EN FUSION



En s’imposant hier à l’Alpe d’Huez, Tadej Pogačar a remporté 
sa 5e victoire d’étape sur cette édition du Tour de France.

IL ÉTAIT UN OGRE 

Tadej Pogačar a été à la hauteur de son rendez-vous avec l’Alpe d’Huez, lieu saint du Tour de France, où il a gagné l’étape, battu le record de l’ascension et scellé son cinquième sacre dans cette édition de la Grande Boucle.

Tadej Pogačar a avalé ses 3’30’ʼ de retard et tous ses concurrents sur les 12,5 derniers kilomètres, au bout d’une ascension démoniaque. Il s’est offert une victoire de prestige en haut de l’Alpe d’Huez. 
Une cinquième sur ce Tour qui assoit un peu plus sa légende. 

25 Jul 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

ALPE D’HUEZ (ISÈRE) – Tadej Pogačar n’avait rendez-vous avec personne d’autre qu’avec luimême et l’histoire du Tour de France, hier après-midi dans cette montée de l’Alpe d’Huez prise d’ivresse, et il a eu beau essayer de nous promener par la main vers d’autres versants, nous raconter qu’il voulait surtout remercier ses équipiers, dévoués à sa cause ces derniers jours, alors qu’ils traversaient des moments difficiles, on n’est pas toujours obligé de croire le Maillot Jaune.

Ses réponses sont souvent des diversions et il partage avec la lignée des très grands le mutisme du champion, cette avarice de mots, ne jamais s’attarder sur l’essentiel ni sur ses sentiments profonds, même quand ils sont joyeux, inébranlable dans la victoire comme la défaite, dans les jours de grâce comme dans ceux ordinaires. Un mélange de pudeur et d’insensibilité, une évidence sur la route qui annihile le besoin de grands discours, comme si le fait d’évoluer dans d’autres sphères détruisait la possibilité d’un langage commun, enlevait tout intérêt à partager des ressorts intimes que personne ne pourrait comprendre, car ils sont si peu à avoir vécu à une telle altitude.

Comme si l’énonciation de la beauté du cyclisme et de son romantisme n’appartenait qu’à ceux qui y souffrent, aux martyrs, quand les champions n’y contribueraient que par leurs actes.

Une victoire pour l’histoire

Voit-on Eddy Merckx se lancer dans de grandes envolées ? Tout juste dégaine-t-il une vacherie de temps à autre pour relever une défaite ou une trahison qu’il n’a toujours pas digérée, soixante ans plus tard. Et Bernard Hinault, répond-il par autre chose qu’un grognement de «Blaireau»? C’est la même chose pour Tadej Pogacar, qui a confié hier qu’il ne pleurait pas souvent, mais on ne peut pas croire, d’une part, qu’il n’avait pas choisi de conquérir ce lieu saint du cyclisme et, de l’autre, que cela n’a pas tambouriné fort sous son maillot jaune alors qu’il fendait cette foule monstrueuse, surtout sur le haut de l’Alpe, où les Nordiques avaient pris le dessus sur les Néerlandais, il est vrai sous haute surveillance, où l’on a pu noter un certain fétichisme des rétroviseurs, décidément, et où Einer Rubio a malheureusement fini dans le coffre d’une voiture et à la maison en raison de la densité de l’affluence.

Le double champion du monde a en tout cas signé une des plus grandes performances de sa carrière, seul au monde dès le pied de la montée, effaçant des tablettes le record de Marco Pantani vieux de trente ans et qu’on pensait intouchable, sous les regards parfois amusés, parfois interloqués de ses concurrents qu’il punissait et avalait comme des poussins. Le Slovène de 27 ans peut parfois se laisser aller à de la lassitude, ennuyé par le train-train, par les journées qui se ressemblent trop, mais il a tout de même son radar en alerte, l’épi de cheveux dressé comme une antenne quand s’avancent les grands matins, les lieux mythiques et le baiser chaud du public qui le galvanise.

Il ne manque ni de victoires d’étapes, la 26e hier dans le Tour et la 5e dans cette édition, ni de sacres dans la Grande Boucle, avec le 5e annoncé à Paris, record égalé, il n’en veut d’ailleurs pas davantage, mais il a encore quelques « Mecque » à conquérir, et on pense à demain et aux Champs-Élysées ou au mont Ventoux pour plus tard. Lui n’en dit donc rien, il ne veut pas ouvrir cette porte, mais on sent bien que seule l’histoire l’aimante désormais, le guide dans cette dernière partie de sa carrière, davantage parce qu’on la lui rabâche d’ailleurs, qu’on crée chez lui ce désir que parce qu’elle représenterait quelque chose pour lui, qu’elle ferait résonner des souvenirs d’enfance. Sinon il ne se serait pas envolé si tôt hier, il aurait laissé filer, parce qu’il avait bien compris que s’il ne s’affairait pas à ce moment-là, il ne reviendrait jamais sur les plus solides grimpeurs de l’échappée, Richard Carapaz, Sepp Kuss et Lenny Martinez.

Les trois ne se sont pas entendus, et c’est bien dommage. Pas tant parce qu’ils auraient gagné, on ne le saura jamais et on pense que non, car Pogačar millimétrait son effort derrière en fonction des écarts, mais parce qu’on ne se dispute pas comme cela une victoire d’étape dans l’Alpe d’Huez sur le Tour de France. Cela concerne surtout Martinez, car Kuss était en survie. Le Français s’est cru à la fête foraine ou au cirque, au choix, avec ses mimiques incessantes pour tenter de berner son monde, et il a eu le toupet de crucifier Carapaz au sprint pour la 2e place, alors qu’il avait ratonné toute la montée dans la roue de l’Équatorien, qui multipliait les attaques pour tenter de s’en débarrasser. Martinez réalise de toute manière un drôle de Tour. Il ne devait pas y jouer le général et le voilà cinquième, notamment parce que Juan Ayuso a explosé et fini littéralement dans les barrières à l’arrivée, K.-O. On ne l’a pas vu depuis le départ de Barcelone, et le jour où il est à l’avant, il fait n’importe quoi, confirmant simplement qu’il ne faut pas chercher à tout comprendre avec lui.

Seixas n’a pas réussi à perturber del Toro

Voici donc Martinez derrière Paul Seixas avant la dernière grande étape de montagne de cette édition, sans être une menace pour la position de son compatriote. On se demande en revanche si ce dernier va pouvoir chatouiller Isaac del Toro. Le grimpeur lyonnais n’a laissé que quatre secondes au sommet au Mexicain, mais il n’a jamais réussi à le perturber, et c’est au contraire son rival qui l’a semé à 2,5 km de la ligne. Peutêtre devra-t-il modifier sa stratégie aujourd’hui, car on n’a pas compris pourquoi il a assumé la poursuite et le tempo du groupe des favoris derrière Pogacar, ni pourquoi son équipe n’avait pas décidé de relever Matthew Riccitello, à l’avant avec les fuyards et qui avait l’air de viser un temps l’étape.

Résultat, Remco Evenepoel a lui aussi pu le déposer, un peu plus tôt, sous la bannière des 4 km, pour chiper une dizaine de secondes et consolider son statut de dauphin. Le Belge est en mission et il ne fléchit pas en haute montagne. La hiérarchie est donc figée, mais il reste un épisode effrayant, l’étape reine, avec la Croix de Fer, le Galibier par le Télégraphe, puis la remontée à l’Alpe par Sarenne. Un de ces jours où il n’y aura plus besoin de penser au lendemain.


***


Con la vittoria di ieri all’Alpe d’Huez, Tadej Pogačar ha conquistato
il suo quinto successo di tappa in questa edizione del Tour de France.


IN VISIBILIO

UN VERO GIGANTE

Tadej Pogačar ha onorato il suo appuntamento con l’Alpe d’Huez, luogo sacro del Tour de France, dove ha vinto la tappa, battuto il record di salita e conquistato la sua quinta vittoria in questa edizione della Grande Boucle.

Tadej Pogačar ha recuperato i suoi 3’30’’ di ritardo e superato tutti i suoi avversari negli ultimi 12,5 chilometri, al termine di una salita demoniaca. Si è regalato una vittoria di prestigio in cima all’Alpe d’Huez.

Una quinta vittoria in questo Tour che consolida ancora di più la sua leggenda.


25 luglio 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

ALPE D’HUEZ (ISÈRE) – Tadej Pogačar non aveva appuntamenti con nessun altro se non con se stesso e con la storia del Tour de France, ieri pomeriggio in quella salita inebriante dell’Alpe d’Huez, e per quanto abbia cercato di condurci per mano verso altri versanti, raccontandoci che voleva soprattutto ringraziare i suoi compagni di squadra, devoti alla sua causa negli ultimi giorni, mentre attraversavano momenti difficili, non siamo sempre obbligati a credere alla maglia gialla.

Le sue risposte sono spesso evasive e condivide con la schiera dei più grandi i silenzi del campione, quella parsimonia di parole, il non soffermarsi mai sull’essenziale né sui propri sentimenti più profondi, anche quando sono gioiosi, imperturbabile sia nella vittoria sia nella sconfitta, nei giorni di grazia come in quelli ordinari. Un misto di pudore e insensibilità, un’evidenza sulla strada che annienta il bisogno di grandi discorsi, come se il fatto di muoversi in altre sfere distruggesse la possibilità di un linguaggio comune, togliesse ogni interesse a condividere motivazioni intime che nessuno potrebbe comprendere, poiché sono in pochi ad aver vissuto a tali vette.

Come se l’esprimere la bellezza del ciclismo e il suo romanticismo appartenesse solo a chi vi soffre, ai martiri, mentre i campioni vi contribuirebbero solo con le loro azioni.

Una vittoria per la storia


Si vede mai Eddy Merckx lanciarsi in grandi discorsi altisonanti? Al massimo sfodera qualche frecciatina di tanto in tanto per sottolineare una sconfitta o un tradimento che, a distanza di sessant’anni, non ha ancora digerito. E Bernard Hinault, risponde forse con qualcosa di diverso da un borbottio da «Blaireau»?

Lo stesso vale per Tadej Pogačar, che ieri ha confessato di non piangere spesso, ma non si può credere, da un lato, che non avesse scelto di conquistare questo luogo sacro del ciclismo e, dall’altro, che il cuore non gli battesse forte sotto la maglia gialla mentre si faceva strada tra quella folla mostruosa, soprattutto in cima all’Alpe, dove i nordici avevano preso il sopravvento sui neerlandesi, è vero sotto stretta sorveglianza, dove si è potuto notare un certo feticismo per gli specchietti retrovisori, decisamente, e dove Einer Rubio è purtroppo finito nel bagagliaio di un’auto e poi a casa a causa della densità della folla.

Il due volte campione del mondo ha comunque firmato una delle più grandi prestazioni della sua carriera, da solo al mondo fin dai piedi della salita, cancellando dai tabelloni il record trentennale di Marco Pantani che si pensava intoccabile, sotto gli sguardi a volte divertiti, a volte sbalorditi dei suoi avversari che puniva e superava come pulcini. Il ventisettenne sloveno a volte può lasciarsi andare alla stanchezza, annoiato dalla routine, dalle giornate che si assomigliano troppo, ma ha comunque il radar in allerta, la ciocca di capelli dritta come un’antenna quando si profilano le grandi mattine, i luoghi mitici e il caldo bacio del pubblico che lo galvanizza.

Non mancano né le vittorie di tappa – ieri la 26ª al Tour e la 5ª in questa edizione – né i titoli al Tour de France, con il 5° annunciato a Parigi, record eguagliato, di cui, del resto, non ne vuole altre, ma ha ancora alcune «Mecca» da conquistare, e si pensa a domani e agli Champs-Élysées o al Mont Ventoux per il futuro. Lui non ne parla, non vuole aprire questa porta, ma si percepisce chiaramente che ormai è solo la storia ad attrarlo, a guidarlo in questa ultima parte della sua carriera, più perché gliela ripetono in continuazione, instillando in lui quel desiderio, il perché rappresenterebbe qualcosa per lui, perché risveglierebbe ricordi d’infanzia. Altrimenti ieri non sarebbe scattato così presto, avrebbe lasciato correre, perché aveva ben capito che se non si fosse dato da fare in quel momento, non avrebbe mai recuperato i  più forti scalatori nella fuga, Richard Carapaz, Sepp Kuss e Lenny Martinez.

I tre non sono andati d’accordo, ed è davvero un peccato. Non tanto perché avrebbero vinto – non lo sapremo mai e pensiamo di no, dato che Pogačar dosava millimetricamente il suo sforzo alle loro spalle in base ai distacchi – ma perché non si contende in quel modo una vittoria di tappa all’Alpe d’Huez al Tour de France. Questo vale soprattutto per Martinez, dato che Kuss stava semplicemente cercando di sopravvivere.

Il francese sembrava essere al luna park o al circo, a scelta, con le sue smorfie incessanti nel tentativo di ingannare tutti, e ha avuto la sfacciataggine di sbaragliare Carapaz allo sprint per il secondo posto, nonostante avesse trascorso tutta la salita sulla scia dell’ecuadoriano, che moltiplicava gli attacchi per cercare di liberarsene. Martinez sta comunque disputando un Tour piuttosto strano. Non avrebbe dovuto puntare alla classifica generale ed eccolo quinto, soprattutto perché Juan Ayuso è crollato ed è finito letteralmente contro le transenne all’arrivo, K.O. Non lo si vedeva dalla partenza da Barcellona, e il giorno in cui si trova in testa fa di tutto e di più, confermando semplicemente che con lui non bisogna cercare di capire tutto.

Seixas non è riuscito a mettere in difficoltà del Toro

Ecco quindi Martinez alle spalle di Paul Seixas prima dell’ultima grande tappa di montagna di questa edizione, senza rappresentare una minaccia per la posizione del suo connazionale. Ci si chiede invece se quest’ultimo riuscirà a mettere sotto pressione Isaac del Toro. Lo scalatore lionese ha concesso al messicano solo quattro secondi in vetta, ma non è mai riuscito a metterlo in difficoltà; al contrario, è stato il suo rivale a staccarlo a 2,5 km dal traguardo.
Oggi, forse dovrà modificare la sua strategia, perché non si è capito per quale motivo abbia assunto il ruolo di inseguitore e dettato il ritmo del gruppo dei favoriti alle spalle di Pogačar, né perché la sua squadra non abbia deciso di dare il cambio a Matthew Riccitello, in testa con i fuggitivi e che per un po' è sembrato puntare alla vittoria di tappa.

Di conseguenza, anche Remco Evenepoel è riuscito a staccarlo, poco prima del cartello dei 4 km, per guadagnare una decina di secondi e consolidare il suo ruolo di secondo classificato. Il belga è in missione e non molla in alta montagna. La classifica generale è quindi ormai consolidata, ma resta ancora un appuntamento temibile: la tappa regina, con la Croix de Fer, il Galibier attraverso il Télégraphe e poi la risalita all’Alpe via-Sarenne. Uno di quei giorni in cui non ci sarà più bisogno di pensare al giorno dopo.

***


Il a avalé tout le monde

25 Jul 2026 - L'Équipe
A. Ro.

12,5 KM DE L’ARRIVÉE, ÉCART 3’30’’

Tadej Pogačar quitte de bonne heure le groupe des favoris car il vise l’étape et qu’il y a de solides grimpeurs à l’avant. Thymen Arensman s’efface vite mais Lenny Martinez, Richard Carapaz et Sepp Kuss se détachent.


10 KM DU SOMMET, ÉCART 2’30’’

Le Maillot Jaune a retrouvé son équipier Adam Yates, parti en satellite dans l’échappée. Le Britannique offre un abri à son leader quelque temps, mais l’écart stagne à 2’30’’, à 10 km Pogačar décide donc de s’en aller et l’avantage fond.

1,8 KM DU SOMMET, JONCTION

Pogačar rabote l’écart de manière constante. Seulement 1’30’’ à 7 km de la ligne, puis 45’’ à 5. Quand il entre dans le barriérage, à 4 km du terme, il a le trio, qui ne s’entend pas, en ligne de mire. Il les rejoint un peu plus de 2 km plus loin.







900 MDE LA LIGNE, IL S’ENVOLE

Alors que Martinez s’est accroché à sa roue, Pogačar assure le tempo du trio. Il tente une première fois d’accélérer à 1,5 km de la ligne, sans réussite. Il remet une grosse accélération juste après la flamme rouge et là, Martinez et Carapaz craquent.

***

Ha surclassato tutti

25 luglio 2026 - L'ÉquipeA. Ro.

12,5 KM DALL'ARRIVO, DISTACCO 3’30’’

Tadej Pogačar abbandona presto il gruppo dei favoriti perché punta alla vittoria di tappa e in testa ci sono scalatori di grande livello. Thymen Arensman si fa presto da parte, ma Lenny Martinez, Richard Carapaz e Sepp Kuss allungano.


A 10 KM DALLA CIMA, DISTACCO 2’30’’

La maglia gialla ha raggiunto il suo compagno di squadra Adam Yates, partito come “satellite” nella fuga. Il britannico offre riparo al suo leader per un po’, ma il distacco rimane fermo a 2’30’’. A -10 km dalla vetta, Pogačar attacca e il vantaggio si riduce.


1,8 KM DALLA VETTA, RECUPERO

Pogačar riduce via via il distacco. Solo 1’30’’ a -7 km dal traguardo, poi 45’’ ai -5. Quando entra nella zona transennata, a -4 km dal traguardo, ha nel mirino il trio, che non va d’accordo. Li raggiunge poco più di 2 km dopo.


A 900 M DAL TRAGUARDO, DECOLLA

Mentre Martinez gli resta incollato alla ruota, Pogačar detta il ritmo del trio. Tenta una prima accelerazione a -1,5 km dal traguardo, senza successo. Lancia una forte accelerazione subito dopo il triangolo rosso (dell'ultimo km, ndr)  e là Martinez e Carapaz cedono.

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