UNO X MOBILITY l'attaque scandinave


Tour de France, le 7 juillet 2024.  
Les coureurs de l'équipe norvégienne Uno-X sont en prèmiere ligne pour honorer la mémoire d'André Drege, le cyclist norvégien décédé la veille sur le Tour d'Autriche après une chiute.

Créée en 2017, l'équipe norvégienne a gravi les échelons jusqu'à atteindre le World Tour. Et sans renoncer à son identité nordique, à laquelle elle tient plus que tout.

« Je suis très heureux ici, je pourrais y rester toute ma carrière. » 
   - Erik Nordsæter Resell

« J'étais curieuse de la méthode scandinave. On entend beaucoup parler de comment ça marche, de la discipline, je voulais tester. »
   - Alessia Vigilia

Constance Vignaud
Miroir du cyclisme - n. 476  - juin 2026

En 2016, Uno-X Hydrogen Development Team voit le jour, sans son manageur général actuel, Thor Hushovd, arrivé en 2024 pour poursuivre l'expansion de l'équipe. En dix ans, celle-ci est passée du statut Conti au prestigieux World Tour. « Jamais, jamais on n'aurait pensé devenir une aussi grosse équipe, assure Erik Nordsæter Resell, présent depuis le début. En la rejoignant, je ne pensais même pas devenir coureur professionnel!»

Entre-temps, la structure scandinave s'est aussi dotée d'un collectif féminin, en 2022, directement en World Tour et avec l'ambition de ne pas le reléguer au second plan. « On ne voit pas ça comme deux équipes, mais comme une seule. On y va ensemble », confirme le manageur général des deux groupes, qui nourrit l'ambition d'atteindre « le top 3 ou le top 5» des meilleures équipes féminines. Pour cela, Uno-X Mobility ne fait pas de différences entre les hommes et les femmes. Même nom, même maillot, même matériel, même traitement, et une partie du staff en commun. Seul hic néanmoins: les salaires. Thor Hushovd parle de « systèmes différents » entre les deux pelotons, sans préciser l'écart exact de revenus entre ses coureurs et ses coureuses.

« Le cyclisme féminin évolue très vite »

« On fait les mêmes choses que les hommes, et voir qu'on est traitées de la même manière, c'est vraiment agréable, rapporte la coureuse italienne Alessia Vigilia, arrivée à l'intersaison. Le cyclisme féminin évolue vraiment très vite, et avoir l'équipe masculine à nos côtés, ça nous permet de progresser, notamment sur les détails. »

Un investissement qui commence à porter ses fruits, avec notamment la championne de Norvège Mie Björndal Ottestad, qui a signé la première victoire en World Tour de Uno-X Mobility sur la deuxième étape du Tour de Burgos 2025.

Les femmes profitent aussi d'une structure à l'identité propre, marquée dès sa création il y a dix ans. Erik Nordsæter Resell fait partie des 11 coureurs présents au commencement. Vététiste, il suit alors les conseils de son entraîneur, Arne Gunnar Ensrud, qui embarque aussi dans l'aventure. « On ne savait vraiment pas à quoi s'attendre, c'était très petit. L'objectif, c'était d'avoir des jeunes coureurs et de les former pour être meilleurs.» Depuis, le natif de Trondheim n'a jamais quitté la formation, dont il est un solide équipier. « Je suis très heureux ici, je pourrais y rester toute ma carrière. » À ses côtés depuis dix ans, celui qui a livré à Uno-X Mobility sa toute première victoire sur un Grand Tour: Jonas Abrahamsen. Pour la troisième participation de l'équipe, le Norvégien s'est imposé sur la 11e étape du Tour de France 2025 à Toulouse.

« Ça a changé les perspectives parce qu'on a compris que ce qu'on faisait, c'était assez pour être très bons, résume Thor Hushovd. Qu'on avait des coureurs capables de gagner sur la plus grande scène cycliste. Et c'est tellement mieux de gagner avec des coureurs qu'on a vu grandir plutôt que d'avoir acheté cette victoire avec un coureur formé ailleurs. » 

La volonté de garder les cyclistes d'année en année est très présente chez Uno-X Mobility, qui tient à son identité. « Dans le cyclisme actuel, il y a tellement d'équipes qui n'ont pas d'identité forte parce que le design du maillot ou le nom change presque chaque saison. Les coureurs vont dans d'autres équipes. C'est difficile à suivre pour les fans », ajoute l'ancien maillot vert du Tour de France.

Avant la création de l'équipe, seulement 10 coureurs norvégiens évoluaient en World Tour, ils sont aujourd'hui 29, dont 21 rien que pour Uno-X Mobility. À leurs côtés, neuf Danois pour une équipe 100% scandinave. « On aimerait vraiment avoir 50-50 entre la Norvège et le Danemark, comme le sponsor est présent dans les deux pays », indique Thor Hushovd. Pourtant, un pays manque à l'appel: « Il n'y a pas assez de bons coureurs suédois pour le moment. »

L'identité de l'équipe

Le manageur général souhaite se limiter au réservoir des trois pays mais il est obligé de faire une entorse pour son équipe féminine. « On voudrait n'avoir que des Scandinaves mais, pour le moment, ce n'est pas possible. » Il y a dix ans, les Norvégiennes étaient inexistantes en World Tour, elles sont maintenant neuf, toutes chez Uno-X Mobility. Les Danoises sont deux dans l'équipe, pour cinq sur le circuit. « On ne peut pas forcer tout le monde à venir chez nous », s'amuse l'ex-sprinteur.

En attendant, l'effectif est complété par neuf coureuses étrangères, dont Alessia Vigilia, séduite par l'identité de l'équipe: « J'étais curieuse de la méthode scandinave. On entend beaucoup parler de comment ça marche, de la discipline, je voulais tester. » Après deux ans chez FDJ-Suez, elle a été contactée pour son attitude en course. « Je suis assez agressive, être à l'attaque, ça correspond à la manière de courir de l'équipe. » Pour sa première avec sa nouvelle équipe, sur le Santos Women's Tour Down Under, elle s'enquille 100 kilomètres seule à l'avant et hérite d'un nouveau surnom: Alessia «  solo » .

L'Italienne a déjà l'ADN de l'équipe dans les veines. C'est à l'attaque que Jonas Abrahamsen s'est imposé sur le Tour, au sprint face à Mauro Schmid, après 154 kilomètres d'échappée (sur 156,8 km). Après lui, Andreas Leknessund a été le plus offensif en se portant à l'avant sur trois étapes. Formé chez Uno-X Norwegian Development Team, il est revenu après trois ans dans l'équipe DSM. «Il y a des coureurs qui partent mais ils finissent par revenir, confie Erik Nordsæter Resell. Tous les Norvégiens veulent être chez Uno-X. » 

« Les coureurs viennent parce qu'ils se sentent bien et bienvenus, abonde Thor Hushovd. On est très centrés sur l'humain, sur nos personnalités, qui nous sommes. Et quand on est heureux, on performe mieux. Puis, parler sa langue maternelle, ça aide. » Ce n'est pas le cas pour tout le monde. « Les filles essayent de nous apprendre le norvégien mais c'est très dur», sourit Alessia Vigilia. Sûrs de leur méthode, les manageurs d'Uno-X Mobility voient grand pour 2026, où la formation prendra part pour la première fois aux six Grands Tours, avec une première participation au Giro Hommes et à la Vuelta Hommes. « Le plus gros objectif, c'est de gagner des étapes et avoir un top 5 sur le Tour, Tobias Halland
Johannessen en était proche l'année dernière (6o). Et, pour les filles, le top 10 sur les trois Grands Tours et des victoires d'étape.» Une ambition affichée, sans prétention, caractéristique des Scandinaves.

Constance Vignaud

***

Tour de France, 7 luglio 2024.
La squadra norvegese Uno-X in prima linea per onorare la memoria di André Drege, 
il corridore norvegese deceduto il giorno prima al Giro d’Austria in seguito a una caduta.

UNO X MOBILITY: l'offensiva scandinava

Fondata nel 2017, la squadra norvegese ha scalato le classifiche fino a raggiungere il World Tour. 
E senza rinunciare alla propria identità nordica, a cui tiene più di ogni altra cosa.

«Sono molto felice qui, 
potrei restarci per tutta la mia carriera.»
   - Erik Nordsæter Resell

«Ero curiosa di conoscere il metodo scandinavo. 
Si sente molto parlare di come funziona, 
della disciplina, volevo provarlo.»
- Alessia Vigilia

Constance Vignaud
Miroir du cyclisme - n. 476 - giugno 2026

Nel 2016 nasce l’Uno-X Hydrogen Development Team, senza l’attuale direttore generale Thor Hushovd, arrivato nel 2024 per portare avanti l’espansione della squadra. In dieci anni, questo team è passato dallo status di Continental al prestigioso World Tour. «Non avremmo mai, mai pensato di diventare una squadra così importante», assicura Erik Nordsæter Resell, presente sin dall’inizio. «Quando sono entrato in squadra, nemmeno pensavo di passare professionista!»

Nel frattempo, la struttura scandinava si è dotata anche della formazione femminile, nel 2022, direttamente nel World Tour e con l’ambizione di non relegarla in secondo piano. «Non le consideriamo due squadre, ma un’unica realtà. Andiamo avanti insieme», conferma il direttore generale di entrambe le formazioni, che nutre l’ambizione di raggiungere «la top 3 o la top 5» delle migliori squadre femminili. A tal fine, la Uno-X Mobility non fa distinzioni tra uomini e donne. Stesso nome, stessa maglia, stessi materiali, stesso trattamento e parte dello staff in comune. Unico intoppo, tuttavia: gli stipendi. Thor Hushovd parla di «sistemi diversi» tra i due gruppi, senza specificare l’esatto divario di reddito tra i suoi atleti e le sue atlete.

«Il ciclismo femminile si sta evolvendo molto rapidamente»

«Facciamo le stesse cose degli uomini, ed è davvero piacevole vedere che veniamo trattate allo stesso modo», racconta la ciclista italiana Alessia Vigilia, arrivata durante la pausa stagionale. «Il ciclismo femminile si sta evolvendo davvero molto rapidamente, e avere la squadra maschile al nostro fianco ci permette di progredire, soprattutto nei dettagli».

Un investimento che sta iniziando a dare i suoi frutti, in particolare con la campionessa norvegese Mie Björndal Ottestad, che ha conquistato la prima vittoria nel World Tour per la Uno-X Mobility nella seconda tappa del Tour di Burgos 2025.

Le donne beneficiano inoltre di una struttura con una propria identità, affermatasi sin dalla sua fondazione dieci anni fa. Erik Nordsæter Resell fa parte degli 11 corridori presenti sin dall’inizio. Appassionato di mountain bike, all’epoca seguì i consigli del suo allenatore, Arne Gunnar Ensrud, che a sua volta si unì all’avventura. «Non sapevamo davvero che cosa aspettarci, era una squadra molto piccola. L’obiettivo era quello di avere giovani corridori e formarli per farli migliorare». Da allora, il corridore originario di Trondheim non ha mai lasciato la squadra, di cui è un solido gregario. «Sono molto felice qui, potrei restarci per tutta la carriera». Al suo fianco da dieci anni, colui che ha regalato alla Uno-X Mobility la prima vittoria in un Grande Giro: Jonas Abrahamsen. Alla terza partecipazione della squadra, il norvegese si è imposto nell’undicesima tappa del Tour de France 2025, a Tolosa.

«Questo ha cambiato le prospettive perché abbiamo capito che quello che stavamo facendo era sufficiente per essere davvero competitivi», riassume Thor Hushovd. «E che avevamo corridori in grado di vincere sul più importante palcoscenico del ciclismo. Ed è molto meglio vincere con corridori che abbiamo visto crescere piuttosto che aver "comprato" quella vittoria con un corridore formato altrove».

La volontà di mantenere i corridori di anno in anno è molto forte alla Uno-X Mobility, che tiene molto alla propria identità. «Nel ciclismo attuale, ci sono tantissime squadre che non hanno un’identità forte perché il design della maglia o il nome cambiano quasi ogni stagione. I corridori passano ad altre squadre. È difficile da seguire per i tifosi», aggiunge l’ex maglia verde del Tour de France.

Prima della fondazione della squadra, solo 10 corridori norvegesi gareggiavano nel World Tour; oggi sono 29, di cui 21 solo per la Uno-X Mobility. Al loro fianco, nove danesi per una squadra al 100% scandinava. «Ci piacerebbe davvero avere un rapporto 50%-50% tra Norvegia e Danimarca, dato che lo sponsor è presente in entrambi i Paesi», spiega Thor Hushovd. Tuttavia, manca all’appello un Paese: «Al momento non ci sono abbastanza corridori svedesi di (alto) livello».

L’identità della squadra

Il direttore generale vorrebbe limitarsi al bacino dei tre Paesi, ma è costretto a fare un’eccezione per la sua formazione femminile. «Vorremmo avere solo scandinave, ma per il momento non è possibile». Dieci anni fa le norvegesi erano inesistenti nel World Tour, ora sono nove, tutte alla Uno-X Mobility. Le danesi in squadra sono due, su un totale di cinque presenti nel circuito. «Non possiamo costringere tutte a venire da noi», scherza l’ex velocista.

Nel frattempo, la rosa è completata con nove atlete straniere, tra cui Alessia Vigilia, affascinata dall’identità della squadra: «Ero curiosa di conoscere il metodo scandinavo. Si sente molto parlare di come funziona, della disciplina, volevo provarlo». Dopo due anni alla FDJ-Suez, è stata contattata per la sua condotta in gara. «Sono piuttosto aggressiva, correre all’attacco corrisponde allo stile della squadra. » Al suo esordio con la nuova squadra, al Santos Women’s Tour Down Under, ha macinato 100 chilometri da sola in testa al gruppo e si è guadagnata un nuovo soprannome: Alessia «solo».

L'italiana ha già nelle vene il DNA della squadra. È stato proprio attaccando che Jonas Abrahamsen si è imposto al Tour, in volata contro Mauro Schmid, dopo 154 chilometri in fuga (su 156,8 km). Dopo di lui, Andreas Leknessund è stato il più combattivo, portandosi in testa in tre tappe. Cresciuto nell’Uno-X Norwegian Development Team, è tornato dopo tre anni nella squadra DSM (la formazione sviluppo, ndr). «Ci sono corridori che se ne vanno ma poi finiscono per tornare», confida Erik Nordsæter Resell. «Tutti i norvegesi vorrebbero stare alla Uno-X».

«I corridori vengono perché qui si sentono a loro agio e ben accolti», concorda Thor Hushovd. «Siamo molto incentrati sull’aspetto umano, sulle nostre personalità, su chi siamo. E quando si è felici, si rende meglio. Inoltre, parlare la propria lingua madre aiuta». Non è così per tutti. «Le ragazze cercano di insegnarci il norvegese, ma è molto difficile», sorride Alessia Vigilia. Sicuri del proprio metodo, i dirigenti della Uno-X Mobility puntano in alto per il 2026, quando la squadra prenderà parte per la prima volta ai sei principali Giri, con una prima partecipazione al Giro d'Italia e alla Vuelta a Españamaschili. «L’obiettivo principale è vincere delle tappe e piazzarsi tra i primi cinque al Tour; Tobias Halland Johannessen ci è andato vicino l’anno scorso (60°). E, per le ragazze, la top 10 nei tre grandi Giri e delle vittorie di tappa.» Un’ambizione dichiarata, senza pretese, tipica degli scandinavi.

Constance Vignaud

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