AU PANTHÉON DES ROULEURS


EVENEPOEL QUATRE À QUATRE, SEIXAS À L’HEURE

Devenu, hier, le premier de l’histoire à remporter quatre fois de suite le maillot arc-en-ciel du contre-la-montre, Remco Evenepoel est l’ultime héritier des légendes de la discipline.

21 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

MONTRÉAL (CAN) – Au son épique des joueurs de tam-tam du dimanche soir au parc du Mont-Royal, en surplomb, Remco Evenepoel a sorti sa longue-vue imaginaire qui regarde « vers le futur » , philosophe-t-il, puis a formé un quatre avec sa main. Quel autre coureur peut se permettre d’enchaîner les célébrations sur la ligne d’un contre-la-montre? « J’ai vu sur le grand écran que j’avais de l’avance » , a-t-il détaillé, vainqueur avec une marge énorme, près d’une minute sur Filippo Ganna (2e) en 39,2 km dans Montréal.

Déjà champion olympique de la discipline, double champion d’Europe (2019 et 2024) et double champion de Belgique (2022 et 2025), le Brabançon (26 ans) est désormais le troisième coureur à compter quatre maillots arc-en-ciel de la spécialité, un record, après Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009, 2010) et Tony Martin (2011 à 2013, 2016). À la différence du Suisse et de l’Allemand, il est le premier à compiler ces titres à la suite.

Une position unique et admirée autant 
pour son efficacité que son esthétique

« Il faut rendre à Remco ce qui est à Remco, c’est peut-être l’un des plus grands spécialistes de tous les temps » , a salué Paul Seixas. Il convient toutefois de préciser que l’épreuve n’existe que depuis 1994 et que son équivalent d’autrefois, le Grand Prix des Nations, fut conquis à neuf reprises par Jacques Anquetil, dont six fois consécutives (de 1953 à 1958). La discipline jouissait alors de plus d’engouement, ce qui incitait les meilleurs coureurs du monde à s’y investir, obligés d’en passer par là pour remporter le Tour de France, qui pouvait compter quatre ou cinq contre-la-montre par édition. En témoigne le prestige du chrono, Anquetil s’était attelé à battre le record de l’heure en 1956. Eddy Merckx a ensuite établi une marque en 1972 qui résista vingthuit ans jusqu’à la position innovante de Chris Boardman.

Au panthéon du chrono, Bernard Hinault peut aussi se targuer d’avoir remporté cinq fois le Grand Prix des Nations et de détenir le meilleur ratio de victoires dans les chronos individuels du Tour (64,5 % soit 20 victoires en 31 c.l.m., contre 60 % avec 3 succès en 5 c.l.m. pour Evenepoel). Miguel Indurain a ensuite impressionné par sa marge sur ses contemporains, capable de repousser son dauphin à trois minutes en 65 km sur le Tour 1992 (9e étape).

« Evenepoel fait partie des meilleurs, il est bien posé sur son vélo. Mais il est difficile de comparer, à chacun sa période », pointe Joop Zoetemelk (26 victoires en contre-la-montre en carrière). «On n’a pas couru avec les mêmes équipements… Des coureurs comme Bernard et Eddy ont marqué la discipline sans avoir ce matériel. »

Battu sur le plan comptable par ces deux-là – qui sont les coureurs les plus complets de l’histoire, bien plus que des rouleurs –, Evenepoel se distingue par son chamboulement de la discipline, une position unique et admirée autant pour son efficacité que son esthétique.

Anquetil avait déjà introduit une rupture historique en comprenant que le contre-lamontre n’était pas qu’une question de puissance, passant des heures à s’entraîner à maintenir sa position de l’oeuf – inspirée du ski – derrière derny. « L’histoire retiendra deux périodes, l’avant et l’après Anquetil. Avant lui, on improvisait. Ensuite, et grâce à lui, on a construit »

Le défi du record de l’heure

Pour sa méticulosité, le Normand était lui même l’héritier d’Antonin Magne, premier vainqueur d’un contre-la-montre dans le Tour en 1934. Evenepoel est le dernier de cette lignée. La révolution du Belge est d’avoir imposé un nouveau gabarit, un peu moins de 1,71 m et autour de 62 kg, au sommet de cet art. Les cuisses compactes, le buste ramassé et les bras courts du Belge sont devenus un privilège dans le paradigme du chrono scientifique, de l’expertise aérodynamique.

Premier champion du monde de chrono de moins de 1,79 m depuis Santiago Botero (1,75 m) en 2002 et de moins de 69 kg depuis Laurent Jalabert (67 kg) en 1997, Evenepoel est un ovni de la discipline qui restera considéré ainsi ou aura au contraire inspiré toute une génération par son profil.

Dans les deux cas, le quadruple champion du monde est en train de laisser une trace. Pour s’élever encore parmi les meilleurs rouleurs, le Belge devra devenir le premier à cinq titres mondiaux, pourquoi pas dès l’an prochain autour du lac d’Annecy, et surtout se frotter au record de l’heure, un défi que lui a lancé Eddy Merckx en 2024 et qu’il est motivé à relever. « Un jour, je pourrai essayer, je pense que j’ai les qualités pour » , a-t-il répété hier, en refusant cependant d’être cantonné à sa discipline, toujours animé par la quête des grands Tours et d’un deuxième titre en ligne dimanche.

***

Les chiffres d’une domination

1 - Remco Evenepoel est le premier coureur de l’histoire à remporter le contre-la-montre des Mondiaux quatre fois d’affilée, après Glasgow, Zurich, Kigali et donc Montréal. Une statistique à pondérer : l’épreuve n’existe que depuis 1994.

3 - Le Belge est le troisième coureur à compter quatre maillots arc-en-ciel de la spécialité, un record, avec Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009, 2010) et Tony Martin (2011 à 2013, 2016). Le chrono autour du lac d’Annecy, lors des Mondiaux l’an prochain, devrait lui permettre de devenir le seul recordman.

7 - Avec cette victoire, Evenepoel a porté sa série d’invincibilité sur les contre-la-montre à sept. Il n’a plus été battu dans la spécialité depuis le chrono très particulier de Peyragudes dans le Tour, l’an passé. Le Belge a remporté 13 de ses 14 derniers contre-la-montre, depuis son titre olympique à Paris.

34 - Ce titre mondial représente une 27e victoire contre la montre pour Evenepoel sur 79 victoires en tout, soit un ratio de plus de 34% de ses succès glanés sur l’effort solitaire.

***


Le chrono comme arme globale a fait

Champion du monde juniors, désormais médaillé de bronze chez les grands, Paul Seixas du contre-la-montre une passion autant qu’un moyen de compléter son bagage.

“Très peu de coureurs parmi les meilleurs 
du monde ne sont pas bons sur le chrono ''
   - PAUL SEIXAS

21 Sep 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL THOMAS PEROTTO

MONTRÉAL – Il y a autant de théorèmes que de chapelles mais un point de départ assez net chez les spécialistes du chrono. Pour que l’exercice ait du sens et que le plaisir émerge, il faut avoir un petit grain qui se balade dans le cerveau. « Oui, bon, il faut avoir un souci pour aimer ça, c’est vrai… » , rigole Paul Seixas, dont les yeux s’illuminent et les bras s’agitent dès lors qu’on évoque le contrela-montre. « C’est un effort violent, tu ne peux pas te cacher, il n’y a pas de tactique. C’est un effort très mental. Il faut être fort physiquement mais surtout mentalement » , racontait-il vendredi, deux jours avant le chrono des Mondiaux, où il s’est emparé de la médaille de bronze, hier, derrière le Belge Remco Evenepoel et l’Italien Filippo Ganna.Parti doucement, Paul Seixas a progressivement accéléré pour obtenir au final le troisième temps derrière les deux stars de la discipline, Remco Evenepoel et Filippo Ganna.

« À l’entraînement, ce n’est pas une discipline facile, c’est assez ingrat, la position est dure à tenir, ça demande beaucoup de souplesse et ça fait mal au corps » , explique le nouveau « bronzé ».

L’histoire d’amour entre le jeune Français, qui fêtera ses 20 ans jeudi, et le chrono ne date pas de ce week-end montréalais. Elle remonte à bien plus loin. « Petit, je voulais trop avoir un vélo de chrono, je trouvais ça stylé, trop beau, un vélo complètement différent. La première fois que je l’ai eu, j’étais comme un dingue, s’enthousiasme-t-il. L’esthétisme de l’exercice me plaisait. » Dès la deuxième année cadets, en 2022, avec son entraîneur Alexandre Pacot, il enquillait les séances par plaisir autant que par conviction sportive.

Certains coureurs s’obligent à pratiquer le chrono sur le tard pour briller sur les courses par étapes quand d’autres prennent de l’avance. « Je me suis vite rendu compte, chez les jeunes, qu’il fallait être bon en contre-la-montre pour jouer les classements généraux. Et ce n’est pas décorrélé du comportement d’un grimpeur, développe Seixas. Quand tu es grimpeur, le but est de monter un col le plus vite possible. Et ça passe par des chronos. Quand j’étais petit, j’aimais battre mes temps dans les montées. C’est un type de chrono en fait. La force que tu prends quand tu travailles à mettre de la puissance sur le plat, elle est vraiment intéressante pour tout ton profil cycliste. Je m'en suis très vite aperçu. Je pense que je suis plus optimisé en termes de position, chaque année je le suis un peu plus. Je bosse pour maintenant et les années à venir. »

Un déclic qu’il avait ressenti il y a deux ans, lors du contre-lamontre des Championnats du monde juniors à Zurich. « Ca a été un événement déclencheur pour la suite de ma carrière, confirme Seixas. Ce titre m’a fait dire que j’avais trouvé quelque chose dans le chrono que je n’avais pas trouvé auparavant. Très peu de coureurs parmi les meilleurs du monde ne sont pas bons sur le chrono. » Remco Evenepoel, sacré quatre fois de rang, 2e du Tour 2026, 3e en 2024 et vainqueur de la Vuelta 2022, en est la preuve incarnée.

« Une dose de confiance » pour la course en ligne

« C’est une manière différente de mettre de la puissance, c’est intéressant pour ma préparation, développe encore le jeune Français.

À long terme, on sait à quel point c’est important pour être bon dans les gdès rands Tours, et je veux être le meilleur possible. Ça donne une différence aussi d’entraînements qui servent sur la route et donnent de la force dans le gainage, dans les reins. »

« En juniors, il faisait du chrono une ou à deux fois par semaine, racontait Pacot juste avant le Tour. Une à trois fois par semaine depuis qu’il est en World Tour, à des volumes plus importants, pour continuer à progresser. Il est bon et s’investit dans cette discipline. »

Samedi, son entraîneur était sur un vélo, GoPro sur la tête dans les rues de Montréal, pour filmer le parcours du chrono et mettre à disposition de son coureur une longue salve d’images. Hier soir, en descendant du podium, Seixas savait que cette médaille était aussi « une dose de confiance » pour la course en ligne de dimanche. Comme quoi, tout est lié.

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Reusser conforte sa suprématie

Sur un parcours particulièrement long en plus d’être technique, la Suissesse a parfaitement géré son effort pour remporter son deuxième titre mondial d’affilée.

«Je suis très souple naturellement, 
je ne m’entraîne pas beaucoup sur mon vélo de chrono, 
donc je suis vraiment bénie»
   - MARLEN REUSSER

21 Sep 2026 - L'Équipe
L. He.

Encore dans le gaz à 6 heures du matin lorsque son entourage lui a souhaité son 35e anniversaire, Marlen Reusser s’est demandé si arriver au Canada le 9 septembre, onze jours avant le contre-la-montre des Mondiaux, avait finalement été une bonne idée. « Je m’étais déjà habituée au décalage horaire » , s’est plainte la Suissesse, réveillée aux aurores.

Sa bougonnerie n’a en rien perturbé sa marche logique vers un deuxième titre mondial du chrono, conquis avec 40'' d’avance sur Zoe Bäckstedt, ce qui valide plutôt l’efficacité de la démarche d’adaptation et la minutie de son approche. « J’ai étudié le parcours sur la carte quand j’étais encore en Europe, a expliqué la rouleuse de Movistar. J’ai besoin de temps pour que mon cerveau intègre toutes les informations, donc je suis allée énormément sur le parcours et hier (samedi, lors de la reconnaissance officielle), c’était seulement pour les derniers détails. Je l’ai vraiment aimé parce que c’était l’aventure, on ne pouvait pas s’ennuyer, c’était très technique. Mais pour gagner, je n’aurais pas forcément choisi un tel tracé. »

Pas la meilleure des pilotes, elle a prudemment abordé les nombreux virages jusqu’au premier intermédiaire, où elle ne pointait qu’au 5e rang, avant de dérouler son plan sur les sections plus roulantes. « En ce qui concerne le rythme, la gestion de l’effort, j’étais très nerveuse car on a rarement des chronos aussi longs (39,2 km). On a eu de grandes discussions avec le staff, une heure avant le départ, je n’étais même pas encore sûre de la stratégie à adopter. » Sa réussite stratégique traduit simplement sa supériorité dans les différents paramètres de la discipline. « Je suis très souple naturellement, je ne m’entraîne pas beaucoup sur mon vélo de chrono, donc je suis vraiment bénie » , savoure-t-elle. Vainqueure de 13 de ses 17 derniers chronos depuis 2022 (un ratio de 76 % de victoires), Reusser est à mi-chemin du record des quatre titres mondiaux de Jeannie Longo.

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EVENEPOEL QUATTRO SU QUATTRO, SEIXAS ALL’ORA


Diventato ieri il primo nella storia a conquistare per quattro volte consecutive la maglia arcobaleno della cronometro, Remco Evenepoel è l’ultimo erede delle leggende di questa disciplina.


21 settembre 2026 - L'Équipe

LUC HERINCX


MONTREAL (CAN) – Al suono epico dei suonatori di tam-tam della domenica sera nel parco del Mont-Royal, dall’alto, Remco Evenepoel ha tirato fuori il suo cannocchiale immaginario che guarda «verso il futuro», riflette filosoficamente, poi ha formato un quattro con la mano. Quale altro corridore può permettersi di susseguirsi nelle esultanze sul traguardo di una cronometro? «Ho visto sul maxischermo che avevo un vantaggio», ha spiegato, vincitore con un margine enorme, quasi un minuto su Filippo Ganna (2°) nei 39,2 km percorsi a Montréal.


Già campione olimpico della disciplina, due volte campione d’Europa (2019 e 2024) e due volte campione del Belgio (2022 e 2025), il 26enne del Brabante è ora il terzo corridore a vantare quattro maglie arcobaleno nella specialità, un record, dopo Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009, 2010) e Tony Martin (dal 2011 al 2013, 2016). A differenza dello svizzero e del tedesco, è il primo a conquistare questi titoli consecutivamente.


Una posizione unica e ammirata tanto

per la sua efficacia quanto per la sua estetica


«Bisogna rendere a Remco ciò che è di Remco: è forse uno dei più grandi specialisti di tutti i tempi», ha affermato Paul Seixas. Va tuttavia precisato che la gara esiste solo dal 1994 e che il suo equivalente di un tempo, il Gran Premio delle Nazioni, fu vinto nove volte da Jacques Anquetil, di cui sei volte consecutive (dal 1953 al 1958). All’epoca questa disciplina godeva di maggiore popolarità, il che spingeva i migliori corridori del mondo a dedicarvisi, costretti a superarla per vincere il Tour de France, che poteva contare su quattro o cinque prove a cronometro per edizione. A testimonianza del prestigio della cronometro, Anquetil si era impegnato a battere il record dell’ora nel 1956. Eddy Merckx stabilì poi un primato nel 1972 che resistette per ventotto anni, fino alla posizione innovativa di Chris Boardman.


Nel pantheon delle prove a cronometro, Bernard Hinault può anche vantarsi di aver vinto cinque volte il Gran Premio delle Nazioni e di detenere la migliore percentuale di vittorie nelle prove a cronometro individuali del Tour (64,5%, ovvero 20 vittorie su 31 prove a cronometro, contro il 60% con 3 successi su 5 prove a cronometro per Evenepoel). Miguel Indurain ha poi impressionato per il distacco sui suoi contemporanei, riuscendo a tenere il secondo classificato a tre minuti di distanza su 65 km al Tour del 1992 (9ª tappa).


«Evenepoel è tra i migliori, è molto a suo agio sulla bici. Ma è difficile fare paragoni, ognuno ha il proprio periodo», sottolinea Joop Zoetemelk (26 vittorie in cronometro in carriera). «Non abbiamo corso con le stesse attrezzature… Corridori come Bernard ed Eddy hanno lasciato il segno in questa disciplina senza disporre di quel materiale. »


Superato in termini di risultati da questi due – che sono i corridori più completi della storia, ben più che semplici specialisti del cronometro –, Evenepoel si distingue per aver rivoluzionato la disciplina, con una posizione unica e ammirata tanto per la sua efficacia quanto per la sua estetica.


Anquetil aveva già introdotto una svolta storica comprendendo che la cronometro non era solo una questione di potenza, trascorrendo ore ad allenarsi per mantenere la sua posizione a «uovo» – ispirata allo sci – dietro al derny. «La storia ricorderà due periodi: il prima e il dopo Anquetil. Prima di lui, si improvvisava. Poi, grazie a lui, si è costruito »


La sfida del record dell’ora


Per la sua meticolosità, il normanno era egli stesso l’erede di Antonin Magne, primo vincitore di una cronometro al Tour nel 1934. Evenepoel è l’ultimo di questa stirpe. La rivoluzione del belga consiste nell’aver imposto un nuovo modello fisico, poco meno di 1,71 m e circa 62 kg, al vertice di questa disciplina. Le cosce compatte, il busto tozzo e le braccia corte del belga sono diventati un vantaggio nel paradigma della cronometro scientifica, della competenza aerodinamica.


Primo campione del mondo di cronometro di statura inferiore a 1,79 m dopo Santiago Botero (1,75 m) nel 2002 e di peso inferiore a 69 kg dopo Laurent Jalabert (67 kg) nel 1997, Evenepoel è un fenomeno fuori dal comune in questa disciplina, che continuerà a essere considerato tale o, al contrario, ispirerà un’intera generazione con il suo profilo.


In entrambi i casi, il quattro volte campione del mondo sta lasciando il segno. Per affermarsi ulteriormente tra i migliori cronoman, il belga dovrà diventare il primo a conquistare cinque titoli mondiali – perché no, già dal prossimo anno intorno al lago di Annecy – e, soprattutto, misurarsi con il record dell’ora, una sfida che gli è stata lanciata da Eddy Merckx per il 2024 e che è motivato a raccogliere. «Un giorno potrò provarci, penso di avere le qualità per farlo», ha ribadito ieri, rifiutandosi tuttavia di limitarsi alla sua disciplina, sempre animato dalla ricerca dei grandi Giri e di un secondo titolo in linea domenica.


***


I numeri di un dominio


1 - Remco Evenepoel è il primo corridore della storia a vincere la cronometro dei Mondiali per quattro volte consecutive, dopo Glasgow, Zurigo, Kigali e quindi Montréal. Una statistica da relativizzare: la prova esiste solo dal 1994.


3 - Il belga è il terzo corridore a vantare quattro maglie arcobaleno nella specialità, un record, insieme a Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009, 2010) e Tony Martin (dal 2011 al 2013, 2016). La cronometro intorno al lago di Annecy, in occasione dei Mondiali del prossimo anno, dovrebbe consentirgli di diventare l’unico detentore del record.


7 - Con questa vittoria, Evenepoel ha portato a sette la sua serie di imbattibilità nelle prove a cronometro. Non è più stato sconfitto in questa disciplina dalla particolarissima cronometro di Peyragudes al Tour dello scorso anno. Il belga ha vinto 13 delle sue ultime 14 prove a cronometro, a partire dal titolo olimpico conquistato a Parigi.


34 - Questo titolo mondiale rappresenta la 27ª vittoria a cronometro per Evenepoel su un totale di 79 vittorie, ovvero oltre il 34% dei suoi successi conquistati nella prova individuale.


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La cronometro come arma a tutto tondo ha fatto


Campione del mondo juniores, ora medaglia di bronzo tra i grandi, per Paul Seixas la cronometro è una passione oltre che un mezzo per completare il proprio bagaglio.


«Pochissimi corridori tra i migliori

al mondo non sono bravi nella cronometro»

- PAUL SEIXAS


21 settembre 2026 - L'Équipe

DEL NOSTRO INVIATO SPECIALE THOMAS PEROTTO


MONTREAL – Ci sono tante teorie quanti sono i corridori, ma un punto di partenza piuttosto chiaro tra gli specialisti della cronometro. Affinché l’esercizio abbia senso e ne scaturisca il piacere, bisogna avere una piccola follia che si aggira nel cervello. «Sì, beh, bisogna avere un po’ di follia per amarlo, è vero…», ride Paul Seixas, i cui occhi si illuminano e le braccia si agitano non appena si parla di cronometro. ««È uno sforzo intenso, non puoi nasconderti, non ci sono tattiche. È uno sforzo molto mentale. Bisogna essere forti fisicamente, ma soprattutto mentalmente», ha raccontato venerdì, due giorni prima della cronometro dei Mondiali, dove ieri ha conquistato la medaglia di bronzo, dietro al belga Remco Evenepoel e all’italiano Filippo Ganna. Partito con calma, Paul Seixas ha progressivamente accelerato fino a ottenere alla fine il terzo tempo dietro alle due stelle della disciplina, Remco Evenepoel e Filippo Ganna.


«In allenamento non è una disciplina facile, è piuttosto ingrata, la posizione è difficile da mantenere, richiede molta flessibilità e fa male al corpo», spiega il nuovo «medagliato di bronzo».


La storia d’amore tra il giovane francese, che giovedì compirà 20 anni, e la cronometro non risale a questo fine settimana a Montréal. Risale a molto tempo fa. «Da piccolo, desideravo tantissimo una bici da cronometro, la trovavo elegante, bellissima, una bici completamente diversa. La prima volta che l’ho avuta, ero fuori di testa», racconta entusiasta. «Mi piaceva l’estetica di questo esercizio». Già dal secondo anno tra i cadetti, nel 2022, insieme al suo allenatore Alexandre Pacot, affrontava gli allenamenti tanto per il piacere quanto per convinzione sportiva.


Alcuni corridori si costringono ad allenarsi nelle prove a cronometro in una fase avanzata della stagione per brillare nelle gare a tappe, mentre altri prendono il largo già prima. «Mi sono reso conto subito, tra i giovani, che bisognava essere bravi nelle prove a cronometro per puntare alla classifica generale. E questo non è slegato dalle caratteristiche di uno scalatore», spiega Seixas. Quando sei uno scalatore, l’obiettivo è scalare un passo il più velocemente possibile. E questo passa attraverso le prove a cronometro. Da piccolo mi piaceva battere i miei tempi in salita. In realtà è una sorta di cronometro. La forza che acquisisci quando ti alleni a sviluppare potenza in pianura è davvero importante per il tuo profilo ciclistico nel suo complesso. Me ne sono reso conto molto presto. Penso di essere più ottimizzato in termini di posizione, ogni anno lo sono un po’ di più. Lavoro per il presente e per gli anni a venire.»


Una svolta che aveva avvertito due anni fa, durante la cronometro dei Campionati del mondo juniores a Zurigo. «È stato un evento determinante per il prosieguo della mia carriera», conferma Seixas. «Quel titolo mi ha fatto capire di aver trovato qualcosa nella cronometro che prima non avevo trovato. Sono pochissimi i corridori tra i migliori al mondo che non sono bravi nella cronometro. » Remco Evenepoel, quattro volte campione consecutivo, secondo al Tour del 2026, terzo nel 2024 e vincitore della Vuelta del 2022, ne è la prova vivente.


«Una dose di fiducia» per la gara in linea


«È un modo diverso di sviluppare potenza, ed è interessante per la mia preparazione», aggiunge il giovane francese.


A lungo termine, sappiamo quanto sia importante per ottenere buoni risultati nei grandi Giri, e io voglio essere il migliore possibile. Questo tipo di allenamento fa la differenza: è utile su strada e rafforza il core e la zona lombare. »


«Da junior faceva la cronometro una o due volte alla settimana», raccontava Pacot poco prima del Tour. «Da quando è nel World Tour, da una a tre volte alla settimana, con volumi più elevati, per continuare a progredire. È bravo e si impegna in questa disciplina.»


Sabato, il suo allenatore era in sella a una bicicletta, con una GoPro in testa, per le strade di Montréal, per filmare il percorso della cronometro e mettere a disposizione del suo corridore una lunga serie di immagini. Ieri sera, scendendo dal podio, Seixas sapeva che quella medaglia era anche «una dose di fiducia» per la gara in linea di domenica. A dimostrazione che tutto è collegato.


***


Reusser consolida la sua supremazia


Su un percorso particolarmente lungo oltre che tecnico, la svizzera ha gestito alla perfezione lo sforzo conquistando il suo secondo titolo mondiale consecutivo.


«Sono molto flessibile per natura,

non mi alleno molto sulla mia bici da cronometro,

quindi sono davvero fortunata»

- MARLEN REUSSER


21 settembre 2026 - L'Équipe

L. He.


Ancora intontita alle 6 del mattino, quando i suoi compagni le hanno augurato il suo 35° compleanno, Marlen Reusser si è chiesta se arrivare in Canada il 9 settembre, undici giorni prima della cronometro dei Mondiali, fosse stata alla fine una buona idea. «Mi ero già abituata al fuso orario», si è lamentata la svizzera, svegliata alle prime luci dell’alba.


Il suo brontolio non ha minimamente ostacolato il suo percorso logico verso un secondo titolo mondiale nella cronometro, conquistato con 40'' di vantaggio su Zoe Bäckstedt, il che conferma piuttosto l’efficacia del processo di adattamento e la meticolosità del suo approccio. «Ho studiato il percorso sulla mappa quando ero ancora in Europa», ha spiegato la ciclista della Movistar. Ho bisogno di tempo perché il mio cervello elabori tutte le informazioni, quindi ho percorso il tracciato tantissime volte e ieri (sabato, durante il sopralluogo ufficiale) è servito solo per gli ultimi dettagli. Mi è piaciuto davvero molto perché era un’avventura, non ci si poteva annoiare, era molto tecnico. Ma per vincere, non avrei necessariamente scelto un tracciato del genere. »


Non essendo tra le piloti più abili, ha affrontato con cautela le numerose curve fino al primo intermedio, dove si trovava solo al 5° posto, prima di mettere in atto il suo piano sui tratti più veloci. «Per quanto riguarda il ritmo e la gestione dello sforzo, ero molto nervosa perché raramente si affrontano prove cronometrate così lunghe (39,2 km). «Abbiamo discusso a lungo con lo staff; un’ora prima della partenza non ero ancora sicura della strategia da adottare». Il suo successo strategico riflette semplicemente la sua superiorità nei diversi aspetti di questa disciplina. «Sono molto flessibile per natura, non mi alleno molto sulla mia bici da cronometro, quindi sono davvero fortunata», afferma con soddisfazione. Vincitrice di 13 delle sue ultime 17 prove a cronometro dal 2022 (una percentuale di vittorie del 76%), Reusser è a metà strada dal record dei quattro titoli mondiali di Jeannie Longo.

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