythe de la réunification ?

Oui, le «Mur est encore dans les ­têtes», comme le dit une expression courante. Le sociologue Steffen Mau insiste dans un livre récent sur la persistance structurelle des différences entre les deux Allemagnes, faisant en effet de la fusion des sociétés un mythe politique : différences économiques – les salaires sont moins élevés à l’Est–, sociales, mais aussi différence des formes associatives et de comportements.

Ce score semble paradoxal dans une région où l’égalité et l’antifascisme avaient une place particulièrement importante.

Tout à fait. Mais il ne faut pas oublier, pour expliquer ce paradoxe, la violence sociale des années 90 avec l’arrivée du chômage de masse, la précarisation des emplois, la mise en cause du passé des Allemands de l’Est, parfois même ramenés à des incapables. Entre la RDA et l’AfD, il y a les années 90 néo­libérales et le regard, les discours projetés de l’Ouest sur l’Est pendant longtemps.

Le travail de mémoire sur le nazisme n’a-t-il pas été assez fait ?

Question délicate. La RDA a fait de l’antifascisme un discours d’Etat. La résistance au nazisme, surtout communiste, était exaltée, mais les explications du succès du Parti nazi étaient ramenées au grand capital, à une lecture marxiste trop étroite. Comme pour toutes les histoires officielles, les effets sont inégaux. Mais tous les ­élèves de RDA écoutaient des anciens résistants, visitaient les camps de la mort. Le ­problème était que le nazisme était présenté comme largement extérieur aux ­Allemands ordinaires, ou presque. Et puis aujourd’hui, bien des électeurs n’ont pas grandi en RDA.

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«Il partito di estrema destra sta riscrivendo la memoria della DDR»

L’AfD ha preso piede in una regione della ex DDR nella quale i cittadini si sentono «emarginati», analizza lo storico Nicolas Offenstadt.

8 settembre 2026 - Libération
A cura di Clémence Mary

Se la vittoria dell’AfD alle elezioni in Sassonia-Anhalt ha provocato un terremoto domenica, non è solo a causa del passato nazista della Germania, ma anche perché è avvenuta in una regione dell’ex DDR. Il partito di estrema destra ha cavalcato il sentimento di emarginazione, sia economica sia politica, seguìto alla caduta del Muro, sottolinea l’autore di Histoire globale de la RDA (Storia globale della DDR, edizioni Taillandier, gennaio 2026).

- Questo risultato proprio in questo territorio che cosa rappresenta?

Innanzi tutto, è un simbolo schiacciante: un’immensa vittoria dell’estrema destra, di cui una parte è neonazista, in un’elezione in Germania. Inoltre, molto concretamente, questa elezione locale fornisce all’AfD una base aggiuntiva molto solida per il futuro, a livello nazionale, in un contesto difficile.

- Questa storica avanzata dell’estrema destra nell’ex DDR non è forse anche il risultato di un lento radicamento?

Certamente. Anche molto prima che l’AfD esistesse – il partito è stato fondato nel 2013 –, al momento della caduta della DDR (1989-1990), l’estrema destra dell’epoca, nell’Ovest, ha inviato le proprie truppe nell’Est per approfittare della situazione di transizione e dell’ascesa degli skinhead. Non si trattava tanto delle elezioni quanto di affermarsi sul territorio, a volte persino di imporre una forma di terrore o di ordine locale. L’AfD ha tratto vantaggio da questo terreno fertile. Esistono del resto legami tra l’AfD e i piccoli partiti o gruppi identitari, radicali che fungono anche da sostenitori locali.

- Come interpretare questo voto: è innanzi tutto razzista, frutto di rabbia sociale o di nostalgia?

Ci sono almeno tre livelli di analisi. Innanzi tutto l’ascesa generale dell’estrema destra in Europa e altrove, sostenuta dalla strumentalizzazione dell’immigrazione e da strategie populiste. Si nota chiaramente la circolazione internazionale di attori e discorsi, basti pensare alla reazione di Elon Musk. A livello della Germania nel suo complesso, si manifesta il rifiuto di una grande coalizione, in cui destra e sinistra (il partito socialdemocratico e i conservatori della CDU-CSU) al governo sembrano intercambiabili e impotenti di fronte alle sfide economiche e sociali. Ci sono poi ragioni specifiche della Germania dell’Est, dove i cittadini si sentono spesso «emarginati».

- Lei che ha visitato a lungo l’ex DDR, com’è la vita quotidiana dei tedeschi che domenica hanno votato?

È duplice: la riunificazione delle due Germanie ha portato benessere materiale, ha rinnovato città e campagne, ma l’apertura all’economia liberista degli anni ’90 ha anche distrutto migliaia di imprese, milioni di posti di lavoro, provocando uno shock sociale ed economico per molti tedeschi dell’Est. La liquidazione dell’economia della DDR e le migrazioni verso Ovest hanno inoltre creato un panorama di aree dismesse e abbandonate, con il conseguente ridimensionamento dei servizi pubblici, che grava sulla vita quotidiana dei tedeschi dell’Est.

- Come caratterizzare questo senso di spossessamento?

È una questione centrale. Per alcuni, questo sentimento affonda le sue radici in una profondità storica, in un intreccio variabile: prima ci sono stati i sovietici a dominare la DDR, poi l’Ovest ha imposto i propri valori dopo il 1990 e infine i migranti, in particolare dal 2015, che sembrano imposti dalle politiche governative. Per la Sassonia si può aggiungere la storica dominazione prussiana. Al di là delle rappresentazioni del mondo, è innegabile che l’Est sia in gran parte governato da élite della Germania occidentale o provenienti dall’Ovest, sia nell’economia sia nella cultura. Più ci si sente «cittadini di seconda classe», più si vota AfD.

- Come si spiega il passaggio di una parte degli elettori della sinistra (Die Linke) all’estrema destra?

Non tutti gli elettori provengono da Die Linke; in questo caso, molti di loro provengono dalla CDU. Uno degli aspetti più evidenti nella strategia della AfD è quello di mettere in primo piano la storia e l’eredità della DDR, rivisitate in chiave contemporanea e adattate ai propri fini. In questo modo valorizza i successi «tedeschi» – e non comunisti – della DDR, ad esempio il «primo tedesco» nello spazio, il cosmonauta Sigmund Jähn, pur essendo un fedele comunista. Utilizza oggetti familiari agli abitanti della Germania dell’Est, come la Trabant, la piccola utilitaria della DDR, o le motociclette Simson per le sue campagne elettorali. Si presenta ancora come il partito che porterà a compimento la «svolta» del 1989-1990. Non è una novità, ma è stato un tema dominante nella campagna elettorale in Sassonia-Anhalt.

- Si conferma una frattura impressionante tra le due Germanie, al punto da infrangere il mito della Riunificazione?

Sì, «il Muro è ancora nelle menti», come recita un’espressione comune. Il sociologo Steffen Mau sottolinea in un recente libro la persistenza strutturale delle differenze tra le due Germanie, definendo di fatto la fusione delle società un mito politico: differenze economiche – i salari sono più bassi nell’Est –, sociali, ma anche differenze nelle forme associative e nei comportamenti.

- Questo risultato sembra paradossale in una regione in cui l’uguaglianza e l’antifascismo occupavano un posto particolarmente importante.

Esatto. Ma per spiegare questo paradosso non bisogna dimenticare la violenza sociale degli anni ’90, con l’arrivo della disoccupazione di massa, la precarietà del lavoro e la messa in discussione del passato dei tedeschi dell’Est, a volte addirittura ridotti a degli incapaci. Tra la DDR e l’AfD ci sono gli anni ’90 neoliberisti e lo sguardo, i discorsi che per lungo tempo l’Ovest ha proiettato sull’Est.

- L'opera di memoria sul nazismo non è stata forse insufficiente?

Domanda delicata. La RDT ha fatto dell’antifascismo un discorso di Stato. La resistenza al nazismo, soprattutto quella comunista, veniva esaltata, ma le spiegazioni del successo del partito nazista venivano ricondotte al grande capitale, a una lettura marxista troppo ristretta. Come per tutte le storie ufficiali, gli effetti sono disomogenei. Ma tutti gli studenti della DDR ascoltavano gli ex partigiani, visitavano i campi di sterminio. Il problema era che il nazismo veniva presentato come qualcosa di largamente estraneo ai tedeschi comuni, o quasi. E poi oggi molti elettori non sono cresciuti nella DDR.

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PHOTO MARYAM MAJD. REUTERS - Lors d’une 
manifestation contre l’extrême droite, à Berlin, dimanche.

Les mesures phares de l’AfD

Le programme du parti d’extrême droite, présenté en avril, pourrait servir de laboratoire à la droite réactionnaire européenne.

8 Sep 2026 - Libération
ZOÉ VEZYROGLOU

Derrière le grand sourire, les meetings et les séances de dédicaces, une vision de l’Allemagne au passé, dans ses heures les plus sombres. Le programme de l’AfD, d’une radicalité inédite dans l’histoire du parti, annonce la couleur de la politique du patron du parti en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund. Adopté en avril au congrès ­régional de Magdebourg, le «programme de gouvernement» de l’AfD détaille les mesures anti-immigration, ­anti-minorités et ultranationalistes prônées par Ulrich Siegmund pour «enfin ­retrouver l’Allemagne».

L’immigration comme fer de lance

Sur un modèle bien connu de l’extrême droite, l’AfD fait de l’immigration son fer de lance et de la «remigration» son mantra. Le parti prône par exemple la création d’une «cellule spéciale» pour coordonner des déportations plus rapides. Le leitmotiv est clair : exclure les étrangers, notamment en encourageant les petites et moyennes entreprises à préférer l’intelligence artificielle aux travailleurs immigrés qualifiés pour des tâches spécifiques. En novembre 2023, Ulrich Siegmund avait participé à une réunion avec des militants néonazis pour discuter d’un plan d’expulsion à grande échelle des immigrés sur le sol allemand.

«Fin à l’inclusion» dans l’éducation

Pour arriver à ses fins, le parti souhaite ­façonner les esprits à partir du plus jeune âge. Pour ce faire, mener une «révolution patriotique culturelle» dans les écoles, en instaurant un principe de ségrégation scolaire isolant les enfants de réfugiés dans des classes séparées, pour leur faire «comprendre que leur séjour en Allemagne n’est que temporaire». Une chasse aux minorités à l’école également menée à l’encontre des enfants handicapés: «Nous mettrons fin immédiatement à l’inclusion», prévient l’AfD dans son programme, annonçant la fin des classes mixtes et le retour des enfants ­concernés dans des écoles spécialisées. Lors des festivités, les élèves, enseignants et personnels devront chanter l’hymne ­national sous le drapeau allemand. «Dans les écoles publiques, on voit toutes sortes de drapeaux, du drapeau arc-en-ciel au drapeau palestinien, toutes sortes de drapeaux, mais pas le drapeau allemand», avait éructé le leader local en juin.

Quant aux programmes scolaires, ils seraient moins axés sur la période nazie que sur les «aspects positifs de l’histoire allemande», notamment des références à l’avant 1933 (année où Hitler a été nommé chancelier du Reich).

Ulrich Siegmund, adepte des réseaux sociaux, dénonce également depuis le début de sa campagne le contrat régissant les médias audiovisuels publics allemands, qu’il accuse d’être biaisés.

Retour à la famille «traditionnelle»

Le programme défendu par Siegmund se distingue aussi par sa politique nataliste. Visant à enrayer «la mort de notre peuple», il prône le retour à des structures familiales «traditionnelles», et la mise en oeuvre d’incitations financières aux citoyens pour les encourager à avoir des enfants.

Une politique qui exclut les «déviances sexuelles et les modes de vie non reproductifs», qui contribueraient, d’après les idéologues de l’AfD, à une baisse des taux de natalité. Le tout représenté par une traque aux identités de genre «non conventionnelles» et au «lobby trans» et organisations LGBTQ+.

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FOTO MARYAM MAJD. REUTERS
Durante una manifestazione contro l’estrema destra, a Berlino, domenica.


Le misure-chiave dell’AfD

Il programma del partito di estrema destra, presentato ad aprile, potrebbe fungere da laboratorio per la destra reazionaria europea.

8 settembre 2026 - Libération
ZOÉ VEZYROGLOU

Dietro i grandi sorrisi, i comizi e le sessioni di autografi, si nasconde una visione della Germania legata al passato, ai suoi momenti più bui. Il programma dell’AfD, di una radicalità senza precedenti nella storia del partito, rivela chiaramente la linea politica del leader del partito in Sassonia-Anhalt, Ulrich Siegmund. Adottato ad aprile al congresso regionale di Magdeburgo, il «programma di governo» dell’AfD illustra in dettaglio le misure anti-immigrazione, anti-minoranze e ultranazionaliste sostenute da Ulrich Siegmund per «ritrovare finalmente la Germania».

L’immigrazione come punta di diamante

Seguendo un modello ben noto dell’estrema destra, l’AfD fa dell'immigrazione la propria punta di diamante e della «remigrazione» il suo mantra. Il partito sostiene, ad esempio, la creazione di una «cellula speciale» per coordinare espulsioni più rapide. Il leitmotiv è chiaro: escludere gli stranieri, in particolare incoraggiando le piccole e medie imprese a preferire l’intelligenza artificiale ai lavoratori immigrati qualificati per compiti specifici. Nel novembre 2023, Ulrich Siegmund aveva partecipato a un incontro con militanti neonazisti per discutere un piano di espulsione su larga scala degli immigrati presenti sul territorio tedesco.

«Basta con l’inclusione» nell’istruzione

Per raggiungere i propri obiettivi, il partito intende plasmare le menti fin dalla più tenera età. A tal fine, intende condurre una «rivoluzione culturale patriottica» nelle scuole, introducendo un principio di segregazione scolastica che isoli i figli dei rifugiati in classi separate, per far loro «capire che il loro soggiorno in Germania è solo temporaneo». Una caccia alle minoranze a scuola condotta anche contro i bambini con disabilità: «Porremo immediatamente fine all’inclusione», avverte l’AfD nel suo programma, annunciando la fine delle classi miste e il ritorno dei bambini interessati nelle scuole specializzate. Durante le celebrazioni, gli alunni, gli insegnanti e il personale dovranno cantare l’inno nazionale sotto la bandiera tedesca. «Nelle scuole pubbliche si vedono bandiere di ogni tipo, dalla bandiera arcobaleno a quella palestinese, bandiere di ogni genere, ma non la bandiera tedesca», aveva sbottato il leader locale a giugno.

Per quanto riguarda i programmi scolastici, sarebbero meno incentrati sul periodo nazista e più sugli «aspetti positivi della storia tedesca», in particolare con riferimenti al periodo precedente al 1933 (anno in cui Hitler fu nominato Cancelliere del Reich).

Ulrich Siegmund, assiduo frequentatore dei social network, denuncia inoltre, sin dall’inizio della sua campagna, il contratto che disciplina i media audiovisivi pubblici tedeschi, che accusa di essere di parte.

Ritorno alla famiglia «tradizionale»

Il programma sostenuto da Siegmund si distingue anche per la sua politica natalista. Con l’obiettivo di arginare «la morte del nostro popolo», promuove il ritorno a strutture familiari «tradizionali» e l’introduzione di incentivi finanziari per incoraggiare i cittadini ad avere figli.

Una politica che esclude le «deviazioni sessuali e gli stili di vita non riproduttivi», che, secondo gli ideologi dell’AfD, contribuirebbero a un calo dei tassi di natalità. Il tutto si traduce in una persecuzione delle identità di genere «non convenzionali», della «lobby trans» e delle organizzazioni LGBTQ+.

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BSW : la gauche pro-russe devenue faiseuse de roi

Le petit parti aux positions hétéroclites, porté par sa fondatrice Sahra Wagenknecht, a entre ses mains l’avenir politique de la Saxe-Anhalt.

8 Sep 2026 - Libération
CORALIE LEMKE

«Conservateur de gauche.» C’est avec ce drôle d’oxymore politique que Sahra Wagenknecht décrit la ligne politique de son parti. Le BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, l’Alliance Sahra Wagenknecht en français), issu d’une scission avec la formation d’extrême gauche Die Linke en 2024, s’est hissé au rang de faiseur de roi en SaxeAnhalt. Avec un programme économique à gauche, une ligne pro-russe et un regard conservateur sur les questions sociétales, le BSW a réussi à passer la barre des 5 % de suffrages nécessaires pour pouvoir siéger au parlement régional de ce Land situé dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Il est le seul parti à s’être déclaré en faveur d’une alliance avec l’AfD, le parti d’extrême droite arrivé largement en tête des élections régionales dimanche (environ 44 % des suffrages), qui a besoin d’une coalition pour atteindre la majorité absolue.

Dans le programme du BSW, on retrouve côte à côte: le salaire minimum à 15 euros de l’heure, la mise en place d’une assurance maladie ­citoyenne, une réduction des prix de l’énergie, le ­plafonnement national des loyers, mais aussi l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine, la fin des sanctions contre la Russie et une accélération des procédures d’expulsion pour les personnes immigrées.

«Le parti est composé d’anciens de Die Linke, issus, au sein de ce parti d’extrême gauche, d’une mouvance conservatrice sur les questions sociétales, comme l’immigration, le genre et l’identité, explique Thorsten Holzhauser, chercheur en politique à la Fondation Theodor Heuss, à Stuttgart. Le BSW séduit les électeurs d’ex-RDA sensibles à ces thématiques, mais aussi les déçus des partis traditionnels et ceux qui ne veulent pas se résoudre à voter AfD.» Car le BSW cultive une différence majeure avec le parti d’extrême droite. Alors que l’AfD a fait sa campagne sur le Deutsch denken, le «penser allemand», «on ne retrouve pas au sein du BSW ces positions ethno-nationalistes. Le parti n’adhère pas aux formules associées au nazisme, comme “l’Allemagne par-dessus tout”, qu’on retrouve à l’extrême droite», précise Constantin Wurthmann, professeur en sciences politiques à l’université de Mayence et auteur d’un livre sur le BSW. De même, là où l’AfD défend une baisse des impôts et un Etat recentré sur ses fonctions régaliennes, le BSW revendique une politique sociale et redistributive nettement à gauche. Néanmoins, ce jeune parti, fondé en 2024, qui n’a encore jamais participé aux élections nationales, rejette ouvertement le cordon sanitaire contre l’extrême droite, appelé en Allemagne Brandmauer, littéralement «mur coupe-feu». Pour Sahra ­Wagenknecht, «exclure un parti qui recueille environ 40 % des voix» serait «totalement antidémocratique». Avec un fort profil anti-establishement, le BSW se positionne en rupture des partis traditionnels, qu’il accuse d’avoir échoué sur l’économie, l’énergie, l’immigration et la politique étrangère. En Saxe-Anhalt, il semble aujourd’hui arrivé près de son but. C’est désormais à lui d’arbitrer, dans les semaines qui viennent, la formation du futur gouvernement, entre l’AfD arrivée en tête ou une coalition à cinq partis, considérée comme hautement improbable.

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BSW: la sinistra filorussa diventata “creatrice di re”

Il piccolo partito dalle posizioni eterogenee, guidato dalla sua fondatrice Sahra Wagenknecht, ha nelle sue mani il futuro politico della Sassonia-Anhalt.

8 settembre 2026 - Libération
CORALIE LEMKE

«Conservatore di sinistra». È con questo curioso ossimoro politico che Sahra Wagenknecht descrive la linea politica del suo partito. Il BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, in italiano «Alleanza Sahra Wagenknecht»), nato da una scissione dalla formazione di estrema sinistra Die Linke nel 2024, si è affermato come «re di tutti i re» in Sassonia-Anhalt. Con un programma economico di sinistra, una linea filo-russa e una visione conservatrice sulle questioni sociali, il BSW è riuscito a superare la soglia del 5% dei voti necessaria per ottenere seggi nel parlamento regionale di questo Land situato nell’ex Germania dell’Est. È l’unico partito a essersi dichiarato favorevole a un’alleanza con l’AfD, il partito di estrema destra che domenica ha ottenuto un ampio vantaggio nelle elezioni regionali (circa il 44% dei voti) e che ha bisogno di una coalizione per raggiungere la maggioranza assoluta.

Nel programma del BSW si trovano affiancati: il salario minimo di 15 euro l’ora, l’istituzione di un’assicurazione sanitaria pubblica, una riduzione dei prezzi dell’energia, il tetto massimo nazionale per gli affitti, ma anche la sospensione delle forniture di armi all’Ucraina, la fine delle sanzioni contro la Russia e un’accelerazione delle procedure di espulsione per gli immigrati.

«Il partito è composto di ex membri di Die Linke, provenienti, all’interno di questo partito di estrema sinistra, da una corrente conservatrice sulle questioni sociali, come l’immigrazione, il genere e l’identità», spiega Thorsten Holzhauser, ricercatore di Scienze politiche presso la Fondazione Theodor Heuss di Stoccarda. Il BSW attira gli elettori dell’ex DDR sensibili a questi temi, ma anche chi è deluso dai partiti tradizionali e chi non vuole rassegnarsi a votare AfD». Il BSW, infatti, si distingue nettamente dal partito di estrema destra. Mentre l’AfD ha basato la propria campagna sul «Deutsch denken», il «pensare tedesco», «all’interno del BSW non si riscontrano queste posizioni etno-nazionaliste. Il partito non aderisce alle formule associate al nazismo, come “la Germania prima di tutto”, che si ritrovano nell’estrema destra», precisa Constantin Wurthmann, professore di Scienze politiche all’Università di Mainz e autore di un libro sul BSW. Allo stesso modo, mentre l’AfD sostiene una riduzione delle tasse e uno Stato incentrato sulle sue funzioni sovrane, il BSW rivendica una politica sociale e redistributiva nettamente di sinistra. Ciononostante, questo giovane partito, fondato nel 2024, che non ha ancora mai partecipato alle elezioni nazionali, rifiuta apertamente il cordone sanitario contro l’estrema destra, chiamato in Germania Brandmauer, letteralmente «muro tagliafuoco». Per Sahra Wagenknecht, «escludere un partito che raccoglie circa il 40% dei voti» sarebbe «assolutamente antidemocratico». Con un forte profilo anti-establishment, il BSW si posiziona in rottura con i partiti tradizionali, che accusa di aver fallito in materia di economia, energia, immigrazione e politica estera. In Sassonia-Anhalt, oggi sembra essere vicino al raggiungimento del suo obiettivo. Spetterà ora a esso, nelle prossime settimane, decidere la formazione del futuro governo, tra l’AfD, che si è classificata al primo posto, e una coalizione pentapartitica, considerata altamente improbabile.

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En France, Reconquête célèbre et le RN garde ses distances

Au lendemain de la percée de l’AfD en Saxe-Anhalt, le parti de Marine Le Pen reste discret pour ne pas entacher sa stratégie de dédiabolisation.

8 Sep 2026 - Libération
CHARLOTTE BELAÏCH

Quand les problèmes ne viennent pas des dissensions internes et de l’improvisation propre au RN, ils arrivent de l’extérieur. Empêtré dans un début de campagne décousu, le parti doit désormais composer avec la victoire de l’AfD. L’ex-allié du RN au Parlement européen, est arrivé largement en tête en Saxe-Anhalt. Le résultat pourrait être une bonne nouvelle pour Marine Le Pen, en ce qu’il souligne la progression de l’extrême droite qui travaille toute l’Europe. Mais le RN, en quête de normalisation, ne tient plus à être associé à cet ex-allié.

Dans l’embarras. En janvier 2024, en pleine campagne pour les euro­péennes, la révélation d’une réunion organisée par des cadres du parti allemand pour discuter de la «remigration» de près de 2 millions de «citoyens allemands non assimilés» vers un «Etat modèle» en Afrique du Nord avait mis le RN dans l’embarras. «Je suis en total désaccord avec la proposition qui aurait été discutée […] dans le cadre de cette réunion, avait expliqué Marine Le Pen lors de ses voeux. Je l’ai dit et redit cent fois et mon propos est extrêmement clair : nous défendons tous les Français, quelle que soit leur condition d’acquisition de la nationalité.» Puis, en mai 2024, les déclarations de Maximilian Krah, tête de liste de l’AfD aux européennes, qui avait ­affirmé que «quiconque portait un uniforme SS» n’était pas «automatiquement un criminel», avaient fini par enterrer l’alliance.

«Vague». Le RN et l’AfD siégeaient ensemble au sein du groupe «Identité et Démocratie», les quinze eurodéputés allemands appartiennent désormais au groupe «Europe des nations souveraines», aux côtés notamment de Sarah Knafo, seule élue Reconquête. Depuis, les ­cadres du RN ne manquent pas de renvoyer le parti d’Eric Zemmour à ces liens indéfendables. Sur X, l’ex (et futur?) candidat Reconquête à la présidentielle s’est félicité du résultat de l’AfD, y décelant une «heure de vérité». «Jordan Bardella ne veut pas reconnaître la vague occidentale», a de son côté affirmé Knafo pour dénoncer le malaise du président du RN – «un certain nombre de désaccords nous ont amenés à prendre nos distances avec l’AfD», avait-il indiqué samedi sur BFM, faisant savoir qu’un rapprochement n’était pas prévu.

«Quand Trump l’a emporté, le RN n’a pas voulu voir ce que cela symbolisait», a-t-elle ajouté. A l’époque, déjà, le parti était tiraillé entre ceux qui plaidaient pour une démarcation franche avec le président des Etats-Unis, au nom des intérêts de la France, et ceux qui étaient tentés de louer une victoire prémonitoire. Le RN est donc encore une fois gêné aux entournures entre volonté de se différencier d’un parti qui veut en finir avec la culpa­bilité héritée du IIIe Reich, et difficulté à déplorer le succès d’une formation nationaliste anti-immigration : «La pression électorale exercée par l’AfD en Allemagne a contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement de M. Merz, puisque l’Allemagne a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières», a ainsi noté Bardella samedi. Le député Jean-Philippe Tanguy, l’un des rares à s’exprimer, a aussi pris acte d’un «vote populaire», «expression du ras-le-bol» tout en marquant sa distance avec des «prises de position qui sont contraires à l’intérêt de la France».

Autour du RN, d’autres célèbrent. «Toutes mes félicitations pour cette voie nouvelle qui s’ouvre en Europe !» s’est enthousiasmé le maire de Fréjus, David Rachline, en rupture avec le parti. En 2024, l’eurodéputée Marion Maréchal, qui devrait faire son retour auprès de sa tante, affirmait au sujet du projet de remigration: «Je suis d’accord avec ce projet qui était celui porté par Eric Zemmour lors de l’élection présidentielle. C’est-à-dire le renvoi des personnes qui n’ont rien à faire sur notre sol ou qui représente un danger.» Depuis dimanche, elle est restée ­silencieuse.

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In Francia, “Reconquête” festeggia 
mentre il RN mantiene le distanze

All’indomani della svolta dell’AfD in Sassonia-Anhalt, il partito di Marine Le Pen mantiene un profilo basso per non compromettere la propria strategia di “de-demonizzazione”.

8 settembre 2026 - Libération
CHARLOTTE BELAÏCH

Quando i problemi non derivano dalle divisioni interne e dall’improvvisazione tipiche del RN, arrivano dall’esterno. Impantanato in un inizio di campagna elettorale disorganico, il partito deve ora fare i conti con la vittoria dell’AfD. L’ex alleato del RN al Parlamento Europeo ha ottenuto un ampio vantaggio in Sassonia-Anhalt. Il risultato potrebbe essere una buona notizia per Marine Le Pen, in quanto sottolinea l’avanzata dell’estrema destra che sta interessando tutta l’Europa. Ma il RN, alla ricerca di una normalizzazione, non vuole più essere associato a questo ex alleato.

In imbarazzo. Nel gennaio 2024, in piena campagna per le Europee, la rivelazione di una riunione organizzata da dirigenti del partito tedesco per discutere della «rimigrazione» di quasi 2 milioni di «cittadini tedeschi non integrati» verso uno «Stato modello» nel Nord Africa aveva messo il RN in imbarazzo. «Sono in totale disaccordo con la proposta che sarebbe stata discussa […] nel corso di tale riunione», aveva spiegato Marine Le Pen durante il suo discorso di auguri. «L’ho detto e ridetto cento volte e la mia posizione è estremamente chiara: difendiamo tutti i francesi, indipendentemente dalle modalità di acquisizione della cittadinanza». Poi, nel maggio 2024, le dichiarazioni di Maximilian Krah, capolista dell’AfD alle Europee, il quale aveva affermato che «chiunque indossasse un’uniforme delle SS» non era «automaticamente un criminale», avevano finito per seppellire l’alleanza.

«Vaga». Il RN e l’AfD sedevano insieme nel gruppo «Identità e Democrazia»; i quindici eurodeputati tedeschi appartengono ora al gruppo «Europa delle nazioni sovrane», al fianco, in particolare, di Sarah Knafo, unica eletta di Reconquête. Da allora, i dirigenti del RN non mancano di richiamare il partito di Eric Zemmour a questi legami indifendibili. Su X, l’ex (e futuro?) candidato di Reconquête alle presidenziali si è congratulato per il risultato dell’AfD, individuandovi un «momento della verità». «Jordan Bardella non vuole riconoscere l’ondata occidentale», ha affermato da parte sua Knafo per denunciare il disagio del presidente del RN – «una serie di disaccordi ci ha portato a prendere le distanze dall’AfD», aveva dichiarato sabato su BFM (*), facendo sapere che non era previsto alcun riavvicinamento.

«Quando Trump ha vinto, il RN non ha voluto vedere ciò che questo simboleggiava», ha aggiunto. Già all’epoca il partito era diviso tra chi invocava una netta presa di distanza dal presidente degli Stati Uniti, in nome degli interessi della Francia, e chi era tentato di lodare una vittoria premonitrice. Il RN si trova quindi ancora una volta in una situazione difficile, diviso tra la volontà di distinguersi da un partito che vuole porre fine al senso di colpa ereditato dal Terzo Reich e la difficoltà di deplorare il successo di una formazione nazionalista anti-immigrazione: «La pressione elettorale esercitata dall’AfD in Germania ha contribuito a far cambiare le carte in tavola all’interno del governo di Merz, dato che la Germania ha ripristinato alcuni mesi fa i controlli alle frontiere», ha osservato sabato Bardella. Anche il deputato Jean-Philippe Tanguy, uno dei pochi a prendere la parola, ha riconosciuto che si è trattato di un «voto popolare», «espressione di un malcontento generale», pur prendendo le distanze da «prese di posizione contrarie all’interesse della Francia».

Intorno al RN, altri festeggiano. «Tutte le mie congratulazioni per questa nuova strada che si apre in Europa!», ha esclamato con entusiasmo il sindaco di Fréjus, David Rachline, in rottura con il partito. Nel 2024, l’eurodeputata Marion Maréchal, che dovrebbe tornare al fianco di sua zia (Marine Le Pen, figlia di Jean-Marie Le Pen e la sorella di Yann Le Pen, la madre di Marion. ndr), affermava in merito al progetto di rimpatrio: «Sono d’accordo con questo progetto, che era stato portato avanti da Eric Zemmour durante le elezioni presidenziali. Ovvero il rimpatrio delle persone che non hanno nulla da fare sul nostro territorio o che rappresentano un pericolo». Da domenica, è rimasta in silenzio.

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Claque

8 Sep 2026 - Libération
Par SONIA DELESALLE-STOLPER

La victoire du parti d’extrême droite AfD en Saxe-Anhalt est le fruit d’un constat amer et connu : la réunification allemande, après la chute du Mur, n’a pas profité à tous. Et certainement pas à cette petite région désindustrialisée et vieillissante. Ici, comme dans toutes les régions défavorisées en Allemagne, en Hongrie, mais aussi aux Etats-Unis ou en France, le discours de l’extrême droite a prospéré sur le rejet des élites, surtout celles de Bruxelles, et cette peur de «l’étranger», venu voler les emplois et menacer la sécurité. Primaire, simpliste, mais efficace.

Le choc tient évidemment à l’histoire et au fait que pour la première fois depuis 1945 en Allemagne, un parti, dont certains membres s’inspirent ouvertement de l’idéologie et des symboles nazis, pourrait accéder au pouvoir, certes «seulement» à un niveau régional. Dans ce pays où, depuis quatre-vingt-un ans, chaque acte politique, et en premier lieu son insertion profonde dans le coeur européen, a été dicté par cette culpabilité lourde, par ce sombre passé, la claque est immense.

Le pire est que ceux qui applaudissent des deux mains – les Maga de Trump et les sbires de Poutine – sont issus de deux grandes nations, les Etats-Unis et la Russie, sans qui la défaite du nazisme aurait été impossible en 1945. ­Aujourd’hui, ils appellent à la destruction de l’Europe et de toutes les valeurs sur lesquelles elle s’est construite après la ­Seconde Guerre mondiale. L’inévitable n’est pas écrit, en raison justement de l’histoire. L’AfD n’est pas aux portes de la chancellerie, loin de là. L’extrême droite n’est pas sur le point de gouverner l’Allemagne. En revanche, elle frappe à la porte du pouvoir en France. Les yeux du monde sont d’ores et déjà fixés sur la présidentielle de l’an prochain. Si le Rassemblement national a lourdement oeuvré ces dernières années pour arrondir ses angles les plus acérés, rompant même les liens avec l’AfD, la vérité est que ce parti entretient des relations cordiales avec le mouvement Maga et était il n’y a pas si longtemps très proche de la Russie. Or, il ne fait aucun doute que pour Trump et Poutine, la destruction du projet européen passe avant tout par la France.

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La Claque

8 settembre 2026 - Libération
di SONIA DELESALLE-STOLPER

La vittoria del partito di estrema destra AfD nella Sassonia-Anhalt è il risultato di una constatazione amara e ben nota: la riunificazione tedesca, dopo la caduta del Muro, non ha portato benefici a tutti. E certamente non a questa piccola regione deindustrializzata e con una popolazione che invecchia. Qui, come in tutte le regioni svantaggiate della Germania, dell’Ungheria, ma anche degli Stati Uniti o della Francia, il discorso dell’estrema destra ha prosperato sul rifiuto delle élite, soprattutto quelle di Bruxelles, e su quella paura dello «straniero», venuto a rubare posti di lavoro e a minacciare la sicurezza. Primitivo, semplicistico, ma efficace.

Lo shock è legato alla storia e al fatto che, per la prima volta dal 1945 in Germania, un partito, alcuni dei cui membri si ispirano apertamente all’ideologia e ai simboli nazisti, potrebbe arrivare al potere, anche se «solo» a livello regionale. In questo Paese in cui, da ottantuno anni, ogni atto politico – e in primo luogo la sua profonda integrazione nel cuore dell’Europa – è stato dettato da questo pesante senso di colpa, da questo passato oscuro, lo shock è immenso.

La cosa peggiore è che coloro che applaudono a mani aperte – i sostenitori di Trump e gli scagnozzi di Putin – provengono da due grandi nazioni, gli Stati Uniti e la Russia, senza le quali la sconfitta del nazismo sarebbe stata impossibile nel 1945. ­Oggi invocano la distruzione dell’Europa e di tutti i valori su cui si è costruita dopo la ­Seconda Guerra Mondiale. L’inevitabile non è scritto, proprio a causa della Storia. L’AfD non è alle porte della Cancelleria, tutt’altro. L’estrema destra non è sul punto di governare la Germania. In Francia, invece, bussa alle porte del potere. Gli occhi del mondo sono già puntati sulle presidenziali del prossimo anno. Sebbene il Rassemblement National abbia lavorato intensamente negli ultimi anni per smussare i propri angoli più taglienti, rompendo persino i legami con l’AfD, la verità è che questo partito intrattiene rapporti cordiali con il movimento MAGA e, fino a non molto tempo fa, era molto vicino alla Russia. Ora, non c’è alcun dubbio che per Trump e Putin la distruzione del progetto europeo passi innanzi tutto attraverso la Francia.


(*) BFM (BFMTV) è il principale canale televisivo e radiofonico all-news della Francia, equivalente a ciò che rappresentano Sky TG24 o Rai News 24 in Italia, o la CNN negli Stati Uniti.
Il significato originario dell'acronimo è Business FM, poiché la testata è nata nel 1992 come emittente radiofonica dedicata all'economia e alla finanza.
Oggi il network si articola principalmente in tre grandi rami:
  • BFM TV - Il canale televisivo di informazione h24. Lanciato nel 2005, è diventato in breve tempo il telegiornale continuo più visto in Francia, superando storici concorrenti come LCI o CNews. Copre notizie di attualità nazionale, internazionale, politica e cronaca.
  • BFM Business - La branca che mantiene il focus originario del gruppo, focalizzata su mercati finanziari, economia, imprese e strategie di business.
  • BFM Locales (ex BFM Régions) - Una rete di canali locali che trasmettono notizie di prossimità specifiche per le varie regioni e grandi aree metropolitane francesi (come Lione, Marsiglia, o la Normandia).
A livello societario, dopo essere stato a lungo di proprietà del gruppo Altice, il network fa oggi capo alla divisione media del colosso marittimo e della logistica CMA CGM. I suoi programmi sono accessibili gratuitamente in Francia sul digitale terrestre, oltre che in streaming via web e satellite in tutto il mondo.


Sonia Delesalle-Stolper è la prima donna alla direzione di Libération
La responsabile del servizio internazionale alla guida dello storico giornale della sinistra francese

PARIGI, 09 maggio 2026, 00:11 (ANSA)
La responsabile del servizio internazionale di Libération, Sonia Delesalle-Stolper, è stata nominata direttrice del giornale, dopo il via libera del comitato di redazione.
Delesalle-Stolper succede al giornalista franco-israeliano, Dov Alfon, alla direzione dello storico quotidiano della gauche parigina.
"Conformemente ai nostri statuti, Sonia Delesalle-Stolper è stata eletta in seguito al voto della redazione. Ha ottenuto 83,2% delle preferenze", precisa Libération in un articolo pubblicato sul suo sito web.

Delesalle-Stolper diventa così la prima donna a dirigere il quotidiano nato nel 1973 e che vede tra i suoi fondatori il filosofo, Jean-Paul Sartre e Serge July, emblematico direttore dal 1974 al 2006. .

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