LE COURONNEMENT
SEIXASSIONNEL !
À l’attaque à 19 km de l’arrivée, Paul Seixas s’est offert à Côme, en Italie, son premier Monument à 20 ans. Il est devenu le plus jeune vainqueur de l’épreuve créée en 1905. Historique.
Paul Seixas a remporté la plus grande victoire de sa carrière, hier, au Tour de Lombardie, où il a démantelé la concurrence pour boucler une saison remarquable, à tout juste 20 ans.
11 Oct 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉSPÉCIAL ALEXANDRE ROOS
CÔME (ITA) – On s’est tout de même demandé ce qu’il faisait quand, à un peu plus de 19 km de l’arrivée, dans le mur du Civiglio, il a pris la tête du groupe, alors que quasiment tous les favoris s’y trouvaient encore, sans attaquer de manière visible, sans se mettre en danseuse. La folie était-elle en train de l’emporter, car derrière lui le paquet était encore épais, la course s’étant résumée jusque-là à une élimination par l’arrière, en dehors de la tentative sans lendemain dans le Ghisallo de Matteo Jorgenson, Brandon McNulty, Quinn Simmons, aidés de Louis Barré, les trois Américains qui se croyaient encore au Mondial ? Mais en élève appliqué, Paul Seixas déroulait en réalité le plan qu’il s’était mis en tête, animé d’une confiance en lui inaltérable.Dans la montée de San Fermo della Battaglia, Paul Seixas, seul, bouche ouverte au milieu des tifosi en folie, fonce vers l’exploit : enlever le Tour de Lombardie, à 20 ans.
L’oeil arrimé aux watts de son capteur de puissance, il augmentait le tempo, faisait bouillir la marmite et on vit rapidement les effets de cette hausse de la température. Il démontait ses rivaux un à un, chirurgical, Remco Evenepoel le premier, puis les UAE, Isaac del Toro et Brandon McNulty, décimés en même temps.
À l’approche de la ligne d’arrivée
et de la plus grande victoire de sa carrière,
le monstre a laissé place à l’enfant
Il n’y avait que Tom Pidcock et Giulio Ciccone qui parvinrent à garder sa roue, quand Enric Mas était lui aussi en train de se noyer un peu plus loin, mais cela ne dura pas non plus. Les deux survivants baissèrent la tête et déposèrent les armes avant même le sommet de la bosse.
Paul Seixas pouvait filer seul, la bouche ouverte par l’effort, animé d’une détermination effrayante, un vampire avec le goût du sang entre les dents, celui de ses rivaux qu’il venait de torturer, mais aussi de sa rage, celle immédiate qui lui a permis d’effacer la frustration du Mondial (15e), celle plus ancrée qui lui permet de croire en son étoile. Il fonçait dans la descente du Civiglio, nimbé de la lumière orangée, déclinante de l’automne, il épousait les courbes avec facilité, avalait une dernière fois la montée de San Fermo della Battaglia, où il pédalait avec fougue, envie, se cabrait pour en remettre un peu, le phare de la moto dans son sillage éclairait par intermittence ses mollets fins tendus par la violence du pédalage pour ajouter à la théâtralité de l’instant.
Puis à l’approche de la ligne d’arrivée et de la plus grande victoire de sa carrière, le monstre a laissé place à l’enfant et après nous avoir impressionnés, il nous a touchés. Encore plus quand après l’arrivée, il déclara que le « Paul de 10 ans n’y croirait pas » s’il avait su ce qui l’attendait une décennie plus tard. Il nous avait déjà secoués lors du Tour AuvergneRhône-Alpes, en juin, mais c’était par sa douleur après sa chute. Hier, ce fut par sa joie. On ne l’avait jamais vu si heureux, radieux, le visage lumineux, les traits diaphanes de la jeunesse, habité du bonheur simple d’un gosse qui gagne, quel que soit le terrain, quel que soit le niveau, et auquel on pouvait tous se rattacher.
Il y avait de quoi être heureux, et cela faisait plaisir que Seixas le montre, qu’il oublie un temps toutes les choses sérieuses qu’on lui demande de dire ou de faire, ces trucs d’adultes auxquels il doit se plier pour accomplir ses rêves, les préparations au millimètre, la rigueur permanente, l’austérité imposée par ce sport cruel, de barbares, pour simplement apprécier le moment, profiter de passer cette ligne d’arrivée en vainqueur, seul au monde, près d’une minute avant tous les autres, devant Mas et Ciccone, sur le podium avec lui, devant un top 10 d’élite, bouclé par l’épatant Mathys Rondel, qui dans l’ombre a prouvé la richesse du vivier français.
Seixas a donc accroché son premier Monument à tout juste 20 ans, le plus jeune vainqueur de l’histoire du Tour de Lombardie, qui célébrait sa 120 édition. Le plus jeune, aussi, d’une des cinq classiques les plus prestigieuses de l’après-guerre, mieux qu’Eddy Merckx qui avait remporté son premier Milan-San Remo, en 1966, à 20 ans et 275 jours. Seixas a balayé tout cela hier quand on a convoqué l’histoire ; il s’en fiche comme de son dernier bulletin scolaire, tous ces trucs de vieux qui sentent la poussière.
Des perspectives infinies
Alors en vieux, on écrira pour lui à quel point c’est immense, vertigineux, d’être en avance sur les meilleurs de tous les temps, avec cette victoire en Lombardie mais aussi l’ensemble de sa saison, et on espère que ceux qui avaient trouvé le temps et des raisons de déjà émettre des doutes sur lui, sur son talent, petits juges qui aiment la justice expéditive, se sentent un peu idiots depuis hier soir.
En une saison, « l’enfant prodige », comme les Italiens l’appelaient hier en version originale, a ouvert son compteur de victoires chez les professionnels, en Algarve, a fini la saison avec huit succès, dont six au plus haut niveau, a remporté une course par étapes World Tour, le Tour du Pays basque, une première semi-classique avec la Flèche Wallonne, un Monument avec la Lombardie. Une saison qui depuis février est parue longue comme une vie, tant il a traversé des aventures diverses, connu des sentiments mêlés, le bras de fer avec Tadej Pogačar dans Liège-Bastogne-Liège, un premier revers avec la gamelle du Dauphiné, un premier Tour de France solide, sans jamais craquer, fini au pied du podium, un premier échec avec le Championnat du monde.
Seixas s’est étoffé de bien des manières et il referme la saison sur un triomphe qui confirme l’impression laissée au printemps et va lui permettre d’aborder l’hiver avec sérénité. Le Français a basculé dans une autre catégorie, il est déjà un des tout meilleurs coureurs du monde, les perspectives qu’il a ouvertes et les espoirs qu’il a fait naître sont infinis. Cela signifie qu’il va repartir avec des rêves encore plus fous l’an prochain, mais aussi d’énormes responsabilités. Un gamin a gagné hier comme un très grand, il nous a fait chavirer, mais cette victoire a également signifié que la phase d’apprentissage était terminée. La Lombardie a signé la fin de l’innocence.
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Seixas : «L’impression d’être dans un rêve»
Heureux de sa victoire, le jeune Français est revenu sur sa saison épatante et avoue se surprendre lui-même.
“Pogačar fait progresser tout le monde :
il est si fort que tout le monde doit travailler
plus dur pour être meilleur"
11 Oct 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
« Que cela vous fait-il d’être le plus jeune coureur à remporter le Tour de Lombardie?
C’est quelque chose de bien mais, honnêtement, je m’en fiche un peu. Je me soucie juste de gagner.Aujourd’hui (hier), c’est une victoire sur un Monument et c’est beau. Pour mon pays, c’est cool. Thibaut Pinot l’a fait il y a huit ans et ça m’a peut-être aidé à être ici. J’espère que ma victoire aidera quelqu’un d’autre en France à arriver là. Et à porter plus haut encore le cyclisme en France, même si c’est quel que chose qu’on aime déjà.
Votre précocité étonne. Trouvez-vous ça naturel, commesi c’était votre destin?
Je pense qu’il n’y a pas de destin naturel, vous devez créer votre propre destin. Les choses n’arrivent pas par magie, vous devez travailler pour ça, et j’ai travaillé vraiment dur, avec monentraîneur (Alexandre Pacot). Il a fait un superbe boulot. Parfois, vous perdez, vous faites des erreurs, c’était le cas aux Mondiaux par exemple (15e). Mais il faut se tourner vers les prochains objectifs, relever la tête. J’ai manquéles Europe ( le weekend dernier) car je voulais être prêt ici. Ça a peut-être payé. Et de perdre, c’est ce qui rend la victoire encore plus belle.
Quel est votre résultat le plus marquant cette saison?
Si vous m’aviez dit au début de l’année que je ferais ça, j’aurais été surpris de tout ( victoires sur le Tour de Lombardie, le Tour du Pays Basque et la Flèche Wallonne, 2e de Liège-Bastogne-Liège, Strade Bianche et GP de Montréal; 4e du Tour notamment). Cette saison était incroyable. L’an dernier, commenéopro, était déjà incroyable. Je me surprends à chaque fois mais je m’entraîne aussi très dur pour ça. L’équipe m’a mis dans le meilleur environnement possible. C’est le cyclisme, une équipe où tout le monde donne son meilleur autour de vous, pour vous. Parfois, j’ai l’impression d’être dans un rêve.
Battre Pogačar, c’est v'otr'eobjectif?
Oui, vous pouvez dire que je veux être le meilleur, et commejel’ai dit, Pogačar est le meilleur. C’est une motivation de le voir à son meilleur niveau, j’espère qu’il va encore progresser car, de monpoint de vue, c’est bon pour le cyclisme, il fait progresser tout le monde: il est si fort que tout le mondedoit travailler plus dur pour être meilleur. C’est un rêve pour moi d’être en mesure de faire le match avec lui. Peut-être que j’y arriverai un jour, peut-être jamais, mais j’essaierai toujours.
Vous pensez-vous plus fort qu’à Liège (2e derrière Pogačar)?
Je pense que je suis au moins aussi fort que je l’étais au printemps, mais vous ne pouvez pas comparer, une course sans Tadej n’est pas la même. Je mesuis senti très fort à Liège, et aujourd’hui (hier), ce que j’ai fait montre que j’étais très fort également. Peut-être que j’ai progressé mais, honnêtement, je ne sais pas. Le principal pour moi est de gagner, et j’ai gagné.
C’est la première fois qu’on vous voit si expressif après une victoire. Est-ce dû au prestige de la course?
C’est surtout de penser aux vacances (sourire). Quand vous finissez une course, vous avez d’autres objectifs et vous pensez à bien récupérer. Là, il n’y a pas à y penser, c’était la dernière avant les vacances (il participera au Roc d’Azur, aujourd’hui à Fréjus, pour s’amuser). Mais chaque course que j’ai gagnée, j’ai profité avec mes amis, mes équipiers. Même si je ne veux peut-être pas trop le montrer devant les caméras. Je préfère les choses simples et ne pas le montrer. »
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Nella salita di San Fermo della Battaglia, Paul Seixas, da solo, a bocca aperta in mezzo
ai tifosi in delirio, si lancia verso l’impresa: conquistare il Giro di Lombardia, a 20 anni.
SEIXASTRAORDINARIO!
LA CONSACRAZIONE
Con un attacco a -19 km dal traguardo, Paul Seixas si è aggiudicato a Como, in Italia, la sua prima Monumento a soli 20 anni. È diventato il più giovane vincitore della gara istituita nel 1905. Un risultato storico.
Paul Seixas ha conquistato ieri la vittoria più importante della sua carriera al Giro di Lombardia, dove ha sbaragliato la concorrenza chiudendo una stagione straordinaria, a soli 20 anni.
11 ottobre 2026 - L'Équipe
DEL NOSTRO INVIATO SPECIALE ALEXANDRE ROOS
COMO (ITA) – Ci si è comunque chiesti che cosa stesse facendo quando, a poco più di 19 km dall’arrivo, sulla salita del Civiglio, ha preso la testa del gruppo, mentre quasi tutti i favoriti erano ancora lì, senza attaccare in modo evidente, senza alzarsi sui pedali. La follia stava forse prendendo il sopravvento, visto che dietro di lui il gruppo era ancora compatto, con la gara che fino a quel momento si era ridotta a un’eliminazione dal fondo, a parte il tentativo senza seguito, sul Ghisallo, di Matteo Jorgenson, Brandon McNulty e Quinn Simmons, aiutati da Louis Barré, i tre statunitensi che si credevano ancora ai Mondiali? Ma da allievo diligente, Paul Seixas stava in realtà mettendo in atto il piano che si era prefissato, animato da una fiducia in se stesso incrollabile.
Con lo sguardo fisso sui watt del suo misuratore di potenza, ha aumentato il ritmo, ha fatto salire la tensione e ben presto si sono visti gli effetti di questo aumento di intensità. Ha smontato i suoi rivali uno dopo l’altro, con precisione chirurgica: prima Remco Evenepoel, poi i corridori della UAE, Isaac del Toro e Brandon McNulty, messi fuori gioco contemporaneamente.
All’avvicinarsi del traguardo
e della più grande vittoria della sua carriera,
il mostro ha lasciato il posto al bambino
Solo Tom Pidcock e Giulio Ciccone sono riusciti a stare sulla sua scia, mentre Enric Mas stava anch’egli affondando poco più avanti, ma nemmeno questi è durato a lungo. I due sopravvissuti hanno chinato il capo e deposto le armi prima ancora di raggiungere la cima.
Paul Seixas poteva così sfrecciare da solo, con la bocca spalancata per lo sforzo, animato da una determinazione spaventosa, un vampiro con il sapore del sangue tra i denti, quello dei suoi rivali che aveva appena torturato, ma anche della sua rabbia, quella immediata che gli ha permesso di cancellare la frustrazione dei Mondiali (15° posto), quella più radicata che gli permette di credere nella propria stella. Sfrecciava nella discesa del Civiglio, avvolto dalla luce arancione e morente dell’autunno, affrontava le curve con facilità, superava per la seconda e ultima volta la salita di San Fermo della Battaglia, percorsa con ardore, con voglia, impennandosi per dare ancora un po’ di più, il faro della moto sulla sua scia ne illuminava a intermittenza i polpacci sottili, tesi per la violenza della pedalata, aggiungendo teatralità al momento.
Poi, all’avvicinarsi del traguardo e della più grande vittoria della sua carriera, il mostro ha lasciato il posto al bambino e, dopo averci impressionato, ci ha commosso. Ancora di più quando, dopo l’arrivo, ha dichiarato che «il Paul di 10 anni non ci avrebbe creduto» se avesse saputo che cosa lo aspettava un decennio dopo. Ci aveva già scosso durante il Tour Auvergne-Rhône-Alpes, a giugno, ma allora era stato per il dolore dopo la caduta. Ieri, invece, è stata la sua gioia a commuoverci. Non lo avevamo mai visto così felice, raggiante, con il volto luminoso, i lineamenti diafani della giovinezza, pervaso dalla semplice felicità di un ragazzino che vince, qualunque sia il terreno, qualunque sia il livello, e con cui tutti potevamo identificarci.
C’era davvero motivo di essere felici, ed era bello vedere Seixas dimostrarlo, dimenticare per un attimo tutte le cose serie che gli viene chiesto di dire o di fare, quelle faccende da adulti a cui deve adeguarsi per realizzare i propri sogni, i preparativi millimetrici, il continuo rigore, l’austerità che questo sport crudele, da barbari, impone per godersi semplicemente il momento, assaporare il gusto di tagliare il traguardo da vincitore, solo al mondo, con quasi un minuto di vantaggio su tutti gli altri, davanti a Mas e Ciccone, con lui sul podio, di fronte a una top 10 d’élite, chiusa dallo straordinario Mathys Rondel, che nell’ombra ha dimostrato la ricchezza del vivaio francese.
Seixas ha così conquistato la sua primo Monumento a soli 20 anni, diventando il più giovane vincitore nella storia del Lombardia, giunto alla 120ª edizione. Il più giovane, inoltre, di una delle cinque classiche più prestigiose nel dopoguerra, battendo il record di Eddy Merckx, che aveva vinto la sua prima Milano-Sanremo nel 1966 a 20 anni e 275 giorni. Seixas ha spazzato via tutto questo ieri, quando si è fatto riferimento alla storia; a lui non importa niente, proprio come della sua ultima pagella, di tutte queste cose da vecchi che puzzano di polvere.
Prospettive infinite
Allora, da vecchi, scriveremo per lui quanto sia immenso, vertiginoso, essere un passo avanti rispetto ai migliori di tutti i tempi, con questa vittoria in Lombardia ma anche con l’intera sua stagione, e speriamo che coloro che avevano trovato il tempo e i motivi per nutrire già dei dubbi su di lui, sul suo talento, piccoli giudici che amano la giustizia sommaria, si sentano un po’ sciocchi da ieri sera.
In appena una stagione intera, il «bambino prodigio», come lo chiamavano ieri gli italiani nella versione originale, che aveva aperto in Algarve il suo conto delle vittorie tra i professionisti, ha chiuso la stagione con otto successi, di cui sei al massimo livello, ha vinto una gara a tappe del World Tour, il Giro dei Paesi Bassi, una prima semi-classica con la Freccia Vallone e una Monumento con il Lombardia. Una stagione che da febbraio è sembrata lunga una vita, tanto sono state le avventure vissute, i sentimenti contrastanti provati: il braccio di ferro con Tadej Pogačar alla Liegi-Bastogne-Liegi, una prima battuta d’arresto con la caduta all'ex Delfinato, un primo Tour de France solido, senza mai cedere, concluso ai piedi del podio, un primo insuccesso ai mondiali.
Seixas è cresciuto sotto molti aspetti e chiude la stagione con un trionfo che conferma l’impressione lasciata in primavera e gli consentirà di affrontare l’inverno con serenità. Il francese è passato a un altro (e più alto, ndr) livello, è già uno dei migliori corridori al mondo; le prospettive che ha aperto e le speranze che ha suscitato sono infinite. Ciò significa che l’anno prossimo ripartirà con sogni ancora più ambiziosi, ma anche con enormi responsabilità. Ieri un ragazzino ha vinto come un vero grande, ci ha lasciati senza fiato, ma questa vittoria ha anche segnato la fine della fase di apprendistato. Il Lombardia ne ha segnato la fine dell’innocenza.
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Seixas: «L’impressione di essere in un sogno»
Felice della sua vittoria, il ventenne francese ha ripercorso la sua straordinaria stagione e ammette di aver sorpreso se stesso.
“Pogačar fa progredire tutti:
è così forte che tutti devono lavorare
più duramente per migliorare”
11 ottobre 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
- Come ti senti a essere il più giovane ad aver vinto il Lombardia?
È una bella cosa, ma, onestamente, non mi interessa granché. Mi interessa solo vincere. Oggi (ieri) è stata una vittoria in una Monumento ed è bellissimo. Per il mio Paese è fantastico. Thibaut Pinot ci era riuscito otto anni fa e forse questo mi ha aiutato ad arrivare fin qui. Spero che la mia vittoria aiuti qualcun altro in Francia ad arrivare fin qui. E a portare il ciclismo francese a livelli ancora più alti, anche se è qualcosa che già amiamo.
La tua precocità stupisce. Lo trovi naturale, come se fosse il tuo destino?
Penso che non esista un destino naturale, bisogna crearsi il proprio destino. Le cose non accadono per magia, bisogna lavorare per ottenerle, e io ho lavorato davvero sodo, con il mio preparatore (Alexandre Pacot). Ha fatto un lavoro eccellente. A volte si perde, si commettono errori, come è successo ai Mondiali, ad esempio (15° posto). Ma bisogna guardare agli obiettivi futuri, rialzare la testa. Ho saltato gli Europei (lo scorso fine settimana) perché volevo essere pronto per questa gara. Forse ne è valsa la pena. E aver perso è ciò che rende poi la vittoria ancora più bella.
Qual è il risultato più significativo di questa stagione?
Se all’inizio dell’anno mi aveste detto che avrei fatto tutto questo, sarei rimasto davvero sorpreso (vittorie al Giro di Lombardia, al Giro dei Paesi Baschi e alla Freccia Vallone, secondo posto alla Liegi-Bastogne-Liegi, alla Strade Bianche e al GP di Montréal; quarto posto al primo Tour, tra l’altro). Questa stagione è stata incredibile. Già l’anno scorso, al mio esordio da professionista, è stato incredibile. Mi sorprendo ogni volta, ma mi alleno molto duramente per questo. La squadra mi ha offerto il miglior ambiente possibile. È il ciclismo: una squadra in cui tutti danno il meglio di sé intorno a te, per te. A volte mi sembra di essere in un sogno.
Battere Pogacar è il tuo obiettivo?
Sì, si può dire che voglio essere il migliore e, come ho detto, Pogačar è il migliore. Vederlo al massimo del suo livello è una motivazione; spero che continui a migliorare perché, dal mio punto di vista, è un bene per il ciclismo: fa progredire tutti; è così forte che tutti devono lavorare più duramente per migliorare. Per me è un sogno riuscire a tenergli testa. Forse un giorno ci riuscirò, forse mai, ma ci proverò sempre.
Ti ritieni più forte rispetto alla Liegi (2° dietro a Pogačar)?
Penso di essere forte almeno quanto lo ero in primavera, ma non si può fare un paragone: una gara senza Tadej non è la stessa cosa. Mi sentivo molto in forma alla Liegi, e oggi (ieri) quello che ho fatto dimostra che ero in ottima forma anche qui. Forse ho fatto progressi, ma, onestamente, non lo so. L’importante per me è vincere, e ho vinto.
È la prima volta che ti vediamo così espressivo dopo una vittoria. È dovuto al prestigio della gara?
È soprattutto perché penso alle vacanze (sorride). Quando finisci una gara, hai altri obiettivi e pensi a recuperare bene. In questo caso, non c’è bisogno di pensarci, era l’ultima prima delle vacanze (oggi parteciperà al Roc d’Azur a Fréjus, solo per divertirsi). Ma ogni gara che ho vinto, l’ho festeggiata con i miei amici, i miei compagni di squadra. Anche se forse non voglio darlo troppo a vedere davanti alle telecamere. Preferisco le cose semplici e non metterlo in mostra.»
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