L’Alpe d’Huez couronne Pogačar, Seixas s’accroche à son rêve de podium
Stéphanie Lecocq / REUTERS - Tadej Pogacar s’impose, vendredi, pour la première fois au sommet
de l’Alpe d’Huez et conforte un peu plus son avance à deux jours de l’arrivée finale à Paris.
BATAILLE AU SOMMET POUR DÉCROCHER UNE PLACE SUR LE PODIUM
Grande première pour le Slovène dans la montée mythique où le Français y a souffert mais reste en course pour la 3e place.
25 Jul 2026 - Le Figaro
Gilles Festor Envoyé spécial à l’Alpe d’Huez
Encore quelques mètres. Les plus durs. Ceux qui lui brûlent les cuisses et déforment son visage aux traits d’adolescent derrière une grande visière argentée dans le dernier faux plat menant à l’arrivée. Un ultime coup de pédale le maillot grand ouvert et c’est la délivrance avec, en toile de fond, les sommets dentelés des Grandes Rousses dressés comment des crocs. La montagne n’a pas eu la peau de Paul Seixas qui a achevé son baptême de feu dans l’Alpe d’Huez transformé ce vendredi en volcan en fusion. Une foule telle que cette année, les virages bouillants des Néerlandais et des Danois avaient été balisés par ses barrières pour empêcher tout envahissement de la route. Seixas a terminé sa montée avec la neuvième place en concédant quatre petites secondes à Isaac del Toro, conforté sur le podium du classement général. Le Lyonnais a souffert, plié un peu et montré peut-être certaines limites à seulement 19 ans mais l’espoir de terminer sur la boîte à Paris demeure. C’est bien là l’essentiel.
Grande première pour le Slovène dans la montée mythique où le Français y a souffert mais reste en course pour la 3e place.
25 Jul 2026 - Le Figaro
Gilles Festor Envoyé spécial à l’Alpe d’Huez
Encore quelques mètres. Les plus durs. Ceux qui lui brûlent les cuisses et déforment son visage aux traits d’adolescent derrière une grande visière argentée dans le dernier faux plat menant à l’arrivée. Un ultime coup de pédale le maillot grand ouvert et c’est la délivrance avec, en toile de fond, les sommets dentelés des Grandes Rousses dressés comment des crocs. La montagne n’a pas eu la peau de Paul Seixas qui a achevé son baptême de feu dans l’Alpe d’Huez transformé ce vendredi en volcan en fusion. Une foule telle que cette année, les virages bouillants des Néerlandais et des Danois avaient été balisés par ses barrières pour empêcher tout envahissement de la route. Seixas a terminé sa montée avec la neuvième place en concédant quatre petites secondes à Isaac del Toro, conforté sur le podium du classement général. Le Lyonnais a souffert, plié un peu et montré peut-être certaines limites à seulement 19 ans mais l’espoir de terminer sur la boîte à Paris demeure. C’est bien là l’essentiel.
2’ 48” avant le passage du leader de la Decathlon CMA CGM sur la ligne, Tadej Pogačar avait cueilli sa cinquième victoire dans le Tour de France 2026 et son premier grand triomphe à l’alpe d’huez. Le Slovène avait faussé compagnie aux cadors du peloton en accélérant à 13 kilomètres du sommet pour aller chercher, en solitaire, l’infatigable, Richard Carapaz, vainqueur à Orcières Merlette jeudi, Sepp Kuss et le Français Lenny Martinez, ultimes survivants de l’échappée du jour. Mais le trio, incapable de s’entendre, s’est sabordé en jouant au jeu du chat et de la souris dans le final. Un cadeau tombé du ciel pour Pogacar lancé dans une folle remontée et obligé de jouer des coudes avec le public pour tracer sa route. Après avoir fait la jonction, le quadruple vainqueur a placé un coup de pédale dont il a le secret sous flamme rouge pour plier l’affaire. Sans rencontrer de résistance, il a levé le bras vers le ciel pour fêter sa 26e victoire dans le Tour de France, à deux unités de Bernard Hinault, désormais en sursis.
«C’est indescriptible, ce sentiment d’être sur le vélo, fendre la foule qui vous encourage, qui crie. J’étais prêt à me battre avec certains fans mais ils ont été très polis et bien élevés, a réagi le maillot jaune avant de lâcher dans un rire, Demain, une deuxième arrivée à l’alpe d’huez. Je préférerais aller à Paris directement ! » Dans le sillage de l’ogre slovène, à six secondes, Martinez coupait la ligne en frappant son guidon de rage. Le grimpeur de 23 ans sait qu’il a laissé passer une occasion en or de marquer l’histoire. Ce sabotage va longtemps hanter le discret leader de Bahrain-Victorious même s’il pointe désormais au cinquième rang du classement général, vendredi soir. Maigre consolation.
« C’était terrible et éprouvant »
Devant lui, Paul Seixas s’accroche lui, à son rêve d’un Top 3 à Paris même si le Mexicain del Toro devant lui n’a jamais flanché. Dans la montée vers l’alpe d’huez, le Français a pourtant assumé son nouveau statut en prenant la tête du groupe des favoris avant que Remco Evenepoel ne décide de sortir pour asseoir quasiment définitivement sa deuxième place. «C’était terrible et éprouvant. Le public était en délire. J’ai encore des acouphènes. C’était magique mais peut-être une des journées les plus dures de ma vie sur un vélo. ça roulait à bloc encore une fois comme tous les jours sur le Tour. J’ai limité la casse à la fin mais je n’avais pas les jambes que j’espérais. Ça reste une belle performance. Je suis toujours dans le jeu pour le podium, ça va être très dur et ça va se jouer à la pédale », a réagi le prodige français dissimulé derrière un masque FFP2, comme à chaque fin d’étape.
Pour les Bleus, la traversée du désert se poursuit à quarante-huit heures de la délivrance à Paris. Dix-neuf étapes au compteur et toujours pas de victoire à se mettre sous la canine. Le spectre des Tour de France 1926 et 1999 achevés avec un zéro pointé se rapproche dangereusement avant une ultime journée alpestre, ce samedi. Incontestablement l’étape reine de la 113e édition. Elle reliera Bourg d’Oisans à l’Alpe d’Huez, encore une fois. 171 km de souffrance avec la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et le col de Sarenne au menu. 5 600 mètres de dénivelé au total. Dantesque. À côté, le 19e acte qui a couronné Pogacar fait figure d’amuse-bouche.
Classement 19e étape :
1. Pogačar (SLO/UAD) les 127,9 km en 3 h 17 min 57 ;
2. Martinez (FRA/TBV) à 6’’ ;
3. Carapaz (EQU/EFE) 9’’ ;
4. Kuss (E-U/TVL) 1’14 ; 5. Johannessen (NOR/UXM) 2’07 ; 6. Evenepoel (BEL/RBH) 2’29 ; 7. Del Toro (MEX/UAD) 2’41… 9. Seixas (FRA/DCT) 2’45…
Classement général :
1. Pogacar (SLO/UAD) 67 h 53’00 ;
2. Evenepoel (BEL/RBH) à 7’11 ;
3. Del Toro (MEX/UAD) 9’42 ;
4. Seixas (FRA/DCT) 10’06 ; 5. Martinez (FRA/TBV) 13’00 ; 6. Skjelmose (DAN/LTK) 13’09…
20e étape, samedi (11 h 30) : le Bourg-d’oisans - Alpe d’Huez (170,9 km).
21e et dernière étape, dimanche (16 h 25) : Thoiry - Paris (132,5 km).
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