Maxi Mas
Enric Mas, dont ce n’est pourtant pas la spécialité,
a réussi son meilleur chrono, hier.
La victoire finale à Grenade dimanche lui tend les bras.
Le Majorquin a réussi le chrono de sa vie, hier, et a largement contenu la menace Primoz Roglic, à 1’37’’ au général désormais. Aujourd’hui et demain, il n’a plus qu’à défendre son maillot rouge en montagne, où il domine depuis le début.
«Si je suis bien, si j’ai de bonnes jambes,
c’est clair qu’on pourra essayer de gagner une étape»
- ENRIC MAS, HIER
11 Sep 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
XÉRÈS (ESP) – C’est le regard noir, droit devant, qu’Enric Mas a rebroussé chemin pour rejoindre le podium protocolaire. Le garçon est en mission et il l’a répété en anglais, en espagnol et en catalan : « On doit être très concentrés. » Le leader de la Vuelta venait pourtant de réussir le chrono de sa vie (12e), une expression qui est sortie de toutes les bouches des consultants espagnols, mais le Maillot Rouge a avoué qu’il avait « plus ou moins ce temps perdu en tête ». Soit 33 secondes face à Primoz Roglic, à peine une au kilomètre. Et ce n’est pas le champion olympique 2021 de l’exercice, 4e à 18 secondes du vainqueur Stefan Küng (lire cidessous) qui a été en dedans. « On est même très heureux de sa performance, il a été parfait, n’a commis aucune erreur et on doit encore analyser ses données, mais je suis sûr que tout est bien, insistait Sven Vanthourenhout, l’un de ses directeurs sportifs. La conclusion est que Mas est en très bonne forme, comme on l’avait déjà vu, et qu’il a très bien géré la pression, donc bravo à lui. »
Le Majorquin (31 ans), leader depuis l’abandon de Tadej Pogačar (8e étape), avance, inébranlable sur le vélo comme en dehors. Ce contre-la-montre était annoncé depuis longtemps comme le jour le plus risqué pour lui et il l’a vécu dans le plus grand calme: reconnaissance le matin, petit repos dans la chambre d’hôtel que l’équipe lui avait réservée au départ du Puerto de Santa Maria, puis un départ en dernier des arènes locales sous les vivats d’un public qui grossit de jour en jour. « L’unique tension que je sentais, c’était quand vous me posiez des questions ( sur le chrono), a-t-il répondu aux journalistes. Dans l’équipe, il n’y avait aucun stress, on voulait faire du mieux possible, et voilà. On a changé des petites choses dans ma préparation du contre-la-montre et il semble que nous sommes sur la bonne voie. Mais je ne vais pas devenir un chronoman pour autant ( sourire). »
L’une des rares fois où le grimpeur a affiché ses dents sorties d’une pub pour dentifrice. Mas a même répondu que non, il n’était pas encore l’heure de sourire. « Peut-être que je pourrai à Grenade (où s’achève la Vuelta dimanche) mais là, je suis très, très concentré. Je suis le premier à apprécier les choses, à faire la fête quand il se passe de belles choses et on a fait un pas de plus, mais 1’37’’ d’avance, ce n’est jamais assez. Il y a des rivaux ici qui vont essayer de loin. » C’était d’ailleurs le plan chez Red Bull. « Si je m’assois dans le bus et que je dis à Primoz “C’est fini et bravo pour ta 2e place”, je pense qu’il va me tuer, répondait Vanthourenhout. On va parler avec lui, avec les directeurs sportifs et bien sûr que nous allons essayer quelque chose. » Peut-être assistera-t-on aujourd’hui à la première attaque du Slovène sur cette Vuelta au bout de dix-neuf étapes, puisque luimême a assuré qu’il allait « tout laisser sur la route », sans arrièrepensée, d’autant que sa deuxième place paraît assez solide avec 1’24’’ d’avance sur Felix Gall (26e du chrono hier). En prévision des deux grosses étapes de montagne, aujourd’hui et demain, Movistar a fait souffler ses troupes hier à l’exception de Pablo Castrillo (14e, le seul dans le top 100 avec Mas) et pourra voir venir, « Si je suis bien, si j’ai de bonnes jambes, c’est clair qu’on pourra essayer de gagner une étape. » Cela fait trois semaines depuis le départ de Monaco qu’elles sont bonnes.
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Une victoire sur un chrono, rien de très original pour Stefan Küng, lauréat pour la deuxième fois sur la Vuelta (24 succès en contre-lamontre au total) et qui a assumé son statut de favori du jour pour coiffer le jeune Callum Thornley (23 ans), 2e à deux secondes. Rien n’a pourtant été évident pour le Suisse de 32 ans, qui a tout de suite tenu à rendre hommage à sa nouvelle équipe Tudor, hier : « Je suis seul à monter sur le podium mais c’est la victoire de tous les gars qui ont énormément travaillé en coulisses. » Car en raison d’une fracture du fémur gauche, survenue fin février sur le Nieuwsblad, l’ancien de Groupama-FDJ « n’a pas pu s’asseoir sur [son] vélo de chrono avant début juin », expliquait-il. Alors le staff a travaillé un peu à l’aveugle, mais avec succès, et un mois après sa victoire sur l’exercice solitaire au Tour de Pologne, où il avait versé quelques larmes, Küng a confirmé au plus haut niveau pour apporter un second succès à Tudor après celui de Marco Brenner, son partenaire de chambre, à la Sierra de la Pandera.
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