UNE STRATÉGIE EN QUESTIONS
L’équipe de France a été particulièrement offensive
dimanche à Montréal dans les premiers tours du circuit final.
Rendu chaotique par les assauts de coursiers ingérables et la tactique agressive des Bleus, ce Mondial a échappé à Paul Seixas, qui s’en est particulièrement voulu. Un échec à relativiser.
29 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX, THOMAS PEROTTO et ALEXANDRE ROOS
MONTRÉAL (CAN) – En déroulant la semaine dernière le récit des années Alaphilippe et des deux titres mondiaux consécutifs conquis par les Bleus en 2020 et 2021, Thomas Voeckler n’oubliait pas de mentionner ce qui aurait pu dérailler dans les plans de ces succès. Il en tirait un enseignement répété dimanche soir après l’échec de Paul Seixas (15e) aux Championnats du monde à Montréal: « Quand ça marche bien, tout n’est pas parfait, mais quand ça ne marche pas, tout n’est pas forcément à jeter. » Un mantra à appliquer à l’analyse à froid de ce Mondial.
Fallait-il un co-leader ?
L’équipe de France a été bâtie autour d’un leader unique, Seixas (20 ans), ce que le sélectionneur a toujours défendu. La Slovénie aurait-elle eu un leader de rechange si le double champion du monde Tadej Pogacar avait été là? Les Pays-Bas avaient-ils besoin d’une autre carte que Mathieu van der Poel? Il faut lire cette stratégie bleue à l’aune du potentiel de Seixas et de ses ambitions très hautes.
Le collectif a été construit avec des grimpeurs identifiés (Valentin Paret-Peintre, Jegat, Baudin, Prodhomme). Des puncheurs comme Benoît Cosnefroy ou Romain Grégoire, aussi talentueux soient-ils, n’auraient de toute façon pas pu peser sur un mouvement de course avec des coureurs tels que van der Poel, Wout Van Aert, Quinn Simmons ou même Ben Healy. Dans la forme qui était la sienne ces dernières semaines, Louis Barré, blessé le 10 septembre et forfait pour ce mois de septembre, aurait incarné une forme de plan B pour accompagner des coups avec des puncheurs à l’aise dans les bosses.
C’était l’idée de Voeckler initialement, et une équipe comme la Belgique se méfiait beaucoup de Barré par exemple. Au sein du collectif présent à Montréal, en revanche, aucun grimpeur ou grimpeur-puncheur n’aurait eu les épaules dans un groupe de costauds qui se serait extirpé, à l’image de Thomas Pidcock ou Giulio Ciccone.
La France aurait-elle pu manoeuvrer différemment ?
Les Bleus ont suivi en partie le plan qu’ils avaient élaboré. Voeckler avait dans l’idée de durcir la course de bonne heure, afin de nettoyer le terrain pour Seixas et éliminer les puncheurs comme Van Aert et Van der Poel. Le sélectionneur avait laissé entendre qu’il voulait que ses hommes mettent le feu dès l’entrée sur le circuit, ce qui s’est passé, mais il comptait aussi partager le poids de cette stratégie avec les Belges, qui eux sont restés passifs.
Les problèmes se sont noués à la fin du long relais de Bruno Armirail en tête du peloton. Les Français ont alors attaqué à plusieurs reprises, par Paret-Peintre, Baudin et Jegat, notamment, mais sans que cela ne fasse de dégâts, puis quand ils avaient déjà beaucoup donné, ils se sont fait contrer. Ce qui fait penser qu’ils auraient pu continuer à maintenir le peloton sous pression avec un gros tempo, en désignant un remplaçant à Armirail et en laissant une nuée de lieutenants en alerte pour se glisser dans les coups si des attaques partaient. Car quand Van Aert et van der Poel ont démarré, personne n’a pu réagir ou répondre. Les soutiens de Seixas n’ont pas été assez forts et la stratégie d’essorage des Bleus les a finalement desservis, en même temps qu’elle a isolé de bonne heure leur leader.
Seixas est-il trop dur avec lui-même?
Dimanche 21 septembre 2025 : « J’ai échoué. Je me suis pris une claque et c’est un peu le retour à la réalité. Savoir reconnaître qu’on fait de la merde, ça fait partie de l’apprentissage. Je n’ai pas honoré le maillot. » Dimanche 27 septembre 2026: « C’est une honte ce que j’ai fait, de cramper comme ça. C’est une erreur de gamin, je n’ai jamais crampé de ma vie sur le vélo. Je suis déçu pour moi mais c’est ce que je mérite. C’est un échec. » Du chrono des Mondiaux l’an dernier (16e) à la course en ligne dimanche (15e), Paul Seixas s’est montré très dur envers lui même.
Autour de lui, son sélectionneur, son entraîneur, son entourage familial tentent souvent d’atténuer sa déception et d’apporter un peu de mesure, mais son talent et son ambition se heurtent encore trop à cette pondération. Pour le moment ? C’est possible. L’expérience l’aidera dans ce sens, à doser l’exigence sur la performance. On peut aussi penser que c’est plutôt sain et rafraîchissant d’avoir un coureur qui assume de la sorte, sans se cacher, plutôt que de se chercher des excuses, comme c’est souvent le cas.
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Matteo Jorgenson, Isaac Del Toro et Remco Evenepoel,
dimanche lors des Mondiaux de Montréal.
Retour dans l’autre monde
La plupart des personnages des Mondiaux seront encore sur le pont dans les quinze prochains jours, avec de gros enjeux.
29 Sep 2026 - L'Équipe
L. He., Th. P. et A. Ro., à Montréal
Favori d’une course où il n’a finalement pas existé, concédant un « mauvais jour » , Remco Evenepoel peut déjà se projeter sur un autre défi. En lice pour les Championnats d’Europe, ce dimanche, il aura une étiquette encore plus grosse face à une concurrence moindre et dans la quête du seul maillot de champion qui lui manque (en contre-la-montre et sur les courses en ligne).
Il re croisera en Slovénie Mads Pedersen (6e à Montréal), Giulio Ciccone (9e ), Juan Ayuso (13e) et Primož Roglič (21e). Le Belge fera l’impasse sur le chrono européen mais ira ensuite au Tour de Lombardie, qu’il n’a jamais remporté, dauphin de Tadej Pogačar ces deux dernières saisons. Son programme s’étend jusqu’au Chrono des Nations aux Herbiers, le 18 octobre, où il souhaite effectuer des tests de matériel.
Les « Italiens »
Écartés du jeu dans le final pour le titre mondial dimanche, Isaac del Toro et Paul Seixas vont remettre leurs habits chez UAE Emirates-XRG et Decathlon CMA CGM pour disputer le dernier Monument de la saison, le Tour de Lombardie, samedi 10 octobre. Ils en seront les deux grands favoris.
Le Lombardie convient bien mieux aux grimpeurs qu’ils sont, les puncheurs y ont moins leur place, et le Mexicain aura toute une équipe autour de lui (contrairement à la sélection mexicaine). Seixas, 7e l’an dernier en Italie, voudra aussi prendre une revanche sur le Mondial.
Le nouveau champion du monde justement, Brandon McNulty, sera lui aussi en Italie – comme son acolyte américain Quinn Simmons (Lidl-Trek) –, mais dans un rôle d’équipier plus probablement. Sans Pogacar, ce Tour de Lombardie sera très excitant. Avec del Toro et Seixas pour jouer les premiers rôles, sans oublier Evenepoel.
Les « vacanciers »
Dynamiteurs des Mondiaux à près de 90 km de l’arrivée, Mathieu van der Poel et Wout Van Aert avaient fait de cette virée à Montréal le dernier gros objectif de leur saison. Les deux rivaux se désintéressent plutôt des Championnats d’Europe ces dernières années et n’ont quasiment aucune chance de s’imposer en Lombardie.
Ils sont donc en vacances au bout d’une saison plus longue que les autres, commencée dans les sous-bois dès le mois de décembre, où leur reprise est assez incertaine. Après son huitième titre de champion du monde de cyclo-cross, le Néerlandais avait semé le doute sur son futur dans la discipline. Quant à Van Aert, il a déjà considérablement réduit ses apparitions hivernales ces dernières années mais ne dirait pas non à un quatrième titre mondial, plus accessible en l’absence de van der Poel.
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La nazionale francese si è dimostrata particolarmente
offensiva domenica a Montréal nei primi giri del circuito finale.
UNA STRATEGIA IN DISCUSSIONE
Reso caotico dagli attacchi di corridori incontrollabili e dalla tattica aggressiva dei Bleus, questo Mondiale è sfuggito a Paul Seixas, che se ne è particolarmente rammaricato. Un insuccesso da relativizzare.
29 settembre 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX, THOMAS PEROTTO e ALEXANDRE ROOS
MONTREAL (CAN) – Nel ripercorrere la scorsa settimana la storia degli anni di Alaphilippe e dei due titoli mondiali consecutivi conquistati dai Bleus nel 2020 e nel 2021, Thomas Voeckler non ha mancato di menzionare ciò che avrebbe potuto mandare all’aria i piani per questi successi. Ne ha tratto una lezione ribadita domenica sera dopo il fallimento di Paul Seixas (15°) ai Campionati del mondo di Montréal: «Quando le cose vanno bene, non tutto è perfetto, ma quando non vanno bene, non tutto è necessariamente da buttare via». Un mantra da applicare all’analisi a freddo di questi Mondiali.
Serviva un co-capitano?
Questa nazionale francese è stata costruita attorno a un unico leader, Seixas (20 anni), scelta che il selezionatore ha sempre difeso. La Slovenia avrebbe avuto un leader di riserva se il doppio campione del mondo Tadej Pogačar fosse stato presente? I Paesi Bassi avevano bisogno di un’altra carta oltre a Mathieu van der Poel? Bisogna interpretare questa strategia dei Bleus alla luce del potenziale di Seixas e delle sue altissime ambizioni.
Il gruppo è stato formato con scalatori di provata esperienza (Valentin Paret-Peintre, Jegat, Baudin, Prodhomme). I puncheur come Benoît Cosnefroy o Romain Grégoire, per quanto talentuosi, non avrebbero comunque potuto incidere sull’andamento della gara con corridori del calibro di van der Poel, Wout Van Aert, Quinn Simmons o persino Ben Healy. Nella forma che aveva mostrato nelle ultime settimane, Louis Barré, infortunatosi il 10 settembre e fuori gioco per tutto il mese, avrebbe rappresentato una sorta di piano B per accompagnare gli attacchi con puncheur a loro agio sulle salite.
Era questa l’idea iniziale di Voeckler, e una squadra come quella belga, ad esempio, diffidava molto di Barré. All’interno del gruppo presente a Montréal, invece, nessun scalatore o scalatore-puncher avrebbe avuto la stazza necessaria per tenere il passo in un gruppo di corridori potenti che si fosse sganciato, come Thomas Pidcock o Giulio Ciccone.
La Francia avrebbe potuto agire diversamente?
I Bleus hanno seguìto in parte il piano che avevano elaborato. Voeckler aveva in mente di rendere la gara più dura sin dall’inizio, per spianare la strada a Seixas ed eliminare i puncher come Van Aert e van der Poel. Il commissario tecnico aveva lasciato intendere di volere che i suoi uomini dessero il via alle danze fin dall’ingresso sul circuito, cosa che è avvenuta, ma contava anche di condividere il peso di questa strategia con i belgi, che invece sono rimasti passivi.
I problemi sono sorti alla fine del lungo turno di Bruno Armirail in testa al gruppo. I francesi hanno quindi attaccato più volte, in particolare con Paret-Peintre, Baudin e Jegat, ma senza riuscire a fare danni; poi, quando avevano già dato il massimo, sono stati neutralizzati. Il che fa pensare che avrebbero potuto continuare a tenere il gruppo sotto pressione con un ritmo sostenuto, designando un sostituto di Armirail e lasciando una schiera di gregari in allerta per inserirsi nelle fughe qualora fossero partiti degli attacchi. Infatti, quando Van Aert e van der Poel hanno accelerato, nessuno è riuscito a reagire o a rispondere. I gregari di Seixas non sono stati abbastanza forti e la strategia di logoramento dei Bleus alla fine si è rivelata controproducente, isolando fin da subito il proprio leader.
Seixas è stato troppo duro con se stesso?
Domenica 21 settembre 2025: «Ho fallito. Ho preso una batosta ed è un po’ come un ritorno alla realtà. Saper riconoscere che si sta facendo una schifezza fa parte dell’apprendimento. Non ho reso onore alla maglia». Domenica 27 settembre 2026: «È una vergogna quello che ho fatto, avere i crampi in quel modo. È un errore da ragazzino, non ho mai avuto i crampi in vita mia in sella alla bici. Sono deluso per me stesso, ma è quello che mi merito. È un fallimento». Dalla cronometro dei Mondiali dello scorso anno (16°) alla gara in linea di domenica (15°), Paul Seixas si è dimostrato molto severo con se stesso.
Intorno a lui, il suo selezionatore, il suo preparatore e la sua famiglia cercano spesso di attenuarne la delusione e di infondergli un po’ di moderazione, ma il suo talento e la sua ambizione si scontrano ancora troppo con questa moderazione. Per il momento? È possibile. L’esperienza lo aiuterà in questo senso, a dosare le aspettative sulle prestazioni. Si può anche pensare che sia piuttosto salutare e rinfrescante avere un corridore che si assume le proprie responsabilità in questo modo, senza nascondersi, piuttosto che cercare scuse, come invece spesso accade.
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Matteo Jorgenson, Isaac Del Toro e Remco Evenepoel,
domenica ai Mondiali di Montréal.
Ritorno in un altro mondo
La maggior parte dei protagonisti dei Mondiali sarà ancora in azione nei prossimi quindici giorni, con la posta in gioco molto alta.
29 settembre 2026 - L'Équipe
L. He., Th. P. e A. Ro., da Montréal
Favorito in una gara in cui alla fine non è riuscito a imporsi, ammettendo di aver avuto una «giornata no», Remco Evenepoel può già proiettarsi verso un’altra sfida. In lizza per i Campionati Europei di questa domenica, avrà un peso ancora maggiore di fronte a una concorrenza minore e alla ricerca dell’unica maglia da campione che gli manca (nella cronometro e nelle gare in linea).
In Slovenia ritroverà Mads Pedersen (6° a Montréal), Giulio Ciccone (9°), Juan Ayuso (13°) e Primož Roglič (21°). Il belga salterà la cronometro europea, ma parteciperà poi al Giro di Lombardia, che non ha mai vinto, essendo arrivato secondo dietro a Tadej Pogacar nelle ultime due stagioni. Il suo programma si estende fino alla Cronometro delle Nazioni a Les Herbiers, il 18 ottobre, dove intende effettuare dei test sull’attrezzatura.
Gli «italiani»
Esclusi dalla lotta per il titolo mondiale domenica, Isaac del Toro e Paul Seixas torneranno a vestire le maglie rispettivamente della UAE Emirates-XRG e della Decathlon CMA CGM per disputare l’ultima Monumento della stagione, il Lombardia, sabato 10 ottobre. Saranno i due grandi favoriti.
Il Lombardia si adatta molto meglio a scalatori come loro, mentre i puncher hanno meno spazio, e il messicano avrà un’intera squadra al suo fianco (a differenza della nazionale messicana). Anche Seixas, settimo lo scorso anno in Italia, vorrà prendersi la rivincita dopo i Mondiali.
Proprio il nuovo campione del mondo, Brandon McNulty, sarà anch’egli in Italia – come il suo compagno di nazionale statunitense Quinn Simmons (Lidl-Trek) –, ma molto probabilmente in un ruolo di gregario. Senza Pogačar, questo Lombardia sarà molto emozionante. Con del Toro e Seixas a recitare i ruoli principali, senza dimenticare Evenepoel.
I «turisti»
Protagonisti al mondiale a circa -90 km dal traguardo, Mathieu van der Poel e Wout Van Aert avevano fatto di questa tappa a Montréal l’ultimo grande obiettivo della loro stagione. Negli ultimi anni i due rivali hanno mostrato scarso interesse per i Campionati Europei e non hanno praticamente alcuna possibilità di imporsi al Lombardia.
Sono quindi in vacanza al termine di una stagione più lunga delle altre, iniziata nei boschi già a dicembre, e il loro ritorno alle competizioni è piuttosto incerto. Dopo il suo ottavo titolo mondiale nel ciclocross, il neerlandese aveva seminato dubbi sul suo futuro in questa disciplina. Per quanto riguarda Van Aert, negli ultimi anni ha già ridotto notevolmente le sue partecipazioni invernali, ma non direbbe di no a un quarto titolo mondiale, più alla sua portata in assenza di van der Poel.
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