Dix-huit coureurs seulement ont franchi l’arrivée de la course en ligne des Mondiaux 1974,
remportée par Eddy Merckx (à droite, devant Raymond Poulidor).
En 1974, Montréal avait déjà accueilli les Championnats du monde, première excursion de l’épreuve hors de l’Europe. Les Belges et les Français se faisaient déjà la guerre et tout le suc de la course arc-en-ciel était là : un peu d’exotisme, des trahisons et des soupçons de dessous de table.
«Cela a été une effervescence extraordinaire.
En Europe, on avait l’habitude de chercher
les spectateurs sur les courses, de les compter»
- GENEVIÈVE GAMBILLON, SACRÉE
CHAMPIONNE DU MONDE À MONTRÉAL
23 Sep 2026 - L'Équipe
de notre envoyé spécial ALEXANDRE ROOS
MONTRÉAL (CAN) – Il y a des choses immuables, dans le cyclisme comme à Montréal. L’automne revient toujours « de la porte d’en arrière », et avec lui le Championnat du monde, le vent froid qui s’engouffre dans les artères du centre-ville et éteint le feu du soleil. Montréal traîne l’image d’une cité du vice, depuis la prohibition américaine qui déplaçait de l’autre côté de la frontière des hordes d’ivrognes et de fêtards à la recherche de leur poison, où la pègre tenait la ville et où l’on trouvait autant de maisons closes que de « dépanneurs », ces épiceries de nuit.
Cette époque est révolue mais il reste sur l’île le sentiment d’une insouciance, un esprit libre et festif, incarné par une armée de poètes qui sortent à la nuit tombée et chantent de leur voix abîmée dans des bars délabrés. Montréal est un théâtre parfait pour un Mondial, qui est lui aussi toujours escorté par ses polémiques.
Les Belges sont d’ailleurs bien affairés cette semaine pour savoir si Remco Evenepoel (désormais quadruple champion du monde du contre-la-montre) et Wout Van Aert vont pouvoir s’arranger, et ils doivent voir remonter de vieilles histoires, comme celle de l’entente impossible entre Eddy Merckx et Freddy Maertens. En 1974, le Championnat du monde pose donc pour la première fois ses valises hors de l’Europe. Les Belges y arrivent divisés. Un an après, les blessures de Montjuïc sont encore à vif.
Merckx n’a pas digéré que son compatriote attaque derrière lui dans le final barcelonais, ramène Felice Gimondi, le futur vainqueur, puis lui emmène mal le sprint pour, de son avis, mieux le saboter. Alors, au Canada, le Cannibale n’est pas d’humeur. Pendant que Maertens enquille des sorties de 380 km à l’entraînement, lui grogne, se plaint de la canicule, des difficultés pour circuler dans la ville, de la tour de quinze étages dans laquelle on les a logés, où l’ascenseur toussote et où on lui sert « un repas réchauffé » .
Les Français logés dans « un dortoir qui
ressemble davantage à une caserne »
Les Français, eux aussi, traînent des pieds. On les dit peu motivés, fatigués par le Tour de France et la tournée des critériums. La délégation embarque tout de même dans un Boeing 747 d’Air France, le mercredi 21 août à 11h30. On boit le thé au-dessus de l’Atlantique, sur les écrans passe César et Rosalie, de Claude Sautet, mais en version anglaise, alors Raymond Poulidor, qui n’y comprend rien, préfère taper le carton avec Jacques Anquetil, directeur sportif des Bleus. Certains avaient déjà traversé l’océan, pour disputer le Tour de la Nouvelle-France, ouvert aux professionnels en 1971 et 1972, ou des contre-la-montre bizarres aux États-Unis, en Arizona, où l’on fait un aller-retour sur une autoroute au milieu du désert et où « on essaie de garder les feux au vert pour toi, pour que tu puisses sortir de la ville » , en rigole encore Geneviève Gambillon, qui débarque avec l’intention de décrocher à nouveau un titre déjà conquis en 1972.
Pour la plupart, toutefois, c’est la découverte du « nouveau monde ». Et l’acclimatation n’est pas toujours aisée. Les Français sont logés à l’université McGill, dans « un dortoir qui ressemble davantage à une caserne » , décrit Bernard Thévenet. « Il y avait un ressort qui sortait sur 10 cm de mon lit, se souvient Jean-Pierre Danguillaume, l’un des coureurs de la délégation tricolore. Déjà, le midi, je n’étais pas très content de manger des petits pois à la confiture. On bouffait à moitié anglais. Alors j’ai pris un coup de sang et je suis allé voir le père Anquetil. J’ai dit “moi, je ne couche pas là”. »
En dehors de Mariano Martinez et de Francis Campaner, les professionnels mettent le cap sur le Sheraton. « Là où il y avait l’Union cycliste internationale, tous les dirigeants de l’équipe de France, bien sûr, avec leurs femmes, tout ça payé par la Fédération, persifle Danguillaume. Quand on est arrivés, ils revenaient des chutes du Niagara et ils nous disent qu’ils ne paieront pas les chambres. J’ai encore vu rouge. »
Il faut aussi s’organiser pour s’entraîner dans une ville qui n’est pas pensée pour cela. Thévenet et sa bande tombent sur des policiers qui les rembarrent et leur demandent « d’aller compétitionner ailleurs » . On leur refuse l’accès aux ponts pour quitter l’île. « “Attendez un camion”, nous avait dit le mec au péage, poursuit Thévenet, encore interdit. On a fait du stop et on a finalement trouvé un gars sympa qui nous a pris avec lui dans la cabine et les vélos dans la remorque. » L’exotisme fonctionne dans les deux sens et les Montréalais découvrent eux aussi un nouvel univers. La culture du cyclisme n’y est pas bien vive, entretenue à la marge par la communauté italienne émigrée au Québec.
Les affiches du Mondial appellent au ralliement:
« Le monde vient nous voir… viens-tu? »
On vend des places sur le circuit du MontRoyal, 3 dollars par jour pour une chaise au bord de la route, 6 dollars pour un siège en tribunes. Le jour de la course, 200000 personnes s’entassent autour de la « montagne » montréalaise. « Cela a été une effervescence extraordinaire. En Europe, on avait l’habitude de chercher les spectateurs sur les courses, de les compter » , s’enthousiasme Geneviève Gambillon, qui décroche son deuxième maillot arc-en-ciel le samedi. Le lendemain, la course des hommes est « inoubliable » , selon les termes de Pierre Chany, « le plus extraordinaire Championnat des treize dernières années », « d’une âpreté insoutenable » , avec seulement 18 coureurs à l’arrivée sur un tracé plus difficile que celui de 2026.
La presse québécoise oublie l’affaire des guitares volées à Robert Charlebois à la Superfrancofête, qui l’occupait alors, elle chavire pour le troisième et dernier sacre mondial de Merckx. « La victoire illumine cet homme habituellement gris. Après la course, il était beau et rose comme s’il venait de faire l’amour » , écrit le quotidien la Presse.
Le Bruxellois domine Poulidor au sprint, bien que Maertens a tenté de le piéger, en jouant sa carte. Dans le final, Merckx ne peut s’appuyer que sur Herman Van Springel. « L’équipe belge a couru contre Merckx et non pour lui! » , cingle Chany. Mais ce sont les Français qui font la course. Le colonel Marillier, sélectionneur national, leur donne l’ordre d’être présents dans chaque échappée. Francis Campaner, mort cet été, est le premier à l’avant. Puis Bernard Thévenet ouvre la route pendant 115 km. Son avance monte à trois minutes, encore deux à deux tours de l’arrivée, mais il est frappé par une fringale et repris à 6 km de la ligne.
Les Français sont encore en surnombre dans le groupe Merckx derrière, mais tout se grippe. Danguillaume, vainqueur de deux étapes sur le Tour cette année-là, au Tourmalet et à Pau, crève et ne peut être dépanné car la voiture d’Anquetil et de Marillier suit Thévenet à l’avant. Merckx attaque dans la dernière côte, suivi par Poulidor, qui le relaie alors qu’il y a Mariano Martinez juste derrière.
Danguillaume peste : « S’il n’y a pas Van Springel, Bernard est champion du monde, déjà. Merckx a dû embaucher (Francesco) Moser et (Giacinto) Santambrogio pour rouler (derrière Thévenet). » Il peste encore: « Poulidor n’avait pas à relayer Merckx, ils auraient été deux Français contre lui à la fin. Mais il a roulé pour faire deuxième, comme d’habitude. » Plus tard, « Poupou », qui signait là sa meilleure place au Mondial à 38 ans, pour sa 15e sélection, sera même soupçonné d’avoir empoché une petite enveloppe pour ses services.
« Il avait touché cinq briques (*) pour ne pas attaquer » , avait accusé Martinez, 3e, dans ces colonnes il y a deux ans. Avec deux coureurs sur le podium, la Fédération se sentira obligée de payer les chambres du Sheraton. « Mais le lendemain, pour arroser le titre de championne du monde de Gambillon et nos deux médailles, ils nous ont invités à bouffer des plateaux à la cantine de McGill. J’étais fou » , rigole Danguillaume. Quant à Thévenet, il nourrit toujours des regrets. Mais « ça a été un moment charnière, analyse-t-il aujourd’hui, parce que ce jour-là, j’avais quand même fait peur à Eddy Merckx. Mentalement, moralement, ça m’a amené quelque chose. Ça m’avait redonné confiance, petit à petit, je mehissais. » L’été suivant, il renversera Merckx dans le Tour de France. Montréal avait bien été le début d’un nouveau monde.
***
Solo diciotto corridori hanno tagliato il traguardo della gara in linea dei Mondiali del 1974,
vinta da Eddy Merckx (a destra, davanti a Raymond Poulidor).
Un nuovo mondo
Montréal aveva già ospitato i Campionati del mondo nel 1974, la prima edizione della manifestazione al di fuori dell’Europa. I belgi e i francesi erano già in guerra tra loro e tutto il fascino della corsa arcobaleno era lì: un po’ di esotismo, tradimenti e sospetti di tangenti.
«È stata un’esperienza straordinaria.
In Europa eravamo abituati a cercare
gli spettatori alle gare, a contarli»
- GENEVIÈVE GAMBILLON,
IRIDATA A MONTREAL '74
23 settembre 2026 - L'Équipe
dal nostro inviato speciale ALEXANDRE ROOS
MONTREAL (CAN) – Ci sono cose immutabili, nel ciclismo come a Montreal. L’autunno torna sempre «dalla porta sul retro», e con esso il Campionato del mondo, il vento freddo che si infila nelle arterie del centro città e spegne il fuoco del sole. Montréal si porta dietro l’immagine di una città del vizio, sin dai tempi del proibizionismo americano che spingeva dall’altra parte del confine orde di ubriaconi e festaioli in cerca del loro veleno, dove la malavita dominava la città e dove si trovavano tanti bordelli quanti «dépanneurs», quei negozi di alimentari aperti di notte.
Quell’epoca è ormai finita, ma sull’isola permane la sensazione di spensieratezza, uno spirito libero e festoso, incarnato da un esercito di poeti che escono al calar della notte e cantano con le loro voci roche in bar fatiscenti. Montréal è il palcoscenico perfetto per un Mondiale, anch’esso sempre accompagnato dalle sue polemiche.
I belgi, del resto, questa settimana sono molto impegnati a capire se Remco Evenepoel (ormai quattro volte campione del mondo a cronometro) e Wout Van Aert riusciranno a trovare un accordo, e devono vedere riaffiorare vecchie storie, come quella dell’intesa impossibile tra Eddy Merckx e Freddy Maertens. Nel 1974, il Mondiale si sposta quindi per la prima volta fuori dall’Europa. I belgi vi arrivano spaccati. Un anno dopo, le ferite di Montjuïc sono ancora aperte.
Merckx non ha digerito il fatto che il suo connazionale abbia attaccato alle sue spalle nel finale di Barcellona, riportando in gara Felice Gimondi, il futuro vincitore, per poi condurre male Eddy allo sprint, secondo lo stesso Merckx, proprio per sabotarlo. Così, in Canada, il Cannibale non è dell’umore giusto; mentre Maertens macina uscite di 380 km in allenamento, lui brontola, si lamenta della canicola, delle difficoltà a muoversi in città, del grattacielo di quindici piani in cui sono stati alloggiati, dove l’ascensore tossicchia e dove gli viene servito «un pasto riscaldato».
I francesi alloggiati in «un dormitorio che
assomiglia più a una caserma»
Anche i francesi sono un po’ riluttanti. Si dice siano poco motivati, stanchi dopo il Tour de France e il giro di criterium. La delegazione sale comunque a bordo di un Boeing 747 dell’Air France, mercoledì 21 agosto alle 11:30. Si beve il tè sopra l’Atlantico, sugli schermi viene proiettato «César e Rosalie» di Claude Sautet, ma in versione inglese, così Raymond Poulidor, che non ci capisce niente, preferisce giocare a carte con Jacques Anquetil, direttore tecnico dei Bleus. Alcuni avevano già attraversato l’oceano per partecipare al Tour de la Nouvelle-France, aperto ai professionisti nel 1971 e nel 1972, o a bizzarre gare a cronometro negli Stati Uniti, in Arizona, dove si faceva un giro di andata e ritorno su un’highway in mezzo al deserto e dove «si cerca di tenere i semafori al verde per te, così che tu possa uscire dalla città», racconta ancora ridendo Geneviève Gambillon, che arriva con l’intenzione di riconquistare il titolo già ottenuto nel 1972.
Per la maggior parte, tuttavia, si tratta della scoperta del «nuovo mondo». E l’acclimatazione non è sempre facile. I francesi sono alloggiati all’Università McGill, in «un dormitorio che assomiglia più a una caserma» , descrive Bernard Thévenet. «C’era una molla che sporgeva di 10 cm dal mio letto», ricorda Jean-Pierre Danguillaume, uno dei corridori della delegazione francese. «Già a pranzo non ero molto contento di mangiare piselli con la marmellata. Si mangiava quasi all’inglese. Allora mi sono arrabbiato e sono andato da padre Anquetil. Gli ho detto: «Io là non ci non dormo».
A parte Mariano Martinez e Francis Campaner, i professionisti si dirigono allo Sheraton. «Là dove c’era l’Unione Ciclistica Internazionale, tutti i dirigenti della nazionale francese, ovviamente, con le loro mogli, il tutto pagato dalla Federazione», ironizza Danguillaume. «Quando siamo arrivati, stavano tornando dalle Cascate del Niagara e ci hanno detto che non ci avrebbero pagato le camere. Mi sono infuriato di nuovo».
Bisogna anche organizzarsi per allenarsi in una città che non è pensata per questo. Thévenet e la sua combriccola si imbattono in alcuni poliziotti che li liquidano e chiedono loro di «andare a gareggiare altrove». Viene loro negato l’accesso ai ponti per lasciare l’isola. «“Aspettate un camion”, ci aveva detto il tizio al casello», continua Thévenet, ancora sbalordito. Abbiamo fatto l’autostop e alla fine abbiamo trovato un tipo simpatico che ci ha portato con sé in cabina e le bici nel rimorchio.» L’esotismo funziona in entrambi i sensi e anche i montrealesi scoprono un nuovo universo. La cultura del ciclismo non è molto viva là, mantenuta ai margini dalla comunità italiana emigrata in Québec.
I manifesti del Mondial invitano a partecipare:
«Il mondo viene a vederci… e tu?»
Sul circuito del Mont-Royal si vendono i biglietti: 3 dollari il giorno per una sedia a bordo strada, 6 dollari per un posto in tribuna. Il giorno della gara, 200.000 persone si accalcano intorno alla “montagna” di Montréal. «C'era un’euforia straordinaria. In Europa eravamo abituati a cercare gli spettatori alle gare, a contarli», racconta entusiasta Geneviève Gambillon, che il sabato conquistava la sua seconda maglia arcobaleno. Il giorno dopo, la gara maschile è stata «indimenticabile», secondo le parole di Pierre Chany, «il più straordinario campionato degli ultimi tredici anni», «di un’intensità insostenibile», con soli 18 corridori al traguardo su un percorso più difficile di quello del 2026.
La stampa del Québec dimentica la vicenda delle chitarre rubate a Robert Charlebois alla Superfrancofête, che in quel momento la teneva occupata, e si entusiasma per la terza e ultima conquista del titolo mondiale di Merckx. «La vittoria illumina quest’uomo solitamente grigio. Dopo la gara, era bello e roseo come se avesse appena fatto l’amore», scrive il quotidiano La Presse.
Il ciclista di Bruxelles ha avuto la meglio su Poulidor in volata, sebbene Maertens abbia tentato di metterlo in difficoltà, giocandosi la propria carta. Nel finale, Merckx può contare solo su Herman Van Springel. «La squadra belga ha corso contro Merckx e non per lui!», tuona Chany. Ma sono i francesi a dettare il ritmo della gara. Il colonnello Marillier, selezionatore della nazionale, dà loro l’ordine di essere presenti in ogni fuga. Francis Campaner, scomparso quest’estate, è il primo a portarsi in testa. Bernard Thévenet apre poi la strada per 115 km. Il suo vantaggio sale a tre minuti, ancora due a due giri dall’arrivo, ma viene colto da un calo di energia e ripreso ai -6 km dal traguardo.
I francesi sono ancora in superiorità numerica nel gruppo di Merckx alle loro spalle, ma tutto va a rotoli. Danguillaume, vincitore di due tappe (sui Piereni, ndr) al Tour quell’anno, sul Tourmalet e a Pau, forava e non poteva essere soccorso perché l’auto di Anquetil e Marillier seguiva Thévenet in testa. Merckx attacca sull’ultima salita, seguito da Poulidor, che gli fa da gregario mentre Mariano Martinez è proprio alle sue spalle.
Danguillaume si lamenta: «Se non ci fosse stato Van Springel, Bernard sarebbe già campione del mondo. Merckx ha dovuto "ingaggiare" (Francesco) Moser e (Giacinto) Santambrogio per stare a ruota (di Thévenet)». Si lamenta ancora: «Poulidor non avrebbe dovuto dare il cambio a Merckx, alla fine sarebbero stati due francesi contro di lui. Ma ha corso per arrivare secondo, come al solito». Più tardi, «Poupou», che a 38 anni otteneva così il suo miglior piazzamento ai Mondiali, alla sua quindicesima convocazione, sarà persino sospettato di aver intascato una bustarella per i suoi servigi.
«S'è intascato cinque mattoni per non attaccare», aveva accusato Martinez, terzo classificato, su queste colonne due anni fa. Con due corridori sul podio, la Federazione si sentirà obbligata a pagare le camere dello Sheraton. «Ma il giorno dopo, per festeggiare il titolo mondiale di Gambillon e le nostre due medaglie, ci hanno invitato a mangiare dei vassoi alla mensa della McGill. Ero furioso», ride Danguillaume. Quanto a Thévenet, nutre ancora dei rimpianti. Ma «è stato un momento cruciale», analizza oggi, «perché quel giorno avevo comunque messo in difficoltà Eddy Merckx. Mentalmente e moralmente, qualcosa mi ha dato. Mi aveva restituito fiducia e, a poco a poco, stavo migliorando». L’estate successiva, avrebbe battuto Merckx al Tour de France. Montréal era stata davvero l’inizio di un nuovo mondo.
(*) Briques: Nello slang francese (argot), una brique equivaleva storicamente a un milione di vecchi franchi (e oggi viene usato colloquialmente per indicare un milione o 10.000 euro a seconda del contesto economico/temporale). [ndr]
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Argentés et sans regrets
Comme en 2023 et 2025, les Bleus ont pris la deuxième place du relais mixte, hier à Montréal. La frustration s’accumule mais cette équipe homogène, opposée à des nations portées par les meilleurs rouleurs du monde, n’a rien à se reprocher.
“Il faut vraiment que tout soit parfait pour aller chercher le titre A'PRÈ'S JULIETTE BERTHET, LA 2e PLACE DE LA FRANCE SUR LE RELAIS MIXTE
23 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
MONTRÉAL (CAN) – En plaisantin, Bruno Armirail appelait Rémi Cavagna par son propre prénom à l’issue de l’effort contre-la-montre collectif, hier à Montréal.Juliette Berthet, Cédrine Kerbaol et Marion Borras ont formé le trio féminin de l’équipe de France sur le relais mixte.
« Parce que Thomas (Voeckler) nous a inversés pendant tout le relais » , se marrait le Pyrénéen avec la médaille d’argent autour du cou, deux jours après son échec inexplicable en individuel (26e).
Peu importe le lapsus du sélectionneur, les Bleus ont développé des automatismes dans l’exercice ces dernières années et s’ils continuent à tourner autour du pot pour le maillot arc-enciel (troisième médaille d’argent après 2023 et 2025 sur une épreuve créée en 2019), leur cohésion permet de rivaliser avec des sélections en théorie plus impressionnantes. « On a été très propres, très unis, on se connaît bien » , a résumé Marion Borras, qui commence toutefois à s’agacer à force de passer si près de l’or, à titre collectif et individuel.
« Comme nous le disait beaucoup Paul (Brousse, le sélectionneur des Bleues) à l’oreillette, il n’y avait pas grand-chose à jeter », a relativisé la triple médaillée d’argent aux Mondiaux sur piste (américaine et omnium). « On se fait battre à chaque fois par une meilleure nation, soufflait Armirail. Sur le papier, on savait que la victoire serait compliquée face à l’Italie, la Suisse et l’Australie. Finalement, on n’est qu’à neuf secondes (de l’ I t alie), ce n’est pas énorme sur cette distance-là. Et sur le relais hommes, on ne passe qu’à onze secondes des Italiens. »
Une performance accomplie avec Rémi Cavagna et Jordan Labrosse – qui n’est pas un pur spécialiste du chrono – face aux réputés Matteo Sobrero, Mattia Cattaneo et surtout Filippo Ganna, imperturbable malgré l’oubli de son casque et secouru par son coéquipier chez Netcompany-Ineos, le Polonais Michal Kwiatkowski.
« Ça se joue à des détails, il faut vraiment que tout soit parfait pour aller chercher le titre, analyse Juliette Berthet, en trio avec Borras et Cédrine Kerbaol. Il faut être fiers, mais il y a des petites choses à améliorer. » Avec, en point de mire, les Mondiaux à domicile, l’an prochain. Ce serait le bon moment pour enfin obtenir l’or.
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Argento e nessun rimpianto
Come nel 2023 e nel 2025, ieri a Montréal i Bleus hanno conquistato il secondo posto nella staffetta mista. La frustrazione cresce, ma questa squadra affiatata, che ha affrontato nazioni guidate dai migliori corridori al mondo, non ha nulla da rimproverarsi.
«Deve davvero essere tutto perfetto per conquistare il titolo»
JULIETTE BERTHET, DOPO IL SECONDO POSTO
DELLA FRANCIA NELLA STAFETTA MISTA
23 settembre 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
MONTREAL (CAN) – Scherzando, Bruno Armirail ha chiamato Rémi Cavagna con il proprio nome al termine della prova a cronometro a squadre, ieri a Montreal. Juliette Berthet, Cédrine Kerbaol e Marion Borras formavano il terzetto femminile della squadra francese nella staffetta mista.
«Perché Thomas (Voeckler) ci ha scombussolati per tutta la staffetta», ha scherzato il corridore pirenaico con la medaglia d’argento al collo, due giorni dopo la sua inspiegabile delusione nella prova individuale (26°).
A prescindere dall’errore del selezionatore, i Bleus hanno sviluppato una grande intesa in questa disciplina negli ultimi anni e, sebbene continuino a sfiorare la maglia arcobaleno (terza medaglia d’argento dopo il 2023 e il 2025 in una gara inrtrodotta dal 2019), la loro coesione permette loro di competere con nazionali in teoria più impressionanti. «Siamo state molto precise, molto unite, ci conosciamo bene», ha sintetizzato Marion Borras, che tuttavia comincia a innervosirsi per aver sfiorato così spesso l’oro, sia di squadra sia individuale.
«Come ci ripeteva spesso Paul (Brousse, il selezionatore delle Bleues) all’auricolare, non c’era molto da criticare», ha relativizzato la tre volte medaglia d’argento ai Mondiali su pista (nell'americana e nell'omnium). «Ogni volta veniamo battute da una nazionale più forte», ha sussurrato Armirail. «Sulla carta, sapevamo che la vittoria sarebbe stata difficile contro Italia, Svizzera e Australia. Alla fine, siamo a soli nove secondi (dall’Italia), il che non è poi così tanto su questa distanza. E nella staffetta maschile, siamo a soli undici secondi dagli italiani. »
Una prestazione ottenuta con Rémi Cavagna e Jordan Labrosse – che non è uno specialista puro delle prove a cronometro – contro i rinomati Matteo Sobrero, Mattia Cattaneo e soprattutto Filippo Ganna, imperturbabile nonostante abbia dimenticato il casco e aiutato dal suo compagno di squadra alla Netcompany-Ineos, il polacco Michal Kwiatkowski.
«Si gioca sui dettagli, deve davvero essere tutto perfetto per conquistare il titolo», analizza Juliette Berthet, in trio con Borras e Cédrine Kerbaol. «Dobbiamo essere orgogliosi, ma ci sono piccole cose da migliorare». Con i Mondiali in casa, in programma l’anno prossimo, come obiettivo principale. Sarebbe il momento giusto per conquistare finalmente l’oro.
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