Zidane et son staff : les Bleus changent de méthode


ICON SPORT/ABACAPRESS 
David Bettoni (ancien milieu de terrain) est l’un des 
deux entraîneurs adjoints choisis par Zinédine Zidane.

Entre fidèles du Real Madrid, figures historiques de la sélection et spécialistes de la donnée et de la performance, le nouveau sélectionneur renouvelle profondément l’équipe qui l’entoure.

18 Sep 2026 - L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN

Il faudra attendre la première liste ce vendredi et les premiers matchs de Ligue des nations (déplacement en Turquie le 25 septembre, puis en Belgique le 28 septembre, avant de recevoir l’italie le 2 octobre et la Belgique le 5 octobre) pour mesurer ce que les Bleus de Zinédine Zidane auront réellement de différent. Mais une chose est déjà acquise : le changement commence en coulisses. Avec un nouveau staff technique de 27 personnes, contre 22 sous l’ère Didier Deschamps, le nouveau sélectionneur a installé une équipe de confiance composée de sept adjoints tous spécialisés : David Bettoni, Hamidou Msaidie, Grégory Dupont, Fabien Barthez, Stéphane Plancque, Farid Tabet et Clément Ybert.

Après quatorze années marquées par la continuité sous Deschamps, Zidane a très largement renouvelé le staff et veut insuffler à l’équipe de France « L’ADN d’un club » afin de reproduire la recette qui lui a permis de remporter trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid de 2016 à 2018. Un nouvel organigramme qui raconte beaucoup de « Zizou », sa manière de fonctionner et ses intentions. Au moment de présenter son projet, il expliquait en juillet : « Mon staff ? (…) C’est quasiment le même que celui que j’avais au Real, avec peut-être deux ou trois ajouts. Ça ne va pas beaucoup changer. Je suis fidèle sur ce point. Ces personnes m’ont aussi été fidèles. »

FABIEN BARTHEZ
FAIT UN RETOUR REMARQUÉ

Le Marseillais a choisi de s’appuyer sur la même garde rapprochée, composée de deux entraîneurs adjoints, qui l’a accompagné lors de ses passages madrilènes (2016-2018 et 2019-2021). Le numéro un, David Bettoni, est un ancien milieu de terrain qui connaît Zidane depuis leurs années au centre de formation à Cannes. Il l’a ensuite accompagné à Madrid, d’abord avec la Castilla (l’équipe réserve), puis auprès de l’équipe première. Le numéro deux, Hamidou Msaidie, présenté à Zizou par David Bettoni au début des années 2000, aura un rôle transversal. Formé à la kinésithérapie et à la fasciathérapie, il intervenait de manière très large au Real comme assistant coach, entre travail de terrain, suivi des joueurs et préparation de contenus vidéo.

Parmi les autres coachs, Fabien Barthez fait un retour remarqué. Champion du monde en 1998 et d’europe en 2000 aux côtés de Zidane, l’ancien gardien de L’OM et de Manchester United prend en charge les portiers de l’équipe de France, en remplacement de Franck Raviot. Après sa carrière de joueur, ce proche de Zidane a notamment effectué des missions de consultant auprès de gardiens, notamment à Toulouse et travaillé ponctuellement lors de rassemblements des Bleus sous les ères Domenech (2004-2010) puis Blanc (2010-2012).

Grégory Dupont effectue également son retour chez les Bleus en qualité de « conseiller stratégie et performance ». Responsable de la préparation athlétique lors du Mondial 2018 remporté en Russie, il a rejoint Zidane au Real à l’été 2019 avec la réussite que l’on connaît. Un départ qui n’avait pas été très apprécié par Deschamps. Son parcours crée un trait d’union entre le football de sélection et celui de club.

QUELQUES ANCIENS ET 
BEAUCOUP DE NOUVEAUX

La nomination de Grégory Dupont, qui travaillera avec un nouveau préparateur physique (Arthur Hochedé), témoigne aussi de l’évolution du rôle accordé à la performance. Dupont n’est pas simplement chargé de préparer physiquement les internationaux. Sa mission s’inscrit dans une réflexion plus globale sur la stratégie et l’optimisation de la performance.

Le changement se lit également dans la place accordée à la vidéo et aux données. Stéphane Plancque devient observateur, tandis que Farid Tabet est nommé assistant coach analyste data vidéo. Clément Ybert, lui, reste analyste vidéo adjoint, il est le seul de l’ère Deschamps à garder son poste.

Le staff médical est lui aussi largement renouvelé, avec le départ du médecin du sport Franck Le Gall, qui occupait le poste depuis 2012. Il est remplacé par son homologue marseillais Hervé Collado, qui a déjà travaillé auprès de l’équipe de France féminine, et l’ostéopathe Philippe Boixel, présent lors du Mondial 1998. Philippe Jamin (masseur en charge de la récupération des joueurs), qui vient du cyclisme, et Serge Isidro (podologue qui s’occupait des footballeurs de Benfica et des basketteurs de Nanterre) le rejoignent. Côté relations médias, Xavier Giraudon, grand reporter à Canal Plus, que Zidane a rencontré lors de ses années bordelaises où le journaliste travaillait à France Bleu Gironde, devient le nouveau chef de presse des Bleus.

Enfin, afin de bien nourrir ses ouailles, Zidane a rappelé le cuisinier Roberto Falvo qu’il avait connu à la Juventus Turin (19962001). Celui qui préparait les fameux « rigatoni alla Zidane » avait ensuite nourri l’équipe de France pendant huit ans à partir de 1998. Ça tombe bien, les Bleus ont faim.

***

À quoi ressemblera la première liste de Zinédine Zidane ?

Très attendu dans son nouveau costume de sélectionneur de l’équipe de France, l’ancien numéro 10 dévoile ses premiers choix ce vendredi.


18 Sep 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez

Si le pape Léon XIV est attendu dans une semaine à Paris, la fumée blanche ne viendra pas du Vatican, mais du siège de la Fédération française de football, ce vendredi à 18 heures. Dans un auditorium de la FFF bien garni, signe d’un intérêt important de tous les médias, Zinédine Zidane dévoilera sa toute première liste en tant que patron des Bleus, très attendue après sa nomination fin juillet. Des choix qui seront scrutés et savamment commentés pour le vrai lancement d’une nouvelle aventure en équipe de France après deux septennats de Didier Deschamps. À quoi s’attendre dans le groupe qui sera amené à disputer prochainement quatre rencontres de la Ligue des nations (Turquie le 25 septembre, Belgique le 28, Italie le 2 octobre, Belgique le 5) pour cette rentrée des classes si singulière ? Une liste élargie ? Des surprises ? Des mises à l’écart ? Une vraie rupture entre «ZZ» et «DD»? État des lieux.

Dès jeudi après-midi et jusqu’à tard dans la soirée avec des plateaux-repas en guise de dîner, Zinédine Zidane s’est réuni à Paris dans son bureau du 15e arrondissement de la fédération avec son cercle proche (David Bettoni, son adjoint, Hamidou Msaidie, l’assistantcoach, Fabien Barthez en charge des gardiens et l’observateur Stéphane Plancque) pour effectuer les ultimes arbitrages. Idem ce vendredi. Depuis la reprise des championnats, les membres de son staff, en catimini, n’ont cessé de se rendre sur les pelouses de France et d’europe pour jauger les joueurs susceptibles de figurer dans la liste. Comme avec Deschamps, une liste élargie de cinquante noms se trouve dans les radars du nouvel encadrement. Ces derniers jours - c’est de bonne guerre et une publicité à bas coût -, les agents et certains clubs ont pris un malin plaisir à faire fuiter les pré-convocations d’éléments inédits (Buttez, Ganiou, Jacquet, Boscagli, Le Fée, Da Cunha, Pagis, Lepaul), ce qui n’augure de rien pour la suite.

L’ère du changement

Au regard du programme conséquent pour entrer dans le vif du sujet avec quatre rencontres en onze jours, Zinédine Zidane penche pour un groupe élargi de 25 ou 26 éléments. Bien loin des 44 éléments convoqués par Jürgen Klopp, nouveau sélectionneur de l’allemagne. Sachant que seuls 23 joueurs pourront figurer sur la feuille de match en Ligue des nations. L’idée est aussi de profiter de cette première séquence pour fixer un cadre, discuter avec les joueurs et les observer dans le contexte international. Interrogé le 27 juillet lors de son intronisation sur une éventuelle rupture dans la méthode, le management et la façon de jouer de son équipe de France, le nouveau patron avait souri. Avant de glisser : « On va faire différemment. » En interne, « ZZ » ne se cache pas pour assumer son désir de changer beaucoup de choses, à commencer par la manière de rendre publique sa liste. L’idée serait de «dépoussiérer» l’exercice après quatorze années sous l’ère Deschamps. Audelà de la forme, qu’en sera-t-il sur le fond ? Quid des différences avec la liste des 26 internationaux retenus pour la dernière Coupe du monde achevée à la quatrième place après une défaite face à l’angleterre (4-6) ?

À ce jour, si aucun Bleu n’a officiellement tiré un trait sur sa carrière internationale, tout le monde est d’accord pour dire que N’golo Kanté (35 ans, 69 sélections) ne représente en rien l’avenir. Cela prévaut aussi pour Lucas Digne (33 ans, 64 sélections), passé au travers contre l’espagne (0-2), à Dallas, en demi-finale de la Coupe du monde, et décevant pour son retour au Paris SG, ou encore Lucas Hernandez (30 ans, 42 sélections), qui s’interrogeait dans nos colonnes avant les États-unis sur la suite à donner à sa magnifique carrière internationale. Idem pour Brice Samba (32 ans, 4 sélections), voire Jeanphilippe Mateta (29 ans, 7 sélections), blessé et forfait pour cette séquence. En vue de l’euro 2028 et du Mondial 2030, ils ne font pas partie des priorités.

Qui dit première liste, dit forcément nouveauté(s) attendue(s) en dépit de la présence assurée, sauf immense(s) surprise(s), de joueurs entrevus sous l’ère Deschamps (Maignan, Risser, Upamecano, Koundé, Zaïre-emery, Rabiot, Koné, Olise, Cherki, Barcola, Doué, Akliouche, Dembélé, Mbappé, Dembélé). Aucun doute, William Saliba fera aussi partie des plans de Zidane, mais il est actuellement blessé.

Des techniciens au milieu de terrain

À ce petit jeu des pronostics, les interrogations demeurent autour de la présence ou non du meilleur buteur de Ligue 1 la saison passée, le Rennais Estéban Lepaul (26 ans), auteur de trois réalisations cette saison. Dans un groupe élargi, et même au sein d’une attaque XXL (Hugo Ekitike, après une rupture du tendon d’achille, est en phase de reprise), sa sélection mérite d’être étudiée, même s’il part de très loin face au pedigree de ses concurrents directs. Cela semble bien plus lointain pour le néo-parisien Pablo Pagis (23 ans), qui découvre un autre univers au PFC cette saison.

Au milieu de terrain, les choix de Zidane dévoileront aussi peut-être sa plus grande différence d’approche avec Deschamps. Des éléments techniques plutôt qu’athlétiques pourraient être privilégiés. Un doute demeure sur Aurélien Tchouaméni, qui vient juste de reprendre avec le Real Madrid. Une situation qui pourrait profiter à des petits nouveaux comme Lucas Da Cunha (25 ans), de Côme, ou Enzo Le Fée (26 ans), de Sunderland.

En défense centrale, avec l’absence du taulier Saliba (dos), différentes options existent. Jérémy Jacquet (20 ans), acheté 70 millions d’euros par Liverpool pour succéder à Ibrahima Konaté, parti au Real Madrid, et auteur d’un excitant début de saison, coche toutes les cases pour être à Clairefontaine lundi. Le Lensois Ismaëlo Ganiou (21 ans), apparaît encore un peu tendre. À gauche, les noms d’adrien Truffert (24 ans, 1 sélection, Bournemouth) et Mathieu Udol (30 ans, Lens) sont murmurés, sans que cela n’empêche personne de dormir. Sentiment identique pour le Turinois Pierre Kalulu (26 ans, 3 sélections), déjà vu avec le précédent sélectionneur, et l’interiste Andy Diouf (23 ans) à droite. Les options sont là. Le noyau dur aussi. Les mises à l’écart d’internationaux siglés «Deschamps» possibles. Fumée blanche imminente.

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