Comptes d’été
28 Jul 2026 - L'Équipe
On a aimé
Les derniers résistants
Richard Carapaz, Mads Pedersen, Mathieu Van der Poel et Remco Evenepoel, ne rivaliseront pas ou plus avec Pogacar dans la bataille du général. Mais pour le reste, leur non-renoncement face au règne du Slovène, sur quelques étapes où leurs qualités peuvent s’exprimer sur une journée, fut un ravissement. L’Équatorien pédale avec les oreilles mais, à 33 ans, il repousse encore ses limites et reste un des acteurs d’un cyclisme offensif, récompensé par deux succès.
Que dire du Danois, formidable coursier, capable de se saigner dans la Croix de Fer pour rentrer sur les échappés et sauver son maillot vert? Van der Poel et Evenepoel restent les deux plus proches de «l’astre de Komenda», l’un comme l’autre sont allés chercher deux étapes, sans rien lâcher. Comme des chiens.
Le « Sanglier de Fouesnant »
Le Tour ressemble depuis toujours à un bestiaire et cette édition, entre Nils Politt «la Girafe» et Florian Vermeersch «la Tortue», n’a pas échappé à la règle. Mais l’animal le plus en vue sur les routes fut «le Sanglier de Fouesnant», sous les traits de Baptiste Veistroffer (photo de gauche). Le Français d’Intermarché-Lotto (26 ans), arrivé au haut niveau sur le tard, a été une brise de liberté au coeur de la canicule. Le Breton roule comme il respire, sans trop se poser de questions, souvent seul comme pendant ses virées en vacances et juste pour le plaisir de pousser le plus loin possible. En dehors du vélo, il a été un personnage comme le fut Kévin Vauquelin l’an passé, populaire, amusant, souriant, plein de vie, un ambassadeur de la Grande Boucle, heureux de vivre sur un vélo.
La réaction de Pogacar et de Vingegaard aux contrôles nocturnes
Les deux premiers du Tour contrôlés en pleine nuit, après validation d’un juge: il n’en fallait pas plus pour réentendre le refrain du dopage, qui ne s’éteint de toute façon jamais. Jonas Vingegaard (à 2 heures) et Tadej Pogacar (à 5 heures) ont été surpris, c’était le but, mais ils ont été très classe, ainsi que leurs équipes, assurant qu’il était normal de se plier à cela – « J’en ai tellement, c’est comme aller au supermarché » , a dit le Slovène dimanche – pour le bien du cyclisme.
Tout en posant des questions, a posteriori. Pourquoi seulement eux et pas le 3e, le 4e, etc.? Pourquoi pas à la même heure? Indispensable, la lutte contre le dopage gagnerait encore en puissance si elle ne laissait pas de place au débat. Et si elle était plus transparente, en publiant les résultats des tests, même négatifs.
La folie du Haag
Il fallait voir cette tribune à ciel ouvert, colorée à souhait, des gens partout, bouillants, pour accueillir la folie du Tour. Le col du Haag, lors de la 14e étape entre Mulhouse et Le Markstein, a d’ores et déjà gagné ses titres de noblesse sur le Tour. Les coureurs ont été portés par une vague humaine sur une route forestière et cyclable, bitumée depuis juin 2023 seulement.
Il y avait du bruit sur toute la montée, un étroit couloir où chaque mètre de route s’ouvrait au dernier moment à mesure qu’ils arrivaient. Ce spectacle visuel a été la grande révélation du Tour dans les Vosges. Il y avait même ce fameux virage du Hibou, sa route qui se cabrait sur des pentes à 16 %, et une montée en puissance de 414 md’altitude à 1233 m. C’était la première fois que le col du Haag était au programme, et vu le résultat, on a hâte d’y revenir.
***
On n’a pas aimé
L’étape reine, un grand numéro manqué
Sur le papier, cette étape reine (20e) entre Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez avait tout d’un festin. La Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier, puis la montée inédite du col de Sarenne, la carte donnait le tournis. Dans les faits, cette journée qui promettait monts et merveilles n’a jamais trouvé son étincelle. Placée la veille des Champs-Élysées, avec un classement général déjà bien verrouillé, elle est arrivée un brin trop tard. Lessivés par douze jours de canicule et des cadences infernales, les organismes étaient à bout de souffle. Et les plus belles empoignades se sont finalement jouées ailleurs, vers Belfort ou au Markstein, sur des routes de moyenne montagne mais autrement plus animées.
Une fraîcheur à trouver
Bien sûr, le Tour de France reste (pour le moment) une affaire de juillet, avec ses grandes chaleurs et ses coureurs qui cuisent au soleil. Mais cette année, la Grande Boucle a franchi un cap, avec douze premiers jours placés sous le joug d’une fournaise rarement vue, le mercure flirtant parfois avec les 40oC. La 9e étape vers Ussel a même dû être rabotée de 30 km pour épargner les organismes. Une mesure bienvenue, mais bien esseulée face à ces conditions appelées à se répéter. À l’heure du réchauffement climatique, organisateurs et coureurs ont promis de s’asseoir autour d’une table pour trouver des solutions. Il serait grand temps.
Le manque de révélations
Il fallait être un champion pour gagner une étape sur ce Tour, le plus rapide de l’histoire. Mais il fallait au moins tenter, et trop d’équipes ou de coureurs ne l’ont pas fait, sous prétexte de favoriser leur sprinteur (qui allait terminer 12e ou 14e) ou de garder des cartouches pour plus tard (certains doivent avoir le chargeur encore bien rempli). À part Veistroffer, trop peu de personnages ont émergé cette année, et c’est en partie la faute des acteurs eux-mêmes.
Les temps gelés à Montmartre
Vous êtes peut-être passés à côté de l’information, mais le Tour se dispute désormais sur vingt étapes. Avec une superbe classique en clôture, le dernier jour, à Montmartre. Comme en 2025, les temps ont été gelés dimanche, à l’abord des tours de la Butte et de sa célèbre rue Lepic. Cela revient à offrir aux favoris du général une dernière étape sans aucun risque s’ils n’ont pas de velléités offensives à Montmartre et aux autres de pouvoir se jeter corps et âme dans une bataille certes magnifique mais un peu biaisée par ces temps gelés.
L’an dernier, la pluie avait rendu la chaussée glissante, et le risque de sécurité avait été invoqué. Cette année, le ciel était noir mais le danger semblait écarté. Geler les temps était une solution de facilité et un cadeau aux coureurs. La course était magnifique oui, mais l’esprit du Tour et ses 21 étapes un peu trop bafoués.
***
Da Barcellona agli Champs-Élysées, il Tour de France è stato ancora una volta ricco di storie.
Ecco quelle che i giornalisti de «L’Équipe» hanno apprezzato, o no, nel corso di queste tre settimane.
28 luglio 2026 - L'Équipe
Cosa ci è piaciuto
Gli ultimi resistenti
Richard Carapaz, Mads Pedersen, Mathieu van der Poel e Remco Evenepoel non potranno competere, o non potranno più competere, con Pogačar nella lotta per la classifica generale. Ma per il resto, la loro tenacia di fronte al dominio da parte dello sloveno, in alcune tappe in cui le loro qualità potevano emergere in una giornata, è stata una gioia. L’ecuadoriano pedala con le orecchie, ma, a 33 anni, continua a spingersi oltre i propri limiti e rimane uno dei protagonisti di un ciclismo offensivo, premiato da due successi.
Che dire del danese, formidabile corridore, capace di dare l’anima sulla Croix de Fer per rientrare sui fuggitivi e salvare la sua maglia verde? Van der Poel ed Evenepoel restano i due più vicini all’«astro di Komenda», entrambi hanno conquistato due tappe, senza mollare mai. Come mastini.
Il «Cinghiale di Fouesnant»
Il Tour è da sempre una sorta di bestiario e questa edizione, tra Nils Politt «la Giraffa» e Florian Vermeersch «la Tartaruga», non ha fatto eccezione alla regola. Ma l’animale più in vista sulle strade è stato «il Cinghiale di Fouesnant», nelle vesti di Baptiste Veistroffer. Il francese della Intermarché-Lotto (26 anni), arrivato ai massimi livelli in età avanzata, è stato una ventata di libertà nel cuore dell’ondata di caldo. Il bretone pedala come respira, senza porsi troppe domande, spesso da solo come durante le sue gite in vacanza e solo per il piacere di spingersi il più lontano possibile. Giù di bicicletta, è stato un personaggio come lo è stato Kévin Vauquelin l’anno scorso: popolare, divertente, sorridente, pieno di vita, un ambasciatore del Tour de France, felice di vivere in sella a una bicicletta.
La reazione di Pogacar e Vingegaard ai controlli notturni
I primi due del Tour sono stati sottoposti a controlli nel cuore della notte, previa autorizzazione di un giudice: non ci voleva altro per risentire il ritornello del doping, che comunque non si spegne mai. Jonas Vingegaard (alle 2) e Tadej Pogacar (alle 5) sono stati colti di sorpresa, era proprio quello lo scopo, ma si sono comportati con grande classe, così come le loro squadre, assicurando che era normale sottoporsi a tali controlli – «Ne ho così tanti che è come andare al supermercato» , ha detto lo sloveno domenica – per il bene del ciclismo.
Ponendosi però alcune domande, a posteriori. Perché solo loro e non il terzo, il quarto, ecc.? Perché non alla stessa ora? Indispensabile: la lotta al doping acquisirebbe ancora più forza se non lasciasse spazio al dibattito. E se fosse più trasparente, pubblicando i risultati dei test, anche quelli negativi.
La follia dell’Haag
Bisognava vedere quella tribuna a cielo aperto, coloratissima, piena di gente ovunque, in fermento, pronta ad accogliere la follia del Tour. Il Col de l’Haag, durante la 14ª tappa, da Mulhouse a Le Markstein, si è già guadagnato i suoi titoli di nobiltà al Tour. I corridori sono stati trasportati da un'onda umana su una strada forestale e ciclabile, asfaltata solo dal giugno 2023.
C'era baccano lungo tutta la salita, uno stretto corridoio dove ogni metro di strada si apriva all'ultimo momento man mano che i corridori arrivavano. Questo spettacolo visivo è stata la grande rivelazione del Tour nei Vosgi. C’era persino la famosa Curva del Gufo, con la strada che si impennava su pendenze del 16% e un dislivello di 414 m, da 1233 m. Era la prima volta che il Col du Haag era in programma e, visto il risultato, non vediamo l’ora di tornarci.
***
Cosa non ci è piaciuto
La tappa regina, un grande spettacolo mancato
Sulla carta, questa tappa regina (la 20ª) tra Bourg-d’Oisans e l’Alpe d’Huez aveva tutte le carte in regola per essere un vero spettacolo. La Croix de Fer, il Télégraphe, il Galibier e poi la salita inedita del Col de Sarenne: il percorso faceva girare la testa. In realtà, questa giornata che prometteva mari e monti non ha mai trovato la sua scintilla. In programma alla vigilia degli Champs-Élysées, con una classifica generale ormai ben definita, è arrivata un po’ troppo tardi. Sfiniti da dodici giorni di canicola e ritmi infernali, i corridori erano ormai allo stremo delle forze. E le battaglie più belle si sono alla fine giocate altrove, verso Belfort o a Le Markstein, su strade di media montagna ma decisamente più animate.
Una ventata di freschezza da trovare
Certo, il Tour de France rimane (per il momento) una questione di luglio, con il suo gran caldo e i suoi corridori che cuociono al sole. Ma quest’anno il Tour de France ha superato una soglia, con i primi dodici giorni segnati da un caldo torrido come raramente si era visto, con la colonnina di mercurio che a tratti sfiorava i 40 °C. La nona tappa, verso Ussel, ha persino dovuto essere accorciata di 30 km per risparmiare le condizioni fisiche dei corridori. Una misura benvenuta, ma ben isolata di fronte a queste condizioni destinate a ripetersi. In un’epoca di riscaldamento globale, organizzatori e corridori hanno promesso di sedersi attorno a un tavolo per trovare delle soluzioni. Sarebbe ora.
La mancanza di rivelazioni
Bisognava essere un campione per vincere una tappa in questo Tour, il più veloce della storia. Ma bisognava almeno provarci, e troppe squadre o corridori non l’hanno fatto, con la scusa di favorire il proprio velocista (che sarebbe poi arrivato 12° o 14°) o di conservare le energie per dopo (alcuni devono avere ancora il caricatore ben pieno). A parte Veistroffer, quest’anno sono emersi troppo pochi personaggi, e la colpa è in parte degli stessi protagonisti.
I tempi congelati a Montmartre
Forse vi è sfuggita la notizia, ma il Tour si disputa ormai su venti tappe. Con una splendida classica di chiusura, l’ultimo giorno, a Montmartre. Come nel 2025, domenica i tempi sono stati congelati all’avvicinarsi delle torri della Butte e della sua famosa rue Lepic. Ciò equivale a offrire ai favoriti della classifica generale un’ultima tappa senza alcun rischio, se non hanno velleità offensive a Montmartre, e agli altri la possibilità di gettarsi anima e corpo in una battaglia certamente magnifica ma un po’ sbilanciata da questi tempi neutralizzati.
L’anno scorso la pioggia aveva reso la carreggiata scivolosa ed era stato invocato il rischio per la sicurezza. Quest’anno il cielo era nero, ma il pericolo sembrava scongiurato. Nuetralizzare i tempi è stata una soluzione di comodo e un regalo ai corridori. La gara è stata magnifica, sì, ma lo spirito del Tour e le sue 21 tappe sono stati un po’ troppo calpestati.
Commenti
Posta un commento