IL REVIENT
Vingt et un ans après son premier retour marquant en bleu, alors en tant que meneur de jeu, ZINÉDINE ZIDANE retrouve l’équipe de France, cette fois dans le costume du sélectionneur. « ZZ » sera présenté officiellement aujourd’hui à 11 heures au siège de l
28 Jul 2026 - L'Équipe
ANTHONY CLÉMENT (avec H. De., F. V.)
Au coeur des vacances et à l’écart d’événements plus sérieux qui accaparent les inquiétudes du pays, ce 28 juillet n’avait rien pour devenir une date qui replace le football au premier rang de l’attention. Pourtant, tous les regards seront bien tournés à 11 heures vers le siège de la FFF, dans le XVe arrondissement de Paris, là où le fantasme évoqué depuis des mois, voire des années, va subitement devenir concret.
C’est aujourd’hui que Zinédine Zidane va prendre les commandes de l’équipe de France, un secret impossible à garder et un destin inéluctable qui aura toutefois mis du temps à se dessiner, puisque les quatorze saisons de Didier Deschamps sur le banc des Bleus ont éprouvé la patience du Ballon d’Or France Football 1998, réduit à attendre que la porte s’ouvre enfin.
Tapis bleu et 120 journalistes et photographes accrédités
La voie est désormais libre, et il s’agit d’un boulevard à son nom: un tapis bleu a même été déroulé au siège de la Fédération pour accueillir les premiers pas de l’icône, et des barrières étaient déjà déployées hier autour du bâtiment, car une apparition de Zidane déclenche forcément une tempête qu’il faut tenter de cadrer. La FFF a accrédité 120 journalistes et photographes pour l’occasion, pas vraiment une affluence ordinaire, et rien ne devrait l’être ce matin. Si les conférences de presse du nouveau sélectionneur n’ont jamais fait rêver personne, sa voix est un murmure qui fait toujours beaucoup de bruit et l’officialisation de sa nomination est autant un événement international qu’une manière de renouer le fil de sa légende. Zidane (54 ans) revient en équipe de France vingt ans après le coup de tête de 2006, et il retrouve un poste cinq ans après la fin de son deuxième passage sur le banc du Real Madrid, le seul qu’il ait fréquenté durant sa carrière d’entraîneur, qui revisite les murs où sa gloire de joueur s’est écrite.
Travailler à visage découvert en août
Adjoint de Carlo Ancelotti (20132014) avant de diriger la réserve (2014-2016), numéro 1 de 2016 à 2018 puis de 2019 à 2021, vainqueur de trois Ligues des champions (2016, 2017, 2018), il a assez gagné en costume pour ne pas ébrécher le statut qu’il a acquis en short. Il est une figure mythifiée qui plane depuis une éternité au-dessus des reproches, loin de toute remise en cause en France, mais il s’apprête à découvrir une fonction qui va le ramener au réel et faire de lui un sujet de débats.
Comme le poste de sélectionneur attire les flèches plus que tout autre, l’ancien numéro 10 des Bleus ( 108 s éle c t i ons, 31 buts) ne pourra probablement pas continuer à avoir r a i s o n q u o i q u ’ i l fasse, ce qui ne semble pas être un problème. L’heure des critiques n’a de toute façon pas sonné, et sa conférence de presse – à côté du président de la FFF, Philippe Diallo – devrait être assez courte. Elle a été fixée dès maintenant pour qu’il puisse travailler à visage découvert en août, et il tenait à ne pas avancer dans le flou.
Il se serait bien contenté d’un communiqué d’annonce
En 2012, la manière dont avait été gérée la transition entre Laurent Blanc et Deschamps avait déplu à plusieurs membres de France 98, et Zidane voulait cette fois que les choses soient claires, même si tout n’est pas encore réglé contractuellement avec son staff. Ils ne seront pas présentés avec lui, mais on sait déjà que David Bettoni et Hamidou Msaidie seront ses adjoints, comme à Madrid, et Hervé Collado prendra la tête du secteur médical.
Grégory Dupont doit s’occuper de la préparation physique, et la venue de Fabien Barthez, pour entraîner les gardiens, était corrélée à l’obtention du diplôme nécessaire, ce qui va être fait, car il bénéficiera de la filière réservée aux anciens pros pour gagner du temps. Les grandes lignes sont connues, les détails seront peaufinés dans les prochaines semaines, et il n’est pas dit que Zidane ait très envie d’approfondir ces thèmes devant les micros. Il se serait bien contenté d’un communiqué d’annonce avant de s’exprimer en septembre, en marge du premier match de Ligue des nations contre la Turquie le 25, mais la FFF n’avait aucune raison de ne pas exposer une vitrine si séduisante. Depuis que Deschamps a annoncé en janvier 2025 sa volonté de tourner la page, Diallo avait plus ou moins éventé le mystère, ce qui a d’ailleurs assombri sa relation avec l’ancien sélectionneur.
Le président de la Fédération n’a plus besoin de prendre de pincettes et il a prévu de présenter l’élu ce matin au comité exécutif (Comex) de l’instance, jusque-là tenu à l’écart au nom de la confidentialité. La journée commencera donc tôt pour Zidane, qui n’est plus apparu publiquement depuis son week-end à New York pour la finale de la Coupe du monde, le 19 juillet.
Il avait assisté au match et participé à plusieurs opérations marketing avant de rejoindre l’Espagne, qu’il a quittée hier pour atterrir à Paris avec son agent Alain Migliaccio, qui s’est occupé de son contrat de quatre ans avec Jean-François Vilotte, le directeur général de la FFF. Tout sera validé aujourd’hui et les membres du Comex en profiteront ensuite pour suivre la conférence de presse. C’est la fin du secret le plus partagé du monde, et c’est le début d’une aventure assez énorme pour écraser l’ennui qui suit normalement une grande compétition.
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Zinédine Zidane en survêtement Adidas, lors d’un match
entre légendes de l’OM et du PSG, le 7 décembre 2025.
Une image et des marques
L’arrivée de l’ancien no 10 à la tête des Bleus, équipés par Nike, a suscité certaines interrogations notamment autour de son contrat personnel avec Adidas. Comme les joueurs, il aura certaines latitudes, notamment pour ses crampons.
28 Jul 2026 - L'Équipe
ARNAUD HERMANT
Dans le très sensible dossier de l’arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France, en remplacement de Didier Deschamps, un aspect suscite depuis le départ beaucoup d’interro gati ons. Icône mondiale d’Adidas depuis des années – « ZZ » est lié à la marque allemande depuis 1996 et demeure l’un de ses plus emblématiques ambassadeurs, et ce malgré sa fin de carrière de joueur en 2006 – comment pourra-t-il concilier ce partenariat individuel avec celui de la Fédération française de football (FFF), équipée par Nike, concurrent historique d’Adidas?
Certaines sources laissaient entendre que l’ex-meneur de jeu français aurait renoncé à ses droits à l’image. Difficile à confirmer au vu de la confidentialité entourant sa nomination. Question d’autant plus prégnante en cette saison 2026-2027 qui ouvre le nouveau contrat entre l’instance et la marque à la virgule pour environ 100 M€ annuels, dotation en équipements comprise (ce montant s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros par an), jusqu’en 2034.
Le sujet a bien évidemment été évoqué lors des négociations entre les deux parties, ayant abouti à la signature de son bail de quatre ans chez les Bleus. Mais, selon nos informations, aucun ajustement n’aurait été nécessaire, les deux contrats étant compatibles. Des clauses, comme il en existe souvent pour ce type d’engagement dans le football, rappellent les obligations de chacun. En pratique, on devrait ainsi voir le Ballon d’Or France Football 1998 lors des entraînements porter le sur vêtement Nike de l’équipe de France avec aux pieds des chaussures Adidas, car ce sont des produits dits « techniques ».
Il devrait être habillé entièrement en Nike en représentation
Mais lorsqu’il sera en représentation (conférences de presse…), il devrait être a priori tout en Nike. La question ne se posant pas quand il sera en costume.Quant à l’utilisation de l’image de Zidane (54 ans) dans des campagnes promotionnelles, le droit à l’image collectif impose cinq individus sur un contenu. « Associer le coach à des joueurs pour une campagne publicitaire peut être mal compris, explique un spécia
liste de marketing sportif. À l’extérieur, certains peuvent s’imaginer que c’est le sélectionneur et ses chouchous. » Si l’on s’en tient au fonctionnement habituel de Nike, la marque n’utilise pas l’image d’un sélectionneur dans ses créations collectives. Ainsi, Deschamps n’a jamais été associé à ses joueurs dans des spots de l’équipementier. Sans que les deux cas soient comparables (ni l’homme ni la sélection), la FFF a déjà connu un précédent avec une autre star du football français et international : Thierry Henry, quand il a été nommé sélectionneur de l’équipe de France Espoirs. Sous contrat avec Puma, l’ex-buteur d’Arsenal portait des chaussures de l’autre marque allemande sur les terrains.
Cette situation est finalement assez courante dans le football. Il est ainsi commun de voir des joueurs avec des crampons autres que l’équipementier de leur club ou sélection. Lionel Messi a évolué au FC Barcelone ou au PSG, sponsorisés par Nike, tout en étant l’égérie d’Adidas et inversement Cristiano Ronaldo, en contrat personnel avec la marque américaine, a joué pour le Real Madrid, la Juventus Turin ou Manchester United, lors de son deuxième passage, trois clubs Adidas. Mais quand il s’agit de Zidane, un sujet banal ne l’est plus totalement. Contactés, Adidas, Nike et la FFF n’ont pas souhaité répondre.
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