Evenepoel vise le quatre à la suite


Début août, Remco Evenepoel s’était livré à des essais sur le circuit de F1 de Spielberg en Autriche, afin de peaufiner sa préparation pour le contre-la-montre de Montréal.

Evenepoel vise le quatre à la suite

Malgré son accident à l’entraînement fin 2024, Remco Evenepoel s’est approché constamment de la perfection dans l’exercice du contre-la-montre. 
Il peut devenir le premier à ravir le titre mondial quatre fois de suite, aujourd’hui à Montréal.

«On veut travailler à adopter une position plus compacte, 
parce qu’on veut aller encore plus loin»
   - DAN BIGHAM, INGÉNIEUR CHEZ 
     RED BULL-BORA-HANSGROHE

20 Sep 2026 - L'Équipe
XAVIER COLOMBANI et LUC HERINCX

Les courbes dessinées par Remco Evenepoel cette semaine sur le circuit Gilles-Villeneuve, en reconnaissance du parcours du contrela-montre des Championnats du monde, ont livré une incarnation parfaite de la proximité entre la discipline-reine du Belge et la Formule 1. Sacré ces trois dernières années, le Brabançon (26 ans) a encore progressé cette saison chez RedBull-Bora-Hansgrohe où son arrivée a motivé le recrutement de Dan Bigham, l’un des ingénieurs les plus réputés en la matière, qui a aussi collaboré avec Mercedes sur l’aérodynamisme des ailerons de F1. « Remco est vraiment très puissant au niveau des muscles de son cou.Il ferait aussi un très bon pilote de F1 car il est très doué pour supporter des forces prolongées appliquées à son cou » , note d’ailleurs son kiné historique, Thijs Hertsens.

Sa maîtrise technique dans les virages, sa capacité à maintenir l’adhérence au freinage, renforce le parallèle et indique des prédispositions pour le parcours technique qui l’attend aujourd’hui avec une quarantaine de courbes, la plupart à angle droit entre les blocs de Montréal. Il y aura aussi un tour et demi de ce circuit de Formule 1, donc, quelques pavés dans le Vieux Montréal, et des relances propices à son explosivité. Moins long qu’à Glasgow (47,8 km en 2023) et Zurich (46,1 km en 2024) mais moins dur qu’au Rwanda (758 m de dénivelé positif sur 40,6 km en 2025 contre 200 m en 39,9 km cette année), avec de larges avenues à l’avantage des gros gabarits, ce parcours exigera toute une panoplie de qualités et renforcerait la suprématie du Belge titré sur ces trois parcours aussi variés.

Des jeux d’équilibre et de gainage qui 
confirment une morphologie extraordinaire

Immense favori, Evenepoel a l’occasion d’égaler le record de Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009 et 2010) et Tony Martin (2011, 2012, 2013 et 2016) mais deviendrait le premier à les aligner à la suite. « Il n’y a pas de mec imbattable, prévient toutefois Bruno Armirail. On pensait Pogacar imbattable à la Vuelta et il a fini à la maison (abandon sur chute). Il peut aussi y avoir des contre-performances. En 2022, qui misait sur Tobias Foss ? Remco n’est pas le seul favori, il y a quand même Ganna, Paul (Seixas) aussi, et d’autres coureurs. »

Si un jour sans est toujours possible, la densité évoquée par le triple champion de France exprime surtout l’ampleur de la performance à la portée du Belge, qui a atteint un niveau d’excellence difficilement ébranlable. Déjà, il est naturellement doué pour le contre-la-montre. « Plusieurs facteurs jouent un rôle important, développe son kiné dans un documentaire disponible sur L’Équipe Explore. Il possède une excellente mobilité thoracique, notamment au niveau du haut du tronc, plus précisément des vertèbres thoraciques, combinée à une forte extension du cou. Il peut quasiment rentrer sa tête dans son tronc, et même dans ses bras, tout en gardant le regard droit devant lui. Cela exige une grande mobilité de la colonne vertébrale, ce qui est assez exceptionnel. Dans son cas, c’est inné. »

Une aptitude naturelle renforcée par une force de travail hors du commun, une infinité d’heures d’entraînement sur le vélo de chrono et en soufflerie. « L’hiver dernier, on a fait trois jours de tests du matin au soir, indique Bigham.

Il a passé huit à dix heures par jour en tests. C’est sans doute plus que ce que d’autres vont faire en plusieurs années. » Ainsi que plusieurs « tests et exercices de stabilité du tronc, afin de solliciter les muscles profonds et fonctionnels spécifiques à sa position » , précise Hertsens. Des jeux d’équilibre et de gainage qui confirment une morphologie extraordinaire d’après son kiné, en comparaison des autres athlètes. De la même manière, Evenepoel a une capacité singulière « à maintenir un volume et une fréquence respiratoires constants, même dans cette position, grâce à une respiration abdominale prononcée » , développe le kiné. En d’autres termes, il « respire par le ventre » .

Un tas de particularités corporelles expliquent aussi son avantage : ses courtes jambes qui confèrent un avantage aérodynamique, mais surtout la mobilité de ses épaules. « Après sa chute il y a deux ans, où il a été touché à l’épaule droite (fracture de l’omoplate), l’une de ses principales préoccupations était : “Comment vais-je retrouver ma position de contre-la-montre ?”, raconte Hertsens. Car il avait perdu de la masse musculaire et du contrôle nerveux à cause des restrictions imposées à son bras ( il fallait protéger la zone opérée pendant une longue période). Cela a entraîné une diminution de son volume musculaire et un rétrécissement de ses épaules. Mais au lieu de le désavantager lors des tests en soufflerie, cela s’est avéré un atout, car ses épaules plus étroites lui permettaient de mieux se dissimuler. »

Un an après cet accident, Evenepoel a trouvé chez RedBull des ressources supplémentaires. « Quand Remco a rejoint l’équipe, on a préféré être prudent, il a déjà connu tant de succès, alors pourquoi tout changer ? expose Bigham. La première chose était de le comprendre, de l’écouter. À partir de là, on a eu des pistes de changements. Certaines évolutions ont déjà eu lieu, d’autres sont à venir. Après sa grosse chute, on voulait s’assurer qu’il avait retrouvé la force nécessaire pour travailler à adopter une position plus compacte, parce qu’on veut aller encore plus loin. On a essayé d’obtenir des améliorations régulières. » À l’approche d’un record, les limites de sa position en contre-la-montre ne sont donc même pas encore atteintes.

***

All’inizio di agosto, Remco Evenepoel si era allenato sul circuito di F1 di Spielberg, 
in Austria, per perfezionare la sua preparazione in vista della cronometro di Montréal.

Evenepoel punta alla quarta vittoria consecutiva

Nonostante l’incidente durante gli allenamenti alla fine del 2024, Remco Evenepoel si è costantemente avvicinato alla perfezione nella disciplina della cronometro. Oggi a Montréal potrebbe diventare il primo a conquistare il titolo mondiale per quattro volte consecutive.

«Vogliamo lavorare per adottare una posizione più compatta,
perché vogliamo spingerci ancora oltre»
   - DAN BIGHAM, INGEGNERE PRESSO
RED BULL-BORA-HANSGROHE

20 settembre 2026 - L'Équipe
XAVIER COLOMBANI e LUC HERINCX

Le curve tracciate da Remco Evenepoel questa settimana sul circuito Gilles-Villeneuve, durante il sopralluogo del percorso della cronometro dei Campionati del mondo, hanno offerto una perfetta incarnazione della vicinanza tra la disciplina regina del belga e la Formula 1. Campione negli ultimi tre anni, il 26enne originario del Brabante ha fatto ulteriori progressi in questa stagione con la Red Bull-BORA-hansgrohe, dove il suo arrivo ha portato all’assunzione di Dan Bigham, uno degli ingegneri più rinomati nel settore, che ha anche collaborato con la Mercedes sull’aerodinamica delle ali della F1. «Remco ha una forza muscolare davvero notevole a livello del collo. Sarebbe anche un ottimo pilota di F1 perché è molto bravo a sopportare forze prolungate esercitate sul collo», osserva del resto il suo fisioterapista di fiducia, Thijs Hertsens.

La sua padronanza tecnica in curva e la sua capacità di mantenere l’aderenza in frenata rafforzano il parallelo e indicano una predisposizione per il percorso tecnico che lo attende oggi, con una quarantina di curve, per lo più ad angolo retto, tra gli isolati di Montréal. Ci saranno anche un giro e mezzo di questo circuito di Formula 1, quindi alcuni tratti di pavé nella Vecchia Montréal e riprese di velocità che favoriscono la sua esplosività. Meno lungo rispetto a Glasgow (47,8 km nel 2023) e Zurigo (46,1 km nel 2024), ma meno impegnativo rispetto al Ruanda (758 m di dislivello positivo su 40,6 km nel 2025 contro i 200 m su 39,9 km di quest’anno), con ampi viali che favoriscono i corridori di corporatura robusta, questo percorso richiederà un’ampia gamma di qualità e rafforzerebbe la supremazia del belga, già vincitore su quei tre percorsi così diversi.

Giochi di equilibrio e di stabilizzazione che
confermano una morfologia straordinaria

Grande favorito, Evenepoel ha l’occasione di eguagliare il record di Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009 e 2010) e Tony Martin (2011, 2012, 2013 e 2016), ma diventerebbe il primo a conquistarli consecutivamente. «Non c’è nessun corridore imbattibile», avverte tuttavia Bruno Armirail. «Pensavamo che Pogacar fosse imbattibile alla Vuelta e invece è tornato a casa (ritiro per caduta). Possono esserci anche prestazioni deludenti. Nel 2022, chi avrebbe scommesso su Tobias Foss? Remco non è l’unico favorito, ci sono comunque Ganna, Paul (Seixas) e altri corridori».

Sebbene sia sempre possibile avere una giornata no, la “densità” evocata dal tre volte campione di Francia esprime soprattutto la portata delle prestazioni alla portata del belga, che ha raggiunto un livello di eccellenza difficilmente scalfibile. Innanzi tutto, ha un talento naturale per la cronometro. «Diversi fattori giocano un ruolo importante», spiega il suo fisioterapista in un documentario disponibile su L’Équipe Explore. «Possiede un’eccellente mobilità toracica, in particolare nella parte superiore del tronco, più precisamente a livello delle vertebre toraciche, unita a una forte estensione del collo. Riesce praticamente a infilare la testa nel tronco, e persino tra le braccia, mantenendo lo sguardo fisso davanti a sé. Ciò richiede una grande mobilità della colonna vertebrale, il che è piuttosto eccezionale. Nel suo caso, è innato.»

Un talento naturale rafforzato da una dedizione fuori del comune, da innumerevoli ore di allenamento sulla bici da cronometro e nella galleria del vento. «Lo scorso inverno abbiamo effettuato tre giorni di test dalla mattina alla sera», spiega Bigham.

Ha trascorso dalle otto alle dieci ore al giorno dedicandosi ai test. È più di quanto altri faranno in diversi anni. » Oltre a numerosi «test ed esercizi di stabilità del tronco, per sollecitare i muscoli profondi e funzionali specifici della sua posizione», precisa Hertsens. Esercizi di equilibrio e di rafforzamento del core che confermano, secondo il suo fisioterapista, una morfologia straordinaria rispetto agli altri atleti. Allo stesso modo, Evenepoel possiede una capacità unica «di mantenere costanti il volume e la frequenza respiratoria, anche in quella posizione, grazie a una respirazione addominale marcata», spiega il fisioterapista. In altre parole, «respira con la pancia».

Anche una serie di caratteristiche fisiche spiegano il suo vantaggio: le gambe corte, che gli conferiscono un vantaggio aerodinamico, ma soprattutto la mobilità delle spalle. «Dopo la caduta di due anni fa, in cui ha riportato una lesione alla spalla destra (frattura della scapola), una delle sue principali preoccupazioni era: ‘Come riuscirò a ritrovare la mia posizione da cronometro?’, racconta Hertsens. Aveva infatti perso massa muscolare e controllo nervoso a causa delle limitazioni imposte al braccio (era necessario proteggere la zona operata per un lungo periodo). Ciò ha comportato una diminuzione del suo volume muscolare e un restringimento delle spalle. Ma invece di rappresentare uno svantaggio durante i test nella galleria del vento, questo si è rivelato un vantaggio, poiché le sue spalle più strette gli permettevano di "nascondersi" meglio.»

Un anno dopo quell’incidente, Evenepoel ha trovato ulteriori risorse presso la Red Bull. «Quando Remco è entrato a far parte della squadra, abbiamo preferito agire con cautela: aveva già ottenuto così tanti successi, quindi perché cambiare tutto?», spiega Bigham. «La prima cosa da fare era capirlo, ascoltarlo. Da lì, abbiamo individuato alcune tracce di miglioramento. Alcuni cambiamenti sono già stati apportati, altri sono ancora da attuare. Dopo la sua grave caduta, volevamo assicurarci che avesse ritrovato la forza necessaria per lavorare sull’adozione di una posizione più compatta, perché vogliamo spingerci ancora oltre. Abbiamo cercato di ottenere miglioramenti continui». Con un record ormai a portata di mano, i limiti della sua posizione nella cronometro non sono quindi ancora stati raggiunti.

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