ROBERT MILLAR - Il était une femme
Meilleur grimpeur du Tour 1984, premier cycliste connu transgenre, la Britannique vient d'officialise son nouveau nom : Philippa York. Un chapitre de plus dans une vie pleine de mystère.
En 1984, l'Écossais termine Le Tour à la 4" place
et avec le maillot du meilleur grimpeur.
En 2003, il disparaît. Pas un mot ni une image pendant quatorze ans,
jusqu'à son coming out il y a
PAR JEAN-CHRISTOPHE COLLIN
L'ÉQUIPE le magazine - 22/07 2017
Elle s'est présentée un peu tendue face à la caméra. Puis Philippa York s'est lancée dans les commen- taires de l'étape Pau-Peyragudes dans les Pyrénées, ces montagnes du Crétacé inférieur qui l'ont rendue célèbre. Sous les traits de Philippa, les amateurs de vélo, nombreux à cette heure-là sur ITV 4, ont reconnu Robert Millar, vainqueur de trois étapes du Tour de France en 1983, 1984 et 1989. « J'ai contacté Philippa au printemps dernier, raconte Ned Boulting, le commentateur du Tour pour la chaîne britannique, et je lui ai proposé d'in- tervenir sur nos retransmissions. Nous avons chaque jour un invité en plateau à Londres qui intervient durant l'étape. » Boulting est l'une des très rares personnes à disposer du contact de Philippa York. « Pippa a réfléchi une quinzaine de jours avant de me donner sa réponse. » C'est peu, quinze jours. Cela faisait si longtemps que le monde du cyclisme attendait un signe du porteur du maillot à pois du Tour 1984. Nul n'avait revu Robert Millar depuis 2003. Rien. Pas un mot, pas une image.
Robert Millar s'était en effet retiré du monde. Forcément, les années passant, l'énigme avait grandi. Richard Moore, journaliste britannique, a fait un excellent livre de cette disparition, A la recherche de Robert Millar. Un énorme succès de librairie en Grande-Bretagne, plus de 50000 exemplaires vendus. Le grim- peur britannique était un immense héros par-delà le Channel. Robert a obtenu ses succès au moment où ITV a commencé à retransmettre les étapes du Tour en direct, ce qui a marqué beaucoup de Britanniques », explique William Fotheringham. « Et, en Écosse, nous n'avions pas de grands champions à ce moment- là », poursuit Richard Moore.
Jusqu'à ce jeudi 6 juillet, quand surgit cette photo qui illustrait une interview exclusive du Guardian réalisée par le journaliste anglais William Fotheringham ainsi qu'une chronique sur le site spécialisé Cyclingnews. Robert Millar faisait officiellement son coming out de femme trans et révélait sa nouvelle identité: Philippa York. Quatorze ans de silence. Et bien davantage encore pour ses amis français.
Celui que l'on appelait alors Robert Millar est en effet un pur Ecossais, né le 13 septembre 1958 à 6h15, l'heure du laitier, à Gorbals, banlieue de Glasgow, au creux d'une famille de la classe moyenne. Avec laquelle il coupera les ponts dès qu'il le pourra. Robert a très tôt mis de la distance avec les gens. Sa famille a déménagé en 1967, pour s'installer à Pollok, autre banlieue grise de Glasgow. Cette ville, ce pays où, dira-t-il, " il pleut tous les jours, mais pas la nuit ».
L'environnement dans lequel grandit Robert Millar est un monde rude. On va à l'usine, on boit des bières au pub du coin et l'on supporte soit les Celtics, soit les le vélo qui l'intéresse. Il va par la campagne avec des copains Rangers, suivant sa religion. Robert est protestant, mais c'est sur de vieux clous. Et s'il se rend à Hampden Park, le stade national de foot, c'est pour rejoindre un club cycliste situé juste derrière. Déjà, il est un peu à part. Lors des sorties à vélo avec le club, le soir, lorsque le groupe se retrouve autour d'un feu dans la lande, lui va faire un autre feu, plus loin. Seul. Comme beaucoup de jeunes gens de son âge de cette région du monde, il entre à l'usine. Pour la plupart, c'est pour la vie. Mais Robert Millar veut de tout son être échapper à cet inexorable horizon de matins froids de brouillard et de soirées de bière tiède. Le vélo est la clé vers un ailleurs dont il ressent le besoin. Il va alors déployer tout ce qu'il compte d'énergie – et elle est immense – pour faire du vélo. Richard Moore raconte qu'à l'usine, Millar s'enferme dans les toilettes pour récupérer des entraînements du matin ou de la veille. Naît son obsessionnelle recherche du détail. Quand il arrive dans une ville pour disputer une course, le soir, il pique des cendriers dans les bars pour les placer sous les pieds de son lit afin de surélever ses jambes. Un ancien coureur lui a révélé que c'était bon pour la récupération. Cette rigueur devient alors un principe d'existence tournée vers la volonté de réussir, c'est-à-dire de vivre du cyclisme.
On s'est rendu au Tour de France à l'étape de Pau pour évoquer avec les « suiveurs » le nom de Robert Millar. Revenait systématiquement cette janséniste exigence. « C'était quelqu'un de complètement investi, souligne le mythique directeur sportif des équipes Peugeot et Z, Roger Legeay. Peut-être une façon d'échapper à lui-même. » Déjà de fuir son destin de Glaswegian et le ciel bas. C'est avec cette force d'âme qu'il est devenu, à 19 ans, le plus jeune champion de Grande-Bretagne. La veille de cet exploit, Moore raconte qu'un de ses copains a croisé ses parents et leur a appris que leur fils prenait part à cette course. Robert n'ira pas à l'enterrement de sa mère, ni au mariage de sa sœur. Il ne hait pas sa famille, il considère qu'il doit tracer sa route et que c'est la seule chose qui compte. C'est ainsi qu'il quitte les faubourgs de Glasgow en janvier 1979 pour Paris. Plus exactement la rue de Sèvres, à Boulogne-Billancourt, où l'ACBB loge ses coureurs, dont quelques Britanniques en devenir.
Millar et les siens sont comme ces Kényans qui viennent aujourd'hui courir les marathons en Europe. Ils savent qu'ils doivent gagner ou partir. Les coureurs français ne sont guère accueillants. Mais qu'est-ce que ce mépris quand vous enfouissez en vous un si violent mystère. « J'ai su que j'étais différente quand j'avais cinq ans », a révélé Philippa York au Guardian... Le quotidien se révèle pesant, mais Millar poursuit son objectif, vaille que vaille. Il partage son petit réduit de Boulogne avec John Parker, venu de Southport, au nord de Liverpool. Pour mieux progresser en français, les deux garçons décident de ne pas se parler en anglais entre 9 heures et 17 heures. Résultat, ils ne s'adressent pas la parole de la journée. Toujours cette quête d'absolu de Millar. Parker, lui, a du talent mais pas ce besoin fou de réussir. Quelque temps plus tard, il reprendra le bateau pour Douvres. Et ouvrira un magasin de vélos chez lui, dans le Lancashire.
« J'AI SU QUE J'ÉTAIS DIFFÉRENTE QUAND J'AVAIS CINQ ANS »
- Philippa York**
Parker a néanmoins réalisé son rêve de prendre part au Tour de France, en 1986. Pas sur un vélo, comme il l'avait imaginé autrefois, mais avec une glacière et sans rancœur. C'est déjà ça. Il a choisi l'étape de la montée de l'alpe d'Huez. A planté sa tente dans un des 21 virages qui conduisent au sommet et attendu l'arrivée de ce peloton auquel il s'était imaginé un jour appartenir. Ce jour-là, Millar connaît une énorme défaillance, il est lâché par les leaders et monte à la peine. C'est alors qu'un Anglais en short surgit d'un talus, s'avance sur la route et pousse son compatriote à l'agonie. « Come on bastard! », lui lance-t-il. Le grimpeur écossais n'entend plus rien ni personne. Il ne reconnaîtra pas son ancien frère de galère. Parker l'a regardé disparaître dans le virage suivant. Puis s'en est retourné dans le Lancashire.
Contrairement à son colocataire de Boulogne, Robert Millar va s'accrocher et parvenir à intégrer l'équipe Peugeot au cours de sa première année en France, recommandé par un entraîneur de Troyes, Jack André. Une figure du monde du cyclisme qui a participé à son premier Championnat du monde amateurs à 19 ans, gagné plus de 200 courses, mais n'est jamais passé professionnel. Des connaissances, Joseph Joffo, l'auteur d'Un sac de billes, et son frère, lui proposent d'entrer dans la coiffure. Il obtient son CAP en six mois et, un an après, Jack André ouvre son salon à Troyes, qu'il tiendra durant trente-cinq années. Mais sa passion reste le vélo et il devient directeur sportif de UVCAT, le grand club cycliste de Troyes, où il a entraîné nombre de champions, et notamment les frères Simon. Pascal d'abord, « un talent rare » qui va lui signaler Millar. Voilà comment l'Écossais a quitté Boulogne pour rallier l'Aube. « On a commencé à prendre des coureurs britanniques, raconte le vieil homme, car ces mecs avaient la rage de réussir et ne coûtaient pas cher. »
En 1979, Millar quitte Glasgow pour la France.
Après être passé par Boulogne et l'ACBB,
il arrive à Troyes, ici en avril 1981
au côté du Britannique Pierce Hewitt.
Jack André loge Millar dans une ferme à Culoison, avec deux autres coureurs British. Et l'emmène derrière son Vespa sur les routes vallonnées de la Champagne pouilleuse. Aujourd'hui, « coach Jack » a 79 ans. Son enthousiasme pour le cycle n'a jamais baissé. Il continue d'apprendre le métier à de jeunes coureurs. Mais concède que Millar est une personnalité unique. « C'est le mec le plus exceptionnel que j'ai croisé dans mon existence, cela fait soixante-cinq ans que je suis dans le vélo et j'ai fait la guerre d'Algérie ! »
Chez Peugeot, ce n'est pas l'avis du directeur sportif Maurice de Muer, qui n'apprécie guère l'Écossais. Mais Millar gagne le Grand Prix de Grasse, puis Paris-Évreux et la Palme d'Or, qui consacre le meilleur amateur. Il signe alors un contrat professionnel chez Peugeot fin 1979 pour 4 250 francs par mois. L'apprentissage est dur, les pros, c'est un autre monde. Il faut gagner sa place sur le vélo et en dehors. Millar fait chambre commune avec Roger Legeay. « On l'avait mis avec moi parce que je parlais anglais. Il était intraitable pour l'entraînement, il faisait de la musculation spécifique, c'était le seul. Il plaçait des poids d'un kilo sur ses chevilles et partait pédaler avec. Je n'ai jamais vu personne faire ça. Il était très dur avec lui-même. Et par conséquent avec les autres aussi. »
Millar se fait connaître lors du fameux Championnat du monde à Sallanches, en 1980. Il est l'un des rares à pouvoir suivre Bernard Hinault dans le final avec l'Italien Gianbattista Baronchelli. Le peloton apprend le nom de ce jeune Écossais qui grimpe les cols aussi vite que ses compatriotes descendent les pintes. Mais Maurice de Muer ne le laisse toujours pas disputer le Tour de France. Le vent tourne avec l'arrivée aux commandes de l'équipe de Roland Berland, dont Roger Legeay sera l'adjoint. Trente-quatre ans après, Legeay explique pourquoi ils n'ont pas hésité à lancer Millar dans la Grande Boucle. « Il était individualiste, mais pas égoïste. Il travaillait pour le groupe sans rechigner. On pouvait compter sur lui. »
« MILLAR ÉTAIT INTRAITABLE,
TRÈS DUR AVEC LUI-MÊME »
- Roger Legeay, ancien compagnon de chambre
Pour sa première participation au Tour, le 11 juillet 1983, il remporte la 10e étape entre Pau et Bagnères-de-Luchon. Une étape d'entre les étapes, avec quatre cols légendaires : l'Aubisque, le Tourmalet, Aspin et Peyresourde pour finir. Ce jour-là, Millar intègre l'histoire du cyclisme britannique et son coéquipier et ami, Pascal Simon, prend le Maillot Jaune. Las, le lendemain, Simon chute et devra abandonner la mort dans l'âme quelques jours plus tard. L'année suivante, Millar remporte à nouveau une étape dans les Pyrénées et termine 4e du Tour avec le maillot à pois sur les épaules.
1985 aurait dû être l'année de sa consécration. Mais le cyclisme a ses usages et ses lois. C'est durant cette saison que Ronan Pensec devient professionnel au sein de l'équipe Peugeot. « Robert était mon modèle, raconte le Breton. J'avais et j'ai toujours énormément de respect pour lui. On avait le même gabarit. Je buvais ses conseils. Il était précurseur sur tout. Sur les méthodes d'entraînement, sur la diététique. Il faisait attention à ce qu'il mangeait, il était végétarien. Un immense professionnel à une époque où l'on fonctionnait à la démerde. Lui était en marge, un peu décalé. Mais j'étais vraiment très fier de rouler pour lui. Malheureusement, on s'est fait avoir... »
Ronan Pensec évoque la Vuelta 1985. Millar domine l'épreuve, porte le maillot amarillo à deux jours de l'arrivée avec plus de quatre minutes d'avance. L'affaire est entendue. Il reste une étape de montagne et, comme il est le meilleur grimpeur du moment... Mais voilà, les équipes espagnoles vont former une coalition pour empêcher l'Écossais de l'emporter. La météo est execrable ce jour-là. Tout est contre Millar, sauf Pensec et Simon, Profitant d'une crevaison de l'Écossais, Pedro Delgado attaque. « On était à sa poursuite, raconte Pensec, on est arrivés à un passage à niveau, la barrière était fermée pour nous et aucun train n'est passé... » Delgado remporte l'étape avec plus de six minutes et le Tour d'Espagne avec, Millar est effondré, mais n'en montre rien. << Les gars de Gorbals ne pleurent pas », écrit un journal anglais. Décidément, rien ne lui sera donné dans l'existence.
En juin 1990, Millar remporte le Dauphiné.
Cheveux longs au vent, boucle d'oreille...
son allure dénote dans le peloton.
A gauche en 1992 avec tous ses maillots, chez lui
à Troyes, où il a rencontré la mère de son fils.
En 1995, le coureur quitte tout pour s'installer en Angleterre.
Mais il est désormais une figure du peloton. Une sacrée figure. Avec une boucle d'oreille, les cheveux dans la nuque. Une allure peu commune. François Lemarchand est aujourd'hui responsable de la sécurité sur le Tour de France. Il a été cinq années durant l'équipier de Millar, « C'était vraiment un personnage atypique. Pas très aimable, dur avec lui-même et avec les autres. Combien de fois il nous a fait honte avec des serveurs parce que tout n'était pas parfait. Il pouvait être très désagréable dans la journée et puis, le soir, tout d'un coup, s'abandonner. En revanche, je ne lui ai jamais vu un signe de féminité, il m'aurait mis une claque si je lui avais fait une bise. Peut-être a-t-il dû beaucoup lutter pour refouler ça en lui. J'en garde un très bon souvenir. Et puis quelle classe sur un vélo. Quel coureur! Quel courage! De toute façon, il faut beaucoup de courage pour faire ce qu'il a fait et aujourd'hui l'assumer. Mais ça lui ressemble. Il était à part. Pour autant, il savait se dévouer pour les autres. Ce qu'il a fait avec Ronan tout de même... » En 1990, Millar a accompagné Ronan Pensec dans la montée de l'alpe d'Huez pour l'aider à préserver son Maillot Jaune. « Je n'oublierai jamais ce moment, lâche Pensec. C'était vraiment quelqu'un de parole. »
« IL FAUT BEAUCOUP DE COURAGE
POUR ASSUMER COMME IL LE FAIT »
- François Lemarchand, ancien équipier
En revanche, c'était une sacrée pince. Dans le milieu, on raconte que dès qu'il voyait une barrière ouverte sur l'autoroute, il soulevait la chaine et sortait. Il préférait faire une heure de route supplémentaire plutôt que de payer le péage... Il gardait ses vieux cuissards, ses vieux maillots et vendait les neufs que lui donnait son équipementier, « Ce n'était pas un Écossais pour rien, se marre Jack André. Quand il achetait quelque chose, vous pouviez être sûr qu'il avait fait le tour de la région pour comparer les prix. D'ailleurs, cela a eu des conséquences pour sa carrière, il préférait l'argent à La gloire. » Une allusion à certaines pratiques dans le peloton, où l'on payait des alliés de circonstance pour assurer des victoires. Ce travers lui a surtout valu des démêlés avec le fisc français. Millar éprouvait d'énormes difficultés à payer ses impôts... « On ne peut rien dire », tranche la dame du département de recouvrement du centre des impôts de Troyes, où le coureur a laissé des dettes.
Car lors qu'il ne court pas en compétition, Millar rentre à Troyes. Là, il rencontre une jeune femme, Sylvie, qu'il épouse en toute confidentialité, sans aucun membre de sa famille. Elle est la sœur de l'épouse de Jérôme Simon, lui aussi porteur du Maillot Jaune, en 2001, et frère de Pascal. Les frères Simon, que nous avons contactés mais qui préfèrent ne pas s'exprimer en raison de leurs liens familiaux, habitent encore dans des bourgs proches de Bercenay-en-Othe. Ce village de 400 âmes où Millar emménagea avec sa femme et bientôt leur fils, Edward, dans une ancienne ferme restaurée, avec une magnifique grange à colombage, à deux pas de l'église. Il fait appel au service de son vieil ami Jack André pour aller s'entraîner. Pour lui couper les cheveux aussi. « Il avait les cheveux très raides, raconte André, un jour il m'a demandé de lui faire une permanente, je lui ai dit: "Mais tu vas ressembler à une fille!" » Il habitera Bercenay-en-Othe jusqu'à son retrait des pelotons en 1995, avec des séjours plus ou moins longs à Lille et en Belgique. En effet, Millar quitte Peugeot en 1986 pour aller chez Panasonic, puis Fagor, et revenir avec Roger Legeay chez Z, avant de participer à la malencontreuse aventure de l'équipe Le Groupement. Celle-ci s'étant retirée soudainement, Millar cherche vainement une autre équipe. Il participe aux Championnats de Grande-Bretagne qu'il remporte à 37 ans. Ce sera sa dernière course. Sa situation est précaire, le fisc français se fait terriblement pressant, jusqu'à le poursuivre en justice. C'est pourquoi, à l'automne 1995, selon Richard Moore, Robert Millar laisse la France, sa femme et son fils derrière lui et s'installe en Angleterre, à Daventry, dans les Midlands. Se met au taekwondo.
LES ANNÉES PASSENT,
LE MYSTÈRE S'ÉPAISSIT
ET LES RUMEURS
COURENT LE PELOTON
Rencontre une jeune femme avec qui il aura une fille. Collabore au magazine Cycle Sport puis à Procycling. « Ses chroniques étaient géniales, raconte William Fotheringham, qui lui commandait les articles. C'est vraiment quelqu'un d'unique avec une sensibilité, une intelligence rare, et beaucoup de recul sur son sport. » Millar est nommé entraîneur national en 1997. Mais il sera démis de cette fonction par la Fédération britannique de cyclisme, une éviction dont il sera très affecté. Et puis Robert Millar va disparaître. Plus personne n'aura de nouvelles. Ni ses coéquipiers ni Jack André. Les années passent, le mystère s'épaissit et les rumeurs courent le peloton.
En 2000, un tabloid écossais, Sunday Mail, retrouve sa trace. Le journal planque devant son domi- cile plusieurs jours. Les reporters finissent par saisir des clichés de l'ancien coureur et de ses longs cheveux auburn. L'article explique que Robert Millar suit un traitement hormonal pour changer de genre. Le cycliste avait déjà suivi des traitements hormonaux naguère, mais c'était ceux du docteur Bellocq et son fameux « rééquilibrage hormonal », qui lui avait valu un contrôle positif sur la Vuelta en 1992.
Tour de France, 11 juillet 1990. Dans la montée de l'alpe d'Huez,
Millar se sacrifie pour aider Ronan Pensec à sauver son Maillot Jaune.
Le Français n'oubliera jamais.
Et puis plus rien, à l'exception d'une apparition deux ans plus tard sur une course à Manchester. Dans le milieu du cyclisme, l'information sur la transition de genre de l'ancien meilleur grimpeur du Tour circule. On l'appelle même « Roberta ». La société n'est pas alors très réceptive au sujet de la trans-identité... « Et encore moins le milieu du cyclisme, qui est très conservateur », explique William Fotheringham. Pourtant, ce milieu va profondément respecter son choix.
En 2007, le Tour part de Londres. Un autre tabloid, le Daily Mail, révèle que Millar est une femme qui se fait désormais appeler Philippa York. Philippa refuse de s'exprimer. Elle n'est pas prête. Et puis dix ans après, le 6 juillet, elle fait son coming out public. « J'ai entrepris un "voyage" au début de ce millénaire, explique-t-elle dans son post. Le résultat de ce "voyage" est que je vis depuis un temps considérable maintenant dans la peau de Philippa... Si j'ai gardé ma vie intime secrète toutes ces années, c'est parce qu'il y a quelques raisons, évidentes je crois, pour lesquelles je n'ai pas eu d'image publique depuis ma transition. C'est agréable cependant de voir que les temps ont changé... »
« J'ai entrepris un "voyage" au début
de ce millénaire. Je vis depuis un temps considérable
maintenant dans la peau de Philippa »>,
explique-t-elle sur le site Cyclingnews.
La caravane du Tour de France n'est pas surprise par la nouvelle et l'accueille avec une authentique bienveillance. Son lointain successeur, porteur du maillot à pois, Warren Barguil, explique: « Il a choisi son style de vie, c'est sa liberté, il n'y a pas de débat. » Ses anciens amis sont soulagés pour lui. Conscient de la souf- france qui a jalonné son parcours. « C'est tellement bien qu'il puisse enfin être aujourd'hui qui il veut, lâche son vieux copain Stephen Roche, qui a connu l'appartement de la rue de Sèvres, à Boulogne. À nouveau, il a fait preuve de courage. Comme lorsqu'il était coureur. » « C'est sa vie, lance Pensec, peu m'im- porte. En revanche, j'aimerais tant le revoir. Je n'en ai rien à faire qu'il ait changé de genre, ce qui reste pour moi, ce sont les moments forts que l'on a vécus ensemble. » Au fond, Millar leur a manqué. Il n'a laissé personne indifférent. Alors homme ou femme, il est temps qu'elle revienne.
Là-bas, dans le pavillon d'Isle-Aumont où Jack André suit avec assiduité le Tour de France, son affection pour Robert/Philippa est intacte. « Je ne l'ai pas vu depuis vingt-cinq ans. Qu'il ait aujourd'hui des seins, cela ne change rien pour moi, il reste pour toujours mon copain, ou ma copine. Peu importe. » « À la suite de mon interview avec elle dans le Guardian, raconte William Fotheringham, je n'ai reçu que des témoignages positifs à l'égard de Philippa. » L'époque a changé. Dans son message sur le site Cyclingnews, où elle chroniquait naguère sous le nom de Robert Millar, Philippa York l'explique: « Heureusement, les questions de genre ne sont plus un sujet d'ignorance et d'intolérance, il y a beaucoup plus d'acceptation et de compréhension. » En bas de ce texte, Mickael, un amateur de vélo, a laissé ce message: « A hero for me in the 80's, now a heroine in 2017.»
jccollin@lequipe.fr
In Search of Robert Millar: Unravelling the Mystery Surrounding Britain's Most Successful Tour de France Cyclist, Richard Moore, 2008.
***
RENÉE, CHRIS, CAITLYN ET LES AUTRES
L'an dernier, le triathlète américain Chris Mosier (37 ans) a eu les honneurs d'une publicité pour Nike. « le courage sans limites », un clip louait la pugnacité de cet athlète transgenre, le premier à intégrer une équipe nationale des États-Unis, en duathlon. Un combat qui rappelle celui d'une pionnière : Renée Richards (82 ans). Née Richard Raskind en 1934, Richards servit comme officier de I'US Navy et devint ophtalmologiste. Après une opération de réassignation sexuelle, Richards entama une carrière de joueuse de tennis pro en 1976. Interdite d'US Open à cause de sa transidentité, elle porta l'affaire en justice. La Cour suprême de New York lui donna raison en 1977. Elle accéda au rang de 20° joueuse mondiale en février 1979, puis entraîna Martina Navratilova durant deux saisons. Ses deux biographies ont inspiré des adaptations à l'écran.
Une reconnaissance semblable à celle de Caitlyn Jenner (ci-contre), 67 ans, devenue animatrice de télévision. Quatre fois grand-mère, Caitlyn est née Bruce Jenner, qui fut médaillé d'or du décathlon aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.
Plus récemment, Fallon Fox (41 ans) est devenue la première combattante ouvertement trans en MMA. « densité osseuse et musculaire » supérieure ne cesse d'alimenter la polémique dans le microcosme du mixed martial arts...
K. B.-I.
VANITY FAIR
"Call me Caitlyn"
REZ BISSINGER ANNIE LEIBOVEZ
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ROBERT MILLAR - C'era una volta una donna
Miglior scalatore al Tour 1984, primo ciclista transgender di fama, la britannica ha appena ufficializzato il suo nuovo nome: Philippa York. Un altro capitolo in una vita piena di mistero.Nel 1984, lo scozzese concluse il Tour al 4° posto
e con la maglia del miglior scalatore.
Nel 2003, scomparve. Nessuna notizia né immagine per quattordici anni,
fino al suo coming out avvenuto
DI JEAN-CHRISTOPHE COLLIN
L'Équipe magazine n. 23 - 22/07/2017
Si è presentata un po’ tesa davanti la telecamera. Philippa York si è poi lanciata nei commenti della tappa Pau-Peyragudes sui Pirenei, quelle montagne del Cretaceo inferiore che l’avevano resa celebre. Sotto le sembianze di Philippa, gli appassionati di ciclismo, numerosi a quell’ora su ITV 4, hanno riconosciuto Robert Millar, vincitore di tre tappe del Tour de France nel 1983, 1984 e 1989. «Ho contattato Philippa la scorsa primavera», racconta Ned Boulting, il commentatore del Tour per l’emittente britannica, «e le ho proposto di intervenire nelle nostre trasmissioni. Ogni giorno abbiamo un ospite in studio a Londra che interviene durante la tappa». Boulting è una delle pochissime persone ad avere il contatto di Philippa York. «Pippa ci ha pensato per una quindicina di giorni prima di darmi una risposta.» Sono pochi, quindici giorni. Era da così tanto tempo che il mondo del ciclismo aspettava un segno dal detentore della maglia a pois del Tour del 1984. Nessuno aveva più visto Robert Millar dal 2003. Niente. Né una parola, né un’immagine.
Robert Millar si era infatti ritirato dal mondo. Inevitabilmente, con il passare degli anni, il mistero si era infittito. Richard Moore, giornalista britannico, ha scritto un eccellente libro su questa scomparsa, In Search of Robert Millar ("Alla ricerca di Robert Millar"). Un enorme successo editoriale in Gran Bretagna, con oltre 50.000 copie vendute. Il «grimpeur» britannico era un idolo immenso al di là della Manica. «Robert ha ottenuto i suoi successi proprio nel momento in cui ITV ha iniziato a trasmettere in diretta le tappe del Tour, cosa che ha segnato profondamente molti britannici», spiega William Fotheringham. «E in Scozia, all’epoca, non avevamo grandi campioni», prosegue Richard Moore.
L'Équipe magazine n. 23 - 22/07/2017
Si è presentata un po’ tesa davanti la telecamera. Philippa York si è poi lanciata nei commenti della tappa Pau-Peyragudes sui Pirenei, quelle montagne del Cretaceo inferiore che l’avevano resa celebre. Sotto le sembianze di Philippa, gli appassionati di ciclismo, numerosi a quell’ora su ITV 4, hanno riconosciuto Robert Millar, vincitore di tre tappe del Tour de France nel 1983, 1984 e 1989. «Ho contattato Philippa la scorsa primavera», racconta Ned Boulting, il commentatore del Tour per l’emittente britannica, «e le ho proposto di intervenire nelle nostre trasmissioni. Ogni giorno abbiamo un ospite in studio a Londra che interviene durante la tappa». Boulting è una delle pochissime persone ad avere il contatto di Philippa York. «Pippa ci ha pensato per una quindicina di giorni prima di darmi una risposta.» Sono pochi, quindici giorni. Era da così tanto tempo che il mondo del ciclismo aspettava un segno dal detentore della maglia a pois del Tour del 1984. Nessuno aveva più visto Robert Millar dal 2003. Niente. Né una parola, né un’immagine.
Robert Millar si era infatti ritirato dal mondo. Inevitabilmente, con il passare degli anni, il mistero si era infittito. Richard Moore, giornalista britannico, ha scritto un eccellente libro su questa scomparsa, In Search of Robert Millar ("Alla ricerca di Robert Millar"). Un enorme successo editoriale in Gran Bretagna, con oltre 50.000 copie vendute. Il «grimpeur» britannico era un idolo immenso al di là della Manica. «Robert ha ottenuto i suoi successi proprio nel momento in cui ITV ha iniziato a trasmettere in diretta le tappe del Tour, cosa che ha segnato profondamente molti britannici», spiega William Fotheringham. «E in Scozia, all’epoca, non avevamo grandi campioni», prosegue Richard Moore.
Fino a quel giovedì 6 luglio, quando è apparsa quella foto che illustrava un’intervista esclusiva del Guardian realizzata dal giornalista inglese William Fotheringham, nonché un articolo sul sito specializzato Cyclingnews. Robert Millar ha ufficialmente fatto coming out come donna trans e ha rivelato la sua nuova identità: Philippa York. Quattordici anni di silenzio. E molto di più ancora per i suoi amici francesi.
Colui che allora si chiamava Robert Millar è infatti un scozzese DOC, nato il 13 settembre 1958 alle 6:15, l’ora del lattaio, a Gorbals, un sobborgo di Glasgow, in una famiglia della classe media. Con la quale avrebbe tagliato i ponti non appena ne avesse avuto la possibilità. Robert ha preso le distanze dalle persone fin da piccolo. La sua famiglia si trasferì nel 1967 a Pollok, un altro grigiastro sobborgo di Glasgow. Quella città, quel Paese dove, dirà lui, «piove tutti i giorni, ma non di notte».
L’ambiente in cui Robert Millar cresce è un mondo duro. Si va in fabbrica, si beve birra al pub del quartiere e si tifa o per i Celtic o per i Rangers, a seconda della propria fede (religiosa, ndr). Lui va in campagna con gli amici, seguendo la propria, di fede. Robert è protestante, ma solo di nome. E se si reca all’Hampden Park, lo stadio nazionale di calcio, è per raggiungere un club ciclistico situato appena dietro. Sin da subito è un po’ a parte. Durante le uscite in bicicletta con il club, la sera, quando il gruppo si ritrova attorno a un falò nella brughiera, lui va ad accenderne un altro, più lontano. Da solo. Come molti giovani della sua età in quella parte del mondo, entra a lavorare in fabbrica. Per la maggior parte di loro, è un lavoro per tutta la vita. Robert Millar però vuole con tutto se stesso sfuggire a quell’inesorabile orizzonte fatto di fredde mattine nebbiose e serate di birra tiepida. La bicicletta è la chiave per un altrove di cui sente il bisogno. Metterà quindi in campo tutta l’energia di cui dispone – ed è immensa – per andare in bicicletta. Richard Moore racconta che in fabbrica Millar si chiudeva nei bagni per recuperare dagli allenamenti del mattino o della sera prima. Nasce così la sua ossessiva ricerca del dettaglio. Quando arriva in una città per disputare una gara, la sera ruba dei posacenere dai bar per metterli sotto i piedi del letto e tenere così le gambe sollevate. Un ex corridore gli aveva rivelato che faceva bene al recupero. Questo rigore diventa così un principio di vita orientato alla volontà di avere successo, ovvero di vivere di ciclismo.
Ci siamo recati al Tour de France, alla tappa di Pau, per parlare con i «tifosi» del nome di Robert Millar. Riemergeva sistematicamente quell’esigenza giansenista (*). «Era una persona del tutto dedita alla causa», sottolinea il mitico direttore sportivo delle squadre Peugeot e Z, Roger Legeay. «Forse era un modo per sfuggire a se stesso». Già per sfuggire al suo destino di glasgowiano e al cielo basso. È con questa forza d’animo che, a 19 anni, è diventato il più giovane campione nazionale britannico. Il giorno prima di quell’impresa, Moore racconta che uno dei suoi amici ne aveva incontrato i genitori e detto loro che il loro figlio avrebbe partecipato a quella gara. Robert non andrà al funerale della madre, né al matrimonio della sorella. Non odia la sua famiglia, ma ritiene di dover tracciare la propria strada e che questa sia l’unica cosa che conti. È così che nel gennaio 1979 lascia la periferia di Glasgow per (quella di, ndr) Parigi. Più precisamente in rue de Sèvres, a Boulogne-Billancourt, dove l’ACBB ospita i propri corridori, tra cui alcuni britannici in erba.
Millar e i suoi sono come quei keniani che oggi vengono a correre le maratone in Europa. Sanno che devono vincere o andarsene. I corridori francesi non sono certo accoglienti. Ma cos’è quel disprezzo quando si nasconde dentro di sé un mistero così intenso? «Ho capito di essere diversa quando avevo cinque anni», ha rivelato Philippa York al Guardian... La vita quotidiana si rivela pesante, ma Millar persegue il suo obiettivo, a tutti i costi. Condivide la sua stanzetta di Boulogne con John Parker, proveniente da Southport, a nord di Liverpool. Per migliorare il francese, i due ragazzi decidono di non parlarsi in inglese dalle 9 alle 17. Il risultato è che non si rivolgono la parola per tutto il giorno. Sempre per questa ricerca dell’assoluto, da parte di Millar. Parker, dal canto suo, ha talento ma non quel folle bisogno di avere successo. Qualche tempo dopo, riprenderà la nave per Dover. E aprirà un negozio di biciclette a casa sua, nel Lancashire.
«HO CAPITO DI ESSERE DIVERSA
QUANDO AVEVO CINQUE ANNI»
- Philippa York
Parker ha comunque realizzato il suo sogno di partecipare al Tour de France, nel 1986. Non in sella a una bicicletta, come aveva immaginato un tempo, ma con una borsa termica e senza rancore. È già qualcosa. Ha scelto la tappa della salita dell’Alpe d’Huez. Ha piantato la sua tenda in uno dei 21 tornanti che conducono alla vetta e ha atteso l’arrivo di quel gruppo al quale un giorno aveva immaginato di (poter, ndr) appartenere. Quel giorno Millar subisce una crisi enorme, viene staccato dai leader e fatica a rimontare. È allora che un inglese in pantaloncini spunta da un terrapieno, si avvicina alla strada e sprona il proprio connazionale, ormai allo stremo. «Come on bastard!», gli urla. Lo scalatore scozzese non sente più nulla né nessuno. Non riconoscerà il suo ex compagno di sfinimenti. Parker lo ha guardato scomparire nel tornante successiva. Poi, se n'è tornato nel Lancashire.
A differenza del suo coinquilino di Boulogne, Robert Millar non si arrenderà e riuscirà a entrare nella squadra Peugeot durante il suo primo anno in Francia, raccomandato da un allenatore di Troyes, Jack André. Una figura di spicco del ciclismo, e che ha partecipato al suo primo mondiale dilettanti a 19 anni, ha vinto più di 200 gare, ma non è mai passato professionista. Alcuni suoi conoscenti, tra cui suo fratello e Joseph Joffo, autore di Un sac de billes, gli propongono di entrare nel mondo dei parrucchieri. Ottiene il CAP in sei mesi e, un anno dopo, Jack André apre a Troyes il proprio salone che gestirà per trentacinque anni. Ma la sua passione rimane la bicicletta e diventa direttore sportivo dell’UVCAT, il grande club ciclistico di Troyes, nel quale ha allenato numerosi campioni, in particolare i fratelli Simon. Prima Pascal, «un talento raro» che gli segnalerà Millar. Ecco come lo scozzese lasciò Boulogne per trasferirsi nell’Aube. «Abbiamo iniziato a ingaggiare corridori britannici», racconta il veterano, «perché quei ragazzi avevano una gran voglia di farcela e non costavano molto».
- Philippa York
Parker ha comunque realizzato il suo sogno di partecipare al Tour de France, nel 1986. Non in sella a una bicicletta, come aveva immaginato un tempo, ma con una borsa termica e senza rancore. È già qualcosa. Ha scelto la tappa della salita dell’Alpe d’Huez. Ha piantato la sua tenda in uno dei 21 tornanti che conducono alla vetta e ha atteso l’arrivo di quel gruppo al quale un giorno aveva immaginato di (poter, ndr) appartenere. Quel giorno Millar subisce una crisi enorme, viene staccato dai leader e fatica a rimontare. È allora che un inglese in pantaloncini spunta da un terrapieno, si avvicina alla strada e sprona il proprio connazionale, ormai allo stremo. «Come on bastard!», gli urla. Lo scalatore scozzese non sente più nulla né nessuno. Non riconoscerà il suo ex compagno di sfinimenti. Parker lo ha guardato scomparire nel tornante successiva. Poi, se n'è tornato nel Lancashire.
A differenza del suo coinquilino di Boulogne, Robert Millar non si arrenderà e riuscirà a entrare nella squadra Peugeot durante il suo primo anno in Francia, raccomandato da un allenatore di Troyes, Jack André. Una figura di spicco del ciclismo, e che ha partecipato al suo primo mondiale dilettanti a 19 anni, ha vinto più di 200 gare, ma non è mai passato professionista. Alcuni suoi conoscenti, tra cui suo fratello e Joseph Joffo, autore di Un sac de billes, gli propongono di entrare nel mondo dei parrucchieri. Ottiene il CAP in sei mesi e, un anno dopo, Jack André apre a Troyes il proprio salone che gestirà per trentacinque anni. Ma la sua passione rimane la bicicletta e diventa direttore sportivo dell’UVCAT, il grande club ciclistico di Troyes, nel quale ha allenato numerosi campioni, in particolare i fratelli Simon. Prima Pascal, «un talento raro» che gli segnalerà Millar. Ecco come lo scozzese lasciò Boulogne per trasferirsi nell’Aube. «Abbiamo iniziato a ingaggiare corridori britannici», racconta il veterano, «perché quei ragazzi avevano una gran voglia di farcela e non costavano molto».
Nel 1979, Millar lascia Glasgow per la Francia.
Dopo aver fatto tappa all’ACBB di Boulogne,
arriva a Troyes, qui nell’aprile 1981
al fianco del britannico Pierce Hewitt.
Jack André ospita Millar in una fattoria a Culoison, insieme con altri due corridori britannici. E lo traina dietro la propria Vespa sulle strade collinari della Champagne. Oggi, «coach Jack» ha 79 anni. Il suo entusiasmo per il ciclismo non è mai venuto meno. Continua a insegnare il mestiere ai giovani corridori. Ma ammette che Millar è stato un personaggio unico. «È il tipo più straordinario che abbia mai incontrato in vita mia, sono nel mondo del ciclismo da sessantacinque anni e ho combattuto nella guerra d’Algeria!».
Alla Peugeot, però, il direttore sportivo Maurice de Muer non è dello stesso avviso e non apprezza granché lo scozzese. Millar però vince il Gran Premio di Grasse, poi la Parigi-Évreux e la Palme d’Or, che premia il miglior dilettante. Firma quindi un contratto da professionista con la Peugeot alla fine del 1979 per 4.250 franchi il mese. L’apprendistato è duro: il mondo dei professionisti è tutta un’altra cosa. Bisogna guadagnarsi il proprio posto sia in sella sia fuori. Millar divide la stanza con Roger Legeay. «Lo avevano messo nella mia squadra perché parlavo inglese. Era inflessibile in allenamento, faceva un allenamento specifico con i pesi, era l’unico. Si metteva dei pesi da un chilo alle caviglie e andava a pedalare con quelli. Non ho mai visto nessuno farlo. Era molto severo con se stesso. E di conseguenza anche con gli altri».
Millar si fa notare durante il famoso mondiale di Sallanches, nel 1980. È uno dei pochi a riuscire a tenere il passo di Bernard Hinault nel finale, insieme con l’azzurro Gianbattista Baronchelli. Il gruppo impara a conoscere il nome di quel giovane scozzese che scala i passi di montagna con la stessa rapidità con cui i suoi connazionali bevono le pinte. Maurice de Muer però continuava a non permettergli di partecipare al Tour de France. La situazione cambiò con l’arrivo di Roland Berland alla guida della squadra, del quale Roger Legeay sarebbe diventato il vice. Trentaquattro anni dopo, Legeay spiega perché non esitarono a lanciare Millar al Tour de France. «Era un individualista, ma non egoista. Lavorava per il gruppo senza lamentarsi. Si poteva contare su di lui».
«MILLAR ERA INTRANSIGENTE,
MOLTO SEVERO CON SE STESSO»
- Roger Legeay, suo ex compagno di stanza
Alla sua prima partecipazione al Tour, l’11 luglio 1983, vinse la decima tappa, da Pau a Bagnères-de-Luchon. Un classico tappone pirenaico, con quattro passi leggendari: l’Aubisque, il Tourmalet, l’Aspin e, per finire, il Peyresourde. Quel giorno, Millar entra nella storia del ciclismo britannico e il suo compagno di squadra e amico, Pascal Simon, conquista la maglia gialla. Purtroppo, il giorno dopo, Simon cade e, con il cuore spezzato, sarà costretto a ritirarsi pochi giorni più tardi. L’anno successivo, Millar vince nuovamente una tappa sui Pirenei e conclude il Tour al 4° posto con sulle spalle la maglia a pois.
Il 1985 avrebbe dovuto essere l’anno della sua consacrazione. Ma il ciclismo ha le sue consuetudini e le sue leggi. È proprio in quella stagione che Ronan Pensec passa professionista nella Peugeot. «Robert era il mio modello», racconta il bretone. «Avevo e ho tuttora un enorme rispetto per lui. Avevamo la stessa corporatura. Ne assorbivo ogni consiglio. Era un precursore in tutto. Sui metodi di allenamento, sull’alimentazione. Stava attento a ciò che mangiava, era vegetariano. Un grande professionista in un’epoca in cui si andava avanti alla buona. Lui era un po’ fuori degli schemi, un po’ anticonformista. Ma ero davvero molto orgoglioso di correre per lui. Purtroppo, ci hanno fregati...».
Nel giugno 1990, Millar vince il Delfinato.
Capelli lunghi al vento, orecchino...
il suo aspetto spicca nel gruppo.
Ronan Pensec ricorda la Vuelta del 1985. Millar domina la corsa, indossa la maglia (allora, ndr) amarillo a due giorni dall’arrivo e con oltre quattro minuti di vantaggio. La partita sembra chiusa. Manca solo una tappa di montagna e, dato che è lui il miglior scalatore del momento... Ma ecco che le squadre spagnole si coalizzano per impedire allo scozzese di vincere. Il meteo è pessimo quel giorno. Tutto va contro Millar, tranne Pensec e Simon. Approfittando di una foratura dello scozzese, Pedro Delgado attacca. «Lo stavamo inseguendo», racconta Pensec, «siamo arrivati a un passaggio a livello, la sbarra era chiusa per noi e non è passato alcun treno... » Delgado vince la tappa con oltre sei minuti di vantaggio e, con essa, la Vuelta a España; Millar è distrutto, ma non lo dà a vedere. «I ragazzi di Gorbals non piangono», scrive un giornale inglese. Decisamente, nella vita nulla gli sarà regalato.
A sinistra nel 1992 con tutte le sue maglie, a casa sua
a Troyes, dove ha conosciuto la madre del loro figlio.
Nel 1995, il corridore lascia tutto per trasferirsi in Inghilterra.
Ma ormai Millar è una figura di spicco nel gruppo. Una figura davvero particolare. Con l'orecchino, i capelli raccolti sulla nuca. Un aspetto fuori del comune. François Lemarchand è oggi responsabile della sicurezza al Tour de France. È stato per cinque anni gregario di Millar: «Era davvero un personaggio atipico. Non molto affabile, duro con se stesso e con gli altri. Quante volte ci ha fatto fare brutta figura con i camerieri perché non tutto era perfetto. Poteva essere molto sgradevole durante il giorno e poi, la sera, all’improvviso, lasciarsi andare. D’altra parte, non gli ho mai visto alcun segno di femminilità, mi avrebbe dato uno schiaffo se gli avessi dato un bacio sulla guancia. Forse ha dovuto lottare molto per tenere a freno tutto questo dentro di sé. Ne conservo un ottimo ricordo. E poi che classe, in sella alla bici. Che corridore! Che coraggio! In ogni caso, ci vuole molto coraggio per fare ciò che ha fatto e oggi assumersene la responsabilità. Ma è proprio da lui. Era un tipo a parte. Eppure, sapeva dedicarsi agli altri. Quello che ha fatto con Ronan, dopotutto... » Nel 1990, Millar ha affiancato Ronan Pensec nella salita dell’Alpe d’Huez per aiutarlo a conservare la maglia gialla. «Non dimenticherò mai quel momento », confida Pensec. « Era davvero una persona di parola».
«CI VUOLE MOLTO CORAGGIO PER ASSUMERSI
LE PROPRIE RESPONSABILITÀ COME FA LUI»
- François Lemarchand, suo ex compagno di squadra
D’altra parte, era un vero tirchio. Nell'ambiente si racconta che non appena vedeva una barriera aperta sull’autostrada, sollevava la catena e usciva (dal casello). Preferiva fare un’ora di strada in più piuttosto che pagare il pedaggio... Teneva i suoi vecchi pantaloncini da ciclista, le sue vecchie maglie e vendeva quelle nuove che il suo sponsor tecnico gli regalava: «Non per niente è scozzese», ride Jack André. «Quando comprava qualcosa, potevi stare certo che aveva fatto il giro della regione per confrontare i prezzi. Del resto, questo ha avuto conseguenze sulla sua carriera: preferiva i soldi alla gloria». Un’allusione ad alcune pratiche nel gruppo, nel quale si pagavano alleati di circostanza per assicurarsi le vittorie. Questo suo difetto gli è costato soprattutto dei guai con il fisco francese. Millar aveva enormi difficoltà a pagare le tasse... «Non possiamo dire nulla», afferma la signora dell’ufficio riscossioni del centro delle imposte di Troyes, dove il corridore ha lasciato dei debiti.
- François Lemarchand, suo ex compagno di squadra
D’altra parte, era un vero tirchio. Nell'ambiente si racconta che non appena vedeva una barriera aperta sull’autostrada, sollevava la catena e usciva (dal casello). Preferiva fare un’ora di strada in più piuttosto che pagare il pedaggio... Teneva i suoi vecchi pantaloncini da ciclista, le sue vecchie maglie e vendeva quelle nuove che il suo sponsor tecnico gli regalava: «Non per niente è scozzese», ride Jack André. «Quando comprava qualcosa, potevi stare certo che aveva fatto il giro della regione per confrontare i prezzi. Del resto, questo ha avuto conseguenze sulla sua carriera: preferiva i soldi alla gloria». Un’allusione ad alcune pratiche nel gruppo, nel quale si pagavano alleati di circostanza per assicurarsi le vittorie. Questo suo difetto gli è costato soprattutto dei guai con il fisco francese. Millar aveva enormi difficoltà a pagare le tasse... «Non possiamo dire nulla», afferma la signora dell’ufficio riscossioni del centro delle imposte di Troyes, dove il corridore ha lasciato dei debiti.
Infatti, quando non è impegnato nelle gare, Millar torna a Troyes. Là incontra una giovane donna, Sylvie (Transler, ndr), che sposa in gran segreto, senza la presenza di alcun membro della famiglia. Lei è la sorella della moglie di Jérôme Simon, anch’egli maglia gialla nel 2001, e fratello di Pascal. I fratelli Simon, che abbiamo contattato ma che preferiscono non esprimersi a causa dei loro legami familiari, vivono ancora in villaggi vicini a Bercenay-en-Othe. Questo paesino di 400 anime dove Millar si trasferì con la moglie e, ben presto, con il loro figlio Edward, in un’antica fattoria ristrutturata, con un magnifico fienile a graticcio, a due passi dalla chiesa. Si rivolge al suo vecchio amico Jack André per andare ad allenarsi. E anche per farsi tagliare i capelli. «Aveva i capelli molto lisci», racconta André, «un giorno mi ha chiesto di fargli una permanente, e io gli ho detto: “Ma sembrerai una ragazza!”». Vivrà a Bercenay-en-Othe fino al suo ritiro dai circuiti nel 1995, con soggiorni più o meno lunghi a Lille e in Belgio. Millar lascia infatti la Peugeot nel 1986 per passare alla Panasonic, poi alla Fagor, per poi tornare con Roger Legeay alla Z, prima di partecipare alla sfortunata avventura della squadra Le Groupement. Dopo il ritiro improvviso di quest’ultima, Millar cerca invano un’altra squadra. Partecipa ai Campionati nazionali britannici, che vince all’età di 37 anni. Sarà la sua ultima gara. La sua situazione è precaria, il fisco francese si fa terribilmente pressante, al punto da citarlo in giudizio. Ecco perché, nell’autunno del 1995, secondo Richard Moore, Robert Millar lascia la Francia, sua moglie e suo figlio e si trasferisce in Inghilterra, a Daventry, nelle Midlands. Si dedica al taekwondo.
GLI ANNI PASSANO,
IL MISTERO SI INFITTISCE.
E LE VOCI CORRONO, NEL GRUPPO
Incontra una giovane donna dalla quale avrà una figlia. Collabora con la rivista Cycle Sport e poi con Procycling. «I suoi articoli erano fantastici», racconta William Fotheringham, che gli commissionava i pezzi. «È davvero una persona unica, dotata di una sensibilità e di un’intelligenza rare, oltre che di una grande visione d’insieme sul suo sport». Millar viene nominato Ct della nazionale nel 1997. Ma verrà destituito da questa carica dalla Federazione britannica di ciclismo, un licenziamento che lo colpirà profondamente. E poi Robert Millar scomparirà. Nessuno avrà più sue notizie. Né i suoi (ex, ndr) compagni di squadra né Jack André. Gli anni passano, il mistero si infittisce, e nel gruppo le voci circolano.
Nel 2000, un tabloid scozzese, il Sunday Mail, riesce a rintracciarlo. Il giornale lo tiene d’occhio davanti la sua abitazione per diversi giorni. I reporter riescono infine a scattare alcune foto dell’ex corridore con i suoi lunghi capelli ramati. L’articolo spiega che Robert Millar sta seguendo una terapia ormonale per cambiare sesso. Il ciclista aveva già seguito terapie ormonali in passato, ma si trattava di quelle del dottor (François) Bellocq e del suo famigerato «riequilibrio ormonale» (**), che gli erano costati una positività ai controlli durante la Vuelta del 1992.
Tour de France, 11 luglio 1990. Nella salita dell’Alpe d’Huez,
Millar si sacrifica per aiutare Ronan Pensec a difendere la maglia gialla.
Il francese non lo dimenticherà mai.
E poi più nulla, ad eccezione di un’apparizione due anni dopo in una gara a Manchester. Nel mondo del ciclismo circola la notizia della transizione di genere dell’ex miglior scalatore del Tour. Viene persino chiamata «Roberta». All’epoca la società non è molto ricettiva riguardo alla trans-identità… «E ancor meno il mondo del ciclismo, che è molto conservatore», spiega William Fotheringham. Eppure, quello stesso ambiente ne rispetterà profondamente la scelta.
Nel 2007, il Tour parte da Londra. Un altro tabloid, il Daily Mail, rivela che Millar è una donna che ora si fa chiamare Philippa York. Philippa rifiuta di esprimersi. Non è pronta. E poi, dieci anni dopo, il 6 luglio, fa il suo coming out pubblico. «Ho intrapreso un “viaggio” all’inizio di questo millennio», spiega nel suo post. «Il risultato di questo “viaggio” è che ormai da molto tempo vivo nei panni di Philippa... Se in tutti questi anni ho tenuto segreta la mia vita privata, è perché ci sono alcune ragioni, credo evidenti, per cui non ho avuto un’immagine pubblica dalla mia transizione. È piacevole, tuttavia, vedere che i tempi sono cambiati...».
«Ho intrapreso un “viaggio” all’inizio di questo millennio.
Ormai da molto tempo vivo nei panni di Philippa»,
spiega sul sito Cyclingnews.
La carovana del Tour de France non è sorpresa dalla notizia e la accoglie con sincera benevolenza. Il suo lontano successore, detentore della maglia a pois, Warren Barguil, spiega: «Ha scelto il suo stile di vita, è una sua libertà, non c’è nulla da discutere». I suoi vecchi amici sono sollevati per lui, consapevoli delle sofferenze che hanno costellato il suo percorso. «È davvero bello che oggi possa finalmente essere chi vuole», afferma il suo vecchio amico Stephen Roche, che frequentava l’appartamento in rue de Sèvres, a Boulogne. «Ancora una volta ha dato prova di coraggio. Proprio come quando era un corridore». «È la sua vita», dice Pensec, «a me non importa. Però mi piacerebbe tanto rivederlo. Non mi interessa che abbia cambiato genere, ciò che conta per me sono i momenti intensi che abbiamo vissuto insieme». In fondo, Millar è mancato a tutti. Non ha lasciato indifferente nessuno. Che sia uomo o donna, è ora che torni.
Laggiù, nel padiglione di Isle-Aumont dove Jack André segue con assiduità il Tour de France, il suo affetto per Robert/Philippa è intatto. «Non lo vedo da venticinque anni. Che oggi abbia il seno, per me non cambia niente: rimane per sempre il mio amico, o la mia amica. Non importa». «Dopo la mia intervista con lei sul Guardian», racconta William Fotheringham, «ho ricevuto solo commenti positivi su Philippa». I tempi sono cambiati. Nel suo post sul sito Cyclingnews, nel quale un tempo scriveva con lo pseudonimo di Robert Millar, Philippa York spiega: «Fortunatamente, le questioni di genere non sono più oggetto di ignoranza e intolleranza; c’è molta più accettazione e comprensione». In fondo a questo testo, Mickael, un appassionato di ciclismo, ha lasciato questo messaggio: «Un eroe per me negli anni ’80, ora un’eroina nel 2017».
jccollin@lequipe.fr
In Search of Robert Millar: Unravelling the Mystery Surrounding Britain's Most Successful Tour de France Cyclist», Richard Moore, 2008.
***
RENÉE, CHRIS, CAITLYN E GLI ALTRI
L’anno scorso, il triatleta americano Chris Mosier (37 anni) è stato protagonista di uno spot pubblicitario per Nike. Con il titolo «Il coraggio senza limiti», un video elogiava la tenacia di questo atleta transgender, il primo a entrare a far parte della nazionale statunitense di duathlon. Una battaglia che ricorda quella di una pioniera: Renée Richards (82 anni). Nata Richard Raskind nel 1934, Richards prestò servizio come ufficiale della Marina degli Stati Uniti e divenne oftalmologa. Dopo un intervento di riassegnazione di genere, Richards intraprese la carriera di tennista professionista nel 1976. Esclusa dagli US Open a causa della sua identità trans, portò il caso in tribunale. La Corte Suprema di New York le diede ragione nel 1977. Raggiunse il 20° posto nella classifica mondiale nel febbraio 1979, poi allenò Martina Navratilova per due stagioni. Le sue due biografie hanno ispirato alcuni adattamenti cinematografici.
Un riconoscimento simile a quello di Caitlyn Jenner (nella foto), 67 anni, diventata conduttrice televisiva. Quattro volte nonna, Caitlyn è nata come Bruce Jenner, medaglia d’oro nel decathlon alle Olimpiadi di Montréal del 1976.
Più recentemente, Fallon Fox (41 anni) è diventata la prima combattente apertamente trans nelle MMA. Ha all’attivo 6 incontri (5 vittorie, 1 sconfitta) nella gabbia, ma la sua «densità ossea e muscolare» superiore continua ad alimentare polemiche nel microcosmo delle arti marziali miste...
K. B.-I.
VANITY FAIR
“Call me Caitlyn”
REZ BISSINGER ANNIE LEIBOVEZ
(*) Giansenista: movimento religioso e teologico nato nel XVII secolo dal teologo neerlandese Cornelis Jansen. Può indicare sia un sostenitore di questa dottrina all'interno della Chiesa cattolica, sia l'aggettivo per descrivere un comportamento molto rigido e severo in campo morale.
(**) Il metodo Bellocq, filosofia medica molto discussa, definita terapia di "Riequilibrio ormonale".
La teoria: sosteneva che lo sport professionistico logorasse il corpo oltre i limiti naturali.
L'obiettivo: la medicina doveva "reintegrare" ciò che lo sforzo estremo distruggeva, invece di far attingere l'atleta alle proprie riserve vitali.
Le sostanze: l'approccio prevedeva prescrizioni massicce di ormoni (come i corticosteroidi), vitamine e altre sostanze per favorire il recupero.
Le sostanze: l'approccio prevedeva prescrizioni massicce di ormoni (come i corticosteroidi), vitamine e altre sostanze per favorire il recupero.



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